La lèpre, toujours présente en RDC.

La lèpre, cette maladie bien ancienne, souvent associée aux temps bibliques, n'a toujours pas disparu. En fait, quelque 500.000 cas nouveaux - plus de 1400 par jour - ont été répertoriés en 2005.
En 1996, l'Organisation Mondiale de la Santé faisait part de son espoir de voir la maladie éradiquée dans les 10 ans.

Mais en 2006, en Amérique latine, en Asie et en Afrique, des gens continuent à souffrir de la lèpre - et pourtant un remède, disponible gratuitement, a été découvert il y a plus de 20 ans.

Il est difficile de déterminer les raisons pour lesquelles la maladie existe toujours, alors qu'elle a disparu en Europe depuis des décennies.

Pour plusieurs spécialistes, l'une des raisons pourrait être la honte et la crainte du rejet qu'inspire toujours la lèpre.
La lèpre aujourd’hui

En 1991, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) se fixa un ambitieux objectif pour l’an 2000 : l’élimination de la lèpre en tant problème de santé publique.
Concrètement, moins d’une personne sur 10.000 habitants peut encore présenter la maladie.

Résultats spectaculaires

Le plan d’action s’avéra efficace. Le nombre de pays où la lèpre est toujours considérée comme un problème prioritaire de santé publique est tombé de 122 à 22 (et même à 9 selon l’OMS, qui exclut les petits pays comptant au total moins de 1.000 malades).

Les raisons
Deux raisons expliquent le recul spectaculaire de la lèpre, ces 15 dernières années :

Des actions à grande échelle ont été menées, ces 50 dernières années, pour dépister et traiter les malades de la lèpre dans les pays où elle survient localement. Ces efforts ont encore été intensifiés après 1985.
2. L’introduction de la polychimiothérapie a permis de réduire le nombre de malades et le taux de contamination. Plus de 10 millions de malades ont été traités et guéris grâce à cette thérapie au cours des 10 dernières années. La vigilance s’impose
La lutte est néanmoins loin d’être arrivée à son terme. En 2005, on a dépisté 400.000 nouveaux malades qu’il était grand temps de traiter. Deux à trois millions de patients mutilés à vie ont, en outre, encore besoin de suivi. La Fondation Damien essaie d’offrir son aide à la plupart des malades.

Campagne 2006 : Espoir pour l'Inde !

La situation reste franchement alarmante dans certaines régions. Un exemple ? L'État fédéré du Jharkhand, en Inde, compte une moyenne de 9,6 malades de la lèpre sous traitement par 10.000 habitants. Quoi de plus logique que cette région ait fait l'objet d'une attention toute particulière dans la campagne 2006 de la Fondation Damien ?
Campagne 2006 "Espoir pour l'Inde !"

Régions à risque

Il est crucial, dans d'autres régions, de faire preuve d'une extrême vigilance pour éviter une recrudescence de la maladie. La Fondation Damien a encore dépisté et traité 60.836 malades de la lèpre en 2005.

La leishmaniose

La leishmaniose est toujours bien présente dans certaines régions. Au Nicaragua, par exemple. 4.046 malades de la leishmaniose, ou lèpre des montagnes, y ont été dépistés et traités en 2005.
Nombre de malades de la lèpre dépistés et enregistrés par la Fondation Damien de 1994 à 2004 se présente de la manière suivante pour la R.D.Congo sur une population de 33 214 096 habitants, il a 7 957 malades de lèpres detectés.

Une maladie guérissable

La plupart des inquiétudes entourant cette maladie pourraient venir du fait qu'elle est probablement transmise dans l'air, par la toux ou l'éternuement.

Le premier symptôme extérieur est une tâche sur la peau, généralement associée à une perte des sensations autour de la zone affectée.

Toutefois, on pense maintenant que 95% des personnes présentent une immunité naturelle à la bactérie de la lèpre, et dès que le traitement commence, le caractère infectieux disparaît.

La multi-thérapie permet de guérir la plupart des malades, mais des difformités physiques, telles que des séquelles aux mains et aux pieds, subsistent.

La famille et les amis ont parfois du mal à accepter les malades.

Un autre facteur qui s'ajoute à la mauvaise réputation associée à la maladie pourrait être la solution qui consistait dans le passé à transporter les lépreux dans des colonies, souvent installées sur des îles lointaines. Une pratique qui renforçait la mythologie entourant la lèpre.

La plupart de ces colonies ont été fermées dans les années 60, lorsque que des progrès étaient réalisés dans les traitements. Toutefois, au Japon, la dernière de ces colonies restait ouverte jusqu'en 1996.

Quelques colonies demeurent en Europe de l'Est et en Inde, essentiellement parce que les malades ont pris l'habitude de vivre coupés du reste du monde et se sentent plus en sécurité dans de tels environnements.

L'avenir

Faire face à ces inquiétudes de longue date semble être la clé pour surmonter la maladie à long terme, dans la mesure où un traitement anticipé permet d'éviter des handicaps.

Le souhait de l'OMS de voir la maladie disparaître pourrait se réaliser d'ici quelques années, mais la lutte est loin d'être finie.

S'attaquer à la pauvreté de manière globale pourrait être un bon point de départ, estiment les spécialistes.

Et en attendant, l'éducation et la sensibilisation doivent se poursuivre, si un monde sans lèpre, une maladie aussi vieille que l'humanité, doit apparaître un jour.

Jeunesse du monde Kinshasa