Renforcement des Capacités de la JPSC

INTRODUCTION
Dans le cadre du renforcement des capacités des membres de la Commission Justice, Paix et Sauvegarde de la Création (JPSC) de la Paroisse Internationale Protestante de Kinshasa, Cathédrale du Centenaire Protestant, dimanche 22 juillet 2007 de 12h00’ à 16h00’ dans un auditoire de l’Université Protestante au Congo, Monsieur Joseph TSHIBALABALA DIKUYI Secrétaire Général et Coordinateur de Programmes de SODEC avait animé une formation sur les approches de la gestion, prévention et résolution des conflits.
I.GESTION DES CONFLITS
Le formateur avait expliqué quatre approches de la gestion des conflits, à savoir :
1.Méthode basée sur le pouvoir (affrontement) ;
2.Méthode basée sur les droits (juridique) ;
3.Méthode basée sur le consensus (résolution des problèmes) ;
4.Méthode basée sur l’évitement du conflit.
Sur base des explications du formateur, les participants avaient apprécié la méthode basée sur l’idée qu’il est souvent possible de trouver une solution où tout le monde gagne et où personne n’est perdant.
II.PREVENTION DES CONFLITS
Les participants étaient sensibilisés à jouer trois rôles de la tierce partie.
1.Le Pourvoyeur
Ayant remarqué que la source profonde d’un conflit conjugal vécu négativement et douloureusement réside dans l’insatisfaction de besoins, les participants avaient suggéré que chacune de parties puisse jouer le rôle de pourvoyeur (répondre aux besoins) soit directement ou indirectement.
Le pourvoyeur ayant un quadruple rôle (partager, protéger, respecter et libérer), chaque partie devra contribuer à la satisfaction de l’un ou de plusieurs besoins de l’autre ; ainsi, le conflit est susceptible d’évoluer progressivement de l’affrontement vers la coopération.
La communauté environnante peut contribuer à la réduction du taux de conflits conjugaux si elle permet aux mariés de satisfaire leurs besoins prioritaires soit directement ou indirectement.
2.L’enseignant
Les participants ont constaté qu’un conflit conjugal était vécu négativement et douloureusement par ignorance de méthodes pratiques pour gérer les tensions quotidiennes de façon à éviter qu’elles ne dégénèrent en conflits ouverts et en violence.
Ils ont décidé d’apporter aux mariés le savoir qui leur permettra de gérer leurs différends dans un sens constructif.
3.Le jeteur de passerelles
Les participants ont appris que :
-le fait de partager la nourriture ou biens matériels nécessaires à la vie, et de parler ensemble permettait de tisser tout un réseau de liens transversaux grâce auquel les conflits sérieux pouvaient être éviter ;
-les relations transversales peuvent jouer le rôle de filet de sécurité en cas de tension ;
-lorsqu’un adulte est confronté à la rivalité de deux adolescents, il peut leur assigner une tâche commune ;
-le fait d’assigner une tâche commune aux parties concernées par un conflit quelconque contribuait à réduire les préjugés et à susciter des liens d’amitié ;
-l’élaboration des projets communs peut susciter l’ouverture d’un véritable dialogue, inversement le dialogue peut conduire à la mise en chantier de projets communs.
III.RESOLUTION DES CONFLITS
Les participants étaient dotés de deux grands moyens de canaliser le conflit et de transformer son mouvement d’escalade, conduisant à l’affrontement destructif, en mouvement horizontal, débouchant sur le changement constructif.
Le premier moyen est de résoudre tout conflit ouvert dès lors qu’il se développe ; le second est de contenir l’affrontement en cours d’escalade dès lors qu’il échappe, provisoirement au moins à toute tentative de résolution.
1.Résoudre
Les participants étaient sensibilisés à recourir à chacune de 4 approches de la résolution du conflit.
En tant que médiateurs, ils peuvent favoriser la conciliation d’intérêts divergents ; en tant qu’arbitres, ils peuvent déterminer les droits de chacune des parties ; en tant qu’égalisateurs, ils peuvent veiller à un équilibre de forces ; en tant que réparateurs, ils peuvent raccommoder le tissu relationnel endommagé.
a).Le médiateur
Les participants étaient sensibilisés à jouer le rôle de médiateur.
Ils étaient encouragés à :
-faire basculer la négociation vers une négociation de collaboration ;
-créer les conditions d’écoute et d’entente nécessaires permettant aux parties de trouver eux – mêmes des solutions mutuellement acceptables ;
-ne pas chercher à savoir qui a tort et qui a raison, mais bien plutôt, à aller au cœur même du conflit et à trouver les moyens de le résoudre ;
-contribuer au maintien de relations entre les parties ;
-aider les parties à trouver une solution durable et où tout le monde gagne, ce qui veut dire qu’il n’y a pas de perdant.
Quatre outils d’analyse étaient utilisés pour mieux comprendre un conflit conjugal et bâtir des stratégies de sa résolution et sa transformation non violente.
L’évolution du conflit :
Cet outil a permis aux participants de s’assurer que l’environnement favorise la résolution du conflit.
Dans leur analyse, ils ont constaté que le conflit conjugal vécu négativement et douloureusement avait évolué et se situait à l’étape de la négociation. Ainsi, les parties devront l’assumer et le gérer de manière à ce qu’il devienne une opportunité pour une meilleure entente : « conflit constructif ».
Les trois P:
Cet outil a permis aux participants de s’assurer que les problèmes et ses implications sont bien compris par les parties concernées.
P(parties/personnes):
- mari
- épouse
P (problèmes) :
-La femme accuse son mari
d’infidélité vis – à – vis d’elle
et demande le divorce ;
-Le mari rejette les accusations de
son épouse et se dit prêt pour le
divorce.
Processus : négociation.
L’arbre du conflit :
Cet outil a permis aux participants de comparer le conflit conjugal à un arbre planté avec deux parties (une partie visible et l’autre invisible).
La partie visible (conséquences ou manifestations du conflit) :
•intimidation ;
•injures ;
•menaces ;
•agressivité.
La partie invisible (racines ou cause du conflit)
•histoire ;
•relation ;
•perception ;
•émotions.
Résoudre ce conflit conjugal, c’est s’attaquer à ses racines et poser les bases de la gestion des différents par la coopération.
Les parties doivent gérer ce conflit en utilisant une approche basée sur le consensus (collaboration).
Le triangle de Chris Michel :
Cet outil a permis aux participants de représenter un conflit conjugal en forme triangulaire et de comprendre que les facteurs qui sont à la base du conflit ouvert sont fondés sur le contexte, les comportements et les attitudes, intimement lié et constituent un cercle vicieux, cercle qu’il faut rendre vertueux.
En tant qu’artisans de paix, les participants ont souhaité que des stratégies soient bâti au niveau de chaque angle pour tenter de corriger le contexte, les attitudes et les comportements.
Contexte : menace de divorce entre papy et micheline
Attitudes :
*hypocrisie ;
*résignation ;
*froideur.
Comportements:
*agressivité ;
*répugnance;
*défiance.
Après toutes ces analyses, les participants étaient sensibilisés à suivre 4 étapes pour résoudre les conflits :
1ère étape : bien comprendre le problème
2è étape : analyser la situation
3è étape : susciter et évaluer des solutions possibles
4è étape : accord sur la mise en pratique de la solution
b).L’arbitre
Les participants étaient sensibilisés à recourir à l’arbitrage au cas où la médiation se révèle inefficace ou inappropriée. Alors que le médiateur n’est là que pour aider les parties à trouver eux-mêmes une solution à leurs différends, l’arbitre peut, lui, imposer une décision.
Ils étaient sensibilisés à encourager la négociation à chaque fois que cela paraît possible.
c).L’égalisateur
Les participants étaient sensibilisés à utiliser leur influence, en tant qu’égalisateurs, pour que le puissant accepte de siéger à égalité avec le faible autour d’une table de négociation.
d).Le raccommodeur
Chaque participant était sensibilisé à jouer le rôle de « raccommodeur » ou de « guérisseur » - dans sa famille, son travail et la collectivité au sein de laquelle il vit :
•établir un climat de confiance entre les parties concernées par un conflit ;
•écouter et prêter la plus grande attention au plaignant aussi longtemps qu’il a quelque chose à dire ;
•encourager l’offenseur à présenter les excuses.
2.Contenir
Dans la mesure où certaines tentatives pour prévenir ou résoudre un conflit ne peuvent empêcher l’escalade, les participants étaient sensibilisés à contenir l’affrontement jusqu’à ce que les parties adverses acceptent de s’asseoir à la table de négociation.
a).Le témoin
Sachant que le conflit destructeur est bien souvent prévisible, les participants étaient sensibilisés à prêter attention aux signes annonciateurs du conflit.
b).Le régulateur
Les participants étaient informés que les échanges vigoureux peuvent parfois se révéler salutaires ; l’affrontement permet d’éclairer l’atmosphère et de faire apparaître au grand jour les problèmes que l’on avait tenté d’étouffer.
Ils étaient sensibilisés à imposer des limites au conflit (limiter les dégâts lorsque l’affrontement se produit).
c).Le soldat de la paix
Les participants étaient sensibilisés à s’interposer et à faire respecter la paix chez soi, au travail et dans la communauté.
CONCLUSION
Les participants étaient sensibilisés à gérer les conflits dans un sens constructif ; ils étaient dotés des outils d’analyse et de recherche des solutions aux conflits vécus négativement et douloureusement.
Ils étaient encouragés à appliquer la devise de la tierce partie : « contenir quand c’est nécessaire, résoudre quand c’est possible, et tenter avant tout de prévenir ».
Cette formation s’inscrit dans un vaste programme intitulé « lutte contre la violence et promotion de la paix dans différents milieux des jeunes ».
Fait à Kinshasa, le 22 juillet 2007
Le Secrétaire Général et Coordinateur de Programmes
Joseph TSHIBALABALA DIKUYI
FORMATEUR