RDCongo : Menaces contre un journaliste à Kinshasa
RDCongo : Menaces contre un journaliste à Kinshasa
JPDH-Kinshasa Fidèle MUSANGU, journaliste à LE PHARE, un quotidien paraissant à Kinshasa est l’objet des menaces lancées à partir de son téléphone portable depuis le jeudi 9 octobre 2008.
Musangu qui a joint Journaliste pour la promotion & la défense des droits de l’homme (JPDH), a décliné le court message au contenu menaçant a l’attention de l’Organisation et qui est ainsi libellé : « Décevant, Le Phare qui est sorti ce matin (jeudi 09 octobre 2008) s’est fait plus kabiliste plus que Kabila, que les journaux kabilistes. Pour gagner Rumangabo, il faut l’appui du Rwanda ? et à Mushake ? et à Sake ? Pourtant vous publiez un communiqué de la Monuc qui dément l’information mais vous l’avez relayée en page 5. Typique de la paresse intellectuelle congolaise. Dommage pour Le Phare ».
Musangu qui a tenu connaître l’identité de son correspondant qui lui faisait parvenir les Sms au numéro 0897965043, a reçu un autre court message en ces termes : « Un lecteur comme Le Phare, en compte des milliers, n’a pas besoin de décliner l’identité. Le problème est que vous avez embouché le trompette kabiliste pour masquer l’incapacité de Joseph à mettre fin à la guerre alors que comme toujours, il crie au Rwanda et vous savez comme lui que savez que la Monuc a démenti l’information. Quand on fait la guerre où on écrase l’ennemi ou on négocie avec lui. Seul à seul, pas des cadres compliqués comme Amani aux côtés des supplétifs farfelus » Sur insistance de Musangu, un troisième court message lui est parvenu et dans lequel, l’auteur des texto décline son identité et en ces termes : « …je m’appelle Mumbere, Je suis Talinga de Beni. Ok. Bonne journée ».
Interrogé, le journaliste a reconnu avoir écrit un article, paru à la page 3 de Le Phare n°3430 de jeudi 09 octobre 2008 avec comme titre : « Avec l’invasion de Rumangabo : La vraie guerre commence » avec comme sous titre : « La main de Kigali très visible ».
Dans l’article, l’auteur rappelle la déclaration de la rébellion de se muer en un mouvement de libération et fait savoir que les autorités gouvernementales, à travers une plainte, ont saisi le Conseil de sécurité de l’ONU et accusent le chef rebelle, Laurent Nkunda et le Rwanda de « violer le Programme Amani ».
JPDH rappelle que la mauvaise expérience a démontré que les journalistes congolais font souvent, au préalable, l’objet des menaces verbales ou téléphoniques des personnes lésées dans leurs écrits et propos avant le recours à des voies des faits.
JPDH attire, par conséquent l’attention des pouvoirs, sur le danger qui court M. Musangu qui n’a fait que son travail, couvert par la loi sur la presse.
JPDH rappelle, par ailleurs, que Musangu a été convoqué et entendu sur Prcès-verbal, dans un autre dossier, à l’Inspection judiciaire des parquets (Casier judiciaire) mardi 13 septembre 2005 après avoir réceptionné une convocation datée du 15 août 2005 et signée par l’inspectrice Tshitoto.
Le journaliste s’était présenté accompagné de son Avocat, Me Mbuyi Kabuya devant l’inspectrice précitée. Sur place, l’avocat du reporter a appris qu’il était reproché au journaliste Musangu d’avoir publié, dans l’édition du Phare n°2526 du 09 février 2005, la décision d’un arrêt que la Cour suprême de Justice aurait rendu à l’issue d’un procès qui opposait un homme d’affaires, du nom de Doublier à un homme politique congolais au sujet d’un bien immeuble et devrait, sur-le-champ, décliner sa source d’information.
Eu égard à ce qui précède, JPDH appelle la partie lésée - si elle existe - à user des droits lui reconnus, contenus dans la loi N°002 du 22 juin 1996 fixant les modalités de l’exercice de la liberté de la presse en République démocratique du Congo en lieu et place d’adresser des menaces, sous le sceau de l’anonymat, en direction d’un journaliste qui n’a fait que son travail.
Fait à Kinshasa, le 09 octobre 2008
Journaliste pour la promotion & la défense des droits de l’homme (JPDH)
