OLPA révolté par l’interdiction faite aux cameramen de filmer un procès à Kinshasa

L’Observatoire de la Liberté de la Presse en Afrique (OLPA), réseau africain d’experts juristes et journalistes volontaires pour la défense et la promotion de la liberté de la presse, est très révolté après l’interdiction faite aux cameramen de plusieurs chaînes de télévision émettant à Kinshasa (capitale de la République démocratique du Congo) de filmer l’audience publique de la Cour suprême de justice, le 12 avril 2006.
Des policiers commis à la garde des installations de la Haute Cour dans la commune de la Gombe ont reçu l’ordre de leur hiérarchie de ne pas laisser un seul caméraman filmer les images sur l’audience publique du mercredi 12 avril 2006, sans aucun motif valable.
Alain Nzongola, preneur de vue à la chaîne privée de télévision Tropicana Tv qui a tenté de filmer le fronton de la salle d’audience, a vu surgir deux policiers qui ont proféré des menaces contre sa personne. Ils ont promis de le châtier au cas où il se présenterait de nouveau dans les installations de la Cour.
Il faut rappeler que les partis politiques d’opposition congolaise (Front patriotique, Convention chrétienne pour le développement) ont introduit des requêtes au niveau de la Haute Cour pour exiger l’invalidation de la candidature du chef de l’Etat congolais Joseph Kabila, accusé de s’être fait délivrer une carte d’électeur au moment où sa démission volontaire de l’armée n’avait pas été formellement acceptée. L’avis donné par le Ministère public sur le banc reconnaît que Joseph Kabila a été enrôlé en tant que militaire. L’affaire a été prise en délibéré.
Eu égard à ce qui précède, l’Observatoire de la Liberté de la Presse en Afrique (OLPA) exprime sa vive indignation à la suite de cette interdiction qui viole manifestement les dispositions de la Constitution du 18 février 2006 (Article 24) ainsi que les instruments juridiques internationaux relatifs aux droits humains.
Par conséquent, OLPA exige la levée immédiate et inconditionnelle de cette interdiction qui est de nature à apporter atteinte au droit d’informer et d’être informé, ainsi que l’étouffement de la chronique judiciaire qui se recherche encore dans la presse congolaise.
L’Etat congolais, la Mission des nations Unies au Congo (Monuc) sont invités à redoubler d’efforts pour garantir la sécurité des journalistes pendant cette période électorale.