RD Congo : Des inquiétudes sur le sort des personnes interpellées dans l’attentant contre le Président de la République

Journalistes pour la promotion & la défense des droits de l’homme (JPDH) reste préoccupé par la disparition, depuis le dimanche 27 février 2011 à Kinshasa (Capitale de la République démocratique du Congo (RDC), de M. MBIYA Jacques Kalonji (43 ans) et de Mme Nadia KAMENGA Madia (34 ans).
Selon les informations parvenues à JPDH, confirmées par les familles de deux infortunés, le couple se rendait à la clinique Ngaliema où un proche parent a été hospitalisé.
Le centre hospitalier est situé à environ 100 mètres de la résidence officielle du Président de la République qui a été, ce jour-là, la cible des tirs nourris des roquettes lancées par des personnes non identifiées.
Selon les familles de Mbiya et de Kamenga, qui ont pu joindre JPDH, leurs enfants ont sans doute été arrêtés dans la foulée des arrestations et conduits, comme les autres suspects, au siège de l’Inspection générale de la police (IGP). Mais elles restent préoccupées par le fait qu’ils n’ont, jusqu’à ce jour, été retrouvés morts ou vivants. L’hypothèse avancée par les familles reste donc celle de la disparition forcée, confirmée par des organisations locales.
Les échanges de coups de feu entre les assaillants et les éléments de la Garde républicaine (GR, unité de sécurité du Président Joseph Kabila) ont fait 19 morts, dont 8 loyalistes et 11 assaillants, selon l’IGP.
Les deux familles ont déclaré que sur les 126 personnes interpellées et présentés à la presse locale lundi 07 mars 2011, ni Mbiya Jacques ni Nadia Kamenga n’ont ni été cités et ni vus. Même sur la liste de 82 autres personnes encore entre les mains des Officiers de la Police judiciaire (OPJ), selon le porte-parole de l’IGP, l’Inspecteur Lole Olondo, les deux personnes recherchées par leurs familles n’ont pu y être identifiées.
Selon les informations obtenues par JPDH, le ministre de la communication et des médias, Lambert Mende a assuré à toutes les familles indistinctement que les corps ne pourront être restitués qu’après les enquêtes en cours et que seul l’auditeur militaire peut donner le moment où il peut remettre les corps aux familles. L’inquiétude des familles se justifie par le fait que même dans le lot de personnes ayant trouvé la mort lors des affrontements, Mbiya et Kamenga n’ont pu y être identifiés, à l’hypothèse de décès.
Des associations locales de défense des droits de l’homme avaient vivement condamné le refus de visites imposé aux proches des personnes arrêtées.
Des assaillants avaient attaqué la résidence du Chef de l’Etat, absent et la base logistique du camp Kokolo (Centre).
Eu égard à ce qui précède, JPDH invite les autorités à rassurer les familles des victimes, interdites d’entrer en contact avec leurs proches, en violation de la législation nationale et des instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme.

Fait à Kinshasa, le 20 mars 2011
Journalistes pour la promotion & la défense des droits de l’homme (JPDH)