Société civile de la Rdc : des défis importants à relever

La paix et la démocratie, les droits de l’homme, le pillage, la pauvreté, la cohérence politique”. Tels sont les défis que la société civile de la République démocratique du Congo est appelé à relever pour régulariser la marche démocratique du pays. C’est ce qui ressort de la conférence-débat organisée samedi dernier par le réseau d’organisations des droits humains et d’éducation civique d’inspiration chrétienne en Rdc (Rodhecic) en collaboration avec le centre d’études pour l’action sociale (Cepas) sous le thème : “ Défis de la société civile de la Rdc durant la transition ”.
Elle s’est tenue dans la salle de lecture du Cepas sous la modération du révérend père Ferdinand Muhigirwa s.j.
Dans son allocution de circonstance, l’orateur du jour, le Révérend père Rigobert Minani a, de prime abord, donné les différentes perceptions de la société civile faites durant l’histoire humaine par des philosophes.
Pour ce qui est de la Rdc, a-t-il dit, cette expression est entrée dans le discours politique ordinaire du Congolais au lendemain de la fin de la guerre froide. Elle a abondamment été utilisée avec la transition politique de 1989 à 1990 tout en présentant une réalité multiforme, plus ancienne et difficile à circonscrire. “ ses manifestations anciennes les plus perceptibles, a-t-il dit, sont les structures caritatives et de développement des églises, et les Ong de développement.
Lesquels se sont plus tard organisées en Conseil national des Ong de développement (Cnongd). C’est à l’initiative et autour de cette plate-forme que s’est organisée la Société civile de la Rdc ”. Selon lui, elle a senti le besoin de s’organiser comme corps et tenu sa première assemblée organisatrice à la veille de sa participation à la conférence nationale souveraine (Cns).
Mais depuis lors, a-t-il souligné, elle ne cesse de se métamorphoser au point où l’on est tenté de réajuster les appellations et d’élargir le nombre de ses composantes en y ajoutant d’autres. Ces composantes ont chacune un domaine d’intervention et actuellement, une émergence de plusieurs tendances, courant ou plate formes de la société civile qui cherchant chacun une prévalence par rapport aux autres. Il a relevé quatre tendances plus importantes, à savoir la société civile/ force vive, la Socico, la Conoco et le conseil consultatif de la Société civile congolaise.
Pour le père Minani, les Eglises, bien que considérées comme une composante de la société civile, ont toujours eu leur propre dynamique. Ainsi l’église catholique souvent à la tête des autres confessions a été le levier puissant qui a accompagné et soutenu les efforts de la société civile et des forces vives durant la traversée du désert de la transition inachevée.
Cependant, a-t-il dit, son action n’a pas été sans heurt. “Son clergé et sa hiérarchie ont eu quelque fois à payer le prix du martyr allant de l’incompréhension à la délation ”, a-t-il souligné avant de faire remarquer la faible implication des églises indépendantes et celle du réveil au sein de la société civile ainsi que l’opacité de leurs actions sur le terrain politique. Toutefois, a-t-il indiqué, l’effort d’auto-définition de cette société civile se résume en sa présentation comme un réseau de citoyens, organisés en associations en dehors du pouvoir gouvernemental et institutionnel d’Etat, intéressés à l’amélioration de la qualité de vie de la population, connaissant ses devoirs et ses obligations, et engagés à défendre ses droits et libertés. Le père Minani a également relevé ses atouts et faiblesses. Ainsi, a-t-il indiqué sa déconnexion sur base de laquelle elle prétend parler, la division continuelle qu’elle imprime actuellement comme sa grande faiblesse. En outre, elle a joui d’une composition hétéroclite et incohérente qui n’a pas fait le poids face à une opposition rompue aux négociations et aux jeux politiques et face aux belligérants forts de leurs armes et de leurs parrains durant le processus de négociations pour le retour de la paix au Congo. Sa composante féminine, quant à elle, n’a pas été brillante et la structure ad hoc dénommée Cocus des femmes a, par la suite, volé en éclats.
Pour plus de performance, il les invite à une coalition pour constituer un contre poids qui pourrait contribuer à régulariser la marche démocratique de la nation. Il a épinglé parmi les priorités de la société civile, la concentration des efforts collectifs sur trois institutions. Il s’agit du Sénat pour gérer les conflits probables entre les institutions ; la commission vérité et réconciliation pour réconcilier le peuple avec lui-même; et la commission électorale pour conduire le pays vers les élections et donner une base légale au pouvoir en Rdc.

Raymonde Senga.


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