L’enfant Magumu Mukokolo a été fusillé à mort par le militaire Bisimwa de la 10è brigade des FARDC à Mutarule dans la Plaine de la Ruzizi
Dans la nuit du samedi 2 avril 2005, vers 19 heures 30, le jeune garçon Magumu Mukokolo âgé de 12 ans, fils de Mukokolo résidant à Mutarule dans la Collectivité Plaine de la Ruzizi en territoire d’Uvira a été froidement assassiné par balle par le militaire congolais Bisimwa, garde de corps du Commandant Dany du bataillon 1012 commandé par le Capitaine Sungusungu. Ce bataillon est l’un de ceux qui composent la 10è brigade dirigée par le Major connu sous le nom de Pyrence fortement décrié par les populations locales.
Ce meurtre serait une réponse du Commandant Dany aux persistantes réclamations lui faites par la victime et son oncle paternel, Mr Simbi, à la suite de plusieurs dettes de cigarettes déjà contractées dans le kiosque de ce dernier. Quelques jours avant l’incident criminel, ledit commandant avait menacé de mort ses créditeurs au cas où ils continueraient à revendiquer leur dû.
Les informations en notre possession renseignent que le commandant Sungu-Sungu dudit bataillon qui s’est rendu dimanche matin sur les lieux du drame, vraisemblablement pour raison d’enquête, n’aurait questionné personne et n’aurait rien dit à la famille de la victime.
Plusieurs sources montrent que cet assassinat s’inscrit dans une panoplie d’exactions et violations massives des droits humains garnies d’impunité dont bénéficient les militaires opérant dans la Plaine de la Ruzizi.
L’opinion se rappellera qu’en maintes reprises, les populations locales, les usagers de la route Bukavu-Uvira et les organisations de développement et des droits humains n’ont cessé de dénoncer à travers différents mécanismes les comportements indignes et éhontés de ces mêmes hommes de troupe. Les pillages, les rançonnements, les viols, la destruction des champs, l’abattage effréné d’arbres pour la production de la braise, l’imposition de collectes de vivres pour les militaires, … sont monnaie courante dans cette partie du pays.
Astucieux, le Major Pyrence, commandant de cette brigade, arrête et détient arbitrairement des gens qu’il libère moyennant un montant variant entre 30 et 50 dollars américains sous prétexte que ces infortunés se rendent au Burundi et à Lemera où ils prendraient langue respectivement avec le Capitaine ex-ANC Bede d’obédience Mutebutsi-Nkunda et le commandant Safari qui avait déserté la 10è brigade pour rallier celle de Lemera dirigée par le Colonel Kayamba. Les populations de cette contrée se questionnent sur le bien fondé de ces arrestations, surtout que la plupart des personnes déjà victimes jouissent d’une crédibilité dans la société.
Préoccupée par la situation, l’asbl Héritiers de la Justice recommande au Commandant de la 10ème Région Militaire de s’y investir le plus rapidement en diligentant une enquête sur l’exécution sommaire du jeune Magumu Mukokolo et d’autres cas répréhensibles dont les habitants de Mutarule et ses environs font régulièrement l’objet de la part des soldats de la 10è brigade affectés à leur protection.
L’Association souhaite que la hiérarchie militaire rompe avec la culture de l’impunité en déférant devant la justice les auteurs présumés de ces crimes et que les coupables subissent la rigueur de la loi. Il est inadmissible qu’en période d’un pays réunifié et sans guerre des populations innocentes paupérisées à tous égards continuent à faire les frais de leurs compatriotes au seul motif que ceux-ci portent des armes à feu.
Fait à Bukavu, le 04/04/2005
Héritiers de la Justice
