"L'ETAT DES LEGUMES CULTIVES A KINSHASA" AU CENTRE D'UNE MATINEE SCIENTIFIQUE

Le chef du département scientifique/ INRB, Dieudonné Musibono, a présenté vendredi une étude sur l’état de pollution en plomb des légumes cultivés le long des artères publiques à Kinshasa, au cours d’une matinée scientifique à la salle polyvalente de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), au cours de laquelle il a été également question de la conjonctivite et de la pneumonie atypique.
Identifiant les différentes sources de plomb, ce professeur à la faculté des sciences a fait savoir que les légumes cultivés le long des routes à intense trafic, sont pollués par le plomb contenu dans la fumée dégagées par les véhicules provenant elle-même de la consommation de l’essence contenant du plomb tétraéthyle. Il a en noté que la teneur du plomb autant dans le sol que dans les légumes, décroît avec l’augmentation de la distance par rapport aux voies principales.
Selon cette étude menée avec l’appui financier de la Fonds des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO) et du labo ERGS sur des échantillons frais d’amaranthe cultivés dans cinq pépinières (Bandalungwa, échangeur, ex-cap Mobutu, Mokali et vallée de la Funa), les légumes de Bandalungwa contiennent un pourcentage élevé de plomb, exposant les consommateurs au risque de diminution du quotient intellectuel, de la transmission de l’influx nerveux et la fatigue.
Pour remédier à ce problème de santé publique, M. Musibono a proposé des mesures correctives urgentes qui passent par la délocalisation des pépinières à risque, la création des pépinières de sites sains et la création d’un programme de surveillance écotoxicologique.
Abordant la situation de la conjonctivite qui sévit actuellement à Kinshasa, le programme national de la santé oculaire et de vision (PNSOV), a donné quelques recommandations en guise de prévention et de traitement. Il s’agit notamment de :

  • ne rien appliquer car l’évolution est bonne dans 10 à 15 jours;
  • ne pas appliquer de l’eau savonneuse, salée, sucrée ou le lait maternel;
  • et reste à la maison en cas d’atteinte de conjonctivite.

Pour clore cette journée, le ministère de la santé publique a présenté la situation de la pneumonie atypique dans le monde et en République démocratique du Congo (RDC).
Le continent asiatique est le plus touché avec 14 pays, suivi de l’Europe avec 10 pays, a-t-il dit, ajoutant qu’en Amérique, il y a que 2 pays qui sont touchés et 2 cas suspects avaient été signalés en Afrique.
En RDC, pour se prévenir du risque de cette maladie, dont la contagion se fait par voie acriencre, sécrétion respiratoire de liquides biologiques, les autorités congolaises renforcent la surveillance épidémiologique dans les structures des soins et aux frontières. Il y a aussi lieu d'éviter le dysfonctionnement du kit de protection et prévoir la construction d’un camp d’isolement de suspects, a fait savoir l’intervenant.

Envoyé par l'Agence Presse Associée (APA), le 26/05/03.