ET SI L’EMBARGO SUR DES MUSICIENS ZAIROIS ETAIT PLUTOT CONTRE-PRODUCTIF A NOTRE SACRE COMBAT DE LIBERATION NATIONALE ?

Un dicton swahili dit que la bouche du vieillard sent mauvais, mais elle ne débite jamais des mensonges. André Young, ancien lieutenant de Martin Luther King et actuel cadre du Parti Démocrate, disait que le leader est celui qui conserve la direction du Nord quand tout le monde la perd. Nous pensons que, des élites que nous sommes, nous avons le devoir patriotique de servir de bons guides à la masse populaire. Pour ce faire, il ne siérait pas pour nous de céder à la passion et déraison au même titre que le commun des compatriotes à qui nous sommes plutôt sensés montrer le bon chemin à suivre.

En effet, au regard de toutes ces turpitudes que l’UDPS des tshisekedistes sur lesquels reposait l’espoir de tout peuple et en attendant l’incontournable et imparable arrivée des néo-mobutistes, à notre humble avis, les combattants de la diaspora zaïroise constituent la seule composante de nos forces vives capable de régenter au pays un soulèvement populaire qui devrait empêcher à l’Administrateur colonial Joseph Kabila d’échafauder une parodie des élections qui lui permettrait de se trouver un successeur appelé à assurer une sinistre continuation de l’actuelle colonisation de facto de notre pays par ses petits voisins. C’est ainsi que notre modeste personne est de ceux qui penseraient que, en tant d’ultimes remparts de la patrie, les différents leaders du combat, nous n’avons plus droit à l’erreur. Cependant, autant l’erreur est humaine, autant le fait de persévérer sans son égarement devient diabolique.

Nous avions déjà plus d’une fois eu à souligner que l’histoire retiendra que ce sont les combattants de la diaspora qui amenèrent le peuple zaïrois à une prise de conscience aussi bien sur l’actuelle catastrophe nationale que sur l’incontournabilité d’un soulèvement populaire comme approche pour faire partir Joseph Kabila. Cependant, le modeste praticien des opérations clandestines que nous sommes se doit d’attirer ici l’attention de nos très vaillants patriotes combattants sur le fait que la réalisation d’une action aussi complexe que laborieuse exige que nous puissions suffisamment faire montre d’une certaine intelligence. Nous devons éviter de sombrer dans un déficit de la méthode et des stratégies qui nous amènerait à faire un combat pour le combat au risque de nous retrouver, en 2018, en train de s’adonner aux mêmes mutakalisations et embargo des concerts, comme en 2008, sans pouvoir inquiéter outre mesure un Joseph Kabila qui songerait maintenant à imiter le Burundais Nkurunziza.

En effet, en tan qu’une opération subversive, la réalisation d’un soulèvement populaire implique généralement les trois phases que sont : 1) Une dynamique communicationnelle destinée à un éveil des consciences au sein de la population ; 2) Des opérations clandestines servant à la préparation du terrain en vue de l’action ; 3) Une phase terminale procédant des mouvements des masses et des actions de rue. Ainsi dit, force est pour nous est de constater aujourd’hui que, de 2006 à 2015, nous nous retrouvons encore en train de marquer les pas aux seuls préludes en répétant mécaniquement les mêmes interdictions des concerts de nos musiciens qui ne constituent plus des événements pour notre peuple, et encore moins, un quelconque embarras pour un Joseph Kabila qui n’a jamais été ni un mécène, ni un simple amateur de la musique zairoise.

Bien au contraire, c’est le combat qui perd beaucoup en mécontentant des ainsi des centaines de millier de fans des Koffi, Fally Ipupa, JB Mpiana et autres qui ne constituent pas moins le gros de potentiels manifestants dont nous avons besoin pour chauffer la rue dans le but de faire partir Joseph Kabila après la date du 19 décembre 2016. Un petit exercice d’arithmétique nous montrerait aisément que sur les quelques 10 millions d’habitants de Kinshasa, il pourrait y avoir tout au moins 50% qui seraient constitués des jeunes gens dont tout au moins 50% seraient des fans de ces trois artistes-musiciens précités, ce qui nous donnerait quelques choses comme 2.5 millions de potentiels manifestants que nous poussons inconsciemment à détester notre sacré combat. Imaginons–nous un peu cet homme politique qui résisterait à la pression de la rue qui mobiliserait seulement 500.000 individus ? Pour en avoir une idée du gigantisme d’une telle foule, sachez qu’un Stade Kamanyola plein à craquer contient tout au plus 80.000 personnes.

Des patriotes combattants viennent de se réjouir d’avoir réussi à interdire à Fally Ipupa de se produire au Canada. Entre temps, juste à titre d’illustration, voici dans les extraits sui suivent quelques phrases qui nous donnent une certaine idée des ressentiments des jeunes mélomanes de Kinshasa par rapport à cette nième interdiction des concerts:

« ….. Simple blocage du concert de Fally, ils crient tous à la victoire alors détrompez- vous, la musique fait partie de notre culture une partie de sans conscience et jaloux pensent avoir gagné. Pour gagner, faites partir Kabila sans l'aide du pays. …… Arrêtez de nous mettre les photos ou l'image des enfants qui pleurent, des tués, des morts pour faire croire que vous êtes soucieux d'eux. Cinq ou plus d'années que vous aviez commencé le combat que aviez vous fait pour ces personnes la ?????????????? Arrête vos bêtises. …. Je suis vrai Congolais de Kinshasa qui aime bien la RDC , mais concernant la musique je suis prêt de danser tout le temps. Fally n’est bas Kabila. …. Votre seul et unique victoire blocage des concerts les musiciens sont de victimes pendant ce temps Kabila est toujours en place … Yakaaaaa tozo zela yooooo el rey magoooo (Fally) » (Source : https://www.facebook.com/photo.php?fbid=1164654796882996&set=a.207309752617510.65106.100000154613234&type=1&theater&notif_t=photo_reply).

Nous avons déjà eu à relever plusieurs fois que si les gens du Président Sassou avaient fait exactement ce que nous faisons aujourd'hui, ce dernier ne serait pas revenu au pouvoir au bout d’une seule année de combat. Si ce dernier est encore aujourd'hui en vie, c'est notamment parce que, le 5 juin 1997, les mêmes officiers que son ennemi juré Pascal Lissouba avait envoyés pour attenter à son intégrité physique étaient les mêmes qui lui auraient facilité de se dégager de l’Enfer des chars et blindés en toute sécurité. Et, il est clair que ces derniers n’auraient pas agi de la sorte si les Cobras les mutakalisaient constamment ou les traitaient à tout bout de champs de collabos. C’est bien-là une grande leçon d'histoire politique pour nous les combattants qui aspirons à faire partir du pouvoir avec un minimum de casses Joseph Kabila.

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Faustin BOSENGE
Chercheur
Coordonateur des FNRC