Affaire journaliste Joachim Diana : le Tribunal de Grande instance délibère sur la liberté provisoire

Le Tribunal de Grande instance de Kinshasa/Gombe a examiné, vendredi 22 février, en chambre de conseil au CPRK (Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa) la requête de mise en liberté provisoire introduite par Joachim Diana Gikupa, directeur du journal la Colombe, paraissant à Kinshasa.

Le journaliste est incarcéré au CPRK depuis le 12 février 2013 à la suite d’un jugement du Tribunal de paix de Kinshasa-Gombe du 31 décembre 2012, le condamnant à six mois de servitude pénale avec clause d’arrestation immédiate et au paiement des dommages-intérêts de l’ordre de 20.000 dollars US à M. Tian Sheng, hommes d’affaires.

Joachim Diana est accusé d’imputations dommageables par Tian Sheng pour avoir publié un article de presse dans les colonnes du journal la Colombe, le 9 février 2012, dénonçant la pratique abusive des césariens sur les femmes enceintes dans le centre hospitalier appartenant à l’homme d’affaires chinois ainsi que la fabrication des produits nocifs.

Après un débat sur la saisine du Tribunal, la partie Joachim Diana a comparu volontairement alors que la défense de Tian Sheng a quitté la barre rejetant toute comparution volontaire.

Le Ministère public a estimé que le Tribunal ne devait pas répondre favorablement à la requête de Joachim Diana, car il ne s’agissait pas d’une détention préventive mais plutôt de l’exécution d’un jugement assorti d’une clause d’arrestation immédiate. Et c’est le Tribunal qui a condamné le journaliste qui devait examiner cette question.

Il a demandé au Tribunal de garder le journaliste en détention jusqu’à ce que l’appel interjeté par lui soit examiné par le Tribunal de grande instance, s’appuyant sur les articles 45 du Code de procédure pénale.
Une thèse qui a été balayée d’un revers de la main par la défense de Diana qui a soutenu que c’est pour des raisons de santé que le journaliste sollicite la liberté provisoire. Une attestation médicale d’un centre médical de la SNEL (Société nationale d’électricité) a été remise au juge pour étayer cet argumentaire.

Le collectif assurant la défense de Diana a martelé sur le fait que le journaliste a un domicile connu et il est une personne d’une grande notoriété pour qui on ne peut craindre la fuite. Le juge a demandé des garanties à Diana Gikupa, ce que le journaliste a fait.

Le Tribunal de Grande instance a alors décidé de prendre une ordonnance dans le délai légal. En ce qui concerne l’audience en appel, elle a été fixée au 8 mars 2013.

Département juridique de l’Observatoire de la Liberté de la Presse en Afrique (OLPA)

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