RD Congo : Décentralisation et auto-prise en charge / Cas de la Chefferie des Kaliko-Omi

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RD Congo : Décentralisation et auto-prise en charge / Cas de la Chefferie des Kaliko-Omi

Partant de ces quelques chiffres des projets du budget 2009 en milliards de Francs congolais encore en discussion dans les Provinces, soit le Katanga avec 197, Kinshasa 158, le Nord-Kivu 144, la Province Orientale, 74,…, nous avons l’insigne conviction que la Chefferie des Kaliko-Omi se trouve dans l’une des Provinces les plus pauvres de la R.D. Congo. A ce titre l’auto-prise en charge devra se faire avec beaucoup de tacts et de détermination.

Décentralisée et dotée de la personnalité juridique (cfr) Constitution de
la RD Congo), la Chefferie des Kaliko-Omi, comme toutes les autres Entités
Territoriales Décentralisées (ETA), devra se prendre en charge grâce à
l’agriculture, élevage, pêche, … car ne disposant pas de ressources
minières et forestières suffisantes à exploiter.

En consacrant les Chefferies « Entités Territoriales Décentralisées – ETA
–« dans son article 3, la Constitution de la RD Congo voulait donner plus de pouvoir aux Collectivités que ne l’était avant avec les Entités
Administratives Décentralisées, EAD.
En effet, l’alinéa 3 dudit article stipule : « Elles jouissent de la libre
administration et de l’autonomie de gestion de leurs ressources économiques, humaines, financières et techniques ».

Comme nous l’avions écrit dans nos précédents articles en mi-septembre à
l’internet, la Chefferie des Kaliko-Omi a une superficie de 1.191 Km2, elle est située dans le Territoire de Aru avec 6.740 Km2, District de l’Ituri, 65.658 Km2, en Province Orientale, 503.000 Km2.
Elle a des limites avec le Territoire de Faradje et la République du Soudan.
Elle n’est donc pas totalement enclavée. Les Kaliko-Omi ont leur langue
appelée le Kaliko, qui est apparentée aux langues Nilo-sahariennes, de la
tribu soudanaise – sachant que la RD Congo en a quatre : Pygmée, Bantou,
Soudanais et Nilotique.
Les linguistes congolais classent justement la langue Kaliko ou Omi parmi les langues Nilo-Sahariennes, qui sont : Avokaya, Kaliko, Logo, Lugbara, Luluba, Madhi et Moru. Ces différentes langues sont grammaticalement similaires.
Exemple en Kaliko: Azimi pari pari! ou Senene! Bonjour !
Taa ingoni ! Taa ingoni ya! Comment ça va!
Taa yo ! Ingoni yo ! Ca va bien !
Imi ru adhiri ya ? Comment vous vous appelez?
Ama ru Pascal ri ! Je m’appelle Pascal.

Ces langues Nilo-sahariennes sont parlées dans trois pays, qui sont le Soudan (au Sud), l’Ouganda (à l’Ouest) et la RD Congo (au Nord-Est).

S’il est vrai que la Constitution énumère sous l’article 204 les
matières qui sont de la compétence exclusive des Provinces, il sera aussi
vrai que les Provinces vont tout amasser au détriment des plus petits et jouer le dictateur lors des partages, surtout que le Gouvernement central ne leur rend pas la tâche facile.
Pour prévenir cet état des choses et éviter des conflits des pouvoirs, les
Chefferies devront laisser à l’État et aux Provinces l’exploitation des
ressources naturelles, sous-sol, minières, forestières, ainsi que les recettes douanières de grandes envergures, y compris les recettes issues des matières énumérées sous l’article 204 de la Constitution.
Par contre, elles (les Chefferies) peuvent se développer en faisant travailler la population pour produire dans les domaines dont les taxes doivent être immédiatement réinvesties dans les activités de développement durable. Tout abus de la hiérarchie devra être dénoncé et combattu. Pour cela la population devra être éduquée à défendre sa propre production, non
seulement contre les agresseurs étrangers, mais aussi contre les prédateurs et vautours nationaux.

Les domaines qui attirent notre attention et qui peuvent être productifs d’intérêts sont les suivants :

Agriculture :
Si chacun des paysans a son étendue des champs avec des productions diversifiées, la Chefferie aura à produire des
- Légumes : haricot, chou, poireau, piment, carotte, ail, oignons, lentille, pois, aubergine, concombre, courge, céleri, asperge, artichaut, persil, épinard, chou fleur, poivre, banane plantain, tomate, chicorée et laitue (salade), amarante, poivron,…
- Fruits : papaye, mangue, orange, citron, avocat, poire, safou, pomme, fraise, framboise, banane de table, cerise, melon, ananas, mangoustan, pamplemousse, mandarine, goyave, prune, noix de coco,…
- Oléagineux : arachide, soja, tournesol, éleusine (blanc et noir),…
- Tubercules : manioc, pomme de terre, igname, taro, patate douce,…
- Céréales : millet, petit millet, sorgho, maïs, riz, blé, seigle,…
- Cultures industrielles : café arabica, café robusta, cacao, hévéa, tabac, coton, canne à sucre, caoutchouc, ricin, pyrèthre, thé, quinquina, palmier, urena lobota, eucalyptus, cyprès, soie, rauwolfia, jute, sisal agave, aloès, bambou, dattier, camphrier, kolatier, raphia, …

Animaux et volailles : L’élevage permettra d’abord à la population de combattre la
malnutrition et de vendre le surplus après pour d’autres besoins urgents. Nous
pouvons épingler des animaux et volailles comme : des bovins (vache, taureau, …),
des caprins (chèvre, boucs,…), ovins, volailles, autres animaux, des chiens, chat,
lapin,…

Poissons et animaux aquatiques : Notre fleuve, nos lacs, nos rivières et nos ruisseaux regorgent des poissons et animaux aquatiques suffisants pour nourrir tous les Congolais pendant des millénaires et exporter le surplus. On n’aura pas seulement à pêcher des poissons de rang de baleine, requin, silure, fretin, carpes, … mais aussi pêcher et chasser des crevettes, crabes, crocodiles, escargots, grenouilles, tortues, écrevisses,…

Apiculture : L’élevage des abeilles donnent du miel pour la fabrication du vin, des boissons tant alcoolisées que sucrées, des gâteaux, des bouillies, des médicaments anti-tussifs, de la cire pour la fabrication des bougies et autres ingrédients,…

Divers objets, matériels et matériaux : Plusieurs choses peuvent être fabriquées à partir de
- Objets d’art :, vannerie, et forge : à base de peau, ossements, os, ivoire, cuivre, cornes, argile, diamant, or, tiges et fibres végétales, arbres, racines, feuilles, fer, malachite. des objets : filet de pêche, de chasse et de sport, des marmites, masques, nattes, perles, chaussures, chaise, flèche, arc, houe, coupe-coupe, panier,…
- Atelier mécanique, menuiserie,, charpenterie : barre de fer pour béton armé, pièces de rechange pour véhicules, motos, tracteurs, vélos, …
- Produits alimentaires : fromage, saucissons, tourteau, chikwangues, gari, vin, boissons alcoolisées et sucrées, tapioca, parfum, beignet, pain, confiture, gâteau,…
- Fabrication des briques, des tuiles, des dalles,…
- Engrais : fabrication locale à partir du compost et du fumier,…

La chasse : La chasse ne doit pas être totalement interdite sur toute l’étendue de la
République. Même les espèces rares vieillies doivent être autorisées à la chasse.
Ainsi nous aurons à chasser des singes, antilopes, lapins, lièvres, buffles, perroquet,
éléphants, perdrix, porc-épic, écureuil,…

Cueillette : En Europe et dans d’autres continents dits développés, la chasse et la cueillette sont considérées comme un sport, mais elles nourrissent la population. Que peut-on cueillir chez nous ? On peut facilement attraper des champignons, le fruit de baobab, des termites, des grillons des sauterelles, des criquets, des fruits sauvages, des feuilles comme nourriture aux animaux ou médicaments traditionnels,…

Transports : Dans le domaine de transport, les Chefferies auront à exploiter des bus, mini-bus, taxis motos, taxis vélos, pirogues,…

La liste n’est pas exhaustive et nous attendons de nos lecteurs des compléments pouvant aider les Chefferies ou Entités de base à s’organiser pour leur développement à partir de ce qu’elles peuvent trouver sur place. Ne dit-on pas « Aide-toi, le ciel t’aidera ». C’est un adage, donc une vérité restée séculaire.

Fait à Kinshasa, le 12 octobre 2008

Pour la DECIDI

Honorable Bha-Avira Mbiya Michel-Casimir