Produit alimentaire-fétiche de l'Ituri: Le MANIOC

Selon le Dictionnaire "Le Petit Larousse", le manioc est une plante des régions tropicales, dont la racine tubérisée comestible fournit une fécule de laquelle on tire le tapioca.
Jouissant d'un climat équatorial et subéquatorial, la région de l'ituri est bien adaptée à la culture du manioc.
D'utilisation multiforme, le manioc se laisse difficilement remplacé par d'autres produits du même genre. Afin de nouer tous les bouts, de l'année, du mois, de la semaine et même de la journée et combler des besoins socio-économiques multiformes, le paysan iturien s'adonne volontiers à la culture de ce produit.
Cet aliment-fétiche, bénéficiant de l'admiration de tous les paysans agriculteurs, et considéré comme étant un bien ancestral, un héritage, donne de l'espoir pour sourire et de l'harmonie dans la vie de l'Iturien en se rendant utile sous plusieurs formes que voici:

- Ses feuilles sont consommées comme légume vert (Kpondu,
Sombe, Matamba,.. dans les langues de la RDC);
- Fermenté, il intervient dans la fabrication de pâte
(foufou ou Fufu, Bugali, Bidia) et de Chikwangues. On
en tire aussi de la farine pour la fabrication de
l'alcool distilé (Kaikpo, waragi, Onde, Cinq cents,
Masanga ya moto);
- Après avoir tamisé la farine, le déchet sert de
nourriture pour la volaille et pour les porcs;
- Tandis que le déchet provenant de la distillation est
utilisé pour l'élevage des porcins et des poissons.
Mélangé à l'argile, il est utilisé comme ciment ;
- On en fabrique également des bouillies, mélangées au
miel, sucre et/ou lait, les nourrissons et les adultes
y trouvent leur goût;
- La farine mélangée avec des bananes et un peu de sucre
de canne sert pour la fabrication des gâteux appelés
Matchu ou Anti-bwaki;
- Quant au manioc doux, il est consommé cru, bouilli
ou sauté;
- Dans des régions montagneuses avec escarpements
dangereux, le manioc est planté comme anti-érosif;
- Et enfin, historiquement, les feuilles de cette
plante-fétiche, vertes et douces, servaient de cache-sexe
aux femmes et de chasse-mouche aux hommes de l'Ituri et
peut-être d'ailleurs aussi.

Une seule note négative, c'est que le travail du paysan, par manque d'encadrement technique et scientifique, ne donne plus un rendement optimal. En plus, des maladies non connues dans les temps anciens exterminent des races fragiles des produits agricoles obligeant ainsi le paysan à se décourager.

Le DECIDI (Réseau Démocratie et Civisme pour le Développement Intégral en Ituri) pense qu'avec la Transition en RDC, l'Etat congolais s'occupera des paysans pour que l'agriculture soit réellement considérée comme priorité des priorités en-dehors des slogans souvent creux et démagogiques.

Bha-Avira Mbiya Michel-Casimir,
Coordinateur DECIDI.


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