LA SITUATION SÉCURITAIRE DE LA COMMUNE DE BAGIRA à BUKAVU

ARCHIDIOCÈSE DE BUKAVU
PAROISSE SAINTE FAMILLE DE BAGIRA
GROUPE DE RÉFLEXION ET D’ANALYSE POLITIQUE ÉCONOMIQUE ET SOCIALE
(GRAPES)
B.P. 162
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BAGIRA - BUKAVU

NOTRE PRISE DE POSITION SUR LA SITUATION SECURITAIRE DE LA COMMUNE DE BAGIRA

Depuis le 30 juin 2003, la République Démocratique du Congo, notre pays est entré dans la transition qui aboutira aux élections libres, transparentes et démocratiques. A ce jour, seuls 140 jours sont déjà consommés sur les 731 jours prévus pour cette transition.

Les congolais, chacun en ce qui le concerne, doivent donc comprendre qu’il reste beaucoup à faire et les jours ne nous attendent pas! A voir les objectifs de la transition, nous ne devons plus perdre de vue en nous ralliant du côté de ceux qui pensent qu’une troisième guerre est possible.

Certaines rumeurs, chacun le sait, font état d’une nouvelle tendance au Sud-Kivu voulant torpiller le processus de paix par une éventuelle guerre. Ces rumeurs créent une certaine insécurité et celle-ci se répercute même dans les communes urbaines.

Pour plus de précisions, cette situation s’est observée dans la commune de Bagira depuis la semaine passée. Le vendredi 14 novembre 2003, la commune s’est retrouvé au petit matin avec des affiches portant comme en-tête : RÉSISTANCE FIDÈLE AU PEUPLE CONGOLAIS(RFPC). Sur ces affiches, certains noms étaient cités comme étant les investigateurs de la troisième guerre qui se prépare.

Les personnes citées s’en sont pris aux membres du GRAPES, comme quoi ils seraient les auteurs(rédacteurs). Ça a été une occasion pour eux de proliférer des menaces verbales à échéance courte de réalisation, avec une éventuelle sanction corrective...

nous rappellerons à l’opinion que jusque là, la commune de Bagira avait ses propres caractéristiques:
- prévalence d’une certaine culture démocratique;
- les relations interpersonnelles étaient solides et respectées malgré les tendances politiques différentes;
- il y avait un certain rapprochement et une confiance mutuelle.

Actuellement, cette situation confuse et d’insécurité crée le non respect des tendances de chacun, la détérioration des relations interpersonnelles, Bagira risquerait de tomber dans « l’ITURISATION » de la commune avec toutes les conséquences négatives que cela peut entraîner.

Cette situation n’avantage personne et ne contribue en rien au processus de paix en RDC. Nous devons donc user de notre bon sens, notre savoir faire et de notre responsabilité pour remettre à Bagira son visage d’antan.

Face à cette situation « grave et pertinente », nous formulons les recommandations suivantes:

1. Aux rédacteurs de RFPC(Groupe qui a rédigé le document du vendredi): les temps ont changé, il y a la liberté de presse, les interpellations personnelles sont possibles, tous sont frères à tous. Bref, ce n’est plus le moment de rédiger des tels documents anonymes, incendiaires et diffamatoires. Qu’ils ne croient pas avoir réussi à diviser la population de Bagira. La vérité aura le dernier mot.

2. A la population de la commune de Bagira, surtout les jeunes: ouvrir l’oeil et le bon, ne pas céder aux manipulations de certaines personnes mal intentionnées et bifaces « les nchukus », la sécurité de notre commune dépend d’abord de nous-mêmes, « n’Iturisons pas » notre commune, restons toujours unis pour mieux combattre et résister.

3. Aux personnes citées sur le document: avoir le sens d’analyse-critique, éviter de céder à l’émotion et de faire des déclarations non fondées, des proférer des menaces contre des personnes innocentes. Vous serez responsables de tout ce qui arriverait aux personnes victimes de vos soupçons injustifiés

4. Au gouvernement de transition: nous reprochons une certaine lenteur et négligence dans des actions. Les provinces du sud et Nord-Kivu ont une certaine particularité sur le plan sécuritaire et vous avez l’obligation d’en tenir compte.

5. Au gouverneur de la province du Sud-Kivu: nous vous rappelons que vous êtes le responsable N° 1 de la sécurité de toute la province en général et celle de la commune de Bagira en particulier; ne vous laisser donc pas manipuler par des personnes à mal de positionnement et ennemis du changement, ne laissez pas porte ouverte aux rampeurs et aux opportunistes.

6. Aux organisations de défenses des droits de l’homme: être sensibles aux questions sécuritaires, même de la personne ou groupe le moins considéré. Travailler en parfaite collaboration car l’Union Fait la Force.

7. Aux confessions religieuses: nous vous rappelons que la lutte pour la paix continue et que votre sensibilisation de la population et votre prise de position contre tout mal restent on ne peut plus nécessaires. Diverses tentatives de guerres inter-ethniques ont échoué aux Sud-Kivu, faisons attention à une nouvelle stratégie de la guerre inter-relationnelle. Orientons la pastorale vers la réunification et la reconstruction de notre pays en prêchant l’amour, la tolérance, la cohabitation pacifique et la non violence évangélique. Nous saluons et soutenons fortement le message de Mgr l’Archevêque de Bukavu(du 11 novembre 2003) qui nous a invité à la prière confiante en Dieu pour que la paix revienne ici chez nous.

Fait à Bagira, le 18 novembre 2003