Nouveau traitement contre le paludisme, fruit d'un partenariat public-privé.

Un nouveau traitement simplifié et bon marché contre le paludisme, qui tue chaque année plus d'un million de personnes dans le monde, va être mis à la disposition des populations défavorisées, fruit d'un partenariat entre le groupe pharmaceutique Sanofi-Aventis et la fondation DNDi.

Non breveté, ce traitement coûtera moins de 1 dollar pour l'adulte et 0,50 dollar pour l'enfant (marché public), pour un traitement complet sur trois jours.

"Ce produit est un modèle de partenariat entre différents acteurs poursuivant un même objectif", a souligné Bernard Pecoul, directeur exécutif de DNDi (Initiative pour des médicaments en faveur des maladies négligées), lors d'une conférence de presse jeudi à Paris.

Son lancement a été salué par le président de Médecins sans frontières (MSF), Jean-Hervé Bradol, comme "une embellie" qui "prend place dans un tableau quand même sombre".

Il s'agit d'une association à doses fixes d'artésunate (AS) et d'amodiaquine (AQ), deux médicaments connus, présentée sous le nom Artésunate-Amodiaqui ne Winthrop (ASAQ) pour les marchés publics et Coarsucam pour les marchés privés. ASAQ est aussi l'acronyme de "Adaptée, Simple, Accessible et de Qualité".

Les associations à doses fixes réunissent deux médicaments dans un seul comprimé, au lieu de deux comprimés séparés, facilitant la bonne observance du traitement, en particulier pour des populations très pauvres et illettrées.

L'association AS et AQ est l'une des combinaisons recommandées par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) contre le paludisme en Afrique, face à la résistance des parasites aux médicaments antipaludiques classiques.

La nouvelle formulation permettra de limiter le traitement pour un adulte à 2 comprimés par jour en une prise pendant trois jours. Trois dosages différents ont été développés spécifiquement pour les enfants de 2 mois à 13 ans, pour qui un seul comprimé par jour sera nécessaire. Pour les nourrissons et les petits enfants, les comprimés seront plus petits et pourront être écrasés et mélangés à des aliments liquides ou semi-liquides.

ASAQ sera proposé à prix coûtant aux structures publiques dans les pays endémiques, aux institutions internationales, aux ONG et aux pharmacies adhérant aux Programmes d'accès aux antipaludiques de Sanofi-Aventis.

Il sera mis à disposition "dès la mi-avril dans une quinzaine de pays d'Afrique", a indiqué Robert Sebbag, vice-président de Sanofi-Aventis. Les capacités de production du laboratoire, dans son usine de Casablanca au Maroc, sont actuellement de "18 millions de traitements par an", a-t-il précisé.

Le paludisme reste la cause la plus importante de décès des enfants de moins de 5 ans en Afrique, tuant un enfant toutes les 30 secondes.

Le nouveau traitement a été testé sur 750 enfants de 6 mois à 5 ans au Burkina Faso, avec un taux d'échec de seulement 4%, a indiqué le Dr Sodiomon Sirima (Centre de recherche et de formation sur le paludisme).

Pour le Dr Ogobara Doumbo, qui l'a utilisé sur 5.000 enfants au Mali, "c'est un éléphant qu'il faut abattre" pour arriver à apporter ce traitement aux populations les plus vulnérables, "dans les villages". Le Dr Doumbo a également insisté sur l'importance d'assurer le contrôle de sa qualité à long terme.

La fondation DNDi est une organisation à but non-lucratif fondée en 2003 à l'initiative de MSF. Sanofi-Aventis est le numéro quatre mondial de la pharmacie.

Publié par Madame Chantal Nyota,
Chargée des Communications au sein de l'ONG Human Rescue/RDC à Kinshasa.
www.societecivile.cd/node/535