OLPA condamne l’interpellation des journalistes d'Antenne A par l’ANR à Kinshasa

L’Observatoire de la Liberté de la Presse en Afrique (OLPA), réseau africain d’experts juristes et journalistes volontaires pour la défense et la promotion de la liberté de la presse, condamne l’interpellation de plusieurs journalistes de la chaîne privée de télévision Antenne A, émettant à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC).

Jean-Louis Miasuekama et Denis Bakonga respectivement directeur des informations et diffuseur à la chaîne privée de télévision Antenne A ont été interpellés, samedi 10 avril 2010 après 19 heures (heure locale), par deux personnes se réclamant de l’Agence nationale des renseignements (ANR) qui ont effectué une descente au siège de la station sous prétexte de rechercher le journaliste Alain Kiuka, présentateur du journal télévisé du 10 avril.

En l’absence du journaliste recherché, ils ont procédé à l’arrestation de Denis Bakonga et de Jean-Louis Miasuekama. Le directeur des informations a été libéré quelques heures après, alors que la libération de Denis Bakonga a été conditionnée par la remise du support DVD contenant le journal télévisé incriminé.

Les agents de l’ANR reprochent au présentateur du journal d’avoir évoqué de possibles pourparlers qui pourraient avoir lieu entre le gouvernement congolais et les insurgés Enyele qui ont attaqué récemment la ville de Mbandaka, province de l’Equateur, (au Nord-Ouest du Congo).

C’est après avoir remis le support recherché et le passage du journaliste Alain Kiuka à l’ANR que Denis Bakonga eut été libéré le 12 avril 2010, après 48 heures de détention.

Le 13 avril 2010, Alain Kiuka, Dieu Merci Nzob et Jo Tala Ngai, respectivement journalistes et directeur général de la chaîne privée de télévision Antenne A ont été convoqués à l’ANR où ils ont rencontré l’Administrateur de ce service qui leur a demandé de faire un démenti sur l’information relative aux pourparlers avec les Enyele.

Au regard de ce qui précède, l’Observatoire de la Liberté de la Presse en Afrique condamne fermement cette interpellation des professionnels de la presse ainsi que les tentatives de museler la presse sur un sujet qui n’est pas tabou et qui est d’actualité.

C’est une violation flagrante de la liberté de la presse garantie par les lois de la RD Congo.

Par conséquent, OLPA demande aux autorités du pays de cesser immédiatement les actes d’intimidation contre les journalistes et les organes de presse en cette période où le pays fait face à plusieurs défis dont celui de la pacification de tout le territoire et de l’organisation prochaine des élections.

OLPA prie également les autorités congolaises à favoriser l’exercice de la liberté de la presse sur toute l’étendue de la RDC.