UNE INERTIE DE L OPPOSITION FACE A L’INITIATIVE COLLECTIVE DE KAMERHE, FAYULU ET CHRISTOPHER NGOYI SERAIT TRES PREOCCUPANTE

Reprenant un dicton populaire congolais dans l’une de ses chansons, le poète Lutumba Simaro disait en substance que, dès que tu vois un sorcier (la nuit), il faut s’empresser de crier avant que tu ne perdes la voix. Au regard des risques plus qu’évidents d’un coup d’Etat constitutionnel que préparent présentement les Kabilistes par rapport à l’échéance de 2016, il est à penser que, plus l’opposition congolaise traine à réagir, plus ils laissent aux Kabilistes le temps de consommer leur forfait. Il est à craindre que les uns et les autres accusent le même manque de réalisme politique qui les caractérisa en 2006 et 2011, donnant ainsi l’impression de se complaire dans une passivité à la limite de la complicité.

En effet, en 2006, au moment où la grande majorité du peuple congolais n’attendait plus qu’un mot d’ordre des leaders de l’opposition pour sortir dans la rue et contrer l’odieuse machination électorale de la CENI et ses complices de la communauté internationale, certains responsables du MLC, qui sont aujourd’hui devenus des ténors du Kabilisme, ne faisaient qu’endormir la population par des fausses assurances sur une victoire de leur candidat qu’eux-mêmes s’employaient à combattre en coulisses. Pis encore, cautionnant l’ignoble mascarade de Malu Malu, c’était Jean Pierre Bemba lui-même qui surprit l’opinion en adoptant un langage qui découragea totalement ses partisans qui s’attendaient tout au moins à un schéma à la kenyane qui lui aurait permis de briguer la Primature, et par conséquent, d’empêcher que ses ennemis ne profitent des leviers du pouvoir pour obtenir son actuelle incarcération à la Haye.

C’est pratiquement le même scenario qui se répéta, en 2011, avec un Président Tshisekedi dont la population n’attendait qu’un petit signal pour descendre dans la rue ; mais qui ne trouva pas mieux que rester tranquillement chez lui jusqu'à ce que le Président « élu » prête d’abord serment pour qu’il se lance par la suite dans des réactions complètement improductives puisqu’anachroniques.

Mao Tsé Toung avait dit qu’une seule personne pouvait avoir raison sur milles personnes. Il ne faut pas se tromper de débats. Ce n’est pas encore le moment de plancher sur celui qui va remplacer le Président sortant. C’est plutôt question de se ranger derrière ceux qui ont eu le courage de rompre un silence plus que suspect.

Il est temps que les Congolais prouvent qu’ils ne sont pas un petit peuple. Saluant la bravoure des pilotes de la Royale Air Force qui venaient de sauver l’Angleterre d’une tentative d’invasion d’Adolf Hitler, le très illustre Winston Churchill fit remarquer en substance que, dans la vie des nations, il arrive que beaucoup de citoyens doivent beaucoup à quelques uns seulement de leurs compatriotes. C’est au regard de monumentales «erreurs stratégiques » commises par l’opposition congolaise, en 2006 et en 2011, que l’initiative collective de Vital Kamerhe, Martin Fayulu et Christopher Ngoyi trouve tout son sens dans la mesure où elle a la particularité de rompre un silence dont Malu Malu et ses complices du pouvoir et leurs taupes de l’opposition pourraient profiter pour réaliser leurs diaboliques desseins.

Par conséquent, il est vraiment inconcevable que ceux qui se disent opposants traînent encore les pieds pour imiter l’exemple de ces trois patriotes, à défaut de les rejoindre en vertu du principe qui dit que l’union fait la force. Les cas de l’Egypte, de l’Ukraine et plus récemment du Burkina Faso nous renseignant que les dictatures ne résistent plus à un soulèvement populaire bien organisé, il est urgent et impérieux que les opposants sincères, ceux qui ne rêvent pas d’éhontés postes ministériels « made in Concertations Nationales », rejoignent Vital Kamerhe, Martin Fayulu et Christopher Ngoyi dans des actions de sensibilisation des masses sans lesquelles le changement que tous les Congolais attendent au sommet de l’Etat ne serait envisageable. Merci de bien vouloir nous suivre régulièrement dans votre page facebook « Editions
Le Palmier Equatorial ».

Faustin BOSENGE
Chercheur et essayiste
Coordonnateur de la NPDAC/ONG