VISITE DE RECONFORT AUX ORPHELINS DE KATANA

« Quand vous serez partis, nous allons prier pour vous ». C’est un petit pensionnaire de l’orphelinat de Katana qui a adressé ces mots aux membres de la shirika Ruzizi, au nom d’une cinquantaine de ses camarades touchés par la compassion de ces visiteurs peu ordinaires.
En effet, dans le cadre des activités de leur calendrier annuel, les membres de la shirika Ruzizi, paroisse Saint Pierre Claver de Nguba, ont effectué, sous la conduite du Président Anatole BASHUGI, une descente dans la paroisse de Mwanda Katana ce dimanche 02 novembre 2008.
Cette sortie qui avant un double objectif a été un succès par son point culminant, la visite aux orphelins de Katana, encadrés par les sœurs de la congrégation des filles de Marie.
A cette occasion, vivres et non vivres collectés par les membres de la shirika auprès de toute la communauté qui prie à la chapelle de la Ruzizi ont été remis aux enfants au milieu de leurs chants et des pleurs des visiteurs profondément touchés par le dénuement de ces enfants qui n’ont rien fait pour mériter un tel sort. « Ce n’est pas possible que nous vivions si loin de pareille misère et incapables de fournir à ces enfants ne fut-ce qu’un « boda-boda », s’est exclamée maman Marie-Jeanne Kabange ».
Tous les membres de la shirika ont encourragé cet apostolat des religieuses et se sont engagés à revenir souvent visiter cet orphelinat.
Ils ont été heureux d’apprendre qu’un ancien de cet orphelinat a été ordonné prêtre cette année.
Avant la visite, les membres de la shirika étaient en recollection au centre Betsaïda, une recollection qui s’est clôturée par une messe célébrée par le père Apollinaire Cishugi, Recteur du Grand Séminaire de la Ruzizi qui a prêché la recollection sur le thème de l’Eucharistie.
Une journée pleine de bénédictions divines que les membres ont commencé à vivre au départ de Bukavu.
Au fait, organiser une sortie pour 31 personnes sur la route Bukavu-Kavumu n’est pas une mince affaire. Il a fallu beaucoup de sacrifice et de générosité pour trouver les moyens financiers, matériels, les véhicules, sans oublier le défi du respect du temps.
Trois jeeps se sont engagées à partir de 7H30 sur une route à vous casser les reins, au milieu de cantiques. Il a fallu plus de 2H30 pour atteindre la paroisse de Mwanda où nous attendaient l’Abbé Cikuru Protais et son Curé Jean-Claude qui ont mis à notre disposition le Centre pour la recollection et la petite chapelle pour l’Eucharistie.
Le centre Betsaïda, un des souvenirs du père Lacoste, est un lieu très vaste et calme pour le recueillement au milieu de ses allées et jardins.
Les participants à la recollection se sont vus édifiés et interpellés sur le thème développé avec maîtrise et spiritualité dans les conditions pour expérimenter l’Eucharistie en tant que repas, partage à la lumière du texte sur la multiplication des pains :
- être dépaysé, quitter chez soi vers un endroit que l’on ne maîtrise point, où Jésus est maître…
- avoir faim et soif, n’avoir que Jésus comme espoir,
- présenter sa situation à Jésus par celui qui a la charge de la communauté
- s’attendre à prendre la responsabilité : Jésus ne veut rien faire sans nous, il faut lui donner l’occasion de faire un miracle ;
- il faut de l’ordre, la paix, l’harmonie, alors les grâces peuvent être répandues : Jésus ne veut pas agir là où les gens sont dispersés, divisés…
- chacun ayant reçu sa part, ramasser le reste : les grâces doivent rester dans la communauté et non être privatisées.
Faute de temps et à cause de la richesse dans les échanges, le thème n’a pu être épuisé. Toutefois, le prédicateur a évoqué l’aspect sacrificiel de l’Eucharistie à la lumière du texte biblique sur la sainte cène en Jn 13 :1-20 ainsi que l’Eucharistie comme signe de la présence de Jésus dans la communauté.
Après la célébration eucharistique et la visite à l’orphelinat, nous avons regagné Bukavu en passant par le Grand Séminaire de Murhesa.
C’est tard dans la soirée que l’on déposait chacun devant sa maison.
Belle journée pleine et bravo aux mamans enceintes qui ont bravé les secousses !

Sylvain Masirika