VIOLATIONS DES DROITS HUMAINS AU SUD KIVU

ALERTE N° 10/2010
69e numéro

DE LA VIOLATION DES DROITS HUMAINS AU SUD-KIVU

Ce n’est pas aujourd’hui, ce n’est peut être pas même demain que la population du Sud-Kivu respirera l’air de la paix.

En effet, l’insécurité fait parler d’elle dans presque tous les territoires de cette province au dernier trimestre 2010 :

UVIRA.

Une personne a été tuée par balle le soir de jeudi 14/10/2010 dans la plaine de la Ruzizi. Ce sont des hommes en armes qui ont attaqué un bus de l’agence « REPONSE » dans le village de Bwegera.
Les passagers ont tous été dépouillés de leurs biens et les pneus du bus endommagés car immobilisés par des balles.

La personne tuée était connue sous le nom de CHAMBI BASIMANA Vincent.

SHABUNDA

Dans ce territoire, plusieurs personnes et plusieurs biens de grande valeur ont été emportés par les FDLR (Forces démocratiques pour la libération du Rwanda) dans le groupement de Wakabangu 1er le mercredi 13/10/2010.
Au cours de la même attaque, un prêtre xavérien a été arrêté par les mêmes inciviques. Le prêtre fut libéré plus tard en payant une rançon de 400 dollars américains.

Toujours à SHABUNDA, plusieurs maisons et écoles ont été incendiées, plusieurs biens pillés et plusieurs personnes emportées dans la forêt par des FDLR la nuit du dimanche 17/10/2010 dans le village de Biziba.

KALEHE

Sept personnes ont été tuées et plusieurs autres gravement blessées. Ceci est le bilan d’une attaque perpétrée par les FDLR sur deux camions.
C’était en pleine journée le vendredi 1er octobre 2010 dans le parc national de Kahuzi-Biega entre Bunyakiri et Hombo.
Tous les biens des passagers ont été pillés et emportés dans la brousse par les malfaiteurs.

Dans la nuit du 21 au 22 décembre 2010 dans la localité de SHANJE, un homme âgé de 39 ans, Mr MALIBIRHA Gabriel a été fusillé à bout portant par un homme en tenue militaire incivique.
Cet infortuné venait de Nyawaronga et se rendait à Numbi. Pendant qu’il s’abritait dans une maison du village précité, un militaire s’y est introduit et a demandé l’argent à ce passager. Ce dernier n’avait rien sur lui. Du coup, ce militaire tire sur lui, il tombe sur place et rend l’âme.
Le propriétaire de la maison s’est sauvé de justesse en se cachant derrière sa maison. Sans inquiétude, le militaire sort calmement et se dirige dans la famille voisine du lieu du crime où il récolte 36.000FC (40$US).
La police et l’ANR du lieu ont ouvert des enquêtes qui demeurent sans suite.

FIZI

Trois taximen de moto et leurs clients c’est-à-dire six personnes au total ont été tuées et dépouillés de leurs biens par des hommes armés le mercredi 29/9/2010 dans un village non loin de Baraka.

KABARE

Monsieur Mangura Zibonera du village de Kahungu à Katana a été tué dans la nuit de dimanche 17/10/2010 par des hommes armés. Ces derniers ont pillé plusieurs biens de grande valeur et blessé grièvement une autre personne.

WALUNGU

Trois personnes ont été emportées dans un endroit inconnu et six vaches et une chèvre pillées par les FDLR. C’était dans la nuit du dimanche à lundi 25/10/2010 dans le village de Lushebeyi en groupement de Mulamba.

MWENGA

Quatre personnes ont été tuées par balle par les FARDC (Forces armées de la RDC) dans le village de Mero non loin de la cité minière de Kamituga. C’est donc le bilan d’une tension qui s’est produite dans ce village le matin de mardi 02/11/2010.

C’était lorsque un soldat des FARDC a trouvé une personne exploitant frauduleusement les minerais. Le soldat a tiré sur l’artisan minier qui a succombé sur place. La population a marché avec le cadavre qu’elle a déposé dans une position militaire. Dans la foule, les soldats ont encore tiré des balles et quatre hommes sont morts et plusieurs autres blessés gravement.

Aujourd’hui la population du Sud-Kivu pleure donc toutes ces victimes et demande que la sécurité soit garantie pour tout le monde.

ALERTE N° 011/2010
70e numéro

LA SUSPENSION DE L’EXPLOITATION ARTISANALE DANS LA PROVINCE DU SUD-KIVU. CAS DU CARRE MINIER DE LUKOMA

Depuis que le Chef de l’Etat a suspendu l’exploitation artisanale des minerais sur toute l’étendue de la Province du Sud Kivu, cette mesure n’a pas été respectée par certains groupes armés présents dans différents coins de la Province. Ce sont surtout les rebelles Rwandais FDLR qui vivent dans les forêts de Nindja dans le carré minier de LUKOMA.

En effet, les FDLR exploitent frauduleusement les minerais et les recettes tirées de cette exploitation contribuent à les maintenir dans la forêt au détriment des populations congolaises insécurisées.

En rapport avec la décision du chef de l’Etat de suspendre cette exploitation artisanale, nous pouvons signaler quelques impacts positifs et négatifs qui en découlent.

A. QUELQUES IMPACTS POSITIFS

La production agricole va s’augmenter par le fait que la majorité de la population qui exerçait les activités des minerais se donne à présent à l’agriculture depuis qu’elle a été chassée des carrières minières.

B. IMPACTS NEGATIFS

- Les militaires FARDC ont pris la place des opérateurs économiques car certains d’entre eux (surtout les officiers) se mettent à exercer le commerce frauduleux des minerais (cassitérite et or) qui proviennent des entités sous contrôle des inciviques (FDLR). Une confusion réelle s’est d’ores et déjà installée dans le milieu et la population ne sait plus qu’elle est la vraie mission des uns et des autres.
- Il y a actuellement une crise économique accentuée sur la vie quotidienne de la population car plusieurs secteurs d’activités dépendaient en grande partie des clients exploitant les minerais qui eux, avaient un pouvoir d’achat réel par rapport à la grande majorité de la population en chômage déguisé.
- Toute la population évacuée dans les carrés miniers est en chômage et constitue de ce fait une pépinière pour d’éventuels groupes armés.
- Le vol et l’insécurité se sont accentués depuis la décision suspendant l’exploitation artisanale des minerais. .

En conclusion, ce sont donc seuls les hommes en armes en complicité avec certains civils immoraux qui poursuivent l’exploitation dans la carrière de LUKOMA malgré la décision du Chef de l’Etat.

ALERTE N° 012/2010
71e Numéro.

LE PHENOMENE “KABANGA”, UN FAIT REEL A KALEHE

Ce nouveau système d’assassinat (étranglement à partir d’une corde) est un fait réel qui prend de l’ampleur dans le territoire de Kalehe.
Qui peut le croire ? D’où vient ce nouveau système d’assassinat humain que certains imaginent être un grand moyen d’enrichissement rapide ?

En effet, le 04/11/2010, deux personnes de troisième âge, sentinelles de la plantation SHABAGANDA dans les Hauts-Plateaux à Lemera ont été enlevées de leur poste de travail dans cette nuit laissant tous leurs effets et chaussures et sont portées disparues depuis lors.
Malgré les recherches faites, leurs cadavres n’ont pas été retrouvés dans toute la forêt fouillée sans issue.
La population attribue cette disparition aux bandits « KABANGA » qui les auraient tué et jeté les corps dans des endroits inconnus.
Cette version s’avère vraie d’autant plus que des indices sérieux de culpabilité pèsent sur un homme soupçonné de complicité dans cette affaire à savoir le capita des sentinelles de la plantation, Mr BIHAMA Fabrice.
En date du 28/11/2010, Mr BIHAMA Fabrice déjà soupçonné complice, affirme que se promenant, il a trouvé les 2 cadavres l’un à quelques 5 mètres de l’autre et déjà en décomposition. Ces cadavres étaient cachés selon lui dans une petite brousse et arbustes dans la vallée de la plantation.
Toutes les questions lui posées ne donnent que des réponses purement évasives et contraires à la réalité du terrain et du contexte des faits.
Ce suspect a échappé belle au verdict populaire (justice populaire) car une bonne partie de la population ignore encore qu’aucune personne n’a le droit de se rendre justice.

Ainsi, grâce aux FARDC cantonnés à LEMERA, ce présumé coupable de « Kabanga » a été sauvé de justesse.

En fin de compte, Il a été arrêté et a fini par citer certains de ses coéquipiers collaborateurs dans le forfait à savoir Mr Prince MUHEMERI, Jacques MUHIMBO et d’autres qui auraient déjà pris fuite.

Sur ordre du parquet de Paix à Kalehe, des FARDC et d’autres autorités présentes, ces corps en décomposition ont été inhumés au même endroit dans la plantation.

Soulignons que les bourreaux « KABANGA » ont été arrêtés mais relâchés encore une fois après une semaine au cachot. Ils ont été libérés moyennant paiement de 150$ chacun. C’est cela la justice en RDC.

GAO demande aux autorités judiciaires de fournir un effort pour redorer l’image ternie de notre justice. Que les coupables soit jugé et puni selon la loi et l’impunité soit à jamais bannie. Il y va de la crédibilité de notre pays.

D’un autre côté la population de Kalehe impliquée dans le phénomène « Kabanga » devrait savoir que ce n’est pas une corde qui procure le gain mais le travail. Se laisser aller à des croyances de ce genre est un manque de connaissance.

GAO asbl.