REFLECHISSIONS EN TOUTE OBJECTIVITE SUR CETTE QUESTION DE L’ARBRE GENEALOGIQUE DE VITAL KAHMERHE

Depuis un certain temps, il se dessine une nette tendance à l’installation d’un débat sur les origines étrangères de Mr Vital Kahmerhe, ancien cadre fondateur du parti au pouvoir PPRD, actuel Président du parti d’opposition UNC et un de très probables présidentiables dans l’actuel espace politique du Congo-Zaïre. Les différents détracteurs de l’intéressé semblent s’accorder à soutenir en substance que l’arbre généalogique de l’intéressé traverse les frontières nationales pour trouver ses origines dans un pays voisin.

En ce qui notre modeste personne, en notre triple qualité de patriote, acteur de la société civile et homme des sciences, nous avons jugé utile et opportun d’intervenir en toute objectivité sur cette question que nous estimons engager quelque part la crédibilité aussi bien de notre classe politique que celle de l’ensemble des élites de notre pays à la face du monde. Ne perdons pas de vue qu’il a toujours été reproché, à notre humble avis à juste titre, aux acteurs politiques congolais de se borner chaque fois à réfléchir par le cœur et à se contenter des réactions épidermiques au lieu d’aborder avec rationalité des problèmes en profondeur dans une optique des solutions structurelles.

En effet, nous nous posons bien de questions sur l’opportunité et la cohérence d’une démarche consistant à épiloguer juste maintenant sur l’arbre généalogique de certains acteurs majeurs de l’opposition congolaise au risque de fragiliser son combat primordial pour l’avènement d’une alternance démocratique au sommet de l’l’Etat. En d’autres mots, notre questionnement serait que gagnerait cette dernière à se tirer dessus présentement au lieu plutôt de resserrer ses lignes contre sa cible commune bien connue qu’est Joseph Kabila ? Pourquoi ne penserions-nous pas à la présence d’une cinquième colonne ayant mission de perturber les rangs de l’opposition ? Est-ce qu’aussi bien l’Accord global et inclusif de Pretoria que la Constitution congolaise en vigueur incluent-ils la problématique de l’arbre généalogique dans la définition de la nationalité congolaise? Hormis nos compatriotes pygmées qui sont les seuls autochtones primaires du Congo-Zaïre, existe-t-il un seul congolais bantou, soudanais, semi-bantou ou nilotique dont les souches sanguines ne se situent pas au-delà des frontières nationales ?

Avant de poursuivre notre réflexion, qu’il nous soit permis de préciser ici que nous sommes de l’ethnie Mongo et de la tribu Bongando et que les villages de tous nos parents et grands-parents sont disséminés de part et d’autre de la limite administrative entre le territoire de Djolu à l’Equateur et celui de Yahuma dans la Province Orientale bien loin des frontières avec des pays voisins.

Dans le même ordre d’idées, nous disons que la seule fois de notre vie que nous avions eu à parler avec Mr Vital Kahmerhe, c’était en 1996, lorsqu’il était Secrétaire Particulier du Ministre de la Recherche Scientifique Mushobekwa et que nous assumions la même fonction auprès du Vice-Ministre de la Défense Roger Yamba Yamba dont nous devrions remettre un pli à son patron. au Ministre En outre, au regard de notre vision de la politique congolaise, il est quasiment exclu pour notre modeste personne de toquer aux portes de l’UNC de Vital Kahmerhe. C’est juste pour dire que notre intervention ne procède pas du tout d’une argumentation pro-domo. De toutes les façons, si jamais quelqu’un avait des données contraires à nos déclarations qui précèdent, nous sommes bien disposé à lui donner accès à cette même tribune pour qu’il y apporte formellement un démenti.

André Young, un des anciens lieutenants de Martin Luther King et actuel haut cadre du Parti Démocrate américain disait que le leader doit toujours s’efforcer de garder la direction du Nord lorsque tout le monde la perd. Mao Tsé Toung estimait qu’une seule personne peut avoir raison sur mille.

Nous pensons que des leaders politiques et autres élites congolais ne devraient pas perdre de vue qu’une des missions fondamentales aussi bien des partis politiques que des organisations de la société civile est de guider les actions des masses populaires au regard des enjeux et défis de la vie politique nationale. Cependant, ce faisant, ils doivent éviter absolument de basculer dans ce nationalisme xénophobe et populiste qui caractérisa la démarche politique de certains pionniers de l’indépendance nationale dont l’une des conséquences les plus manifestes est l’actuel gros retard que le Congo-Zaïre accuse sur le chemin du développement depuis le 30 juin 1960.

Pour la petite histoire, il est à noter que c’est au retour de son voyage au Zaïre après sa sortie de la prison que Nelson Mandela avait pris la ferme résolution de ne pas emboiter le pas aux Lumumba, Sekou Touré, Robert Mugabe et autres qui chassèrent les Blancs sans réfléchir aux très graves conséquences futures de leurs actes. C’était après que le très sage homme ait jaugé l’étendu de l’immense gâchis congolais en comparant le pays qu’il avait connu avant sa longue incarcération à celui qu’il découvrait en 1994 en rendant une visite de gratitude à son ami Mobutu. Ce n’était qu’une parenthèse.

Ayant été en ses débuts, dans les années 80, l’UDPS était à la fois le parti patenté de l’Intelligentsia zaïroise et la formation politique la plus implantée sur le territoire national après le MPR de Mobutu. Si elle est aujourd’hui réduite à un tout petit cercle de quelques acolytes d’un individu, c’est à cause de cette même culture d’exclusion sur fonds de populisme que les détracteurs de Vital Kahmerhe sont en train d’implanter lentement mais surement au sein de la classe politique nationale.

De même la coutume à l’UDPS était de voir derrière toute critique une preuve d’un rapprochement avec la mouvance présidentielle méritant l’exclusion du parti, de même des pourfendeurs de Vital Kahmerhe ne sont pas moins en train de poser les jalons d’un nationalisme xénophobe et populiste dont le seul mérite sera de décimer les rangs de l’opposition contre le pouvoir pseudo-kabiliste. De même à force d’exclure ses cadres l’UDPS s’était finalement auto-atrophiée au profit de la mouvance présidentielle, de même la très nocive propension à voir des étrangers partout au sein de l’opposition congolaise dans notre classe politique aboutira logiquement à un très substantiel effritement du potentiel humain de l’opposition politique congolaise au profit d’une très substantielle consolidation du pouvoir en place.

Ainsi dit, ceux qui s’estiment sincères opposants au pouvoir pseudo-kabiliste devraient éviter de se tromper des cibles, et surtout de sombrer dans un déficit des stratégies qui ne pardonne jamais dans un combat politique.

En effet, il ne servirait à rien de placer la charrue devant le bœuf. Ce n’est pas encore le moment de statuer sur l’éligibilité des candidats à la présidentielle ou de s’adonner à de petits calculs électoralistes. L’actuelle priorité des priorités de l’ensemble de l’opposition congolaise est le départ de Joseph Kabila. Pour ce faire, l’opposition congolaise est appelée à un maximum de vigilance pour éviter une infiltration par des taupes du pouvoir pseudo-kabiliste ayant pour mission de créer la zizanie dans ses rangs.

Etant donné qu’aussi bien l’Accord global et inclusif de Pretoria que la Constitution congolaise en vigueur ne stipulent pas que tout individu dont l’arbre généalogique remonte en dehors du pays n’est pas éligible à la nationalité congolaise ou qu’il ne peut pas briguer tel ou tel autre mandat politique, il est vraiment à se demander sur l’opportunité de ce vrai-faux débat sur la nationalité des grands parents de Vital Kahmrehe au moment où ce dernier se présente comme l’un de plus farouches combattants pour l’alternance au sommet de l’Etat.

De toutes les façons, si nous osons nous conforter dans cette culture d’exclusion consistant à rechercher la petite bête dans les origines familiales de nos acteurs politiques par d’abjects calculs électoralistes, nous pouvons nous rassurer que notre classe politique ne se sera plus qu’un petit réduit de xénophobes qui vont tout simplement entraver le progrès du tout grand Congo-Zaïre dans notre monde actuel de la globalisation où se consolide plutôt une nette tendance à des processus de développement aux contours supranationaux. Pis encore, le nationalisme xénophobe est foncièrement incompatible avec la vocation africaine et mondiale du pays de Simon Kimbangu.

Une réalité fondamentale qui semble nous échapper est que, hormis nos compatriotes pygmées qui sont des autochtones primaires du Congo-Zaïre, chacun de nous a tout au moins une lignée sanguine qui déborde le cadre du territoire national pour la simple raison que, Bantous, Semi-bantous, Soudanais et Nilotiques, nous sommes tous des descendants d’immigrants. Kasa-Vubu avaient de grands-parents asiatiques, Mobutu était d’une ascendance familiale centrafricaine et tout au moins un de grands-parents de Jean Pierre Bemba était un sujet portugais. Pourquoi seulement le cas de Vital Kahmerhe devrait poser problème?

La classe politique congolaise gagnerait beaucoup dans son combat actuel pour la fin du règne pseudo-kabiliste en se départissant de cette question pleine d’incohérences et anticonstitutionnelle sur l’arbre généalogique de ses membres. En lieu et place de tels débats stériles sur des individus, apportez nous plutôt des preuves de leur déloyauté ou trahison ou alors, montrez-nous des insuffisances de leurs projets de société. C’est de la compétition que jaillit l’excellence. Vital Kahmerhe, Moïse Katumbi, Kengo wa Dondo, Jean Pierre Bemba et autres sont tous des dignes fils du Congo-Zaïre. Que le meilleur gagne.

Nous ne pouvions clore la présente réflexion sans adresser nos très vives et sincères félicitations aux patriotes de la coalition Sauvons Le Congo comme Martin Fayulu, le doyen Anzuluni, mes deux amis Christopher Ngoyi et Jean Claude Mwamimu etc., pour le succès de la mobilisation de ce 11 janvier et surtout pour avoir osé braver les policiers-tueurs du pouvoir pseudo-kabiliste. A notre humble avis, c’était juste une séance de répétition en vue d’un grand mouvement d’ensemble qui devrait partir, au moment opportun, du Katanga des « Batoto ya maman » pour descendre à Kinshasa en passant par le Kivu des « Kambelemble » et Kisangani des « Boyomais ».

Très chers amis de Sauvons Le Congo, vous pouvez compte sur notre modeste soutien par d’autres canaux jusqu’à une victoire qui est plus que certaine pour la simple raison que Dieu a déjà mis sa main sur notre combat pour la fin du règne de la médiocratie pseudo-kabiliste au Congo-Zaïre.

Faustin BOSENGE
Chercheur et essayiste
Coordonnateur de la NPDAC/ONG