SOS EN FAVEUR DES BONOBOS DE BOLOBO

Les bonobos constituent l’une des espèces des grands singes qui font l’objet de protection aussi bien par les conventions internationales que par les législations internes des pays qui les abritent.
Le bonobo est une espèce endémique de la République Démocratique du Congo. Son nom tire son origine de la déformation du nom de Bolobo, à la fois chef-lieu du Territoire qui porte le même nom et du District des Plateaux, dans le nord –ouest de la province de Bandundu.
En effet, les caisses contenant les premiers spécimens vivants des bonobos qui ont été envoyées à l’étranger provenaient de Bolobo.
Cependant, certaines personnes ont écrit que le District des Plateaux ne constitue plus le biotope des bonobos. La réalité sur le terrain apporte un démenti cinglant.
En effet, le District des Plateaux est inclus dans la forêt dense humide regroupant une variété biologique immense. Cette forêt est le refuge d’une faune variée dont les bonobos.
Depuis des temps immémoriaux , les autochtones d’ethnies Téké, Boma, Tiene, Nunu et Mpee vivaient en harmonie avec les bonobos et bien qu’ils ne les mangeaient pas suite à des tabous ancestraux séculaires , ils les considéraient comme leurs congénères, leur patrimoine culturel embellissant et agrémentant le paysage de la forêt dense; donc un motif de fierté.
Depuis que les grandes sociétés de la contrée ont commencé à recruter la main –d’œuvre en dehors des ethnies précitées, on a assisté au massacre systématique des bonobos. Ceux-ci sont consommés, boucanés, compilés dans des paniers et expédiés à Kinshasa pour être vendus. D’autre part, les bébés
bonobos font l’objet d’un commerce florissant et sont envoyés à la même destination pour être vendus comme animaux de compagnie ou comme jouets pour enfants. Il sied de noter que pour arracher un bébé bonobo à ses parents, les braconniers tuent au moins 5 adultes de sa famille.
L’ONG MBOU-MON-TOUR dont les principales activités sont basées dans le District des Plateaux mène, depuis novembre 2003 et avec ses maigres moyens, une campagne de protection des bonobos dans le territoire de Bolobo et dans quelques villages des territoires de Yumbi et de Mushie.
L’équipe de sensibilisation s’adresse essentiellement aux braconniers des bonobos, composés essentiellement des jeunes dont l’âge varie entre 20 et 45ans, les vieux chasseurs observant encore les tabous traditionnels interdisant la chasse des bonobos et surtout consommation de leur viande.
C’est pour cette raison que les autorités coutumières, gardiennes des traditions , y ont été associées. Leur implication a permis de réduire sensiblement le braconnage des bonobos.
Les responsables et élèves des écoles primaires et secondaires ont été également sensibilisés. A long terme, le but final poursuivi par notre ONG est de mettre sur pied un système d’observation des bonobos dans leur milieu naturel à des fins d’éco-tourisme. La visite serait payante et les frais ainsi générés serviront notamment à relever le niveau de vie des populations locales (construction des écoles, des infirmeries, adduction d’eau potable etc…). Les chefs coutumiers, les braconniers , les notabilités et les élèves y ont massivement adhéré. Nous en voulons pour preuve le fait que la plupart de braconniers sont devenus de grands sensibilisateurs. Par ailleurs , les investigations menées récemment dans le territoire de Bolobo, avec l’appui moral des chefs coutumiers et la collaboration des « braconniers convertis » ,confirment la présence des familles de bonobos dans les sites suivants :
-la forêt des rivières Lelili et Mbali : le triangle formé par les villages Tshumbiri- Mantuka- Mbee ;
-la forêt des rivières Lebomo et Mbala :axe villages Nkala- Bodjuna- ferme Lebomo( SEBO) ;
-la forêt Ngatili Mentaa : comprise entre les villages Mbee et Endala ;
-la forêt Mobaa : axe villages Embinima- Ngemu- ferme Malebo (SEBO).
Nous attendons les résultats des enquêtes qui se poursuivent dans les forêts de Bandala et Ngampoko.
Nous sommes entrain de nous battre pour acquérir un appareil photographique numérique afin d’obtenir les images des bonobos dans la forêt précitée.
Par ailleurs, nous avons informé les autorités politico-administratives de la RDC et les ONG internationales du secteur de l’environnement de la situation qui prévaut dans le District précité et de notre projet susmentionné. Aux premières, nous avons sollicité un appui politique et aux secondes un appui logistique et technique afin de soutenir la campagne de sensibilisation et de procéder à l’inventaire scientifique des bonobos dans tout le District des Plateaux. Hormis le Procureur Général de la province de Bandundu, les uns promettent d’agir et les autres brillent encore par leur silence.
A l’étranger, seule une ONG française, PANISCUS, s’est engagée à nous appuyer. Il convient de relever le fait que cette campagne se réalise sans supports modernes (banderoles, dépliants, tee-shirts, mégaphones etc…).D’autre part, les sensibilisateurs travaillent bénévolement et
sont parfois obligés de parcourir des dizaines de kilomètres à pied pour « prêcher la bonne nouvelle ».
Pour les motiver, notre ONG s’est engagée à leur offrir un bœuf à la fin de chaque année.
Cependant, au regard du travail qu’ils abattent sur le terrain , cette rétribution est insignifiante. C’est pour cette raison que nous lançons un S.O.S en direction des hommes de bonne volonté afin d’appuyer notre initiative et protéger ainsi cette espèce de singes en voie de disparition.
Pour tout contact, veuillez nous écrire à l’adresse suivante : ongmboumontour@yahoo.fr
Pour obtenir de plus amples renseignements sur l’ ONG MBOU-MON-TOUR, veuillez consulter le site
www.societecivile.cd/membre/mmt et cliquer sur la rubrique « Articles ».
Pour l’ONG MBOU-MON-TOUR,
Jean-Christophe Bokika
Président du Comité Exécutif.