REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE VENDREDI

08/08/14/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE VENDREDI (CongoForum)

L’arrestation du député national Jean-Bertrand Ewanga, Sg du parti l’Union pour la Nation (Unc) poursuivi pour outrage au chef de l’Etat et le dernier sommet Afrique - Etats-Unis font encore la Une des journaux kinois ce vendredi.

Affaire Ewanga

Au sujet de l’affaire du Sg de l’Union pour la Nation congolaise, il y a ce que la presse appelle fréquemment « un léger mieux », en ce sens que l’élu d’Ikela et Secrétaire général de l’UNC quitte Makala pour l’Hôtel Invest de la Cité de la Radio télévision nationale congolaise (Rtnc). .

La Prospérité titre «Ewanga en résidence surveillée à l’Hôtel Invest !»
«Aux dernières nouvelles, rapporte ce quotidien, l’opposant politique, Jean-Bertrand Ewanga, Secrétaire Général de l’UNC de Vital Kamerhe, aurait été ramené à l’Hôtel Invest, après plus d’une nuit passée à Makala». Il explique qu’une lettre d’Aubin Minaku, l’actuel speaker de l’Assemblée nationale, à Félix Kabange Numbi, le Procureur Général de la République, aurait joué pour beaucoup dans ce changement.

Le Phare précise que « Répondant aux préoccupations des émissaires de l’Union Européenne, le président de l’Assemblée Nationale a décidé de s’impliquer pour que le député national Ewanga soit placé en résidence surveillée, en fonction de l’interprétation restrictive des principes de base en matière pénale.
A en croire son conseiller juridique, Tupa Kamango, Aubin Minaku, en sa qualité de président de l’Assemblée nationale, procédera à un contact épistolaire avec le Procureur Général de la République pour que ce dernier, en tant qu’organe de la loi et officier du ministère public, se replace dans l’esprit de l’Arrêt prononcé par la Cour Suprême de Justice sur le point précis de la sanction relative à l’assignation à résidence de Jean-Bertrand Ewanga. Tupa Kamango a assuré que le président de l’Assemblée nationale adressera incessamment une correspondance au Procureur Général de la République pour une exécution fidèle des termes de l’Arrêt prononcé par la Cour Suprême de Justice. « Ces termes sont dégagés dans les dispositions légales qui disent qu’en matière de détention préventive, pour les députés nationaux, la présente mesure est remplacée par l’assignation à la résidence surveillée », a lâché le porte-parole de Minaku.

Le Potentiel titre, «Affaire Ewanga : Minaku étale au grand jour le dysfonctionnement de la justice », et réitère que l’évolution de l’affaire Jean-Bertrand Ewanga étale au grand jour des contradictions dans le chef des autorités nationales.
Ce journal explique par ailleurs : « Placé à la prison centrale de Makala par le Parquet général de la République, la mesure du PGR se présente comme une entorse aux privilèges de poursuite dus à l’honorabilité d’un député national ». Ce qui, selon lui, ravive la polémique autour de l’interprétation des principes de base matière.

L’Objectif par contre titre: « Le PGR Flory Kabange soutient la légalité de la procédure ». Ce journal rapporte que « Dans son intervention, le PGR a précisé qu’Ewanga et gardé à sa disposition à la prison centrale de Makala, le seul qui constitue une résidence surveillée ».Et L’Objectif de relever : « la seule crainte dans le camp de l’opposition est celle de voir Ewanga passer 3 à 5 ans de prison ».

Forum des As corrobore le rôle joué par Minaku: «Retombées des démarches des ambassadeurs occidentaux et des députés de l’opposition. Jean-Bertrand Ewanga quitte Makala pour l’hôtel Invest», où il est assigné à résidence. Au terme de leur rencontre hier avec le président de l’Assemblée nationale, les diplomates français, belge, anglais et de l’UE ont appelé les acteurs politiques au dialogue et à agir avec respect mutuel, révèle le quotidien.

L’Avenir confirme l’information et explique qu’outre le groupe d’ambassadeurs, le président de l’Assemblée a expliqué aux opposants les raisons d’être de cette arrestation et le processus dans lequel il s’engage pour qu’une solution soit trouvée. «Très rassuré, ces députés nationaux croient que la solution va être trouvée d’un moment à l’autre», explique le journal.

Le Phare mentionne, au sujet de la Justice, une autre nouvelle qui prend une allure un peu ironique du fait de l’affaire Ewanga. « SADC : le conseil des ministres de la Justice ouvert à Kinshasa »
« La ministre de la Justice et Droits humains, Wivine Mumba Matipa, a donné, hier jeudi 7 août au salon Congo du Grand Hôtel Kinshasa (GHK), le coup d’envoi de la réunion annuelle des ministres de la Justice et Procureurs généraux des Etats membres de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC). Ces entrevues ont été instaurées pour permettre aux chefs d’Etat et de gouvernement de cette organisation supranationale de résoudre les problèmes juridiques et judiciaires que rencontrent leurs Etats. Et ce, en vue de la mutualisation des efforts et du partage d’informations et expertises au niveau de la sous-région, compte tenu des réalités spécifiques à chaque Etat de la communauté.
Représentante personnelle du Premier ministre et chef de gouvernement de la RDC, Wivine Mumba, a, de ce fait, formulé le vœu de voir ces assises donner à chaque participant, conscient de défis et changements majeurs qui touchent au domaine de la justice au niveau communautaire, une occasion d’apporter sa contribution à la réflexion sur la manière de faire avancer la coopération judiciaire au niveau de l’espace SADC. Notamment sur le transfèrement interétatique des délinquants condamnés ou poursuivis ; la lutte contre la sophistication des formes de criminalité transfrontalière, notamment en matière de trafic de stupéfiants, de cybercriminalité, de blanchiment de capitaux et de lutte contre l’exploitation illégale des ressources naturelles, de contrefaçon, de trafic d’êtres humains…
Organisation créée pour la promotion du développement dans la sous-région, il importe qu’un œil attentif soit accordé à la gestion de l’environnement pour le développement durable ; la création de l’organisation de supervision de la sécurité de l’aviation ; l’emploi et le travail ; le commerce ; le développement des infrastructures régionales ; la protection de nouvelles variétés de végétaux ; la mise en œuvre de la politique agricole régionale ; le statut de la force en attente pour les forces armées des Etats membres déployées à des fins d’enracinement, d’exercices et d’assistance humanitaire. Aussi a-t-elle estimé que de nouvelles stratégies de lutte soient mises à l’ordre du jour des rencontres en vue d’assurer aux Etats membres un cadre idéal et adéquat au développement durable. La ministre de la Justice a formulé le voeu de voir ces assises déboucher sur des pistes de solutions à ces épineux problèmes, lesquelles seront soumises à la sanction supérieure des chefs d’Etat et de gouvernement dont le prochain sommet se tient la semaine prochaine à Harare, au Zimbabwe.
Mais auparavant, le ministre malawite de la Justice, président en exercice de la SADC, a adressé des remerciements appuyés à la RDC qui a accepté d’abriter les assises à la place du Malawi, à cause des circonstances liées au renouvellement du gouvernement de cet Etat d’Afrique australe. « Je voudrais dire merci à la RDC de nous avoir sauvé. Ceci est un geste familial et l’expression de la réalité de ces mots que nous sommes réellement une famille au sein de l’espace SADC », a dit le ministre malawite de la Justice en poste depuis seulement le 19 juin de cette année. Avec deux jours de travaux, le ministre malawite reconnaît que les ministres de la Justice et procureurs généraux de la SADC ont un programme bien chargé et beaucoup d’activités à réaliser en ce laps de temps, aidés en cela par les experts qui ont balisé, trois jours durant (soit du 4 au 6 août), la voie au conseil des ministres de la Justice de l’espace SADC ».

Cependant, ce même journal consacre à une réflexion en profondeur sur l’affaire Ewanga son éditorial intitulé « Kinshasa : porte ouverte à la chasse aux sorcières ! ».
Le Phare écrit :

« L’interpellation et l’arrestation de Jean-Bertrand Ewanga le mardi 05 août 2014, sur ordre du Parquet général de la République, au lendemain du meeting de l’Opposition à la Place Sainte Thérèse, dans la commune de N’Djili, viennent d’ouvrir la porte à une véritable chasse aux sorcières à Kinshasa. En sus des menaces de toutes sortes que reçoivent des membres des partis ayant pris la parole ou marqué de leur présence ce rassemblement populaire, des citoyens n’ayant aucun lien avec cette manifestation politique sont inquiets.

Dans plusieurs quartiers de Kinshasa, des individus qui se réclament des services spéciaux commencent à s’illustrer par des actes d’intimidation de la population, sous prétexte de rechercher des inciviques épinglés comme auteurs des discours d’incitation à la haine tribale, à la désobéissance civile, à l’atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat, etc. Certains voisins zélés prennent déjà le malin plaisir d’exposer des innocents à des interpellations politico-judiciaires, au motif qu’ils seraient coupables de dérapages en rapport avec la révision constitutionnelle.

Ainsi, des querelles entre concitoyens autour du prix du bol de « fufu », du taux de loyer, de la couleur d’une chemise, d’un album de musique, d’un match de football sont facilement récupérées comme « débat politique » et décodées comme actes de nature à troubler l’ordre public et à déstabiliser les institutions de la République. Dans ce climat de chasse aux «ennemis de la patrie», des « commandos invisibles » s’investissent dans des descentes domiciliaires nocturnes chez des présumés suspects pour procéder à leur enlèvement et à leur acheminement vers des destinations inconnues.

Le climat politico-social est en train d’être sérieusement vicié par des compatriotes incontrôlés, qui agissent souvent sans mandats, face à des citoyens impuissants. Depuis le meeting de la Place Sainte Thérèse à N’Djili et ses retombées négatives sur le Secrétaire général de l’UNC (Union pour la Nation Congolaise), la peur de parler politique a gagné de nombreux esprits. Avant d’émettre une critique sur la marche des affaires publiques, on cherche maintenant à savoir si le voisin immédiat n’est pas un agent de renseignements, du parquet, de la police en tenue civile ou un « mouchard » proche d’un décideur politique.

Mandats personnels ou au nom du peuple ?

Selon les pères de la démocratie classique, les hommes et femmes qui exercent des mandats publics le font au nom du peuple. Par conséquent, ils sont comptables de leurs propos et actes devant le souverain primaire. Celui-ci a la latitude de les sanctionner positivement ou négativement dans les urnes, à des échéances bien déterminées.

Mais, avant d’en arriver là, cette sanction positive ou négative peut intervenir sous forme de critique verbale ou écrite (par exemple un mémorandum) en faveur ou contre une action ou un résultat, ou encore sous forme de manifestation publique de joie ou de colère (marche, meeting, sit-in).

Mais telle que la critique est maintenant vécue en République Démocratique du Congo, c’est comme s’il était interdit de juger négativement le bilan d’un décideur politique. Ce dernier tend à se comporter comme si le mandat lui confié par le peuple était le fruit d’une ordonnance présidentielle ou d’un arrêté ministériel».

Bourreau aujourd’hui… victime demain ?

C’est tous les jours que les Congolais en appellent à l’avènement d’un Etat droit, afin que tous les citoyens soient réellement égaux devant la loi. Mais puisque ceux qui devraient contribuer à sa construction semblent plus préoccupés à installer un Etat de non droit, on assiste très souvent au retour de la manivelle.

Ainsi, le Ministre, le Gouverneur de province, le Sénateur, le Député, le Maire, l’Administrateur de territoire, le Chef de secteur ou le Bourgmestre qui se trouve la veille en position de donneur d’ordre pour tracasser des innocents, se retrouve le lendemain, une fois démis de ses fonctions ou recalé dans les urnes, en victime de la jungle qu’il aura contribué à entretenir.

Il est temps que ceux qui se prennent pour des mandataires publics de carrière se mettent au pas de la diversité des opinions, de la tolérance politique, afin d’éviter le recul suicidaire du pays dans la voie de la dictature. Les règles du jeu démocratique sont clairement définies par les textes légaux. Que ceux qui ont la charge de les appliquer se fassent violence pour ne pas verser dans le clientélisme ».

(L’on est encore infiniment loin du compte ! Il faut rappeler que les élections de novembre-décembre 2011 ont donné des résultats qu'une personne avisée, réfléchie, d’esprit libre et critique devrait considérer comme nuls, donc sans gagnant. La suite aurait dû être l'annulation pure et simple, des enquêtes sérieuses pour déterminer les causes et origines des irrégularités, qu’on en tire les conséquences quant aux futures élections. Il aurait dû y avoir une protestation générale des démocrates de tous les partis, car un démocrate ne saurait accepter que son candidat gagne par la fraude, la corruption et le mensonge. Au lieu de quoi on n’a assisté qu’à des élucubrations pour défendre la victoire « officielle » de JKK, et à d’autres élucubrations pour défendre celle, tout aussi hypothétique, de Tshisekedi.
Les élections de 2011 avaient été organisées, tout comme celles de 2006, en faisant voter un « corps électoral inconnu », faute de recensement préalable de la population. Ce fait à lui seul suffirait à en « plomber » gravement la crédibilité. Elles ont, par-dessus le marché, été entachées de fraudes et de manipulations à un point tel qu’elles ont donné des résultats qui, en réalité, sont encore inconnus[1]. Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un coup d’état de fait. Le principal ressort de ce coup d’état consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli. Malumalu, principal responsable de cette absurdité d’élections sans recensement préalable de la population, a été remis à la Présidence de la CENI, ce qui promet encore de beaux jours à l’avenir !

Le Potentiel publie également à la Une un article de réflexion « Alternance ou dialogue : l’Opposition face à un dilemme ». Il écrit à ce propos :
« Nul ne peut vouloir une chose et son contraire. L’Opposition congolaise baigne depuis un temps dans une démarche contradictoire visant à obtenir à la fois l’alternance et le dialogue inclusif. Plutôt que d’opérer un choix clair sur la finalité de sa stratégie, la dispersion des énergies offre le spectacle de quelqu’un qui poursuit deux lièvres à la fois, avec le risque de les perdre tous les deux. Une alternance négociée à travers un dialogue n’en sera pas une. Tout ne devrait-il pas se concentrer sur une meilleure organisation des scrutins à venir ? C’est là tout le dilemme.
L’Opposition vogue à contre-courant de la dynamique qui s’est créée autour de la poursuite du processus électoral. Invitée à Washington, elle a étonné plus d’un. Dans une déclaration signée à partir de la capitale américaine, l’Opposition réclame un dialogue, dit inclusif. De cette manière, l’Opposition pense valoriser la ligne tracée dans l’accord-cadre signé le 24 février 2013 à Addis-Abeba sous l’égide des Nations unies.
L’on se rappelle que dans cet accord-cadre, les parties avaient appelé toutes les forces vives de la RDC à un dialogue qui baliserait la voie pour des élections apaisées, démocratiques et transparentes.
Mais, en lieu et place, le pouvoir avait convoqué un forum national sous forme des concertations nationales. Boycottées par une frange importante de l’Opposition, les concertations nationales se sont quand même tenues en octobre 2013. Depuis, plus rien. Les recommandations et résolutions moisissent encore dans le placard en attendant la mise en place d’un gouvernement, dit de cohésion nationale, dans lequel devraient prendre part la Majorité, l’Opposition et la Société civile.
N’ayant pas, pour la plupart, participé aux dernières concertations nationales, les délégués de l’Opposition présents à Washington ont donc trouvé le moment bien opportun pour réclamer un nouveau dialogue. Quelle en serait alors la finalité, s’interroge-t-on ? Dans tous les cas, l’opinion a du mal à cerner le bien-fondé de la démarche de l’Opposition.
Pourquoi, commente-t-on dans les milieux spécialisés, se mobiliser pour un dialogue alors que l’urgence aurait voulu que tous les regards soient dirigés vers les échéances électorales de 2016. La démarche de l’Opposition intrigue et taraude les esprits. Sa volte-face serait-elle justifiée, comme on le susurre dans la majorité, par une certaine peur d’affronter les prochaines élections.
Pas de repère
Hier, l’Opposition s’est lancée au front pour réclamer des élections à l’échéance 2016 en vue d’une éventuelle alternance politique à la tête de l’Etat. Aujourd’hui, elle se rétracte en trouvant mieux de s’associer avec la Majorité dans un hypothétique conciliabule dont les objectifs sont connus de seuls leaders de l’Opposition. De qui se moque-t-on ? Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle n’aurait pas de repère. Cela au regard de graves contradictions qu’elle aligne. Bien plus, ce serait faire preuve d’amateurisme dans le chef de ceux qui prétendent apporter l’alternance politique en 2016.
D’aucuns sont d’avis que l’Opposition ne se serait pas encore départie de son enracinement à l’idée d’un dialogue politique qui déboucherait sur un éventuel partage de pouvoirs, à l’insu du souverain primaire. Lors du meeting tenu à la Place Sainte Thérèse de N’Djili le lundi 4 août, le même discours du dialogue inclusif avait été embouché par tous les ténors de cette famille politique.
La question est celle de savoir pourquoi exiger un dialogue à la veille des élections qui devraient apporter un changement de régime ? On n’est pas loin d’un anachronisme béant. Marque d’une Opposition dessoudée et sans idéal.
A tout prendre, l’Opposition demanderait donc une chose et son contraire. En décryptant sa démarche, l’impression qui se dégage est celle d’une volonté de négocier à travers ce dialogue inclusif, des espaces de gestion pendant la période préélectorale. Serait-ce pour se refaire une santé financière, au détriment du Trésor public ? Pareille position ne peut être moralement soutenue d’autant qu’elle pèche contre les règles élémentaires d’éthique.
Pudiquement, les ténors de l’Opposition indiquent que « ce sera l’occasion de négocier en douceur le départ du président Kabila ». Curieuse argumentation dans la mesure où le président de la République n’a jamais annoncé publiquement une quelconque volonté de violer la Constitution. Et d’ailleurs, un dialogue, fût-il inclusif, vise essentiellement à contourner le souverain primaire qui s’était massivement prononcé en 2005 à travers le référendum qui a produit la Constitution de février 2006.
Un dialogue inclusif n’est envisageable que dans la perspective de l’organisation des élections apaisées, dans un cadre normal de concertations permanentes entre acteurs concernés. La réédition d’un dialogue inter Congolais ou d’une conférence nationale souveraine, ou encore des concertations nationales revues et corrigées n’aboutirait qu’à un partage équitable et équilibré du pouvoir de triste mémoire. Les Congolais n’en veulent pas.
Etonnant changement de cap
L’Opposition ne semble pas disposée à juger sévèrement le bilan de la majorité. Plutôt que de tirer les leçons de l’interminable attente du gouvernement de cohésion nationale, annoncé pompeusement par Léon Kengo wa Dondo (Autorité morale de l’Opposition, dite républicaine), les nouvelles déclarations de ce que l’Opposition compte comme principaux leaders donnent la mesure du désarroi qui habite cette frange de la classe politique.
Si, dans la Majorité, tous les états-majors ont été mis en état d’alerte maximal pour réussir la révision de certains articles de la Constitution, dont le fameux article 220, dans l’Opposition, l’idée de participer dans un premier temps à une gestion collégiale de la chose publique germe. En effet, l’Opposition cherche à se doter d’un matelas financier assez consistant pour jouer, au moment de prochains scrutins, à armes égales avec la Majorité. Malheureusement, cette piste est terriblement suicidaire pour la jeune démocratie congolaise. Elle a l’inconvénient d’ouvrir la brèche à une transition dont la fin est imprévisible.
Décidément, l’Opposition se trompe. Car, pour l’instant, la seule urgence qui s’impose est le respect du processus électoral jusqu’à l’échéance de 2016 ».

Les Forces Politiques et Sociales qui ont organisé le meeting populaire du 04 août 2014 à la place Ste Thérèse ont rendu publique hier la déclaration ci-après en rapport avec le maintien en détention de Jean-Bertrand Ewanga:
« 1. les Forces Politiques et Sociales relèvent que, pour avoir abordé tous le même thème, mais dans des langues et styles différents, tous les intervenants du jour à la manifestation de N’Djili, au nombre de 16, devraient tous être poursuivis si leurs propos constituaient une infraction quelconque.
2. les Forces Politiques et Sociales notent avec dégoût que le musèlement du Député National Jean-Bertrand Ewanga a été programmé depuis les derniers évènements du camp Tshatshi et que toute personne qui exprimerait une opinion contraire à Monsieur Kabila s’exposerait au même traitement inhumain. Ainsi, je musèlement de l’Honorable Ewanga est un premier pas vers celui de museler toute l’Opposition;
3. Dans son «arrêt» du 05 août 2014, la Cour Suprême de Justice, tout en se déclarant incompétente, a néanmoins décidé d’assigner l’Honorable Ewanga à résidence en attendant la constitution d’une chambre qui ferait office de Cour Constitutionnelle; 4. Depuis, et à la grande stupéfaction de tous, le Député National Jean-Bertrand Ewanga est arbitrairement détenu au CPRK tandis que, suivant certaines confidences, le pouvoir s’apprêterait à le reléguer dans son village ou à l’assigner à résidence dans un hôtel de la place.
5. L’Honorable Ewanga ayant été arrêté à sa résidence de Kinshasa, bien identifiée aussi bien par l’ANR que par le Parquet Général, il est hors de question qu’il soit relégué dans son village sous prétexte que c’est son fief électoral alors que l’Honorable Ewanga, est un Député National.
DE CE QUI PRECEDE: Nous dénonçons fermement le maintien arbitraire en détention de l’Honorable Jean-Bertrand Ewanga ainsi que tout plan ou toute tentative visant sa relégation dans son village ou son transfert dans un hôtel;
- Nous exigeons sa libération immédiate et sans condition en même temps que nous continuons d’exiger également la libération des détenus politiques et d’opinions, Eugène DIOMI-NDONGALA, BRUNO KABATSHI et du Pasteur KUTHINO FERNANDO ;
Nous lançons un appel à tout le peuple de rester mobilisé pour faire échec au plan « démocracide » dans notre pays concocté par la classe politique au pouvoir ».

La Tempête des Tropiques fait état de la réaction de Vital Kamerhe. “Le pouvoir de Kabila cherche ma tête “, a notamment déclaré hier sur RFI l’ancien président de l’Assemblée nationale en réaction à l’emprisonnement du secrétaire général de son parti.
« L’arrestation du secrétaire général de l’Union pour la nation congolaise (UNC) tôt le matin le mardi 5 août 2014 et son transfèrement le même jour, tard dans la nuit, à la prison centrale de Makala n’a pas laissé indifférent le président rational de ce parti, Vital Kamerhe.
Selon l’ancien speaker de la chambre basse du parlement congolais, Vital Kamerhe, qui s’est exprimé hier sur RFI après sa participation aux travaux du sommet Afrique Etats-Unis (du 4 au 6 août 2014) à Washington, l’arrestation de Jean Bertrand Ewanga vise l’anéantissement de l’opposition politique, dont l’UNC est membre.
Ce que les laboratoires de Kabila sont en train de faire pour le moment, c’est de savoir comment avoir la tête de M. Kamerhe L’autre objectif c’est comment anéantir l’UNC et l’ensemble de l’opposition “, a poursuivi Vital Kamerhe.
L’ancien égérie de Joseph Kabila conclut sa position en faisant remarquer le fait que “c’est parce que nous avons entrepris de consolider et d’unifier l’opposition et ça dérange “il note enfin que c’est quand même grave ce que nous sommes en train de vivre avec le président Kabila. “Le transfèrement à la prison centrale de Makala du député national membre de l’UNC constitue un nouveau cas de jurisprudence en RDC.
En effet, après six heures de débat sur le dossier Ewanga, la Cour constitutionnelle s’est prononcée sur l’inconstitutionnalité de la loi relative à la procédure en flagrance. Néanmoins, le parquet a estimé bon de transférer le détenu au Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa (CPRK), la prison centrale.
La décision u parquet général de la République de transférer Ewanga à la prison centrale contraste avec la décision de la Cour suprême de justice :
A la ville haute comme à la cité, la décision du parquet fait débat dans la mesure où la plus haute instance judiciaire, après le chef de l’Etat, a pris en compte le rang auquel appartient le secrétaire général de l’UNC. Pour sa part, l’un des avocats du collectif, le bâtonnier Jean Joseph Mukendi, a fait remarquer qu’il ne faut pas oublier que les instruments internationaux font maintenant partie de l’arsenal juridique de la RD Congo. Par conséquent, ce procès équitable ne peut pas être avec les dispositions de la loi sur la flagrance. Mise à part cette parenthèse, la préoccupation demeure celle de savoir si le parquet peut passer outre la décision de la Cour constitutionnelle. C’est aux environs de 20H00’ mardi soir que la Cour suprême a répondu aux exceptions soulevées par les avocats d’Ewanga sur l’inconstitutionnalité de la loi sur la procédure en flagrance et de s’en référer à la Cour constitutionnelle ».

Sommet Afrique / Etats-Unis

« Opposition- Majorité : Tirs croisés à Washington », titre La Prospérité, montrant ainsi que la politique intérieure congolaise s’y est invitée. Retraçant le climat qui a prévalu en cette rencontre, « Les frères adversaires congolais se sont, finalement, rencontrés à Washington », écrit ce journal. Quand bien même, poursuit-il, le PPRD Emmanuel Shadari et l’opposant Fayulu aurait failli, à deux reprises en venir aux mains, le correspondant de La Prospérité à Washington parle d’une table ronde. Mais ce journal prévient : « Que les pères de l’indépendance décédés ne se retournent pas sur leur tombe. La réunion de Washington n’est pas à comparer avec la Table ronde de Bruxelles, ni en format, ni en terme de mandat, encore moins en contenu pour qu’elle débouche sur des décisions opposables à tous ».

Congo Nouveau renseigne en manchette qu’un sénateur américain promet de bloquer Kabila. Et de se demander : jusqu’où ira la «guerre» entre Russ Feingold, l’envoyé spécial des Etats-Unis dans les Grands-Lacs, et le président congolais Joseph Kabila? Le journal raconte qu’en marge du sommet USA-Afrique, le sénateur a relancé son idée de ne pas voir Joseph Kabila briguer un troisième mandat présidentiel.

Enfin, dans son éditorial, Forum des As revient sur la fameuse révision constitutionnelle, mais sur un ton beaucoup moins sérieux, en inventant un dialogue entre le président américain, Barack Obama, et un de ses frères ennemis africains, lui prodiguant conseil sur les moyens de s’éterniser au pouvoir. Dans la diatribe intitulée «Et voici Barack l’Africain», FdA s’interroge : «Barack Obama est-il toujours le même après trois jours de contact suivi avec ses “frères et amis” chefs d’Etat africains ? Parions qu’entre deux postures officielles, certains de ses frères -surtout ses aînés- lui ont prodigué quelques sages conseils très africains. Parmi lesquels sans doute, comment se maintenir au pouvoir le plus longtemps possible. Car, jusque-là, pauvre Obama, tout Africain qu’il est, ne peut faire plus de deux mandats ! Ce qui donne au total huit ans ! Huit petites années et s’en va ! Adieu Maison -Blanche, adieu USA Force one – avion cinq étoiles et hélicoptère de commandement- ! Huit ans, c’est bien peu. Fort peu même», ironise FdA! Alors, comment allonger ce bail ? Astuce : En révisant la Constitution bien sûr, conseille un chef d’Etat africain à son jeune frère et ami Obama, tous les deux assis au pied de la cheminée de la Maison Blanche.

Lu pour vous par l'ONG Nationale des Droits Humains HUMAN RESCUE/DRC.
Madame Chantal Nyota,
Chargée des Communications.
www.societecivile.cd/node/535