La situation (très difficile) des femmes et filles congolaises de la R.D. Congo, amenées par les militaires en Ouganda

Plusieurs femmes et filles Congolaises souffrent terriblement et demeurent victimes des guerres et leurs conséquences en RD Congo.
Ce mal est venu aggravé leur vulnérabilité, et les femmes Congolaises amenées en Ouganda par les militaires Ougandais, ne sont pas épargnées de cette réalité, mauvaises conditions de vice socio-économiques.
D’amblée lorsqu’on essaie de circonscrire le cadre et leur type de vie actuelle, on degage que cette déportation dont elles demeurent victimes s’incrit comme une violation faites à l’encontre de femmes et petites filles.
Bien que pour certaines leur adhésion au programme de venir en Ouganda fut un choix libre, il faut garder à l’esprit une réalité basée sur l’exploitation sexuelle et forfaitaire de ces femmes depuis le Congo. Et leurs prédateurs conjoints avaient intérêt à poursuivre le mème objectif en Ouganda, en les influencant de retourner avec eux.
Sur le plan social,
Elles ont été contraintes de mener une vie isolée et de forte dépendance. Le système d’habitat est très ridimentaire. Pas d’abris appropriés. Les gens vivent en agglomeration en brousse. Les habitations sont de petites cases, huttes construites en bois, boue et couverts par la paille. Chaque case est de + 2m2 et très serrées, regroupées les unes aux autres. Les conditions hygéniques très médiocres.
Pas d’installation sanitairies, les toilettes delabrées complétement, et les brousses servent de lieu d’aisance. Pas de douches, et chacun ou chacune se debrouie à côté de sa case les soirs pendant l’obscurité. Ce qui les expose aux maladies épidémiques grâves. Pas d’eau car la source est non amenagée. Le système d’évaluation d’eaux sales, de pluie et d’ordures de toute sorte n’existe pas. Aucume poubelle communautaire même individuelle.
Comparativement aux 3 camps investigués, les camps de Kakiri et Mbuya présentent plus de danger et risques par rapport à celui de Bombo où l’habitat est un peu amélioré.
Sur le plan organisationnel, la solidarité des unes envers les autres est de faible indice, de sorte qu’il est toujours difficile de trouver solutions concrêtes aux problèmes communautaires rencontrés.
Sur le plan sanitaire, les soins médicaux ne sont pas mises à la portée de tout le monde. La santé physique et psychologique dans les menages est très critiques.
Plusieurs femmes ont révélé à l’équipe de recherche, qu’elles sont toujours souffrentes d’une ou l’autre maladie et qu’il est très quasi difficile même impossible d’accéder aux soins médicaux, même les soins de santé primaire.
Les signes de malnutrition ont été observés et chez les enfants et du coté de leurs mamans rencontrées.
Pas des structures d’encadrement éducationnel des enfants, ce qui rend aussi hypothétique leur avenir.
Les femmes rencontrées ont révélé que les décés sont nombreux chez les enfants à cause des conditions de vie alarmantes.
La morale de gens est très faible, et plusieurs de ces femmes sont devenues toxicomanes et très alcooliques.
A part les enfants laissés au Congo, la plupart de ces femmes ont chacune I à 2 enfants et d’autres portent leurs grossesses.
Sur le plan économique
Aucune activité génératrice de revenu n’est exercée par les femmes rencontrées, telle que l’exercise du petit commerce, cultures potagères praticables pour la survie, ….
La plupart de ces femmes n’attendent que les miettes sur les salaires de leurs maris pour survivre. De plus réel, la majorité vit avec l’équivalent de 6 à 700 shu par jour soit moins de 0, 4 USD.
Les personnes n’ayant de maris et depourvies de toute ressource, trouvent rarement l’argent pour se procurer les services de santé. De ce qui précède, la préoccupation de l’équipe d’enquète était de savoir, s’il y avait d’autres moyens et/ou sources exploitées par ces femmes pour leur survie.
A ce sujet, des réponses eparses récoltées ont permi à l’équipe d’établir qu’il existait déjà une réalité et un lien triangulaire entre cette déportation, la pauvreté et l’usage du sexe pour la survie.
La crédibilité des informations receuillies prouve que les femmes et filles Congolaises amenées en Ouganda comme épouses par les militaires Ougandais, n’ont pas trouvé leur “El dorado”, tel qu’elles pouvaient s’en imaginer. Sûr les choses n’ont pas tourné positives pour que leur vie en Ouganda soit favorable, à cause des conflits et guerres qui continuent à dechirer toute la région des Grands–Lacs.
Alors que leurs conditions de vie socio-économique continuent à s’aggraver, davantage leur pauvreté gagne l’espace. Alors qu’elles demeurent appauvries, davantage elles échangent déjà relations sexuelles contre l’argent afin de survivre, d’où la prostitution qui se pratique dans des camps, d’après des sources digne de foi.
“L’échange sexe contre produits de première nécessité pour vivre, contribue apparemment à la propagation du VIH/SIDA … Comme les femmes et les filles ne peuvent insister pour que leurs partenaires utilisent des presevatifs, le risque de contracter et de transmettre le VIH/SIDA est considérablement accru.” (2)
ATTENTES
Lors des entretiens, les femmes n’ont pas tardé d’adresser leurs souhaits et attentes à l’équipe de recherche vis-à-vis des problèmes qui les accablent;
Elles ont exprimé le désir d’être assistrées dans leur état actuel de vulnerabilité et de misère, notamment;

  • par appui quelconque pour l’exercise des activités économiquement rentables et/ou génératrices des revenus (petits commerces, …)
  • assistance en soins médicaux et surtout en soins de santé primaire
  • assistance en produits vivriers, et eau potable.
  • Assistance en intrats agricoles pour l’exploitation des espaces cultivables et jardins potagers aux camps, afin de combattre la malnutrition.
  • En somme toute, la plupart des clientes ont sollicité un rappatriement volantaire vers le Congo à l’instar de celui organisé dans le même cadre au Tchad en Août 2002.

PROPOSITIONS ET RECOMMANDATIONS
La situation actuelle que traverse les femmes et filles Congolaises amennées en Ouganda comme épouses par les militaires Ougandais reste une des consèquences des conflits armés qui dechirent la RD Congo;

  • Aux mouvements rebelles nos propositions les interpellent d’enterrer la hâche de la guerre et de s’impliquer totalement dans le processus de paix, tout en mettant à l’avant plan le retrait sur tous les fronts de troupes Ougandaises qui exploitent sexuellement les femmes et filles Congolaises.Sur ce, nous recommandons aux responsables des mouvements rebelles soutenus par l’Ouganda (ML, RCD Kisangani, et RCD national) de trouver un engagement et prendre acte des présentes propositions.
  • Au gouvernement du Congo – Kinshasa, de renforcer les négociations sur tous les plans afin que la paix revienne au Congo et qu’integrité territoriale soit garantie. Sur ce, nous recommandons qu’il y est des pourparlées entre les mouvements rebelles en RDC soutenus par l’Ouganda, le gouvernement du Congo – Kinshasa et le gouvernement Ougandais afin de prendre en considération les problèmes que rencontrent actuellement les femmes et filles Congolaises amenées en Ouganda par les militaires. De faire de sorte que le rapatriement souhaité par ces femmes vers leur pays d’origine soit effectif, total et coordonné.
  • Au gouvernement de l’Ouganda, le refus strict aux militaires Ougandais d’amener chaque fois les femmes et filles de leur retour du Congo pour les abandonner. Nous recommandons de s’y impliquer et d’organiser une évacuation et rapatriement volontaire de ces femmes Congolaises, qui, aujoud’hui leurs conditions de vie sont très déplorables.
  • Aux Humanitaires (locaux, internationaux) et Associations de droits de l’Homme, de faire le mieux afin que la cause de ces femmes soit entendue. De renforcer et appuyer tout projet en rapport avec les présents résultats, d’encourager les activités génératrices des revenus pour leur survie autonome.De faire pression aux trois parties ci-haut citées afin que les attentes epinglées dans ce rapport soient un projet concret et réel en faveur des concernées. De militer afin que leur retour au Congo soit une coordination humanitaire.D’intervenir pour une assistance d’urgence compte tenu du besoin exprimé et de leus conditions critiques actuelles de vulnérabilité.

(2) Rapport Human Rights Watch, GUERRE DANS LA GUERRE, Violence sexuelle contre les femmes et les filles dans l’est de la RD Congo, Juin 2002 p. 15

Envoyé par :Action Solidarité-Défenseurs des Droits de l’Homme en Détresse, "ASDDHOD"