1ér.décembre2006: Une Journée mondiale contre le sida axée sur la responsabilité

Le chef de l'ONU, Kofi Annan, a appelé jeudi les dirigeants mondiaux, mais aussi toute l'humanité, à davantage de responsabilité dans le combat contre le
sida, à la veille d'une Journée mondiale contre cette pandémie qui a tué plus de 25 millions de personnes en 25 ans.

Un quart de siècle après son apparition, le sida (syndrome immuno-déficitaire acquis) continue de progresser, avec 11.000 nouvelles contaminations par jour et près de 3 millions de morts par an et l'appel à tenir les promesses pour enfin stopper la pandémie est au coeur de la Journée mondiale organisée par l'ONU vendredi.

Quelque 39,5 millions de personnes sont séropositives ou malades du sida dans le monde, dont près de 25 millions en Afrique noire, selon des estimations de
l'Onusida, organisme onusien créé il y a dix ans pour coordonner la lutte à l'échelle mondiale.

Le sida continue de faire des ravages particulièrement en Afrique subsaharienne où les femmes paient un tribu démesuré à la pandémie.

Victimes souvent oubliées, plus de 2,3 millions d'enfants vivent avec le virus HIV qui donne le sida, en quasi-totalité dans les pays pauvres. Chaque minute, un enfant de moins de 15 ans est infecté. L'épidémie tue près de 500.000 enfants par an, soit un enfant chaque minute.

Dans un message à la communauté internationale, M. Annan s'est félicité de certains progrès tout en appelant à des efforts renouvelés.

"Pendant trop longtemps, le monde a refusé de voir la réalité en face. Mais depuis 10 ans, les attitudes ont changé et le monde a commencé à prendre la lutte contre le sida avec le sérieux qu'elle mérite", a-t-il dit.

Mais malgré le déblocage de ressources financières sans précédent et un meilleur accès du public aux traitements antirétroviraux, le nombre des infections continue de croître, d'où la nécessité de "mobiliser une volonté politique sans précédent", a affirmé le secrétaire général.

"La responsabilité -thème de cette Journée mondiale- exige que chaque président ou Premier ministre, chaque parlementaire et politicien, décide et déclare: +le sida c'est mon affaire+", a-t-il poursuivi.

Cela exige d'eux, a-t-il précisé, de renforcer la protection de tous les groupes vulnérables au sida, de travailler avec la société civile et d'agir pour donner "plus de pouvoir et d'autonomie aux femmes et aux filles" et "transformer les relations hommes-femmes à tous les niveaux de la société".

"Mais la responsabilité n'est pas exigible seulement de ceux qui sont au pouvoir, cela s'applique à nous tous", a encore dit le chef de l'ONU, citant notamment les milieux d'affaires, professionnels de santé, chefs de communauté et groupes religieux.

Il a également appelé les hommes de tous pays et de toutes cultures à "soutenir et affirmer les droits des femmes" et à comprendre que "la vraie virilité c'est de protéger les autres du risque".

M. Annan devait participer jeudi soir dans une église de New York à une cérémonie de lancement de la Journée mondiale, en compagnie notamment de Peter Piot, directeur de l'Onusida.

M. Annan, qui a fait de la lutte contre le sida une de ses priorités, devait rappeler à cette occasion avoir demandé la création d'une "réserve stratégique" de 7 à 10 milliards de dollars par an pour cette lutte. "Tant que je vivrai, je continuerai à répandre ce message", a dit M. Annan, qui quitte ses fonctions fin décembre après 10 ans à la tête de l'ONU.
L'Afrique du Sud, montrée du doigt pour ses atermoiements dans la lutte contre le sida, doit tenter de faire taire les critiques avec un nouveau plan de lutte contre la pandémie, qui touche 5,5 millions de personnes, en annonçant un plan stratégique sur le VIH-sida 2007/2011, vendredi à l'occasion de la Journée mondiale.