Quelle Afrique pour une Jeunesse sans Référence ?

Esquisse sur l’Etat des lieux de la Jeunesse en Afrique
Journée Africaine de la Jeunesse

I. INTRODUCTION

Proclamé la Journée africaine de la Jeunesse, le 1er novembre de chaque année s’inscrit désormais dans les priorités de l’Union Africaine de consolider l’attention accordée aux conditions de vie et au renforcement des capacités de la Jeunesse et d’en faire le principal moteur de la créativité, de la productivité, de l’excellence et de la Renaissance socioéconomique du continent africain assujetti à plusieurs problèmes de développement.
La Commission de l'Union Africaine encourage souvent tous les Etats Membres à insérer le 1er novembre de chaque année parmi les fêtes retenues au niveau national et de célébrer chaque 1er novembre avec solennité, faste et convivialité. Ce n’est pas toujours le cas !

La Commission de l’Union Africaine a toujours suggéré « Le partenariat permanent entre la Jeunesse et les autorités publiques » et proposer chaque année l’organisation d’une série d’activités pendant la Journée ou la semaine qui précède la Journée, des activités axées sur :
•Le forum de dialogue entre le Ministre et les organisations de Jeunesse ;
•Le forum de dialogue entre les Membres de l’Assemblée Nationale et la Jeunesse ;
•Le forum de dialogue/échange entre les jeunes des milieux urbains et ruraux;
•L’Atelier National et régional sur la présentation de la Charte africaine de la Jeunesse, du plan d’action du Ministère chargé de la jeunesse pour accélérer la signature, la ratification et la mise en œuvre de la Charte;
•La traduction de la Charte en langues nationales;
•L’ institution du Prix National de la Jeunesse, basé sur un concours de poster, de clip publicitaire audiovisuel en rapport avec la Charte africaine de la Jeunesse, un concours de reportage écrit et audiovisuel sur les conditions de vie et les initiatives des jeunes;
•Le festival culturel de vulgarisation de la Charte africaine de la Jeunesse;
•Le discours solennel du Chef de l’Etat en faveur de la promotion de la Jeunesse et sur la Charte africaine de la Jeunesse ;
•Etc.
Mais hélas ! Dans la majorité des pays africains, cette journée africaine de la jeunesse reste inconnue. Les pouvoirs publics n’en parlent pas et ils ne font même pas état de l’existence de la Charte Africaine de la Jeunesse qui du reste inconnue du grand public africain et à ces jours de la majorité de la jeunesse africaine. Une jeunesse africaine sans référence obligée de vivre d’expédients suites aux politiques macroéconomiques et aux systèmes politiques qui éloignent davantage la jeunesse africaine de tous leurs droits pourtant garantis par la charte africaine des droits de l’homme et des peuples.

II. AIGUILLE DANS UNE BOTTE DE FOIN

En posant la question à la crème intellectuelle et estudiantine de la jeunesse africaine dans le but d’avoir une idée, peut être distincte, mais claire sur ce que nous racontons, nous avons demandé aux étudiants de la première année de graduat de huit universités africaines, de nous dire ce qu’ils avaient comme modèles ou repères dans la société africaine d’aujourd’hui. A notre grande surprise, pour ne pas dire que nous allions tomber en pamoison, la réponse était négative. Ils nous ont déclaré ne pas en avoir. Ajoutant même que s’ils existent, il faut les chercher comme une aiguille dans une botte de foin. Nos oreilles ont sifflé !

C’est vraiment grave! Ou bien ces étudiants sont tous aveugles, ou bien la société qui les encadre est déboussolée. Mais puisque nous refusons de croire que ces jeunes étudiants souffrent tous de cécité ou tous sont animés de mauvaise foi, nous sommes obligé de considérer leur constat comme des voyants allumés pour attirer l’attention sur la démission de la société à son rôle d’encadrement de la jeunesse, qui est l’avenir du Continent Africain. Pour toute société, en effet préparer l’avenir revient à penser aux conditions de vie de ses jeunes. Ne pas le faire c'est-à-dire sacrifier la jeunesse c’est tout simplement scier la branche sur laquelle on est assis. C’est courir à sa ruine, c’est se condamner à mort, c’est être le fossoyeur de sa propre tombe. Gros plan sur les travers de la société qui conduisent la jeunesse à la barre du tribunal de la morale et du savoir-vivre. En fait, que propose t-on aux jeunes aujourd’hui ?

III. DANS LES MASS MEDIAS

La presse écrite africaine offre des grands titres avec des contenus déconcertants par leur superficialité et même par leur bassesse. La calomnie, l’ironie, la diffamation ont élu domicile. A cause et au nom de l’argent, on écrit n’importe quoi. Heureusement, de ce côté-là, on n’a pas à s’en faire. On murmure que les jeunes africains ne lisent plus.
Les publicités et les grands magasines dictent les canons de beauté. Ainsi la fille africaine adopte un accoutrement qui lui est imposé, sans qu’elle ne s’en rende compte, par les grands couturiers et qui sont fait pour épouser les contours de son corps. Cette accentuation de la féminité, cet exhibitionnisme, vise à rendre la fille africaine plus séduisante et plus désirable. Conséquence, la fille africaine est « nue-habillée » et donc provocante. Elle expose et dévoile son corps en le cachant. Pourtant quelle beauté quand elle s’habille décemment.

Dans l’essentiel de son programme, la télévision ne présente que musique, théâtre sans fond, religion d’un dieu thaumaturge véhiculant l'illusion du salut immédiat et du bonheur facile ». La musique dite moderne, très appréciée et très écoutée, ne véhicule souvent que des paroles obscènes et des danses lascives, carrément érotiques. Ironie du sort, les musiciens sans retenu ni instruction font rêver. Ils diffusent une culture de jouissance et de nuisance. Les décideurs africains ne disent mot, ils se comportent comme des gérants du continent au solde d’autres puissances dominantes, ils abandonnent les peuples qui les ont élus au profit de grandes puissances qu’ils considèrent leurs parrains ! Ainsi va l’Afrique. Ces décideurs politiques au niveau du continent se retrouvent ainsi incapables de s’organiser entre eux et prendre le destin du continent africain en mains. Ils acceptent ainsi de demeurer dépendant à tout point de vue.

Certains, même à l’université, finissent par croire qu’on ne peut réussir que comme musicien. Pourtant, c’est le monde de la drogue, de la légèreté, du ridicule qui anoblit, de l’éloge et du culte de la médiocrité.

La danse se présente plutôt ou carrément comme un mime du coït. C’est l’érotisme à outrance. Elle trahit une sexualité permissive, malgré le sida et peut être à cause du sida. On croit le jeune incapable d’effort, de sacrifice ou de sublimation. C’est ainsi qu’on entend par-ci par-là : « diminuer le nombre des partenaires – éviter les situations à risque – limiter certaine pratique – refuser les rapport non protéger avec inconnu.. », mais mollement, à voix basse, en chuchotant pratiquement à l’oreille « rester fidèle à votre partenaire » comme s’il était question de demander de poser un acte héroïque.

Quand on entend parler de Dieu, il y a lieu d’en avoir pitié. Dieu n’est pas cloîtré, il est incarcéré voire encastré. C’est un dieu bouche trou. Privé de sa liberté, il est aux ordres et aux désordres des hommes. Il marche au gré de leurs humeurs. Conséquence, on propose aux jeunes des mirages, des paradis illusoires. Des séances de prières de plus en plus centrées sur les miracles, sur le merveilleux que sur l’exigence évangélique d’accepter de porter sa croix pour être disciple du Christ. En faisant croire que tout est facile, tout s’obtient sans peine, on véhicule une culture de la paresse et de la démission, de l’oisiveté, de la mendicité et de l’irresponsabilité, de la providence. On entretient l’esprit ou la mentalité de d’assisté. La religion, l’église plutôt que d’être un stimulant catalysant, se fait anesthésiant, endormant. D’ailleurs c’est connu chez nous en République Démocratique du Congo « chance eloko pamba » chez les « non chrétiens » et « Eza likambo ya Ngolu » ‘il est question de grâce, chez « les chrétiens ».

C’est voltaire qui disait : « le travail éloigne de nous trois grands : l’ennui, le vice et le besoin ». Les frères doivent donc à certains moments s’occuper au travail des mains et à d’autres heures fixes s’appliquer à la lecture des choses de Dieu ».

IV. DANS LES MILIEUX ESTUDIANTINS AFRICAINS

Malgré les efforts somme toute louables qui se font sentir ici et là pour relever les défis, malgré la bonne volonté des uns et l’intégrité morale et scientifique des autres, l’université africaine d’aujourd’hui sans verser dans un pessimisme béat, mais telle que perçue dans certains milieux, ressemble à une coquille vide, à un bateau en perdition qui prend l’eau de part en part. Elle perd de jour en jour les valeurs universitaires qui sont la recherche de la vérité, la quête de l’excellence, l’objectivité scientifique et les sens critique. L’université africaine s’est donc enfoncée dans la crise des valeurs que connaît la société africaine dans laquelle elle évolue. Elle a démissionné de ses responsabilités d’éclairer cette société et se trouve par conséquent au banc des accusés de la situation déplorable que traverse le continent. Ce que nous observons de nos étudiants c’est la loi du moindre effort et les méthodes répréhensibles pour réussir, course effrénée aux diplômes et non à l’acquisition des connaissances, manque de respect aux professeurs et autorités académiques. Nous les observons aussi sur leurs jugements basés sur des sentiments primaires dont tribaux, que l’objectivité, le recours à la violence et enfin la non participation et le reniement des efforts entrepris pour redresser la situation.

On note chez les étudiants cette sorte d’autocensure contre l’intelligence, contre la logique et le bon sens, contre la culture générale et qui, se manifeste par un repliement sur des intérêts terre à terre et des palabres sans consistance. Généralement dans la plupart de campus et milieux estudiantins, les débats ne s’échauffent qu’autour de la dernière chaussette griffée de tel artiste vedette ou du dernier pas de danse dans les buvettes.

On ne peut expliquer autrement la violence verbale et musculaire des étudiants africains à l’heure ou ils vont au campus et à l’heure ou ils y reviennent, jugés tels des primates sur des véhicules arraisonnés, loin de l’élégance qui serait la quête et l’étiquette de l’intellectuel.

Pour renchérir, lors des collations de grade académiques, lorsque les étudiants finalistes c'est-à-dire supposés avoir acquis « une haute idée de leurs responsabilité sociales et civiques se mettent à califourchon sur les portières des voitures roulant à tombeau ouvert, il n’y a que la toque et la toge qui les distinguent des badauds !

Ce constat est amer et alarmant. Au lieu d’être comme ce vin de qualité qui, en vieillissant, bonifie, tout porte à croire que l’université en Afrique est comme une fleur plantée dans un jardin, mais qui se fane avec le temps.

La multiplicité des universités n’a apparemment rien arrangé. On aurait cru s’agissant de ce haut lieu de la science, ce saint des saints du savoir et de la sagesse que la qualité ne va pas de pair avec la quantité.

Mais faut-il se dédouaner et jeter la pierre aux étudiants ? Le monde de jeune ne se présente t-il pas comme un coupable idéal, une victime expiatoire ? Si les incompétents, malgré leur incompétence terminent normalement leurs études, à qui la faute ? Le phénomène « enfants d’abord » qui est la partie visible du favoritisme ambiant est-il à verser sur le compte des étudiants africains ? Les auditoires bondés. Qui a inscrit tous ces étudiants ? Qui déverse sur le marché de l’emploi des qualités indignes de ce nom ? Puisqu’ils ne le sont que sur papier. Pourtant la vocation de l’université est de former une élite, voila pourquoi le témoignage de vie est ici important.

Dans certains milieux, les étudiantes doivent leur réussite académique selon qu’elles acceptent de coucher avec un professeur (d’ou le slogan 12 avec et 16 sans). Dans ce commerce, la relation sexuelle « habillée » rapporte moins de points qu’un coït « nu ». C’est le système dit des points sexuellement transmissible. Et entre étudiants et étudiantes on parle des notes sexuellement transmissibles. Ce qui donne un cocktail nauséabond.

Bref, on établira un jour des corrélations fatales pour les étudiants et l’élite Africaine. A savoir que la mortalité infantile augmente dans la même proportion que le nombre de médecin, que la détérioration de l’état de routes et bâtiments publiques est directement proportionnelle au nombre d’ingénieurs produits par l’université africaine, que le déficit alimentaire augmente dans le même sens que le nombre d’ingénieurs agronomes. On pourrait ajouter « le niveau de l’enseignement secondaire baisse avec le nombre de gradués et licenciés en pédagogie appliquée.

De là à dire qu’au lieu d’être la locomotive, l’université africaine devient de plus en plus la remorque ou le wagon, c'est-à-dire à la traîne de la société.

V. SUR LE PLAN SOCIOPOLITIQUE

La pauvreté et la misère distendent les relations familiales africaines. En sera-t-il autrement ? Les salaires indécents, insignifiants. Conséquence, une cinglante perte de l’autorité parentale. Le parent policier qui envoi son enfant à l’école est obligé de rançonner pour survivre. La mère infirmière qui inscrit son garçon à l’enseignement supérieur est obligé de se prostituer comme sa fille, pour nouer les deux bouts du mois. L’oncle professeur, appelé à former l’élite de demain est soumis aux conditions d’un chômeur analphabète jusqu’à dépendre pour le crédit de son téléphone de ses étudiants.

Dans ces conditions là, les enfants deviennent des pères nourriciers et des mères nourricières de leurs familles. Certains parents de manière voilée ou manifeste, implicite ou explicite poussent leurs jeunes filles à la prostitution et leurs jeunes garçons au vol. Le phénomène « muchina » qui consiste à faire croire à une personne qu’on l’aime alors que l’on ne cherche qu’à profiter de son argent y va de cette logique. Il favorise la prostitution, la personne ne voulant pas voir son argent partir sans contre partie exigera à l’avance une relation amoureuse qui n’en est pas une. Mais aussi que dire du phénomène « Kamuke sukali » qui consiste à voir les hommes plus âgés s’occuper copieusement et sans vergogne des petites filles à fleur d’âge (14 ou 15 ans) aux petits seins arrondis et pointus « kamuke sukali ». Elles sont parait-il facile à manier et à garer, dans certaines communes du continent noir, ces petites filles sont appelées « mabata rouge » canard rouge.

En Afrique curieusement, dans nos habitudes nous ne connaissons que la (ré)construction, la destruction, réparation, l’entretien, on en a que faire.

L’action politique devait y remédier, malheureusement, la politique s’identifie de plus en plus au mensonge et à la malhonnêteté. C’est le monde des shégués ‘voleur’ en cravate. La politique est devenue le lieu du vol, de la corruption et du détournement des deniers publics. On court derrière l’argent et l’argent facile. Le seul objectif non déclaré des politiciens c’est le repositionnement pour un enrichissement personnel. Une fois dans les affaires, on pratique sans vergogne la politique du partage du gâteau. Tout se fait tout à coup, dans l’improvisation et dans l’imprévu. Aucun respect du temps. Pas de vison, ni prévision. Vauvenargues disait : « On n’est pas né pour la gloire lorsqu’on ne connaît pas le pris du temps ».

Voila ce que sont nos hommes politiques Africains, comme les étudiants, ils ne différent des badauds que par leur costumes et voitures de luxe. Pour le reste tous sont des voleurs.

Il est de même pour la justice, elle est perçue comme une justice du plus fort et du plus offrant. On baigne alors dans la culture de l’impunité. Ceux qui, pense t-on devrait se retrouver en prison sont dans les places publiques, faisant bombance et roulant carrosse, avec tous les privilèges et honneurs. L’impunité est un fléau qu’il faut éradiquer en Afrique.

Est-ce être pessimistes que de brosser un tableau si sombre, si noir, ou les antivaleurs ont évincé les valeurs et ou les modèles démissionnent ou se cachent derrière les non modèles ? C’est Goethe qui disait : « oui les enfants seraient bien élevés, si les parents étaient bien éduqués » soyons vrais, regardons-nous dans la glace et reconnaissons : si les jeunes africains sont ce qu’ils sont, c’est aussi parce que les parents sont ce qu’ils sont.

Il n’y a plus de repères. Les réverbères et les lampions sont éteints. Les voyants au rouge. Nous sommes tous et chacun à son niveau, directement ou indirectement responsables. Nous avons tous failli, à notre mission. Un serpent ne donne que des petits serpents, on juge l’arbre par ces fruits. Lorsqu’on dit d’un enfant qu’il est mal élevé, on vise aussi ses parents, lorsqu’on dit d’une maison qu’elle est mal construite, on vise l’architecte, lorsqu’un pont s’écroule, on vise l’ingénieur. Nous sommes corrompu, corrupteurs, corruptibles et corrompant. Nous sommes laxistes avec nous même et avec les autres. Ce que l’on déplore chez les jeunes est comme le reflet dans un miroir des travers de notre société. L’impression est qu’au lieu de tenir sur les jambes ou d’utiliser les béquilles, la société africaine marche à la renverse, sur la tête. La vérité est qu’ici l’excellence devient l’exception et la médiocrité la règle. La gouvernance et la bonne gouvernance en Afrique est devenu une chimère. C’est la loi de la jungle ou du sauve qui peut.

Le seul fait de le souligner évoque que le continent africain est astreint à plusieurs défis. Devant cette situation, on se demande par quel bout commencer et le risque est grand de tomber dans l’immobilisme, dans l’inactivité, dans l’inaction. Bref de jeter l’éponge, se déclarer impuissant, et sombrer dans le découragement. Portant l’heure n’est pas au découragement. Elle est à un sursaut d’orgueil. Une élite digne de ce nom est capable de sortir cette jeunesse dite dévoyée, perdue, déboussolée, fruit de cette société sans panneaux ni poteaux indicateurs. Qui a dit que la plus belle fleur pousse dans le fumier ? A nous de nous y mettre notre essai peut être concluant.

VI. DEFI D’UNE BONNE GOUVERNANCE CONTINENTALE

Pour la jeunesse africaine, une bonne gouvernance continentale devrait tenir compte des axes thématiques et prioritaires suivants :

 Education ;
 Emploi ;
 Faim et pauvreté ;
 Santé ;
 Environnement ;
 Délinquance juvénile ;
 Loisirs ;
 Jeunes filles et jeunes femmes ;
 Pleine et effective participation des jeunes à la vie de la société (c’est ici qu’intervient la citoyenneté, les jeunes auront acquis des bases solides d’analyse de la situation, se poser de bonnes question) ;
 Mondialisation et/ou globalisation ;
 Nouvelles Technologies de l’information et de la communication ;
 VIH/Sida ;
 Les jeunes et la prévention des conflits ;
 Relations intergénérationnelles ;
 Tout ceci, se fera sur fond d’une reforme en profondeur des medias ;
 Etc.

Voila pour nous ce sont là les axes majeurs d’un projet de société ambitieux pour la jeunesse africaine, c’est l’enchaînement logique, si nous ne voulons pas courir à notre ruine.

Nous pensons qu’il faut sur tout le continent, des politiques nationales de la jeunesse, qui permettent à la jeunesse africaine de se construire un avenir qui soit à la hauteur de ses espérances vitales et de ses rêves par rapport aux multiples défis contemporains.

Il n y aura pas que nous pour la réalisation de ce projet de société, de ces chantiers pour emprunter les termes de « l’autre » qui puisse nous aider à aimer. Nous en avons besoin.

Rien n’est plus frustrant, que de n’est pas arrivé à exprimer ce que l’on ressent, à le faire partager parce que l’on n’a pas les mots pour le dire. Rien n’est pire que de ne pas arriver à comprendre ce que l’on éprouve et ce que l’on désire parce que l’on n’a jamais appris à descendre en soi-même.

Ne pas être en mesure de trouver les pensées, les mots, les gestes de l’amour, il n’y a rien de pire, rien qui incite plus à la violence contre l’autre ou contre soi-même. Voici l'explication à la tentation du suicide chez tant de nos jeunes africains, à la fascination pour la violence, à la montée des fanatismes au niveau continental.

Ne pas être capable de partager l’amour c’est se condamner à être toujours seul. Le suicide qui fascine, la banalisation du viol et de la violence faite aux filles, témoignent de la profondeur du mal qui gangrène l’Afrique.

Un jeune africain disait :

« On parle toujours des difficultés des jeunes pour l’école, pour le sport mais c’est surtout pour l’amour qu’on est en difficulté ».

Réapprendre à aimer son pays, son continent, c’est le plus grand défi auquel se trouve confrontée la civilisation africaine moderne. C’est le plus beau projet que la politique, la société civile puisse offrir à la jeunesse africaine. Apprendre aux jeunes africains à aimer c’est réaliser ces axes majeurs.

Car il n’y a pas de fatalité. Depuis des décennies nous n’apprenons pas à aimer nous apprenons à détester. La mode est à la détestation de soi, à la détestation de la famille, de la tribu de l’autre, de la nation, de la société africaine, de la culture africaine, de la civilisation africaine, à la détestation de l’Occident, de la religion, de la morale, de l’intelligence, à la détestation du devoir, du travail, de l’excellence, de la réussite, etc.

On a cherché à nous faire tout détester à commencer par nous-mêmes. Nous ne sommes pas obligés de continuer sur ce chemin morbide. Nous devons changer. Cela ne dépend que de nous, de notre volonté, de l’idée que nous nous faisons de l’homme et de la politique en Afrique contemporaine.

Nous sommes jeunes et c'est une chance. Nous devons le comprendre aujourd’hui. Avoir la vie devant soi est un privilège. Ne laissons personne vous l'enlever car la jeunesse africaine c'est d'abord une formidable envie, l'envie de croire, l'envie d’aimer, l'envie de savoir, l’envie de rêver, l'envie de vivre en paix durable, l’envie de progresser, l’envie de développer.

L’Homme est jeune tant qu’il croit, qu’il peut opposer la force invincible des rêves à l’usure du temps. N’est-ce pas que Martin Luther King avait fait un rêve et pas le moindre ?

C’est encore possible.

VII. CONCLUSION

L’Afrique célèbre ce samedi 1er novembre 2008, la Journée de la Jeunesse Africaine.
Le thème retenu cette année tourne autour de la paix, la solidarité et les valeurs positives de la jeunesse africaine. La Charte Africaine de la Jeunesse constitue, en effet, un guide majeur de promotion des jeunes du continent africain, en définissant leurs droits, leurs devoirs et leurs libertés, en les responsabilisant, en vue de leur développement et leur autonomisation, tout en restant en ligne avec la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement d’ici 2015 tels que proclamés par l’Organisation des Nations Unies (ONU).
S’articulant autour de quatre axes stratégiques, notamment, l’éducation, le bien être et l’accès à l’emploi pour les jeunes et enfin, l’engagement des jeunes dans l’arène politique, la Charte Africaine de la Jeunesse s’avère nécessaire pour un meilleur avenir des jeunes Africains d’aujourd’hui, adultes de demain, qui restent la frange de la population la plus vive et la plus importante du continent, avec un taux de 40%. Il se trouve, à l’heure actuelle, que malheureusement seuls six Etats membres de l’Union Africaine sur les 53 effectifs, dont le Mali, la Gambie, la Namibie, le Niger, le Rwanda et la République de Maurice, ont déjà ratifié cette Charte africaine de la jeunesse élaborée sous la houlette de la Commission de l’Union Africaine et adoptée par la conférence des Chefs d’Etats et des gouvernements, le 02 juillet 2006 à Banjul, en Gambie. C’est pourquoi, le COJESKI-RDC se joint à d’autres organisations régionales permettant aux jeunes de s’exprimer, d’échanger, d’agir et de communiquer, pour interpeller les décideurs politiques des pays de l’Afrique, pour suivre cet exemple, en ratifiant massivement et urgemment la Charte Africaine de la Jeunesse, en faveur du développement, de l’autonomisation et de l’engagement de la Jeunesse Africaine.

Le COJESKI-RDC compte beaucoup sur les médias africains en vue de jouer leur rôle de 4ème pouvoir, en sensibilisant les dirigeants des pays membres de l’Union Africaine pour une certaine prise de conscience sur la nécessité de ratifier la Charte Africaine de la Jeunesse, sachant également que 2008 a été consacrée par l’Union Africaine comme l’Année de la Jeunesse Africaine et que le 10 décembre prochain, sera célébrée, le 60ème anniversaire de la Journée Internationale des Droits humains. De ce fait, cette ratification permettra aux jeunes du continent de jouir de leurs droits, leurs devoirs, leurs responsabilités et leurs libertés, en vue de leur bien-être intergénérationnel. "Nous devons œuvrer à travers notre commémoration de cette Journée par l’action en faveur de l’unité de l’Afrique et de son avenir et en faire une puissance respectée face aux espaces et regroupements géants dans le monde" ; l’avenir des générations africaines en dépend.


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