OLPA condamne les actes de torture perpétrés sur un journaliste de Radio Okapi à Kisangani

L’Observatoire de la Liberté de la Presse en Afrique (OLPA), réseau africain d’experts juristes et journalistes volontaires pour la défense et la promotion de la liberté de la presse, condamne avec la dernière énergie les mauvais traitements infligés à Anselme Masua, correspondant de la radio Okapi à Kisangani, chef-lieu de la province Orientale, au nord-Est de la République démocratique du Congo, par les militaires de la garde présidentielle, le 24 avril 2006.
Anselme Masua s’est rendu le 24 avril 2006 au terrain de la paroisse Saint Joseph dans la commune de la Tshopo, où est entreposée la tente faisant office de résidence officielle du Chef de l’Etat à Kisangani placée sous la surveillance des militaires de la Garde républicaine, en vue d’obtenir les informations sur le début de l’identification des militaires de l’ex-Groupe spécial de sécurité présidentiel (GSSP).
Arrivé sur le lieu, il a rencontré un lieutenant qui l’a conduit auprès du capitaine Jules non autrement identifié. Le lieutenant a expliqué à son supérieur que le journaliste de la radio de la Mission des Nations Unies au Congo (Monuc) s’est livré à des actes d’espionnage à Saint Joseph. Sans attendre les éléments de réponse de l’incriminé, le capitaine Jules a donné l’ordre d’arrêter immédiatement Anselme Masua et de le conduire à la base de Shingi Shingi à 4 kilomètres de la ville.
Jeté dans une camionnette comme un malfrat, Anselme Masua a été battu à coups de crosse de fusil par les militaires de la garde républicaine avant que les autorités de la ville ne soient alertées sur cet incident. Au moment où la camionnette se dirigeait vers Shingi Shingi, le capitaine Jules a ordonné à ses agents par téléphone de rebrousser chemin et de déposer le journaliste au quartier général de la Monuc/Kisangani.
OLPA est profondément indigné par cette interpellation ainsi que les actes de torture subis le correspondant de la radio Okapi qui était à la recherche de l’information. Ce genre d’actes constitue une violation flagrante de la liberté de la presse garantie par la Constitution du 8 février 2006 et les instruments juridiques internationaux relatifs aux droits humains.
OLPA exige donc une enquête et des mesures disciplinaires contre les auteurs des actes de torture perpétrés sur la personne d’Anselme Mansua.