EVASION ET ARRESTATION DE PATRICE LUMUMBA PAR DES AGENTS DE LA SURETE NATIONALE DEPECHES PAR NENDAKA (Chronique des FNRC)

Après avoir planché la fois passée sur la cause immédiate aussi bien de la mutinerie de la Force Publique ayant survenu au lendemain de la journée de l’Indépendance que de la sécession de la richissime province du Katanga qui intervint dix jours plus tard, nous allons aujourd’hui parler de la très curieuse extraction et fuite du détenu Patrice Lumumba de sa résidence surveillée sur l’actuel Boulevard du 30 Juin, des opérations d’une recherche du fugitif qui était devenue une affaire personnelle de son ennemi juré Victor Nendaka, Administrateur de la Surété Nationale, et de son arrestation sur la rivière Lodi au Kasai par le Lieutenant Christophe Bonane agissant sous les ordres du Major Mpongo, le père de la célèbre chanteuse Mpongo Love, officier de liaison de la Sureté Nationale.

Comme si elle était le résultat d’une abominable malédiction, cette insolite affaire du chèque de la belle dame de Stanleyville, sur laquelle nous venons de plancher succinctement aura véritablement été une boîte de Pandore dont l’ouverture concourut à tout un alignement de fatidiques incidents qui émaillèrent par la suite la très éphémère carrière politique de Patrice Lumumba jusqu’à le conduire à son ignoble assassinat au Katanga. Une bien triste réalité de ces malheureux événements fut que, en moins de trois mois seulement de gouvernance, le très charismatique Premier Ministre ne fit pas mieux que d’amener un très prospère Congo hérité des Belges de la condition d’un pays nanti de toutes les chances d’un prompt développement à celle d’un Etat totalement désarticulé aussi bien par des désordres institutionnels que d’une installation d'une dynamique de violence qui étaient pourtant bien évitables.

C’est ainsi que, estimant qu’il était grand temps de mettre fin à une perpétuelle agitation de son Chef du Gouvernement qui ne faisait que faire sombrer davantage le nouvel Etat dans le chaos, le Président Joseph Kasa Vubu annonça à la radio, le 4 septembre 1960, sa révocation et des ministres de sa famille politique dont le soutien populaire à travers le pays était incontestable et les fit remplacer par un cabinet d’urgence qu’il confiait à Joseph Iléo.

Ne voulant pas entendre les choses de cette oreille, le Premier Ministre déchu passa à la contre-attaque en déclarant qu’il restait bel et bien en fonction. Sachant qu’il pouvait encore compter à la fois sur le soutien du Conseil des Ministres, dont plusieurs membres étaient acquis à sa cause, et un Parlement qui venait de désavouer le Chef de l’Etat en votant en sa faveur une motion de confiance, le très charismatique Patrice Lumumba fit cette curieuse déclaration par laquelle il révoquait le Président Kasa Vubu pour le motif de haute trahison et rappelait à Léopoldville des troupes de l’Armée Nationale Congolaise stationnées à Stanleyville et Luluabourg au sein desquelles il comptait de nombreux partisans.

Entre-temps, craignant que toutes ces vives tensions ne dégénèrent en une confrontation armée entre des partisans de Patrice Lumumba et le corps expéditionnaire belge appuyé par des troupes congolaises loyalistes, le Conseil de Sécurité des Nations Unies vota en toute urgence une résolution autorisant le déploiement au Congo d’un contingent de troupes onusiennes avec mission de s’interposer entre les deux factions de l’Armée nationale obéissant respectivement aux ordres du Général Lundula, proche de Lumumba, et au Colonel Mobutu qui évoluait désormais dans le camp d’un Joseph Kasa Vubu qui était supposée représenter la légalité constitutionnelle. C’est ainsi que, de fil en aiguille, cet imbroglio politicien conduisit à l’arrestation de Premier Ministre déchu, le 10 octobre 1960, par des militaires envoyés par le Chef d’Etat-major de l’Armée, le Colonel Mobutu, juste au moment où l’intéressé se dirigeait vers les locaux de la station nationale, escorté par quelques soldats de sa garde personnelle, en vue d’y lire sa déclaration de destitution du Président de la République.

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Faustin BOSENGE
Chercheur
Coordonnateur des FNRC