La Chefferie des Kaliko-Omi : De la « Chefferie indigène » à la « Chefferie décentralisée » (II)

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La Chefferie des Kaliko-Omi : De la « Chefferie indigène » à la « Chefferie décentralisée » (II)

Définissant la « Chefferie » comme une « Entité Territoriale décentralisée », le législateur pense que le mot « territoire » ne signifie pas un » morceau de nation ou de région », mais « une forme d’organisation et de coordination inscrite dans l’espace et construite socialement à terme ». Comme tel, il est un « conteneur de ressources ». Ces ressources peuvent être matérielles (infrastructures) ou immatérielles (connaissances, diverses compétences). Elles peuvent également être génériques (ressources minières), spécifiques (savoir-faire valorisé dans un processus de production concret).

Si hier, à l’époque coloniale, les pouvoirs publics regroupaient les villages en chefferies pour motifs d’insalubrité de l’habitat, de facilité d’encadrement administratif, de la rentabilité économique ou l’intérêt scientifique, ou même en cas de saturation de la contrée (Décret du 02 mai 1910), aujourd’hui, la Constitution du 18 février 2006 vise plus la décentralisation pour but de développement communautaire à partir de la base.

En termes scientifiques, la décentralisation se compose de deux éléments : le macro- et le micro-environnement.
Le macro-environnement est le fait des micro-politiques, qui déterminent la mise en place des systèmes de décentralisation qui sont les politiques économiques, les mesures fiscales, les allocations fiscales aux régions, les mesures législatives et réglementaires, etc.
Quant au micro-environnement, il est l’amélioration des infrastructures de communication qui rendent la commercialisation plus efficace.
Ainsi, la décentralisation apparaît sous deux formes :
a) celle du pouvoir de décision de l’Etat central et sa délégation à des autorités locales, celle d’une dévolution ;
b) Celle d’un transfert réel du pouvoir de décision et de responsabilité à des institutions de gouvernement local, émanant d’un choix des populations ou des institutions de la société civile.

Le développement, quant à lui, englobe deux contextes : le contexte local et le contexte rural.
Le développement local part de tous les projets agricole, pastoral, marché, hôpital, école, banque, poste, commerce essentiel, services de réparation,... et se fonde sur des notions de participation, de partenariat et de contractualisation. Il est une pluralité des niveaux d’action et les usagers directs des ressources sont les communautés rurales de base, les terrains villageois et les aires pastorales.
Le développement rural complète le premier et est la priorité des politiques de développement, car il englobe la croissance et la globalisation pour rendre l’agriculture efficace et compétitive, ayant comme finalité le développement humain, l’assurance alimentaire et la subsistance décente des familles, l’accès à la santé et à la l’éducation, la vie dans un environnement non dégradé, l’expression en tant que citoyen.

Que ce soit le développement ou la décentralisation, il y a un facteur commun sans lequel rien ne peut se faire. Ce facteur commun qui les unit, s’appelle « les communautés rurales », car tout tourne autour d’elles. L’espace territorial d’une communauté rurale est le terrain, qui constitue le fondement de l’existence-même de la communauté en question et forme leur base économique. Il est un effet de leurs structures sociales, il témoigne des relations de pouvoir entre les lignages et entre les individus, il constitue la référence identitaire des membres d’une même communauté qui se différencient d’abord des « autres » par rapport aux terrains limitrophes.

A l’époque coloniale, la notion de communauté rurale était très respectée. Au terme de l’article six du décret du 02 mai 1910, l’indigène n’était autorisé à émigrer, c’est-à-dire de quitter sa Chefferie (son terrain) à condition d’obtenir un passeport de mutation. Le chef de poste ne délivre cette pièce qu’après avoir pris l’avis du chef ou du sous-chef indigène.
Aujourd’hui, les gens se déplacent sans tenir compte de la notion et de l’importance du terrain. Ce qui handicape la cohésion communautaire, le développement rural et durable, et crée l’insécurité par manque de contrôle de l’administration sur la population.

De tour cela, les mouvements associatifs ont un grand rôle à jouer à côté de l'Etat. ces rôles peuvent être de plusieurs cadres, notamment de :
- constituer des dossiers et entreprendre des démarches appropriées auprès des responsables concernant les préoccupations de la population locale;
- lutter contre l’analphabétisme des adultes ;
- initier des mini-stages en faveur des jeunes, des chômeurs, des femmes,…
- aider à acquérir des matériels agricoles, scolaires, médico-sanitaires,…
- créer une dynamique communautaire d’apprentissage, de communication, le tout pour le développement ;
- assurer l’éducation civique et patriotique de la population en vue de se prendre en charge et non obéir aveuglement aux politiciens souvent animés de l’esprit de mauvaise gouvernance ;
- adhérer aux initiatives de la globalisation et dans le monde de l’internet.

S’étant rendu compte du danger que risquait de connaître tout le Territoire d’Aru, quelques fils de la Chefferie des Kaliko-Omi ont réfléchi sur le processus du développement de cette contrée en mettant leurs propres moyens financiers en jeu.
Passant de la parole à l’acte, les deux ont posé des actions suivantes pour que l’exemple serve aux autres. La première étude était de circonscrire les points vitaux touchés par le sous-développement. Cela a réussi grâce aux conférences et séminaires au cours desquels la base a parlé. Pour la communauté d’Aru, les secteurs comme l’éducation et l’agriculture étaient négligés depuis que le colon est parti. Pour l’aider, il fallait donc commencer par là.
Parmi les fils d’Aru, nous pouvons citer le Professeur Olema Debhonvpi Martin (vivant au Canada) et l’Honorable Bha-Avira Mbiya Michel-Casimir.
Nous avions commencé par l’identification des besoins, des partenaires sur terrains et la programmation des actions.

Pour une superficie de 6.740 Km2, une population estimée à 728.932 habitants en 2005, huit Collectivités, plus ou moins 100 associations, 95 hôpitaux et dispensaires, 5 établissements supérieurs et universitaires, 196 établissements secondaires et professionnels, 251 établissements primaires, 11 écoles maternelles, 2 compagnies commerciales, presque pas de richesses sous-sol, il fallait donc se mettre au travail et attaquer le taureau par les cornes, c’est-à-dire par l’enseignement te l’agriculture.

Une fois circonscrit les besoins, nous avons d’abord apporté les ouvrages suivants :
Prévisions des matières du nouveau programme national de l’enseignement primaire
à 15 établissements primaires
Programme national de français, de mathématiques, de géographie, de chimie, d’histoire, de biologie et de pédagogie
à 27 établissements secondaires.
Plus de 20 établissements primaires et secondaires ont eu en grande quantité des ouvrages suivants :
Littérature francophone : 7 exemplaires
Catéchisme de Bobinette, 8 exemplaires
Naissance de Jésus-Christ : 9 exemplaires
Mwana Mboka : 10 exemplaires
Bleu Blanc : 11 exemplaires
Conversations françaises : 12 exemplaires
Calculons 2, 3, 4, 5 : 5 exemplaires
Mon premier livre de calcul : 6 exemplaires
Ma première grammaire : 6 exemplaires
La Question : 6 exemplaires
Education nationale : 6 exemplaires
Exercices résolus de physique : 1 exemplaire
2 exemplaires de maîtriser les math 5ème pr, livre de dissertation, soins et techniques en salle d’ops, apprenons à bien soigner les plaies, techniques des soins spécialisés, radiographie, donner les soins, confort à l’alité, gynécologie, français 1, 2, 3, 5, 4, 4
Calcul 1, 2, 6 : 3 exemplaires
A nouis les Maths 3 et 4 : 4 exemplaires
Ce monde merveilleux 3 et 4 : 4 exemplaires
A petits pas : 4 exemplaires.

Nous avons également remis plus de 280 matériels aratoires composés des houes, machettes, pelles, râteaux, à autant des personnes.
Ces personnes sont disséminées dans des localités et villages suivants : Aru, Laybo, Nyaguma, Ariwara, Mado, Agupiako, Aubha, Alongba, Makofi, Biringi, Nderi, Katsa, Engbokolo, ,…

Nous avons créé à Aru une boulangerie et une poissonnerie en vue de récupérer les enfants-soldats.

Si nous avons placé l’enseignement et l’agriculture avant tout, c’est que notre constat était très amer dans ces deux secteurs.

Nous pouvions continuer nos actions, mais malheureusement, le Seigneur Dieu Tout-Puissant n’a pas voulu, et il a arraché le Professeur Olema de notre tendresse. Il est mort au cours de cette année au Canada. Que son âme repose en paix. Ceux qui sont intéressé au programme, peuvent me contacter au tél 00243 998 910 874, e.mail bhamichel@yahoo.fr ou democratieetcivisme@hotmail.com

Kinshasa, le 15 décembre 2008.
Honorable Bha-Avira
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