La politique de CONAFED sur le genre et la lutte contre la pauvreté

Le CONAFED expose sa politique sur le genre et la lutte contre la pauvreté aux femmes de NGABA.
Le vendredi 14 mars 2003, au siège de l’ONGD CEPROSOC située au n° 55 de l’avenue Lobo, dans la commune de NGABA, le Réseau Femme et Développement (REFED) a organisé des festivités s’inscrivant dans le contexte du mois de la femme.
Plusieurs personnalités dont Madame le Vice-Gouverneur de la Ville de Kinshasa et le Bourgmestre de la commune de Ngaba ont rehaussé de leur présence cette manifestation.
A cette occasion, Madame Elise MUHIMUZI, Secrétaire Permanente du CONAFED a fait l’exposé ci-dessous sur la politique du CONAFED sur le genre et la lutte contre la pauvreté :
- Madame le Vice Gouverneur, avec l’assurance de nos hommages ;
- Monsieur le Bourgmestre de la Commune de NGABA ;
- Distingués invités ;
- Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,
Avant de nous engager dans le sujet qu’il nous a été demandé de développer ce jour, nous voudrions saisir cette opportunité pour présenter nos sincères félicitations au REFED Kinshasa, pour son initiative d’organiser la cérémonie de ce jour.
En détachant cette cérémonie de celle trop solennelle, du 08 mars, vous avez, au cours de ce mois de la femme, voulu donner une réelle visibilité à votre action.
Le Comité National Femme et Développement (CONAFED), qui porte la tutelle de votre réseau provincial, vous encourage, autant qu’il vous assure de son accompagnement et son appui dans votre exaltante mission de susciter le développement de la femme.
- Madame le Vice Gouverneur, avec l’assurance de nos hommages ;
- Monsieur le Bourgmestre de la Commune de NGABA ;
- Distingués invités ;
- Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,
Il nous a été demandé de vous exposer la politique du Comité National Femme et Développement (CONAFED) sur le genre et la lutte contre la pauvreté.
A ce propos, il serait important que nous puissions d’abord circonscrire la pauvreté de la femme pour ensuite parler du genre pour stratégie de lutte contre cette pauvreté et de la politique du CONAFED en cette matière.
Sur le plan matériel, la pauvreté de la femme renvoie à sa condition. Et là, pour souligner le drame de la condition de la femme, c’est à juste titre qu’on a toujours déclaré que la pauvreté a le visage de la femme. La grande précarité et le dénuement total dans lequel vit la femme sont d’une telle notoriété que personne n’ose démentir ce dicton populaire.
La condition déplorable de la femme en RDC et à travers le monde est en relation directe avec l’immense plage de besoins pratiques dont elle a la charge d’assouvir pour les autres membres de la communauté d’abord et enfin, si cela est encore possible, pour elle-même.
En effet, dans la répartition sociale des rôles entre l’homme et la femme, il incombe à la femme de s’acquitter surtout des travaux liés à la production et à la reproduction.
Il s’agit pour les premiers cités, de produire les biens et les services en vue de la consommation ou de l’échange. Il inclut la production agricole, l’élevage, la pêche, l’exploitation forestière, la conservation, la transformation, etc.
Quant aux travaux liés à la reproduction, ils incluent le soin et l’entretien du ménage et de ses membres y compris le fait de donner naissance et de prendre soin des enfants, la préparation des repas, la collecte de l’eau et du combustible, les courses, le travail domestique et les soins de santé apportés à la famille.
Vous savez tous que dans les pays pauvres comme le nôtre, ces types des travaux sont en grande partie manuels, c’est-à-dire qu’ils sont ardus et exigent beaucoup de temps.
Les femmes et les filles qui en sont généralement responsables ne disposent pas de ressources suffisantes pour y faire face. Pire, l’accès aux ressources et le contrôle de celles-ci leur échappent.
Le plus grave et aussi le plus pernicieux aspect de la pauvreté de la femme est moral, idéologique et psychologique parce qu’il est encré dans le mental. Façonné depuis des lustres par nos coutumes, nos traditions et même nos lois, il se traduit par un déficit criant dans la valeur et la considération accordées à la femme au sein de la société.
Cette pauvreté de la femme renvoie à sa situation, c’est-à-dire à sa position sociale et économique en comparaison à celle de l’homme. C’est là qu’apparaît la marginalisation et la discrimination de la femme.
Ainsi, la femme est absente ou très faiblement représentée dans les organes de prises de décision au sein desquels elle aurait pu, avantageusement, jouer un rôle déterminant dans la lutte contre sa pauvreté matérielle et morale, au moyen d’une politique basée sur la justice distributive.
- Distingués Invités ;
- Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,
Dans chacun des domaines liés à la reproduction, à la production et à la communauté, les femmes ont toujours joué un rôle. Mais, elles ont souvent subi les effets pervers du processus de développement. Il existe donc un large fossé entre d’une part, la participation économique forte mais non reconnue des femmes et leur faible pouvoir politique et social, et d’autre part, les stratégies de développement qui ont souvent comme point de départ les besoins de ceux qui sont politiquement actifs.
L’avantage qu’offre le genre comme stratégie de développement est qu’en examinant les rôles des hommes et ceux des femmes, on aboutit à une meilleure compréhension de leurs besoins respectifs en vue d’y envisager des solutions adéquates et appropriées.
Eu égard à la pertinence de l’approche genre comme stratégie de développement des communautés et de lutte contre la pauvreté de la femme, la politique du CONAFED en cette matière consiste avant tout à susciter et à bâtir une conscience genre dans la société congolaise. Pour y arriver, le CONAFED procède par la formation, la sensibilisation et l’information.
Par ces moyens, le CONAFED s’attelle donc à ce que la population congolaise découvre le genre, qu’elle la comprenne et surtout qu’elle l’intériorise.
En plus de la formation, la sensibilisation et l’information, le CONAFED favorise les échanges locaux et internationaux. C’est là un créneau important qui nous permet de mettre en contact les femmes de la RDC entre elles d’abord puis avec leurs paires d’autres pays, en vue d’un partage d’expérience enrichissant.
Elle convient aussi de souligner ici qu’il ne suffit pas aux femmes et aux hommes de prendre conscience des inégalités du genre et de la pauvreté de la femme qui en découle. L’idéal serait qu’on s’engage à rétablir l’équilibre dans les relations entre l’homme et la femme, pour qu’enfin les mêmes chances soient offertes aux hommes et aux femmes.
Etant donné que les actions à mener pour y arriver doivent être basées sur un diagnostic objectif et réel du contexte, le CONAFED a formé des formateurs en méthodologie de l’analyse gender du contexte. C’est cette analyse qui donne le vrai cliché de la situation discriminatoire de la femme et les indicateurs fiables pour argumenter et appuyer le plaidoyer en faveur des femmes.
La discrimination de la femme étant la source réelle de sa pauvreté tant matérielle que morale, le CONAFED entend s’attaquer à ses causes. C’est pour cette raison qu’il a organisé une session de formation en lecture gender des coutumes et des lois discriminatoires.
A partir de ce lundi, un atelier sera organisé pour doter les animatrices des réseaux provinciaux du CONAFED de plus d’outils pour la formation en genre.
- Distingués invités ;
- Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,
Voilà esquissé la politique du CONAFED sur le genre et la lutte contre la pauvreté.
Je vous remercie.
Elise MUHIMUZI.