ACTES DU SPECIAL RJMP COUPLE : « ASSEMBLEE GENERALE ORDINAIRE ET SEMAINE DE LA PAIX 2006 »

Chaque année, par respect à ses Statuts et par souci d’efficacité et d’adaptation à l’évolution des paramètres sur terrain, le RJMP tient une Assemblée Générale au cours de laquelle elle évalue les activités accomplies, programme les activités à réaliser et revoit éventuellement ses structures/son organisation. Cette rencontre regroupe - à Kananga, siège de son Conseil d’Administration- les membres du Réseau de tous les coins de la Province du Kasaï Occidental et ceux des autres provinces du pays.
L’année passée, la tenue de l’Assemblée Générale avait coïncidé avec l’organisation de la Semaine de la Paix 2006, prévue du 27 novembre au 03 décembre 2006 à l’initiative du Réseau Pax Christi International, qui l’a toujours organisée simultanément avec les sections et structures affiliées. C’est pourquoi nous avions baptisé l’activité de cette année « Spécial RJMP couplé : Assemblée Générale Ordinaire et Semaine de la Paix 2006 ».
Il y a lieu de signaler que le RJMP était à sa deuxième participation à la célébration de cette importante manifestation de portée internationale qu’est la Semaine de la Paix ».
L’on pourrait se poser un certain nombre de questions dont « le pourquoi » et « le comment » l’organisation du « Spécial RJMP couplé ». C’est ce à quoi nous allons tenter de répondre dans les paragraphes qui suivent :

Le Spécial RJMP couplé avait pour objectifs :
 Evaluation sur les stratégies, le travail et l’impact du RJMP sur terrain dans la promotion et la défense des droits de l’homme et de la culture de la paix y compris tous les domaines susceptibles de favoriser les conditions d’une paix durable ;
 Echange d’expériences et renforcement de l’unité de pensée et d’action et occasion de retrouvailles et de connaissance mutuelle dans une atmosphère familiale entre tous les membres du Réseau éparpillés à travers diverses provinces et coins de la République Démocratique du Congo ;
 Se joindre, en sa qualité de membre de la famille PAX CHRISTI International, au projet d’éducation et d’animation de la population en général et des jeunes en particulier, sur les thèmes de paix, de réconciliation et de culture démocratique.

Les activités prévues pour atteindre les objectifs ont été:
1°. Caravane cyclistes, Concert culturel (MUAMBA a TATU le griot Costa)
2°. Quelques documentaires sur les activités réalisées par le RJMP et Pax Christi International
3°. Thème général « Le plus beau métier de l’homme c’est d’unir les hommes et de faire la paix » avec des sous-thèmes :
• Culture démocratique et paix dans les Grands Lacs d’Afrique ;
• De la justice de chacun naissent la paix et le développement durables pour tous ;
• Monitoring des droits de l’Homme
• Traumatisme, réconciliation et Paix dans la Région des Grands Lacs ;
• Pauvreté et injustices sociales comme ennemis de la paix ;
• Bonne gouvernance comme gage de la paix ;
• La jeunesse dans la consolidation de la paix ;
• Soutenir la femme pour un Monde de paix ;
• Savoir pardonner pour être pardonné.

III. RAPPORT FINAL SYNTHETISE DU SPECIAL RJMP COUPLE : ASSEMBLEE GENERALE ORDINAIRE ET SEMAINE DE LA PAIX 2006.

De lundi 27 novembre à dimanche 03 décembre 2006, dans la Grande Salle de l’Institut Supérieur des Sciences Religieuses de Kananga, se sont déroulées les activités du « Spécial RJMP Couplé : Assemblée générale Ordinaire et Semaine de la Paix 2006 ». Organisée en collaboration avec le Réseau Pax Christi International, cette semaine a été placée sous le thème central : « Le plus beau métier de l’homme c’est d’unir les hommes, de faire la paix ».
Le présent rapport décrit l’essentiel des activités de ladite semaine et ce, selon leur chronologie.

1. Première journée : lundi 27 novembre 2006.
Cette journée est consacrée à l’accueil et à l’installation des participants en provenance de différents territoires de la Province du Kasaï Occidental.

2. Deuxième journée : mardi 28 novembre 2006.
Elle connaît l’accueil et l’installation du délégué de Pax Christi International et de Pax Christi des Grands Lacs respectivement, Monsieur Mark Barwick et Flory KAYEMBE Shamba. Cette journée se poursuit avec la caravane cycliste accompagnée de la Fanfare BUKASA du siège du RJMP jusqu’à l’Institut Supérieur des Sciences Religieuses de Kananga (ISSR/Kananga en sigle).
Après un spectacle offert par la Fanfare BUKASA et le Groupe folklorique dénommé « MUAMBA wa TAATU », les invités et les participants suivent successivement les mots du Président Administrateur du RJMP, Monsieur Edel-Martin KABUTAKAPUA, du Chef de la délégation de Pax Christi International, Monsieur Mark Barwick, du Représentant du Chef de Bureau de la MONUC/Kananga, Monsieur Léopold NYONKE et, enfin, de Son Excellence Monsieur le Vice-Gouverneur en charge des Questions Economiques, Finances et Développement du Kasaï Occidental, Monsieur Cosmas MBOPE MINGAMBENGELE, Représentant personnel de Son Excellence Monsieur le Gouverneur de Province empêché.
Tous les intervenants ont exprimé la nécessité et l’urgence de restaurer la paix dans la sous-région des Grands Lacs d’Afrique et l’espoir de voir les participants proposer des stratégies efficaces pour une paix durable.
L’honneur de prononcer le mot d’ouverture solennelle du « Spécial RJMP Couplé : Assemblée générale Ordinaire et Semaine de la Paix 2006 » était revenu à Son Excellence Monsieur le Vice-Gouverneur en charge de l’Economie, Finances et de Développement.
Peu avant le mot de l’autorité provinciale, Pax Christi International et le Réseau « Jeunes dans le Monde pour la Paix » avaient procédé à la remise de brevets de mérite d’Artisans de la paix (brevets signés conjointement par le Président Administrateur du RJMP, le délégué de Pax Christi des Grands Lacs et Son Excellence Monseigneur l’Archevêque de l’Archidiocèse de Kananga) à trois personnalités qui, dans l’exercice de leurs fonctions, se sont distinguées dans la protection des droits humains et l’instauration de la paix ces trois dernières années dans la Province du Kasaï Occidental : en l’occurrence le Général d’armée Etienne KASEREKA SINDANI, Commandant de la 4ème Région Militaire de la RDC, Messieurs Jean-Victor NKOLO, l’actuel Chef du Bureau de la MONUC Secteur 3, et TCHANGAI KOMLAN, ancien Chef de la Division des Droits de l’Homme/MONUC-Kananga.

3. Troisième, quatrième et cinquième journées : de mercredi 29 novembre à vendredi 1er décembre 2006.
Ces trois journées ont essentiellement été marquées par les communications et les débats qui les ont suivis. Les participants ont suivi un total de sept communications sur les neuf initialement prévues, à savoir :

8. « Bonne gouvernance comme gage de la paix », par le Professeur MUKADI Luaba ;
9. « Soutenir la femme pour un monde de paix », par la Coordinatrice Bernadette NDAYA MAYIBUNGI;
10. « Savoir pardonner pour être pardonné », par le Révérend Pasteur Joseph KAFUAYI
11. « Culture démocratique et paix dans les Grands Lacs d’Afrique », par le Professeur François MPAMBA KAMBA-KAMBA ;
12. « Monitoring des droits de l’homme », par Madame Suzanne KANGUIA de la Division des Droits de l’Homme de la MONUC/Kananga ;
13. « Traumatisme, réconciliation et paix dans la région des Grands Lacs », par Madame le chef de travaux Thérèse MULUMBA ;
14. « Pauvreté et injustices sociales comme ennemis de la paix », par le chef de Travaux Ferdinand KADIOTO Kabanda

De toutes ces communications se sont dégagées ces quelques constantes : le caractère préoccupant de la situation socio-politique dans l’ensemble des pays des Grands Lacs, les violations systématiques des droits de l’homme, l’absence notoire de paix, l’instabilité de la situation économique et l’aggravation du sous – développement et la dévalorisation de l’homme.
Et tous les conférenciers d’affirmer l’urgence de la restauration de la paix dans cette sous-région par le pardon, la réconciliation et l’amour. « Qui veut la paix prépare la paix », tel doit être le principe moteur de la vie quotidienne des hommes et femmes des Grands Lacs.
Il est utile de souligner les échanges fructueux qui ont suivi les communications de chacune de ces journées.

6ème journée : samedi 02 décembre 2006

Cette journée a été consacrée aux échanges entre le Conseil d’Administration, les Sections, les sous-sections et les cellules du RJMP. Après l’audition du Président Administrateur, des rapports des sections de Bukavu, de Mbuji - Mayi et des sous-sections du Territoire de Dimbelenge, ont révélé la permanence des violations des droits de l’homme dans le pays. Cette avant-dernière journée s’est achevée par les travaux en carrefours et la préparation de la déclaration finale.

7ème et dernière journée : dimanche 03 décembre 2006

La dernière journée s’est ouverte par une célébration eucharistique en l’Eglise Sainte Famille de la Commune de Katoka par Monseigneur le Vicaire Godefroy NTUMBA KATSHUNGU, Représentant personnel de Son Excellence Monseigneur Evêque de Kananga empêché.
Dans son homélie, après avoir présenté Christ comme la source de paix véritable, qui est prospérité, succès, bonheur, joie et vie, l’officiant a invité l’assistance à pratiquer cette paix dans leurs cœurs, dans leurs famille, leurs quartiers, leurs communes, leur ville, leur province et leur pays avant de l’exporter dans le reste des Grands Lacs par le pardon, la réconciliation et une gestion chrétienne de leurs conflits.
Succédant à Son Excellence Monseigneur le Vicaire, le Président Administrateur du RJMP a pris la parole pour situer le contexte de la célébration de la Semaine de la Paix 2006 avant de demander à l’assistance, chacun dans son milieu de vie, de cultiver la paix pour le bien – être de tous.

• De la clôture de la Semaine

La clôture de la Semaine de la Paix 2006 a été marquée tour à tour par la lecture de la déclaration des participants par leur représentant et celle du rapport final par le Secrétaire Général du RJMP et Rapporteur général du comité organisateur.
Deux mots de circonstance ont définitivement clos le Spécial RJMP Couple : Assemblée Générale et Semaine de la paix.

• Mot du Président Administrateur du RJMP

Dans un premier temps, le Président Administrateur du RJMP a tenu à remercier tous ceux qui ont contribué à la réussite du Spécial RJMP Couplé : Assemblée Générale et Semaine de la Paix 2006. Il a mis un accent particulier sur les autorités provinciales du Kasaï Occidental pour leur soutien remarquable et remarqué à ces assises, celles de Pax Christi International pour leurs efforts inlassables en faveur de Grands Lacs en particulier et l’assistance morale remarquable de la MONUC Secteur 3 par le biais de la Division des Droits de l’Homme pour leur présence physique, le transport aérien des délégués venus de Bukavu, Mbuji Mayi et Kinshasa et le transport routier pour l’excursion des participants à Malandji Makulu (la première mission catholique de l’Archidiocèse située à plus ou moins 20 Kilomètres de la Ville de Kananga).
Enfin, dans un deuxième temps, le Président – Administrateur du RJMP a invité les participants à matérialiser les enseignements reçus, d’abord eux-mêmes dans leur vie quotidienne, enfin en vulgarisant ces enseignements auprès de leurs bases.

• Mot de son excellence Monsieur Cosmas MBOPE MINGAMBENGELE, Vice – Gouverneur Chargé des Questions Economiques, Financières et Développement.

L’autorité provinciale a commencé son mot par exprimer sa satisfaction pour les efforts du RJMP en vue de l’arrivée et de da prise en charge des délégués du RJMP/BUKAVU, MBUJI-MAYI, KINSHASA et de l’intérieur de la Province de l’Ouest Kasaï.
Il a ensuite exhorté les participants à se comporter toujours et partout en artisans de la paix, donc à semer la paix partout dans notre province. Cette dernière a besoin de la paix pour sa reconstruction. Enfin, après les souhaits de paix aux participants et à leurs familles, l’autorité provinciale prononça le mot de clôture du Spécial RJMP couplé : Assemblée Générale et Semaine de la Paix 2006.

Fait à Kananga, le 04 décembre 2006

LE CONSEIL D’ADMINISTRATION

IV. ANNEXES

IV.4. Mot de circonstance du Président-Administrateur du RJMP à l’ouverure :

MOT DE CIRCONSTANCE DU PRESIDENT ADMMINISTRATEUR DU RESEAU JEUNES DANS LE MONDE POUR LA PAIX (RJMP), MONSIEUR EDEL MARTIN KABUTAKAPUA WA TSHIBUABUA, PRONONCE A L’OUVERTURE DU « SPECIAL RJMP COUPLE : ASSEMBLEE GENERALE ORDINAIRE ET SEMAINE DE LA PAIX 2006 », LE 28 NOVEMBRE 2006, A KANANGA.

Excellence Monsieur le Vice – Gouverneur chargé de l’ECOFIN de la Province du Kasaï Occidental,
Messieurs les Membres du Conseil Provincial de Sécurité,
Excellence Monseigneur l’Evêque du Diocèse de Kananga représenté,
Monsieur le Chef de Bureau de la MONUC/KANANGA représenté,
Messieurs les Représentants de Pax Christi International
Monsieur le Commandant de la 4ème Région Militaire,
Monsieur le Commandant Inspecteur Provincial de Police Nationale / Kasaï
Occidental représenté
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
Tout protocole observé

Au nom de Pax Christi International, notre partenaire privilégié et initiateur de la « Semaine de la Paix 2006 » dont nous célébrons l’ouverture officielle ce jour, au nom du Conseil d’Administration du Réseau Jeunes dans le Monde pour la Paix (RJMP en sigle) qui a associé son Assemblée Générale RJMP 2006 à la Semaine de la Paix, au nom de tous ses membres et en mon nom personnel, je vous salue chaleureusement et fraternellement. Et, en même temps que je vous souhaite bienvenue parmi nous, je vous remercie de tout cœur pour votre disponibilité. L’honneur que vous nous faites par votre présence à cette cérémonie restera gravée dans les annales de notre Réseau.

Excellence M. le Vice – Gouverneur chargé de l’ECOFIN de la Province du Kasaï
Occidental,
Messieurs les Membres du Conseil Provincial de Sécurité,
Excellence Monseigneur l’Evêque du Diocèse de Kananga représenté,
Monsieur le Chef de Bureau de la MONUC/KANANGA représenté,
Messieurs les Représentants de Pax Christi International
Monsieur le Commandant de la 4ème Région Militaire,
Monsieur le Commandant Inspecteur Provincial de Police Nationale / Kasaï
Occidental représenté
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
Tout protocole observé

Une analyse du Réseau Jeunes dans le Monde pour la Paix révèle que depuis l’aube des temps, l’histoire de l’humanité est parsemée de guerres entre nations et, parfois, de luttes fratricides à l’intérieur d’une même nation. Pour preuve, nous en voulons ces quelques affrontements mémorables par leur violence, par leur durée et/ou par l’ampleur des dégâts matériels et humains : les guerres d’Italie, l’invasion turque, les grandes conquêtes de Rome, les deux »guerres mondiales », la guerre du Vietnam, la guerre d’Angola, le « génocide du Rwanda », les guerres fratricides au Burundi, en Ouganda et … en République Démocratique du Congo. Tous ces chocs sont accompagnés de nombreuses violations des droits humains, de misère et de maladies.
Le RJMP est cependant heureux de constater qu’à chaque génération les hommes ont su mobiliser leur énergie à la recherche de la paix dans le monde. Jamais ils n’ont admis la guerre comme une fatalité. C’es ainsi qu’est née la Société des Nations, qui deviendra l’Organisation des Nations Unies, dont nous saluons ici les efforts pour le maintien de la paix dans le monde. C’est ainsi qu’est né aussi Pax Christi International et, ici chez nous, le Réseau Jeunes dans le Monde pour la Paix, RJMP en sigle, un des partenaires congolais de Pax Christi International.
L’un des mérites de cette organisation – il convient de le souligner –est d’avoir focalisé son attention et ses efforts sur la quête de la paix et de la réconciliation dans les Grands Lacs. En effet, depuis que cette Sous Région de notre Continent a pris feu, Pax Christi n’a cessé d’organiser consultations, conférences internationales, régionales, sous-régionales, « semaines de la paix »… destinées à réfléchir en profondeur sur ce drame et à rechercher les stratégies appropriées pour mettre un terme aux conflits qui déchirent cette partie de l’Afrique. D’après les analyses de Pax Christi en 2003, « cette situation a occasionné la mort de centaines de milliers de personnes, des atrocités et des violations massives des droits humains, des migrations énormes de personnes déplacées et l’affaiblissement global de l’autorité de l’Etat. La crise actuelle dans les Grands Lacs a provoqué de graves conséquences à la fois sur le plan humain, économique, politique, social et environnemental. »
A l’exemple de Pax Christi, le RJMP a fait de la paix dans notre province et dans notre pays. Notre Réseau a fait siens ces propos de Robert Kennedy :
« chaque fois qu’un homme défend un idéal, agit pour améliorer le sort des autres ou pourfend l’injustice, il fait naître une minuscule vaguelette d’espoir, et ces vaguelettes, venus de millions de foyers d’énergies et d’audace, forment en se rejoignant un courant qui peut balayer les plus puissantes murailles de l’oppression et de l’adversité ».
Le RJMP a toujours lu ces mots comme une invitation à la défense et à la promotion des droits de l’homme et de la paix, soubassement de tout développement humain durable. Et jusqu’à ce jour, nous le faisons avec les moyens de bord, persuadés, comme l’affirme Oscar Arias Sanchez, que
« la paix n’est pas une question de récompenses ou de trophées. Elle ne s’obtient pas par le truchement d’une victoire ou d’un ordre. Elle ne connaît ni ligne d’arrivée, ni date limite, ni définition précise quant à sa réussite. La paix est un processus sans fin … c’est une attitude, un mode de vie, une façon de résoudre les problèmes et de régler les conflits ».

Excellences,
Distingués invités,
Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,
Tout protocole observé,

« Le plus beau métier de l’homme c’est d’unir les hommes, de faire la paix ». Tel est le thème général sous lequel Pax Christi International et le RJMP se sont convenus pour placer la « Semaine de la paix 2006 ». Notre pays, notre Sous-Région de Grands Lacs et notre Continent bougent. Depuis près de deux décennies, notre paix est menacée, notre développement sérieusement compromis, et notre sort est devenu incertain !Nos cœurs sont constamment en proie à une angoisse existentielle. Durant les sept jours que nous offrent Pax Christi International, et à travers les sous-thèmes que vont aborder les éminents analystes auxquels le RJMP a fait appel, nous allons réfléchir sur les stratégies susceptibles de favoriser le retour de la paix dans notre pays et notre sous région et de faire de cette partie du globe la terre aussi paradisiaque qu’elle était autrefois.
Saint Augustin, Saint Thomas d’Aquin et d’autres pères de l’Eglise affirmaient que
« la terre devait être conçue sur le modèle du ciel, où la guerre n’existe pas, et où les enfants de Dieu cohabitent dans l’harmonie et la paix ».
Cette vision qu’ont exprimée en leur temps le Chinois Confiucius et le philosophe Indien Guatama BOUDDHA, ne relève pas de mirage. Elle est bien réalisable, puisque plusieurs nations et sous-régions de la terre l’ont réalisée et les hommes, se regardant comme des frères, construisent leur bonheur ensemble. Cette vision est réalisable, puisque dans notre tourmente, il est des frères et des sœurs qui accordent un grand prix à la paix et à la dignité de l’homme.
Parmi eux, le RJMP a particulièrement remarqué le Général KASEREKA SINDANI Etienne Commandant de la 4ème Région Militaire, Monsieur Jean Victor NKOLO, Chef de Bureau de la MONUC/Secteur 3 à Kananga et Monsieur TCHANGAI KOMLAN, ancien Coordonnateur de la Division Droits de l’Homme de la MONUC/KANANGA. Dans l’exercice de leurs fonctions, ils se sont distingués dans la défense et la promotion des droits de l’homme, de la sécurité des personnes et des biens et de la paix dans la province du Kasaï occidental. Je reviendrai sur les détails de leurs actions le moment venu. Pour l’instant, je me borne à vous situer le sens de ces brevets.
En tant que Structure de promotion des droits de l’homme et de la Paix, le RJMP estime qu’une bonne pédagogie des droits humains ne saurait uniquement consister à dénoncer les abus et les violations desdits droits, mais aussi à reconnaître les mérites de toute personne dont les discours et surtout les actions tendent à promouvoir les libertés individuelles et collectives, la dignité humaine et la paix. Autant les auteurs d’abus et violations des droits humains doivent être blâmés, autant les protecteurs et défenseurs de ces droits méritent d’être encouragés et récompensés. Voilà pourquoi le Conseil d’Administration du RJMP a estimé devoir décerner un brevet de mérite au Général KASEREKA, au Chef De Bureau Jean-Victor NKOLO et à Monsieur TCHANGAI KOMLAN.

Excellence,
Distingués invités,
Mesdames, mesdemoiselles et Messieurs,
Tout protocole observé,

Pax Christi International et le Réseau Jeunes dans le Monde pour la Paix attendent beaucoup de ce « Spécial RJMP couplé : Semaine de la Paix et Assemblée générale 2006 » pour les transformations individuelles et collectives dans notre Province, dans notre Pays et dans notre Sous Région car, de la justice de chacun naissent la paix et le développement durables pour tous. C’est pourquoi j’invite les auteurs des communications et les participants aux débats à des réflexions en profondeur sur les sujets retenus. Chacun de nous doit contribuer à l’instauration d’un monde de paix et de bonheur pour tous. La postérité nous saura gré de cette contribution, modeste soit-elle.
Je réitère mes sincères remerciements à vous tous pour votre disponibilité et pour votre contribution à la réussite cette « Semaine de la Paix 2006 ».
Encore une fois, merci !

IV.5. Mot de circonstance sur la remise des brevets de mérite.

REMISE DE BREVET DE MERITE AUX DEFENSEURS DE LA PAIX ET DES DROITS DE L’HOMME DANS LA PROVINCE DU KASAI OCCIDENTAL.

Excellence Monsieur le Vice – Gouverneur chargé de l’ECOFIN de la Province du
Kasaï Occidental,
Messieurs les Membres du Conseil Provincial de Sécurité,
Excellence Monseigneur l’Archevêque du Diocèse de Kananga représenté,
Monsieur le Chef de Bureau de la MONUC/KANANGA représenté,
Messieurs les Représentants de Pax Christi International
Monsieur le Commandant de la 4ème Région Militaire,
M. l’Inspecteur Provincial de la Police Nationale / Kasaï Occidental représenté
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
Tout protocole observé

Au cours de sa dernière préparatoire du « Spécial RJMP couplé : Assemblée Générale et Semaine de la Paix 2006 »tenue le 10 novembre 2006 au siège du Réseau Jeunes dans Monde pour la Paix, le Conseil d’Administration dudit Réseau avait décidé de décerner le brevet de mérite à trois personnalités, en l’occurrence les nommés Etienne KASEREKA SINDANI, Général d’Armée et Commandant de la 4ème Région Militaire du Kasaï Occidental, Monsieur Jean Victor NKOLO, actuel Chef du Bureau de la MONUC/Secteur 3 à Kananga et TCHANGAI KOMLAN, ancien Chef de la Section des Droits de l’Homme de la MONUC KANANGA.
Avant la remise des brevets aux bénéficiaires, il est de bon ton que le RJMP vous expose brièvement les motivations de cette décision. C’est ce que je fais en vous présentant l’œuvre de chacune des trois personnalités :

I. Le Général Etienne KASEREKA SINDANI
Ce compatriote mérite d’être considéré comme le restaurateur de la paix et un grand défenseur des droits de l’homme à Kananga en particulier et dans la Province du Kasaï Occidental en général.
En effet, avant l’arrivée du Général Etienne KASEREKA à Kananga, la population vivait dans l’angoisse due à:

1°. L’insécurité semée par les tracasseries des militaires, surtout la nuit ;
2°. La divagation des militaires en armes, nuits et jours ;
3°. La fréquence des vols à mains armées souvent perpétrés par des militaires indisciplinés ;
4°.les meurtres des paisibles citoyens, souvent perpétrés par des éléments armés ;
5°. Des tensions sans cesse grandissantes entre militaires et civiles.

Depuis qu’il a pris le commandement de la 4ème Région Militaire, le RJMP a constaté avec grande satisfaction :
1°. Que le Général Etienne KASEREKA SINDANI a restauré la discipline militaire et les valeurs éthiques dans l’armée :
• plus de divagation des militaires, armés ou non, à travers la ville et ses environs ;
• des éléments de la Police Militaire sillonnent la ville dans tous les sens pour se saisir des indisciplinés errant en ville sans autorisation ;
2°.Qu’il se présentait toujours aux lieux des drames chaque fois que ses hommes étaient pointés du doigt. Nous l’avons vu au lieu de l’assassinat de Madame NSEYA Anne Marie et LUSAMBA MUAMBUYI à Kamayi Athénée ;
3°. Qu’il a toujours diligenté des enquêtes pour repérer les coupables, qu’il a par ailleurs punis très sévèrement ; chaque fois qu’il est saisi de certains cas de violations par ses hommes ;
4° qu’il a mis hors d’état de nuire tous les bandits de grand chemin qui semaient la terreur à Kananga. On connaît la fin tragique de MUHONA et de BUTAKA PUR de triste mémoire ;
5° Qu’il a ainsi éradiqué les tracasseries, les vols à mains armées, les enlèvements et les meurtres à Kananga et ses environs. Ce faisant, non seulement il a rendu aux Kanangais le sommeil sur leurs deux oreilles, mais il a aussi permis aux commerçants de garder leurs marchandises dans les magasins au lieu de les déplacer matin et soir par crainte de vols nocturnes comme cela était devenu coutume ;
6° Qu’il a rendu possible les promenades jusqu’aux heures reculées de la nuit ;
7° Que, soucieux de rapprocher les militaires des civiles, il a créé une équipe militaire de football, dénommée F.C. CANON. Cette équipe participe au championnat de l’Entente de Football de Kananga, où elle apporte non seulement sa pierre au progrès du football ouest – Kasaïen, mais aussi de leçons de fair-play et de la discipline ;
8° Qu’il est toujours ouvert et prêt à recevoir physiquement ou par téléphone toute information relative à l’insécurité, à l’abus ou à la violation des droits de l’homme, et toujours prêt à punir les coupables. Tel a été le cas des militaires qui semaient la terreur dans des coins reculés de la province comme les missions catholiques de Mwetshi, de Katende, de Munkamba, de Mashala, de Demba, de Luiza, etc.
A un Abbé qui sollicitait sa grâce en faveur d’un groupe de militaires qui s’étaient rendus coupables de divers violation des droits des paisibles citoyens, le Général KASEREKA a répondu je cite : « pas question, Monsieur l’Abbé, ils vont subir la rigueur de la loi. Il n’y a qu’au Congo où les militaires se font ennemis de la population » fin de citation.
Vous le voyez donc, le Général Etienne KASEREKA SINDANI est un protecteur des droits de l’homme et de la paix au vrai sens du terme. Et le Réseau Jeunes dans le Monde pour la Paix ne pouvait pas rester indifférent à son action en faveur de la paix à Kananga.
Pour cela, j’invite Monsieur Mark BARWICK, représentant de Pax Christi International à lui remettre son brevet de mérite.

II. Monsieur TCHANGAI KOMLAN
Ce frère de nationalité togolaise était Chef de la Section des droits de l’Homme de la MONUC/KANANGA de 2003 à 2005. il exerce aujourd’hui les mêmes fonctions dans la Province de l’Equateur.
Lors de son séjour Kasaïen, Monsieur TCHANGAI ne s’est pas cramponné à la chaise de son luxueux bureau : il s’est révélé un véritable défenseur des droits de l’homme et, de surcroît, un homme de terrain :
1° il a, en effet, organisé plusieurs rencontres avec les organisations de défense des droits l’homme en vue d’échanger fréquemment sur la question ;
2° il a animé plusieurs sessions, séminaires et ateliers, apportant ainsi de précieuses informations et techniques de défense des droits de l’homme ;
3° il a visité des prisons et autres lieux de détention en vue de proposer l’amélioration des conditions des détenus ;
4° il s’est rendu physiquement partout où les conflits ethniques, fonciers ou de pouvoir coutumier faisaient couler le sang : on l’a vu plusieurs fois dans les territoires de Tshikapa, de Luiza, de Dimbelenge… rétablir la paix. Et partout où il a été, quelques heures lui suffisaient pour articuler des bribes de la langue locale, ce qui lui valait d’être reçu partout comme un fils du terroir ;
5° il a multiplié des contacts avec les autorités politiques, administratives, militaires et policières de la province en vue d’obtenir la liquidation des tracasseries, des extorsions et des tortures. Nous savons qu’il a réussi ;
6° il a multiplié des contacts avec les autorités judiciaires de la province en vue d’éliminer le fléau de détentions arbitraires ;
7° il a accordé diverses facilités aux associations et organisations de défense des Droits de l’Homme pour les voyages, la tenue des séminaires, sessions et ateliers relatifs à la paix et aux Droits de l’Homme. Le RJMP lui doit beaucoup en cette matière.
Ce faisant, Monsieur TCHANGAI KOMLAN a contribué énormément à l’éveil de conscience des Ouest-Kasaïens aux Droits de l’Homme et à la paix, et à l’amélioration sensible de la situation en cette matière. Et le RJMP a estimé qu’il ne pouvait rester indifférent à l’action de Monsieur TCHANGAI KOMLAN dans notre province.
J’invite à présent, son Excellence Monsieur le Vice Gouverneur en charge des questions économiques et de développement, à remettre solennellement au représentant de la MONUC le brevet de mérite.

III. Monsieur Jean Victor NKOLO
Cette personnalité d’origine camerounaise est le Chef du Bureau de la MONUC Secteur 3 à Kananga. Son image parle seule et plus que les milles mots que nous puissions utiliser pour le décrire.
Il s’est avéré un diplomate de haut niveau par son comportement :prêt à écouter toute personne qui se présente au devant de lui et à apporter des solutions aux problèmes lui soumis. Il a accordé des facilités de transport aérien voire routier et, si cela est dans les limites de ses pouvoirs, il n’hésite pas à sortir la contribution de sa poche. Africain et humanitaire de sang, on l’a entendu une fois dire à ses collaborateurs, je cite : « La mission des Nations Unies doit être d’abord humanitaire … » fin de citation.
Avec un nom qui le ferait passer pour un Kasaïen, Monsieur NKOLO s’est montré aussi un homme de terrain, un kasaïen-congolais chez lui car son intégration dans les différents milieux du Kasaï n’a pas tardé. On l’a vu, non seulement admettre dans la voiture MONUC un confrère de Luiza atteint par des balles et prêt à mourir mais aussi son empressement d’acheminer l’infortuné à l’Hôpital de TSHIKAJI en engageant ses propres frais.
Travailleur infatigable, on l’a vu dans son bureau jusqu’au delà de 22 heures et accorder des audiences jusqu’à 21 heures ! Très courageux, encourageant et vif, ce chef de bureau est apprécié tant par la population du Kasaï qui le côtoie -dont certains n’ont pas hésité à lui donner un nom parmi leurs naissances- que par les agents congolais à la MONUC.
Le RJMP qui a bénéficié aussi des services de ce haut fonctionnaire des Nations Unies –le transports aérien de certains de ses membres- ne pouvait pas rester indifférent à son sujet. C’est pourquoi j’invite Mgr le Vicaire, Représentant personnel de Son Excellence Mgr l’Archevêque de Kananga à remettre au Représentant de la MONUC dans cette salle ce brevet de mérite destiné à Monsieur Jean Victor NKOLO.
Enfin, le Réseau Jeunes dans le Monde pour la Paix, l’Archidiocèse de Kananga par le biais de son Excellence Marcel MADILA BASANGUKE et le Pax Chriti International, qui ont co-signé ces brevets, félicitent très sincèrement les heureux bénéficiaires des ces premiers brevets de mérite en même temps qu’ils les exhortent à continuer sur la même lancée et de servir de modèles aux autres hommes dans l’intérêt supérieur de l’humanité. Encore une fois je félicite les heureux lauréats attestés à l’occasion de cette semaine de la paix.

IV.6. Communications par les conférenciers invités :
« La Bonne Gouvernance comme gage de la paix en RDC »
Par le Professeur Ordinaire Honoré MUKADI Luaba Nkamba (1)

Il est établi actuellement qu’une Afrique Subsaharienne en paix est inconcevable sans un Congo paisible. Dans la Région des Grands Lacs la République Démocratique du Congo partage ses frontières avec neuf pays voisins. Elle en est le Centre de gravité politique.
L’instabilité de la RDC est une menace tant pour elle même que pour la Région, avec des implications négatives pour le continent africain entier. La question de l’instauration de la paix en RDC est devenue internationale parce que ce pays est un moteur économique potentiel : elle est d’une superficie de 2,5 millions de kilomètres carrés, dotés de 50% de forêts africaines et abrite l’un des fleuves les plus puissants de la planète, un fleuve qui pourrait fournir de l’énergie hydroélectrique au Continent africain entier. Le pays possède quelques-uns des gisements les plus riches du monde notamment en cuivre, cobalt, or, coltan, diamant industriel et autres minerais (1).
Notre communication s’intéressera d’abord à l’aperçu historique des événements qui ont troublé la paix des Congolais. Elle abordera ensuite l’étude de la bonne gouvernance comme gage de la paix en République Démocratique du Congo.

I. Aperçu historique des événements qui ont troublé la paix au Congo

Entre le 14ème et la 2ème moitié du 19ème siècle le territoire congolais était réparti entre plusieurs ensembles constitués en Etats anciens communément appelés Royaumes ou Empires. La conséquence de l’ouverture de ces anciens Etats sur l’extérieur fut la Traite des Noirs. Ce commerce impitoyable avait provoqué un énorme gâchis de vies humaines et ravages inouïs (2). Les migrations des populations affolées fuyant les razzias développèrent une instabilité qui avait sapé les bases de la civilisation rurale de l’Afrique Noire. Le régime léopoldien dans l’Etat Indépendant du Congo (1885-1908) fut l’une des pages les plus sinistres de l’histoire du Congo. Le régime colonial belge se caractérisait par l’injustice, l’oppression et l’exploitation de la population congolaise.
La première République congolaise, comprise entre 1960 et 1965 était sévie par la crise qui avait pris plusieurs formes, à savoir : la mutinerie de la Force Publique, les sécessions au Katanga et au Sud Kasaï, la crise institutionnelle et la rébellion. Les conséquences de cette crise furent entre autres la crise socioéconomique, l’apparition des conflits tribaux et l’instauration du climat de terreur.
La deuxième République congolaise était caractérisée par un régime dictatorial basé sur le culte de la personnalité, la terreur, la persuasion, le marasme économique, la monopolisation et la centralisation du pouvoir entre les mains d’une seule personne, la confiscation des libertés individuelles et des médias publics au profit d’un discours unique, la répression, etc.
La chute du mur de Berlin et le vent de la démocratisation en Europe de l’Est furent des facteurs déterminants qui avaient débouché sur l’organisation de la Conférence Nationale Souveraine au Congo pour instaurer un régime politique favorable au bien-être de la population. Mais le dictateur s’était maintenu au pouvoir jusqu’en 1997.

Professeur Ordinaire Honoré MUKADI Luaba est historien de formation. Il est Chef de la Section Lettre et Sciences Humaines à l’Institut Supérieur Pédagogique de Kananga(ISP/KANANGA) et Conseiller du Conseil d’Administration du RJMP, Téléphone : +243 816 061 418.

La guerre de libération organisée par l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo, en sigle A.F.D.L., du 19 octobre 1996 au 17 mai 1997 a renversé le pouvoir dictatorial. Une année plu tard la guerre d’agression éclate en RDC. Elle a provoqué dans ce pays une crise profonde dans tous les domaines.
Un témoignage reçu signale que « la RDC représente l’une des plus grandes tragédies du monde : 3,8 millions de morts dus à la guerre ; 2,4 millions des déplacés internes ; 388.000 réfugiés hors du pays ; 17 millions de mal nourris ; 1,5 millions de personnes atteintes par le VIH/SIDA et plus de 2000 victimes de mines antipersonnelles depuis 1998 » (3).
La RDC, qui est l’un des pays africains les plus riches potentiellement, se trouve être parmi les plus pauvres du monde ! Ce pays est classé au 167ème rang sur un total de 177 pays dans le rapport mondial sur le développement humain publié par le PNUD en 2005 ! Pourtant, il a la taille, la population, la position géographique et le potentiel économique pour apporter sa contribution au développement du continent africain.
C’est pourquoi la Communauté Internationale s’est beaucoup investie pour ramener la paix en RDC. . L’Accord de cessez-le-feu signé à Lusaka en 1999 vise une paix durable en RDC (4). Il a permis la tenue du Dialogue Inter congolais et l’organisation de différentes élections (présidentielles et législatives).
La Mission des Nations Unies au Congo (MONUC) (5) poursuit actuellement les objectifs suivants :
• installer une paix durable et stable en RDC ;
• faire appliquer l’accord de paix de façon intégrale et équitable ;
• favoriser les élections crédibles en RDC ;
• encourager les ex-belligérants à accepter, pour la période d’après la transition, un ordre politique favorable à la sécurité, à des réformes démocratiques et à la bonne gouvernance »(6).
La MONUC qui était conçue à son origine comme une petite mission d’observation, est devenue aujourd’hui une Mission d’observation et de désengagement, une Mission d’assistance et de vérification du DDRRR (Désarmement, Démobilisation, Rapatriement, Réinstallation et Réinsertion) des anciens combattants.
L’apport de la bonne gouvernance dans l’installation d’une paix durable est indispensable.

II. La bonne gouvernance comme gage de la paix.

Selon Olofio Ben Olomy, la bonne gouvernance est à la fois une science et un art (7). Comme science, elle étudie le mode de gestion des affaires publiques et privées. Elle étudie les procédés de prise en charge des vies et attentes des citoyens par les pouvoirs publics au moyen des stratégies et programmes appropriés pour réaliser le bien-être collectif.
En tant qu’un art, la bonne gouvernance s’apparente à la bonne manière de vivre avec et de gérer les personnes qui concourent positivement à la bonne marche d’une société.
En tant que discipline, la bonne gouvernance s’évertue à mettre à la disposition de la société un collectif des qualités nécessaires à maîtriser par un dirigeant aux fins de conduire sa collectivité vers un devenir meilleur, acceptable par la majorité des citoyens.
La science de la bonne gouvernance s’étend sur le programme comprenant cinq règles de jeu à savoir :
• le leadership responsable ;
• la participation consciente et permanente de la population ;
• le cadre institutionnel adéquat ;
• le respect des valeurs éthiques par tous ;
• la compétence des dirigeants.

1. Le leadership responsable.
Il s’agit d’un leadership qui maîtrise les six qualités cardinales, notamment :
• la perspicacité : savoir changer un échec en une réussite ;
• la vision : créer un avenir pour la collectivité ;
• l’ouverture d’esprit : anticipation et acceptation de changement ;
• la sensibilité : être attentif aux préoccupations de la communauté ;
• la concentration : analyse approfondie des problèmes ;
• la patience : laisser au temps le temps (8).

2. La participation consciente et permanente de la population.
La participation de la population à la gestion de la cité repose sur plusieurs considérations :
• les dirigeants n’imposent pas leur volonté à la masse ;
• par leur science et leur expérience de gestion, les dirigeants éclairent le peuple sur le projet de société ;
• ils exécutent la volonté du peuple en la traduisant en programme d’action (9).

3. Le cadre institutionnel adéquat.
Le Professeur MUPINGANAYI propose les structures du système étatique de bonne gouvernance ainsi hiérarchisées :
• les masses populaires ;
• la société civile (ONG, Syndicats, Eglises, Presse, etc.) ;
• l’organe exécutif de l’Etat ;
• l’organe législatif de l’Etat ;
• et l’organe judiciaire de l’Etat.
Tous les organes trouvent leur appui sur le peuple (10).

4. Le respect des valeurs éthiques par tous.
Le respect des valeurs éthiques par tous fait triompher entre autres l’intérêt général, la grandeur de la nation et la dignité humaine.
Il est établi actuellement que la garantie de la démocratie dans un pays réside dans les vertus cardinales qui sont : la justice, la charité, l’amour patriotique et l’espérance des dirigeants dans la capacité du peuple souverain.

5. La compétence des dirigeants.
Elle concerne la gestion rationnelle des attributs du pouvoir. Dans ce cas, il est souhaitable que l’armée soit nationale et républicaine pour être au service du bien commun. Il faut investir dans l’information pour permettre aux dirigeants de décider en toute connaissance de cause. Savoir diriger les hommes et établir des rapports avec eux.
Il est demandé au dirigeant acquis à la bonne gouvernance de combiner toutes ces qualités dans le style de pensée, d’action et de comportement de ses collaborateurs, de leur inculquer l’aptitude à créer ainsi que le respect des traditions, de l’ordre, de la discipline. Il devra aussi mettre au service de la cause commune les avantages issus de la pratique quotidienne des qualités acquises (11).
Lorsque nous considérons la destruction des valeurs éthiques dans notre société, une étude récente a établi que la renaissance de la société congolaise entière nécessite un certain nombre de pré-requis de la part des élites dirigeantes.
En effet, le Professeur Noël OBOTELA Rashidi nous propose dans son article récent le profil des dirigeants politiques de la troisième république congolaise. Il donne des critères qui se situent dans les domaines éthique, intellectuel, pratique, social et économique.

a) Les critères éthiques
• avoir une vie familiale irréprochable ;
• être un homme de parole : éviter de promettre sans réaliser ;
• avoir une bonne éducation et le sens de la retenue ;
• avoir le sens du devoir envers la nation et le peuple ;
• déclarer ses avoirs avant d’entrer en fonction et à la fin de son mandat.

b) Les critères intellectuels
• Etre compétent, c’est-à-dire justifier cette compétence par un niveau d’études acceptable car, l’instruction amène le dirigeant et les dirigés à avoir un sens critique des choses ;
• Avoir une expérience requise d’un certain nombre d’années dans une activité exercée dans l’administration publique ou dans le privé ;
• La conscience professionnelle.

c) Les critères politiques
• Avoir une vision pour son pays et être capable de la traduire en action ;
• Etre conciliant, humble et rassembleur ;
• Etre communicateur en ayant le sens du dialogue ;
• Etre un véritable organisateur ;
• Etre représentatif, capable de mener le peuple ;

d) Les critères sociaux
• Etre soucieux de l’intérêt général ;
• Etre proche du peuple ;
• Etre capable de mobiliser son peuple pour le développement ;
• Etre un homme de partage ;
• Etre un notable qui attire vers lui les préoccupations de la population.

e) Les critères économiques
• Etre crédible ;
• Etre transparent dans la gestion de la chose publique ;
• Etre défenseur de la bonne gouvernance ;
• Etre porteur des innovations pour améliorer la qualité de vie de la population.

f) Les critères généraux
• Le patriotisme, la moralité éprouvée, la compétence, la crédibilité, l’honorabilité, l’intégrité, le sens de la responsabilité, le sens de la dignité, le sens de l’Etat et du droit, le sens de l’honneur et du devoir, le sens du bien commun, l’esprit d’initiative, l’esprit de justice, l’esprit d’altruisme, l’esprit de solidarité (12).

En guise de conclusion, nous avons constaté que pour favoriser le nouvel ordre socio-politique et économique dans la troisième République Congolaise, la conversion des mentalités de la population s’avère indispensable.
Nous avons insisté sur le respect des différentes valeurs qui garantissent la bonne gouvernance.

III. Bibliographie sélective.
(1). MONUC Magazine, Kinshasa, MONUC, 2006, Vol.IV n°30, p.15
(2). KI-WERBO, J., Histoire de l’Afrique noire d’hier à demain, Paris, Hatier, 1972, p.315.
(3). MONUC Magazine, op.cit., p.14.
(4). LINELIT, Accord de Lusaka pour un cessez-le-feu en RDC et modalités de sa mise en œuvre, Kinshasa, Ed.Linelit, 1999, p.9.
(5). La MONUC a été fondée en 1999.
(6). MONUC Magazine, op.cit., p.6.
(7). OLOFIO, B.O., « Elites, bonne gouvernance et développement local en République Démocratique du Congo », in MAKWALA, M.B., Administration publique : outil du développement de la nation congolaise, Kinshasa, I.D.L.P., 2000, p.34.
(8). Ibidem, p. 35.
(9). MUPINGANAYI, « La bonne gouvernance comme mécanisme de gestion politique de l’Etat », in La Bonne gouvernance, condition essentielle pour un développement humain durable, Kinshasa, Bureau Fédéral du MIEC-RDC, 1999, p.23.
(10). Ibidem, p. 24.
(11). OLPFIO, B.O., op.cit., p.35.
(12). OBOTELA RASHIDI, N. « Profil des dirigeants politiques de la troisième République », in Congo-Afrique, Kinshasa, CEPAS, 2006,
nos 402-403, pp.63, 64, 56.

« Soutenons la femme pour un monde de paix ».
Par Bernadette NDAYA Mayibung i(a)

Nous saluons et félicitons les organisateurs de ce SPECIAL RJMP COUPLE dont le thème général : « Le plus beau métier de l’homme c’est d’unir les hommes, de faire la paix » et les remercions pour nous avoir associée à la réflexion de cette semaine de la paix.
Nul n’est besoin de rappeler l’importance de la paix dans notre monde d’aujourd’hui.
Notre intervention gravitera autour de points ci-après :
1. La femme qui est-elle et quelle est sa mission ?
2. Un monde de paix qu’est-ce ?
3. Comment édifier un monde de paix et soutenir la femme pour son émergence ?
4. Conclusion.

En nous référant au récit de la création, la femme c’est cet être humain créée par Dieu à son image et à sa ressemblance et qui a émerveillé l’homme qui s’est écrié « en la voyant chair de ma chair et os de mes os ». Gn 2,23.
La femme est cette compagne et partenaire de vie privilégiée à laquelle l’homme peut s’unir abandonnant pour cela son père et sa mère.
La charte de droits humains lui reconnaît égalité de chances et d’épanouissement avec son partenaire homme dans la construction d’un monde où il fait bon vivre, un monde juste où règne la paix.
La mission de la femme n’est pas différente de celle de l’homme. La femme, qui a été créée à l’image de Dieu comme l’homme, a la mission de dominer le monde, c’est-à-dire transformer, améliorer, parfaire (Gn. 1,28). En créant l’homme (Homo =homme et femme) Dieu en a fait des créateurs, il les a faits gardiens de la création et responsables de faire de la terre une terre habitable et habitée pour une vie humaine, fraternelle et heureuse.
Dans la vie quotidienne de la famille et de la société le rôle de la femme est primordial : la femme est porteuse de la vie, et en même temps protectrice et éducatrice aux valeurs. En Luba, on appelle la femme « Mukaji ». Mais pour accentuer son importance dans la vie familiale on l’appelle « MUAKAJI ». Si l’homme est la tête, la femme est le cœur, le moteur qui fait marcher la famille. Si elle est bonne et éduquée, toute la famille va vivre en harmonie interne et avec le voisinage, si elle est mauvaise, toute la famille va en souffrir.
C’est pourquoi elle joue le rôle clé dans la vie de sa famille et de la société en général. N’est – ce pas là où se justifie cet adage : « Eduquer une femme c’est éduquer toute une nation. »

Le monde de paix.
Un espace où les personnes humaines à travers leurs différences de races, cultures, langues, sexes ou religions peuvent vivre en frères et sœurs dans un amour sincère et le respect mutuel des droits de chacun. Un environnement favorable à l’épanouissement de tous et de chacun.
Souvent nous pensons qu’il n’y a que la guerre qui perturbe la paix. Il est certain que la guerre est un mal, un moment difficile pour les humains : le crépitement des armes, les tueries, les pillages, les viols, les déplacements en sont des conséquences. En effet, sans affrontements nous avons un monde paisible, mais pas nécessairement un monde de paix. Mais la paix de cœur et d’esprit, prélude d’une paix durable, elle est la plus à souhaiter.

Madame Bernadette NDAYA Mayibungi est graduée en Anglais et Cultures Africaines (et prépare actuellement sa licence en ce domaine), elle est Coordinatrice Provinciale des Ecoles Conventionnées Catholiques et Conseillère du RJMP. Ses contacts sont : +243 999 987 032; Email : ndayamayi@yahoo.fr
Le monde traverse actuellement une longue nuit désolée et lugubre : la faim, les épidémies, les pandémies, les catastrophes, la discrimination, les injustices, la trahison, la violence, l’exploitation des personnes vulnérables (enfants, femmes, vieillards) sont devenues monnaie courante. Il y a tant de maux qui rongent notre société : la paix est loin de cohabiter avec nous et, pourtant, elle est condition sine qua non d’un développement intégral.

Comment édifier un Monde de Paix et soutenir la femme pour son émergence ?
Le travail d’éducation et de pédagogie pour la paix reconnaît que, dans la construction de la paix, il existe plusieurs cadres qui doivent être mis en une étroite relation. D’un côté, il y a le cadre de négociation des conflits armés, de l’autre cadre qui vise la formation d’une société civile organisée, pouvant être un interlocuteur dans la recherche des solutions aux conflits armés, et un troisième cadre est celui de l’édification de la paix où interviennent les communautés locales et les familles. C’est à ce troisième volet que s’adresse notre interpellation. : Comment les hommes, les femmes et les jeunes peuvent – ils se solidariser, aider et soutenir la femme pour l’émergence de cette paix au sein même de la communauté dans laquelle ils vivent ?
Par nature la femme a des atouts, des potentialités qui, une fois développées, la rendent capable de contribuer positivement à l’émergence d’un monde de paix. En effet, la plus belle femme du monde ne donne que ce qu’elle a, dit-on. Quel apport pouvez-vous attendre de plus de 60 % des femmes analphabètes dans notre province et dans notre pays ?
Soutenir la femme, loin d’être une faveur, est avant tout lui reconnaître ses droits et l’appuyer pour l’épanouissement de ces derniers. Pour cela il faudrait :
- promouvoir l’éducation de la jeune fille et de la femme, car l’ignorance marginalise et tue.
- Encourager et faciliter l’accès des femmes compétentes et méritant aux sphères de prise de décision.
- Appuyer les ONG à caractère éducationnel et professionnel pour l’encadrement et la formation des filles et femmes à la culture de la paix.
- Se solidariser avec les femmes dans la lutte contre les coutumes rétrogrades qui maintiennent la femme comme être de seconde zone. Cela demande un changement de mentalité et un changement de comportement.
- Amener les hommes et les femmes à accepter l’égalité de droits et de responsabilités non comme une menace mais plutôt comme une chance, et une complémentarité pour l’édification d’un monde harmonieux et plus fraternel.

Pour conclure
La paix, ce don précieux annoncé par les messages célestes aux hommes de bonne volonté et léguée à l’humanité par le Christ Sauveur ne régnera dans notre monde que dans la mesure où les femmes elles-mêmes, conscientes de leur rôle dans une solidarité positive et agissante, s’impliqueront dans son avènement « KAZOLO UDIAKUILE NE KUDIAKUILE UTAKABOMBA » (traduction française : poulette, défends-toi, si tu ne te défends pas tu te disparaîtras et personne ne parlera de toi !)
Et un partenariat franc et effectif homme - femme demeure le secret de la complicité constructive et de la cohésion réussie dans l’éducation aux valeurs telle que la paix dont le monde a besoin.
Tous pour la culture de la paix.
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« Savoir pardonner pour être pardonné »
Par Révérend Pasteur Joseph KAFWAYI Ntambue Kaflo (a)

Le mot pardon qui vient du verbe pardonner signifie d’après l’encyclopédie biblique, la rémission d’une faute, d’une offense.
Dans la bible le pardon n’est pas seulement la remise de la punition pour la faute ou le péché mais encore la réconciliation entre l’offensé et l’offenseur. Le pardon est un palliatif stratégique pour rapprocher les deux parties qui se trouvent en crise de collaboration.
Notre thème central qui s’intitule « Le Plus beau métier de l’homme c’est d’unir des hommes et de faire la paix ».
La préoccupation de notre Seigneur était d’unir le monde avec son créateur et de réconcilier les hommes avec leur créateur. Ceci en payant le prix de sa vie, de son sang. Car l’homme séparé de Dieu ne pouvait pas se développer ; même sa vie économique avait chuté du fait que le jardin cessait d’être un lieu de joie et d’abondance pour devenir un lieu de souffrance.
L’union fait la force, dit-on, le physique de l’homme et le spirituel de Dieu rendent la vie harmonieuse. Donc ceux qui ont le métier d’unir les hommes sont des personnes louables et importantes dans la société qui a besoin des hommes qui travaillent ensemble, main dans la main, qui s’acceptent et qui se reconnaissent les capacités et le savoir.
Les hommes qui ont le métier d’unir les autres et de les réconcilier sont à la manière du Christ des personnes caractérisées par un sens élevé d’amour, lequel amour les impulsionne à payer le prix et accepter les sacrifices.
Les hommes favorables à la réconciliation sont caractérisés par un sens élevé de pardon. La réconciliation et la paix sont les retombées d’un sens élevé de pardon dans le chef des réconciliés, ceux qui pardonnent à leurs prochains sont à leur tour des hommes ayant un sens d’amour qui efface les fautes et les offenses des autres. Voilà pourquoi Christ, après avoir été battu et injurié, Il élève sa voix et dit, je cite : « Père pardonne leur car ils ne savent pas ce qu’ils font » ;
Les hommes et la paix : que les hommes considèrent les fautes des autres comme fruit de l’ignorance. Ceci démontre l’innocence des offenseurs par le fait que les offenses sont l’œuvre de l’esprit de l’ignorance qui domine sur eux.
Le pardon est un mot qui englobe plusieurs concepts favorisant la paix chez les Hébreux. Par exemple le verbe pardonner peut être interprété sous ces verbes : couvrir, pacifier, enlever, passer par-dessus, exempter.
Pour nous chrétiens, Christ est le symbole de l’unité, de paix et de réconciliation car son métier était d’unir les hommes et de faire la paix.
Ces quelques pensées bibliques le confirment :
• «Là où deux ou trois sont réunis Lui est là» (Mathieu 18 :2) ;
• « Quand les hommes s’assemblent il devient un Dieu terrible » ;
• « Il est un Dieu des foules… »
Christ est le symbole de l’unité. Sa phrase : « Père, qu’ils soient un comme moi et toi sommes un. »
L’unité est l’un des éléments catalyseurs du développement et de la force. Christ dit : une maison divisée ne peut pas subsister devant les agresseurs.
Dans le livre aux Galates, Il dit par Paul « Nous sommes baptisés d’un même esprit pour former un même corps ».
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(a) Révérend Joseph KAFWAYI Kaflo est Pasteur de l’Eglise JCV « Ministère de Feu » et Administrateur financier de l’ONG « WOMEN’S MUAKAJI».
Ses coordonnées de contact sont : Tél. +243 997 343 433 ; Email : joskaf@yahoo.fr
« Culture démocratique et paix dans la Région des Grands Lacs d’Afrique ».
Par le Professeur François MPAMBA (a)

Lorsqu’on aborde un tel sujet, la question fondamentale que l’on pourrait se poser est celle de savoir comment on peut arriver à instaurer la culture démocratique et la paix dans les pays des Grands Lacs vu les instabilités de ces dernières à travers toute la Région.
En parlant de « culture démocratique », le terme « culture » dans ce contexte ne se renvoie certainement pas à l’art ni à la littérature, encore moins à la musique. La « culture démocratique » doit être comprise ici comme un ensemble de « pratiques de comportements et de normes qui déterminent l’aptitude d’un peuple à se gouverner lui-même » (1)
Selon l’UNESCO, une culture de paix comporte « toutes les valeurs, attitudes et formes de comportements qui sous-tend le respect pour la vie, la dignité de la personne et les droits humains. Cela implique le rejet de la violence sous toutes ses formes et un engagement à promouvoir les principes de liberté, de justice, de solidarité, de tolérance et d’entente entre groupes et individus » (2).
Nous pouvons donc affirmer que l’esprit de tolérance, le respect de la loi, de la vie, de la dignité de la personne et des droits humains constituent les valeurs susceptibles de promouvoir la paix dans les pays des Grands Lacs africains.
Pour revenir à notre question de départ, celle de chercher à savoir comment la culture démocratique et la paix peuvent s’implanter durablement dans les Grands Lacs, nous proposons les pistes de réponses en organisant notre communication autour de trois points.

1. Nous comptons cerner d’abord la situation socio-politique dans les pays des Grands Lacs à partir de l’année 1990. Nous prenons cette année comme le terminus « a quo », c'est-à-dire le point de départ de notre analyse à cause des événements amorcés dans le monde à cette époque, notamment en ex –URSS, lesquels événements avaient entraîné des bouleversements dans le sens de la démocratisation politique dans toute l’Afrique.

2. Nous présenterons deuxièmement les défis socioculturels et politiques à l’instauration de la culture démocratique et la paix dans la Région des Grands Lacs.

3. Enfin nous proposerons les voies susceptibles de conduire les peuples des Grands Lacs africains vers la culture démocratique et la paix.

I. La situation socio – politique dans les Grands Lacs à partir de 1990

Pour aborder la question de la culture démocratique et la paix dans les Grands Lacs africains, il serait indiqué de relever en tout premier lieu la situation socio – politique qui a prévalu dans la région à partir de l’année 1990 comme point de départ puisque ce fut le début de la vague de démocratisation politique qui gagna rapidement plusieurs pays d’Afrique.

(a) François MPAMBA KambaKamba est Professeur Associé et Chef de Section Adjoint chargé de l’Enseignement à l’Institut Supérieur Pédagogique de Kananga (ISP/Kananga/RDC. De formation linguistique, il a comme contact : +243 816 035 527 ; Email : fmpamba@yahoo.fr
(1) Diane Ravitch, Qu’est-ce que la démocratie ? Revue de l’Agence d’Informations des Etats-Unis, s.d., p.18.
(2) Revue Pax Christi Internationl, Bruxelles, s.d.

En effet, avec la perestroïka annoncée en ex-URSS par Gorbatchev en 1989, le vent de la démocratie souffla sur toute l’Afrique. Plusieurs pays africains organisèrent à partir de 1990 des Conférences Nationales en vue de mettre en place des réformes politiques pouvant conduire au régime démocratique en balayant ainsi les dictatures implantées en Afrique depuis des dizaines d’années.
Les pays des Grands Lacs africains connaissent des secousses intenses à partir de cette époque.
En République Démocratique du Congo alors République du Zaïre), le Président Mobutu convoqua « les consultations nationales »pour connaître « la volonté du peuple »sur les changements à apporter au système politique en place.
Le 24/04/90 il proclama le multipartisme au Zaïre.
Le 07/08/91, la Conférence Nationale Souveraine est ouverte avec près de 3000 « représentants du souverain primaire ». Ce fut une Conférence Nationale à la dimension du pays puisqu’elle dura toute une année contrairement à ce qu’on avait connu dans d’autres pays africains.
Le 15/08/92, Monsieur Etienne Tshisekedi est élu Premier Ministre avec 70% des voix exprimées. Mais sa cohabitation avec Mobutu fut éphémère puisque Mobutu le limogea le 05/02/93 pour le remplacer par Monsieur Faustin Birindwa élu au Conclave des Forces Politiques pro Mobutu.
Avec ce conclave des Forces Politiques initié par Mobutu, un dédoublement des institutions exista au sommet de l’Etat puisque les Forces Politiques du Conclave devaient coexister avec le Haut Conseil de la République (de la CNS) . Pour rompre ce dédoublement on proposa la troisième voie qui consista à mettre ensemble le Haut Conseil de la République et les 100 personnalités issues des Forces Politiques du Conclave auxquelles on ajouta 222 députés du MPR (Mouvement Populaire de la Révolution)
On créa ainsi le Haut Conseil de la République Parlement de Transition, en sigle HCR PT, avec au total 718 conseillers de la République dont la majorité appartenait du coup au camp Mubutiste.
Le 14/06/94, Monsieur Kengo wa Dondo fut élu Premier Ministre par le HCR-PT.
Mobutu s’employa à torpiller le processus de démocratisation qu’il avait lui-même annoncé « avec émotion » quelques années auparavant. Fatigué par la maladie Mobutu continua à s’accrocher désespérément à un pouvoir dictatorial décrié par la population.
L’armée indisciplinée était minée par le tribalisme et le clientélisme.
C’est dans ce contexte que Laurent Désiré Kabila commença une rébellion en octobre 1996 à Lemera à l’Est du pays. Ainsi éclata la première guerre dite de libération conduite par l’AFDL (Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo) sous la conduite de Laurent-Désiré Kabila. La guerre finit avec la prise de Kinshasa le 17/05/97.
Le 02/08/98, éclata la deuxième guerre une guerre d’agression : elle fut entretenue par une rébellion qui se forma à l’Est et au Nord de la RDC. Cette rébellion était soutenue par le Rwanda et l’Ouganda, deux pays identifiés comme agresseurs de la RDC tout au long de la guerre.
Laurent-Désiré, Kabila Président de la RDC, fit appel au soutien de l’Angola, la Namibie et le Zimbabwe. La guerre prit des dimensions régionales de sorte qu’on parla de première guerre mondiale d’Afrique (3).
Le 10/07/99, l’accord de cessez-le-feu de Lusaka est signé par la RDC, l’Angola, la Namibie, le Zimbabwe d’une part et de l’autre par le Rwanda, l’Ouganda, le RCD, le MLC, ainsi que par quatre témoins : la Zambie, l’OUA, l’ONU et la Sadec (Communauté pour le Développement de l’Afrique Australe).
Le 16/01/2001, le Président L D KABILA est assassiné.
Le 21/01/2001, le Major Joseph KABILA devient le 4ème Président de la RDC.
Le 25/02/2002 : le Dialogue Inter-congolais commence à Sun City en Afrique du Sud.
Le 17/12/2002 : signature de l’Accord global et inclusif à Pretoria en Afrique du Sud.
En juin 2003 commence une transition initialement prévue pour deux ans, mais qui va se prolonger pour terminer avec les élections présidentielles et législatives nationales le 30 JUILLET 2006 , puis le deuxième tour des élections présidentielles et législatives provinciales le 29 octobre 2006. Enfin la proclamation du nouveau Président de la République Joseph Kabila le 27 11 06 par la Cour Suprême de Justice.
Telle a été, brièvement jusqu’en novembre 2006, la situation socio-politique de la RDC depuis la proclamation du multipartisme en 1990 suivie des douleurs d’enfantement durant une transition de 16 ans !
Dans les pays des Grands Lacs, la situation ne fut pas brillante. Il y a lieu d’épingler quelques moments saillants de crises dans ces pays à partir de 1990.
Au Burundi, le Président Melchior NDADAYE, démocratiquement élu, est assassiné le 23/10/93. Les massacres des Tutsi burundais s’ensuivirent.
Le Président Cyprien Ntaryamira, qui le remplaça, fut tué avec le Président rwandais Habyarimana le 05/04/94 dans un avion atteint par un missile. Ntaryamira fut remplacé par Ntibantunganya.
Le 25/07/96, le Major Tutsi Buyoya prit le pouvoir. Des milliers de Hutu Burundais furent massacrés par l’armée à majorité tutsi. Plusieurs Hutu entrèrent en RD Congo du coté d’Uvira.
Au Rwanda, le Président Habyarimana fut tué, comme nous venons de le dire, avec le Président burundais Ntaryamira dans un avion en provenance des négociations d’Arusha. L’avion avait été abattu au-dessus de l’aéroport de Kigali. Un génocide fut déclenché au Rwanda : près d’un million de Tutsi et Hutu modérés furent tués. Le Front Patriotique Rwandais (FPR)composé surtout de Tutsi réussit à prendre le pouvoir en juillet 1994. La France organisa « l’Opération Turquoise » qui emmena plus d’un million de Hutu en RDC et dans d’autres pays voisins. Parmi les réfugiés Rwandais, on comptait les anciens militaires de l’armée Rwandaise (FAR) et des miliciens Interahamwe dont plusieurs avaient prit part au génocide.
« La présence des réfugiés Hutu rwandais et burundais au Nord et au Sud Kivu constituait une bombe à retardement sur le sol congolais. Leur coexistence avec les Tutsi congolais engendra des conflits alimentés par le régime de Mobutu qui s’illustra par des violations massives des droits de l’homme » (4). C’est dans ce contexte au Rwanda et au Burundi que Laurent Désiré Kabila entreprit d’en finir avec le régime de Mobutu pour instaurer un nouvel ordre politique en RDC.
Au-delà de ces perturbations internes qui ont douloureusement secoué les pays des Grands Lacs, on ne peut pas passer sous silence les forces sociales extérieures qui jouent également un rôle dans les crises de Grands Lacs. Ces forces considèrent les Grands Lacs, et principalement la RDC, comme un espace pour l’économie du Nord. Ces forces comprennent en leur sein « les multinationales, les créanciers, les investisseurs qui, en réalité, représentent les Etats. Leur objectif demeure les affaires. La démocratie, la bonne gouvernance, les élections, les secteur social… ne les préoccupent que lorsqu’ils garantissent leurs intérêts… Quand ces forces ne sont pas au pouvoir, elles créent des désordres tels que rébellions,

(3) Migabo Kalere, Génocide au Congo ? Analyse des massacres des populations civiles, Bruxelles, p.23.
(4) Migabo kalere, op.cit., p.22.

sécessions… comme on le voit depuis l’accession du pays à l’indépendance… Ces forces ont souvent tendance à imposer leur modèle de démocratie sans tenir compte éventuellement de ce qu’il y aurait de novateur chez autrui » (5).
Voilà la situation socio-politique telle qu’elle s’est présentée dans la Région des Grands Lacs depuis que le vent de la démocratisation a soufflé sur le continent africain en 1990.
Les choses étant telles, quels sont les défis socioculturels et politiques que les peuples des Grands Lacs doivent lever en vue d’instaurer dans cette Région la paix et la culture démocratique ?

II. Les défis socioculturels et politiques à l’instauration de la culture démocratique et la paix dans les Grands Lacs d’Afrique.
Les peuples des Grands Lacs devaient lever certains défis pour arriver à instaurer dans la Région la paix et la culture démocratique. Parmi ces défis, il y a lieu de citer d’abord :
1) l’absence de volonté politique pour répondre aux besoins fondamentaux de la population tels que l’eau potable, le logement décent, l’éducation de base pour tous et les soins de santé.
Nos hommes politiques s’illustrent par des luttes interminables pour accéder au pouvoir à tout prix. Au lieu du débat d’idées en vue de construire la démocratie et favoriser l’éclosion de nouvelles initiatives de promotion sociale, on assiste à la course au pouvoir par des moyens peu recommandables tels que la corruption, la manipulation des populations et autres.
L’absence de volonté politique dans la gestion de la chose publique fait que les projets d’intérêt général sont écartés de leurs programmes en faveur de certaines aspirations personnelles des individus préoccupés par le pouvoir et l’avoir.
Tant que les leaders des pays des Grands Lacs seront gagnés par l’absence de volonté dans la gestion des affaires publiques, le pari de la paix et la culture démocratique dans les Grands Lacs ne sera qu’un leurre.

2) Le deuxième défi est la question de l’impunité qui a élu domicile au sommet de l’Etat.
Cette impunité est liée au fait que les dirigeants politiques n’ont des comptes à rendre à personne, surtout lorsqu’ils ne tirent que d’eux-mêmes leur légitimité en dehors de toute élection démocratique et transparente.
Ils estiment alors que tout leur est permis, car pour eux les avis de la population ne comptent pas.
Le Maréchal Mobutu déclarait tout haut qu’il était Chef de l’Etat par défi et qu’il ne devait rien au peuple, mais au contraire, ce dernier lui devait tout !
Quand un dirigeant du pays conduit les affaires par défi, rien ne compte à ses yeux sinon ses propres intérêts. L’impunité au sommet de l’Etat est un pendant du pouvoir exercé par défi par des dirigeants autocratiques et souvent autoproclamés.

(5) F. Kayembe Shamba, De la maturité politique à la consolidation de la société, Pax Christi International, Kinshasa, s.d., p.10

3) Le troisième défi : les égoïsmes exigés en système politique.
Au Parlement de Transition de la RDC plusieurs députés qui avaient quitté leurs composantes continuaient à être des parlementaires avec tous les avantages rattachés à cette fonction alors qu’ils auraient dû quitter le Parlement.
Les égoïsmes au sommet de l’Etat constituent un frein à l’instauration de la culture démocratique puisqu’ils amènent les individus à ignorer la loi : nous savons que le respect de celle-ci constitue l’un des piliers de la culture démocratique.
Ces égoïsmes amènent également les tenants du pouvoir à ne pas honorer leurs engagements. La société civile congolaise, par exemple, a été incapable de respecter le contrat social signé avec la base. Que ça soit à la Conférence Nationale Souveraine ou au Dialogue Inter congolais, la société civile est sortie diminuée et fragilisée puisque ses membres s’étaient unis à la quête du pouvoir politique et de l’avoir plutôt que de chercher à répondre aux attentes des populations qu’ils étaient supposés représenter. Les égoïsmes au sommet de l’Etat constituent donc un frein à l’instauration d’une culture démocratique.

4) Le quatrième défi : l’instrumentalisation politique des identités ethniques dans le processus de démocratisation.
On trouve dans les pays des Grands Lacs en général la pratique enracinée de l’instrumentalisation politique des identités ethniques pour accéder au pouvoir.
Même au cours des élections libres, transparentes et démocratiques, les hommes politiques s’appuient souvent sur leurs appartenances tribales, ethniques ou même linguistiques pour accéder au pouvoir ou même pour le conserver.
On l’a vécu en RD Congo depuis l’accession du pays à l’indépendance. L’homme politique qui cherche le pouvoir a toujours tiré sur la corde sensible de la tribu ou de l’ethnie pour entraîner à sa cause les membres de sa tribu et atteindre son objectif, c’est-à-dire l’accession au pouvoir
Au Rwanda et au Burundi l’antagonisme et la haine entre Hutu Tutsi ont été démontrés par l’histoire récente de ces deux pays. Les deux ethnies se sont souvent livrées aux massacres et aux horribles génocides.
L’ethnie dans ce cas devient le moyen et la raison d’exister politiquement.
L’instrumentalisation politique des identités ethniques est un défi de taille que les peuples des Grands Lacs doivent lever s’ils aspirent à instaurer dans la Région la culture démocratique et la paix comme gage du bonheur collectif.

5) Le cinquième défi à lever dans les Grands Lacs : le défaitisme de l’élite intellectuelle.
Notre élite intellectuelle a toujours secondé les dirigeants politiques dans leur tâche de conduire les peuples. C’est pratiquement elle qui est la première conseillère de la classe dirigeante. Seulement, il y a lieu de constater que cette élite trahit quelquefois les attentes de la population. En effet, au lieu d’être constamment le porte-étendard de l’esprit d’innovation par la réflexion et la critique constructive, l’élite intellectuelle s’adonne parfois à la mendicité et au clientélisme auprès des dirigeants politiques au point d’aliéner même sa dignité.
La situation socio-économique précaire dans nos pays a amené l’élite intellectuelle à vivre souvent dans les conditions trop modestes. Ceci explique peut-être cela.
Mais la réalité est que les systèmes politiques en place depuis une trentaine d’années n’ont pas permis à l’élite intellectuelle de jouer pleinement son rôle d’éclaireur des consciences. L’élite a souvent été laissée pour compte et appauvri matériellement. Le feu président Mobutu traitait en son temps l’enseignement comme la cinquième roue de la voiture, c’est-à-dire la roue de réserve ou encore une roue d’utilité secondaire. On comprend alors que les études aient été reléguées au second plan et que pour accéder aux avantages matériels on a cultivé le clientélisme et le culte de la personnalité du chef.
Cette situation n’est pas un alibi pour l’élite intellectuelle. L’élite est appelée plutôt à jouer son rôle d’éclaireur de la société par la critique constructive et la réflexion en vue d’innover pour la mise en place d’un nouvel ordre social susceptible de promouvoir la mentalité de la culture démocratique et la paix parmi nos populations. Elle doit pour cela se débarrasser de son défaitisme qui l’amène souvent à s’aliéner alors que la société attend de voir en elle le modèle à suivre.

6) Le sixième et dernier défi, c’est le sentiment de résignation de la population.
Le plus souvent notre population n’est pas formée à la connaissance de ses droits et obligations civiques. Elle ne sait pas parfois comment se défendre lorsque ses droits sont violés.
On voit de temps en temps des agents de l’Etat profiter de l’ignorance de la population pour violer les droits des citoyens par les arrestations arbitraires, les tortures, etc.
Dans cette ignorance la population développe le sentiment de résignation qui ne favorise pas l’éclosion de la mentalité de la culture démocratique.
La société civile a donc un grand travail à réaliser de ce côté : elle est appelée à former la population à la connaissance de ses droits et obligations.
Dans la Bible, Dieu dit : » Mon peuple meurt faute de connaissance ».
Nous avons donc tous l’obligation de tirer notre population de l’ignorance et la résignation si nous voulons promouvoir chez nous la culture démocratique et la paix qui sont les gages d’un bonheur durable.

Pour conclure ce deuxième point, disons que les défis à lever dans les pays des Grands Lacs en vue de l’instauration de la paix et la culture démocratique sont de taille. C’est uniquement au prix d’une volonté délibérée de mieux faire que les peuples des Grands Lacs peuvent parvenir à instaurer la paix dans cette région.
Quelles sont alors des pistes possibles pour y arriver ?

III. Les voies pour la paix et la culture démocratique dans les Grands Lacs d’Afrique.
L’instauration de la culture de la démocratie et la paix dans les Grands Lacs africains exigent que les peuples de cette région s’investissent pour lever ces défis.
Ainsi, il nous est loisible de proposer quelques pistes qui peuvent conduire à la bonne fin. Ces pistes constituent en même temps les recommandations que nous formulons ici.
• Première piste : il y a lieu de promouvoir et d’intensifier dans les Grands Lacs une politique régionale d’intégration économique à l’exemple de la CPGL (Communauté des Pays des Grands Lacs) qui existait déjà dans cette région afin de restaurer la paix par le moyen des liens d’échange économique.
• Deuxième piste : créer des programmes et des structures de formation politique et d’éducation civique ainsi que des écoles pour former les cadres politiques à l’instar de l’Ecole Normale d’Administration (ENA) qui existait jadis ici en RD Congo, ou encore à l’exemple de l’Ecole Normale Supérieure en France.
• Troisième piste :les forces vives et la Communauté Internationale devraient s’investir pour mettre fin aux ambitions insatiables et démesurées des hommes politiques en mal de positionnement pour le pouvoir.
• Quatrième piste : la société civile et les partis politiques devraient former la population à connaître leurs droits et obligations civiques et politiques, à les défendre et à vaincre la peur et la résignation qui sont les pires ennemis de la culture démocratique, et à résister aux manipulations politiciennes.
• Cinquième piste enfin : les populations devraient amorcer des initiatives alternatives en vue de se prendre en charge par le travail de créativité dans la dynamique de non violence visant à éradiquer toute forme de domination et d’exploitation déshumanisante.

Conclusion.
Pour conclure notre propos, disons que la culture démocratique en tant que l’ensemble d’attitudes, de comportements et des normes qui déterminent la capacité d’un peuple à se gouverner, et la paix comprise comme un processus de recherche de bonheur et de bien-être, ne pourront s’instaurer dans les pays des Grands Lacs africains que si les populations de cette région et leurs dirigeants sont sensibilisés à la prise de conscience de la volonté politique de mieux faire. Ils banniraient ainsi toute forme de haine.
Ainsi, compte tenu des potentialités naturelles immenses dont la Région de Grands Lacs est dotée, ces pays peuvent viser le leadership par rapport à toute l’Afrique Centrale afin d’ouvrir cette dernière aux énormes possibilités économiques qu’offrent les Océans Indien à l’Est et Atlantique à l’Ouest.
Tâche exaltante dans laquelle les Grands Lacs ont le premier rôle à jouer à cause de leurs ressources inépuisables.

Bibliographie.
1) Kayembe, Shamba, F., De la maturité politique à la consolidation de la société, Pax Christi International, Kinshasa, s.d.
2) Migabo, Kalere, J., Génocide au Congo? Analyse des massacres des populations civiles, Bruxelles.
3) Ravitch, D ., Qu’est-ce que la démocratie ? Revue de l’Agence d’Informations des Etats-Unis, s.d. .
4) Revue Pax Christi International, Bruxelles, s.d.

IV.6.5. « LE MONITORING DES DROITS DE L’HOMME »
Par Madame Suzanne NOUMSI KAMGUIA (a)

I. LE MONITORING DES DROITS DE L’HOMME

Cette présentation a été réalisée a partir du manuel de formation sur le monitoring des droits de l’homme issu de la série sur la formation professionnelle no 7 du Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme des Nations Unies et s’adresse aux activistes des droits de l’homme de la République Démocratique du Congo.

II. Plan de la formation :
1. Quelques définitions ;
2. Les principes de base du monitoring ;
3. L’enquête : se procurer l’information ;
4. Les techniques de l’entretien
5.
III.Quelques définitions.

IV. Le monitoring = méthode pour améliorer la protection des DH :
• Le monitoring est une méthode qui permet d’améliorer la protection des DH ;
• L’objectif principal du monitoring des DH consiste à renforcer la responsabilité de l’État dans la protection des droits de l’homme.
• Les activistes pourront également jouer un rôle de prévention par leur présence. Lorsqu’un fonctionnaire de l’État ou autre acteur responsable est observé, cette personne devient plus attentive à sa conduite.
• Ils doivent également, dans les limites autorisées par leur mandat et leurs compétences, identifier les problèmes qui se posent, leur apporter un diagnostic, y envisager des solutions possibles, et aider à les résoudre.

V. Dans cette présentation, Droits de l’Homme inclut à la fois :
• les droits traditionnellement définis par la Charte internationale des droits de l’homme ;
• aussi bien que l’extension de cette définition aux droits garantis par le droit international humanitaire.

VI. Surveillance
• Le monitoring est un terme de sens large, décrivant la collecte active, la vérification et l’usage immédiat d’informations en vue de résoudre des problèmes de droits humains ;
• Le monitoring des droits de l’Homme peut revenir :
A) à réunir des informations sur des incidents,
B) à observer des événements (élections, procès, manifestations, etc.),
C) à visiter des sites tels que des lieux de détention ou des camps de réfugiés,
D) à s’entretenir avec les autorités gouvernementales afin d’obtenir des renseignements, de parvenir à des remèdes et d’assurer tout autre suivi immédiat.

(a) Madame Suzanne NOUMSI KAMGUIA était Adjointe de la Chef de Division des Droits de l’Homme à la MONUC/Secteur 3 de Kananga. Ses coordonnées : Email :

VII. Établissement des faits
• Il s’agit d’un processus par lequel on tire des conclusions de faits établis par les activités de monitoring.
• L’établissement des faits est donc nécessairement un terme plus étroit que celui de monitoring.
• Il comporte une grande part de collecte d’informations de manière à établir et vérifier les faits concernant une présumée violation des droits de l’Homme.
• En outre, la recherche des faits comporte une exigence de fiabilité reposant sur le recours à des procédures admises et sur une réputation établie d’équité et d’impartialité.

VIII. Observation
• évoque habituellement un processus plus passif, consistant à assister à des événements tels qu’assemblées, procès, élections ou manifestations.
• Cet aspect du monitoring des droits de l’homme exige une présence sur le terrain.

IX. Violations des droits de l’Homme et abus des droits de l’Homme
• Les violations des droits de l’Homme recouvrent des transgressions par les États des droits garantis par le droit humanitaire national, régional et international et les actes et omissions directement imputables à l’État comportant un manquement à la mise en œuvre d’obligations légales dérivées des normes concernant les droits de l’Homme.
• Le terme abus des droits de l’Homme s’emploie dans un sens plus large que ‘ violations’ et recouvre les violations commises par la conduite des acteurs non-étatiques.

X. Les 17 principes de base du monitoring

• les défenseurs des droits de l’Homme s’acquittant de fonctions de cette nature devront en permanence les avoir à l’esprit et respecter.
• Ils sont essentiels pour accomplir efficacement un mandat de monitoring

XI. Ne pas nuire
• le premier devoir du défenseur se situe envers les victimes et victimes potentielles de violations des droits de l’Homme.
• possible conflit d’intérêts créé par:
o le besoin qu’a le défenseur des DH d’informations, et
o le risque qu’encourt éventuellement son informateur, victime ou témoin de la violation.
• L’activiste aura à l’esprit la sécurité des personnes qui fournissent l’information.
o Au strict minimum, l’action ou l’inaction du défenseur ne doit pas compromettre la sécurité des victimes, des témoins ou des autres personnes avec lesquelles il se trouve à être en contact, ni le fonctionnement régulier de l’organisation.

XII. Respecter son mandat
• comprendre son mandat et apprendre à l’appliquer dans les situations rencontrées.
• évaluer chaque situation = se demander par ex:
o quels sont les termes du mandat en rapport ?
o Quelles sont les normes internationales qui fondent ce mandat et en explique le sens?
o Comment ce mandat sera-t-il servi en entreprenant une enquête précise, en poursuivant des discussions avec les autorités, ou en prenant toute autre initiative?
o À quels actes suis-je autorisé(e) au titre de ce mandat?
o Quelles sont les conséquences éthiques, s’il en existe de cette initiative?
o Quelles peuvent être les conséquences néfastes?

XIII. Connaître les normes
• L’activiste doit connaître parfaitement les normes internationales des droits de l’Homme ayant trait à son mandat et s’appliquant à son pays.
• Les normes internationales relatives aux droits de l’Homme procurent un fondement juridique et une légitimité au travail de l’activiste des DH et à la mission de son ONGDH dans son pays, en ce :
o qu’elles reflètent la volonté (ou l’accord) de la communauté internationale et
o définissent les obligations légales du gouvernement.

XIV. Garder la tête froide
• Quel que soit leur nombre, leur pertinence et leur précision, les règles ne peuvent se substituer à l’exercice de la perspicacité personnelle et du sens commun que possède l’activiste. Ceux-ci doivent en toute circonstance savoir juger par eux-mêmes.

XV. Rechercher la consultation
• La sagesse naît de la discussion et de la consultation. Quand l’activiste a à traiter d’une affaire délicate, de celles qui se situent aux limites du mandat ou qui peuvent s’avérer douteuses, il est toujours judicieux de consulter d’autres collègues et, chaque fois que possible des supérieurs hiérarchiques.

XVI. Respecter les autorités
o Les activistes garderont à l’esprit qu’un de leurs objectifs et le rôle premier de l’ONGDH consiste à pousser les autorités à améliorer leur comportement.
o En règle générale, le rôle imparti aux activistes des DH ne prévoit pas qu’ils assument des responsabilités gouvernementales ou se substituent à ses services.
o Les activistes doivent au contraire :
o respecter le fonctionnement régulier des autorités,
o en reconnaître les améliorations,
o et tenter de trouver comment encourager toutes politiques et pratiques gouvernementales de nature à poursuivre l’application des droits de l’Homme.

XVII. La crédibilité

Les personnes doivent avoir confiance dans l’activiste, faute de quoi elles ne souhaiteront pas coopérer ni fournir des informations fiables.
• ne jamais promettre quoi que ce soit qu’il ne soit en mesure de tenir, pour quelque raison que ce soit ;
• vérifier l’accomplissement de toute promesse qu’il a faite.
• En s’entretenant avec les victimes ou témoins de violations, l’activiste devra :
o se présenter,
o expliquer brièvement son mandat ;
o décrire ce qu’il est en son pouvoir de faire et de ne pas faire,
o insister sur la confidentialité des informations transmises,
o souligner l’importance d’obtenir autant de détails que possible quant à l’établissement des faits- et par exemple, d’une violation éventuelle des droits de l’Homme.

XVIII. La confidentialité : Respecter la confidentialité du renseignement
• toute transgression de ce principe est susceptible d’avoir des conséquences graves :
o pour la personne interrogée et pour la victime;
o pour la crédibilité et la sécurité de l’activiste lui-même.
o pour le degré de confiance dont bénéficie l’ONGDH dans l’opinion locale; donc
o pour l’efficacité de cette opération.

XIX. L’activiste doit :
• assurer le témoin quant à la stricte confidentialité dans le traitement des informations qu’il communique;
• demander aux personnes interrogées si elles consentent à l’utilisation de leurs informations dans le cadre de rapports sur les droits de l’Homme, ou à d’autres fins.
o Si la personne en question ne souhaite pas que ces informations lui soient attribuées, elle peut donner son accord pour que ces dernières soient employées d’autres façons, plus générales, qui n’en révèlent pas la source.

• prendre soin de ne pas communiquer ses opinions ou conclusions à propos de l’affaire en cause aux personnes avec lesquelles ils s’entretiennent.
• prendre toutes les mesures pour assurer la confidentialité des renseignements recueillis, y compris les identités des victimes, des témoins, etc.
o On peut penser utile, pour protéger cette confidentialité, d’employer un langage codé et des mots de passe, ainsi que de conserver dans des fichiers séparés les identités des personnes concernées d’une part, et les faits les concernant de l’autre.

XX. La sécurité de l’activiste et des personnes qui se trouvent en contact avec lui
• Les activistes doivent se protéger en prenant des mesures de sécurité personnelle relevant du bon sens, comme éviter de voyager seuls, réduire les risques de se trouver entre deux feux dans un conflit armé.
• Les activistes auront toujours à l’esprit la sécurité des personnes qui leur fournissent des renseignements.
o obtenir l’autorisation des témoins avant de les interroger et leur garantir la confidentialité.
o mettre en place des mesures de sécurité afin de protéger l’identité des informateurs, des personnes interrogées, des témoins, etc.
o ne doit pas proposer de garanties irréalistes concernant la sécurité d’un témoin ou autre individu,
o éviter d’éveiller de faux espoirs,
o faire en sorte de tenir tout engagement visant à protéger les victimes (comme le fait de rester en contact).
.…/….

IV.6.6. « Traumatisme, Réconciliation et Paix dans la Région des Grands Lacs
Africains ».
Par Madame Thérèse MULUMBA (a)

Nous tenons à remercier les organisateurs de ces journées d’avoir pensé à notre personne pour parler de ces réalités si logiquement et combien graves dans leur vécu.
En effet, le traumatisme appelle la réconciliation et celle-ci assoie la paix, cette paix sans laquelle rien de durable ne peut être envisagé, cette paix sans laquelle la vie en communauté devient une entreprise vouée à l’échec.
Notre propos sera développé en trois temps dont une petite introduction, un développement et une conclusion.
Notre introduction consiste en un bref aperçu socio -psychologique du cadre dans lequel est situé notre thème, la Région des Grands Lacs, les conflits qui y règnent engendrant des traumatismes destructeurs, qui nécessitent une recherche de paix afin que la vraie vie y revienne.
Le Rwanda, l’Ouganda, le Burundi et la RD Congo sont des Etats dont les peuples présentent des liens étroits au niveau ethnique, culturel, social et politique. De ce fait et aussi à cause de la proximité des frontières qui séparent ces Etats, les conflits intérieurs et l’instabilité de chacun affectent les autres et provoquent des conflits inter-Etats fragilisant, par leur ampleur, le continent africain.
Cette situation nécessite des stratégies de règlement de conflits prenant en compte leur dimension interne et externe afin de rendre les solutions trouvées durables.
Ces conflits engendrent, surtout quand ils sont armés, plusieurs maux dont voici quelques-uns : massacres, violences de toute sorte, meurtres, pillages, déplacements et enlèvements des populations, paupérisation accentuée, propagation des maladies, déstabilisation familiale, bref une misère et une instabilité sociale extrêmes mettant en danger la vie des populations et le développement des Etats concernés. Il revient donc à ces Etats de comprendre leurs responsabilités individuelle et collective dans leur devenir de leurs Etats, dans le devenir de l’Afrique.
Nous abordons maintenant le développement du thème en trois points : « Le traumatisme, la réconciliation et la paix ».

1. Le traumatisme.
Il se définit comme une perturbation mentale et émotionnelle, connue aussi sous le nom de choc. Le choc est lié à une situation dans laquelle le sujet a senti sa vie en danger. Le traumatisme est grave car, même quand il est passé, les souvenirs de l’événement persistent et les effets émotionnels se font sentir pendant des mois, des années voire même toute la vie.
Les populations de la Région des Grands Lacs vivent plusieurs traumatismes et de façon presque permanente. Le traumatisme engendre des réactions physiques et psychiques. Nous en citons quelques-unes : stupeur, cris, fuite sans but, nausées, indigestion, palpitations, insomnie, cauchemars, peur, instabilité d’humeur, impuissance, pensée secondaire, perte de contrôle, colère, anxiété, haine de soi et des autres, perte de la confiance en soi et dans les autres ; dépression, honte, dévalorisation personnelle, …
Toutes ces réactions émotionnelles sont influencées par certains facteurs dont l’âge des sujets, le contact culturel, l’intensité du choc, la durée de l’agression, sa nature et son caractère atroce.

Madame Thérèse MULUMBA est Psychopédagogue de formation et Chef de Travaux au Département de Psychopédagogie de l’Institut Supérieur Pédagogique de Kananga et Professeur visiteur à l’Université Notre Dame du Kasayi (U.Ka.). Ses contacts sont : +243 812 570 542

Cette situation de traumatisme met en présence des groupes d’acteurs : des bourreaux et des victimes. Les personnes vivant dans la Région des Grands Lacs sont des bourreaux et des victimes d’un passé récent, victimes et bourreaux d’éventration des femmes, des pillages, d’atteinte à la pudeur, et des violences de toute sorte, …
Les victimes sont des personnes marquées à vie, comme au fer rouge, par des actes ignobles ; les bourreaux sont ces personnes sans foi ni loi, assoiffées des pouvoirs et des richesses et pour qui les victimes ne sont pas des êtres humains, ne sont pas des frères, ne valent pas la peine d’être épargnés.
C’est ainsi que, à ce niveau, il devient légitime de se poser quelques questions :
• Comment pourrait-on arriver à arrêter ces situations traumatisantes ?
• Au nom de quoi peut-on encore envisager ensemble bourreaux et victimes ?
• Comment peut-on poser les bases d’une réconciliation génératrice de paix ?

A ce niveau, la réconciliation devient incontournable pour le retour à la normale.

2. La réconciliation.
C’est notre deuxième point. Elle consiste dans le fait de remettre ensemble des personnes séparées, divisées, qui ne sont plus unies. La victime et le bourreau sont des personnes séparées par des crimes, des actes qui les rendent ennemis, qui les installe dans une recherche de vengeance dans le camp ayant subi le dommage.
Les victimes haïssent leurs bourreaux, ont de la rancœur à leur endroit du fait des séquelles de violences, des cicatrices encore douloureuses et une réconciliation véritable entre ces deux camps ne peut passer que par la repentance et la conversion du bourreau, le pardon de la part de la victime.
2.1. La repentance du bourreau.
Elle est la première condition d’une réconciliation véritable. Elle consiste en une première déclaration publique devant un ou plusieurs témoins. Elle est un aveu des erreurs commises, une confession, un vif regret d’avoir posé un acte ignoble, hideux, …
Elle inclut aussi la décision verbale de ne plus refaire le mal. L’individu qui se repend est donc dans un moment solennel de retour, de promesse solennelle de ne plus recommencer son acte.

2.2. La conversion du bourreau.
Elle est le changement, la transformation d’une personne, la rendant toute.
La conversion est le fruit de la repentance. Elle n’est pas une déclaration mais une conduite, un mode de vie qui atteste que l’individu ne refera plus les mêmes erreurs posées.
A ce propos, nous pouvons citer l’Apôtre Jean dans son premier livre, chapitre trois, verset 18 (1 Jn 3 : 18) « n’aimons pas en paroles et avec la langue, mais en actions et en vérité ».
C’est une invitation faite à l’homme à ne pas se limiter à la repentance mais à se transformer, c’est une invitation à traduire cette repentance par une conversion véritable.
Cet appel à la conversion concerne aussi les nations. Jésus, en Matthieu 25, 37-46, dit, je résume « Le jugement des nations sera essentiellement basé sur ce que chacun aura fait à son prochain ».
Le mal et le bien constituent l’héritage que les hommes et leurs nations laissent aux générations suivantes. Il devient donc vital que les hommes, individuellement, et les nations, poursuivent le bien et évitent le mal afin de sauvegarder l’entente, l’harmonie, le respect mutuel, la justice, l’amour, la vérité, … bref, le levain de la paix.

2.3. Le pardon au bourreau par la victime.
Dans la prière « Notre Père » il est dit « Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensé … ».
Le pardon est donc une exigence de la vie d’un homme.
Ce grand mot, ce mot si noble est celui qui exigera de la victime un plus grand amour, un plus grand renoncement de lui-même car dans chaque être la loi du Talion est difficile à tuer.
Le pardon reste l’unique voie vers l’engagement de la victime avec son bourreau, tous deux ensemble vers une réconciliation véritable.

3. La paix.
« Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ».
Ce message est le testament du Christ (voir Jn 14, 27). Même si la paix qu’Il nous laisse n’est pas à la façon du monde, c’est un message fort qui invite tout celui qui l’entend à œuvrer pour que la paix soit.
La paix est une notion complexe. Elle est l’absence de guerre, la stabilité sociale, la présence de l’harmonie chez l’individu dans une société. Elle est le bien le plus précieux qu’un homme, qu’une nation doit posséder. Elle n’a pas de prix. Le vrai combat, la véritable lutte, doit être de conquérir, d’établir et de maintenir la paix.
Les femmes réunies à LBB en novembre 2003 pour la semaine de la paix dans la Région des Grands Lacs ont déclaré « Qui veut la paix, prépare la paix ».
Le Pape Jean XXIII, dans son encyclique PACEM.INTERRIS, donne, selon lui, les quatre piliers de la paix qui sont en même temps les quatre exigences précises de l’esprit humain : la vérité, la justice, l’amour et la liberté.
Si chaque individu devient conscient du fait que ces valeurs spirituelles sont importantes dans sa vie, dans sa nation et dans le monde, il s’activerait à les cultiver en lui, à les entretenir et à les promouvoir.
Si ces quatre piliers de la paix se répandaient ainsi à partir des individus que nous sommes, dans la vie sociale, nationale et internationale, la vie publique et la vie politique seraient profondément transformées.
La défense et la promotion des droits humains fondamentaux qui sont universels, inviolables et inaliénables iraient de soi et on pourrait espérer voir l’avènement d’une paix, d’une sécurité nationale et internationale.
Conclusion.
Il est urgent actuellement d’avoir des hommes et des femmes convaincus de la nécessité d’une politique fondée sur le respect de la dignité humaine et des droits de la personne :
• Soyons ces hommes et ces femmes ;
• Commençons à nous éduquer à la paix ;
• Diffusons une spiritualité et une culture de la paix ;
• Ayons les uns vis-à-vis des autres des gestes de paix afin de créer et de maintenir une tradition et une culture de paix ;
• Travaillons chaque jour et en toute circonstance à la consolidation des conditions de paix.
• Le travail de l’Eglise doit être souligné, car à travers la Commission Justice et Paix » elle pose les bases d’une paix durable.
• Soyons des constructeurs de la paix en RDC et dans la Région des Grands Lacs ;
• Apportons notre pierre, où que nous soyons, à l’édification de cette grande entreprise qu’est la paix.
…./…
IV.6.7. « Pauvreté et injustices sociales comme ennemis de la Paix ». ‘Pour un Etat
congolais moderne :pacifique, prospère et juste’.
Par Monsieur Ferdinand KADIOTO Kabanda (a)

0. Introduction.
Nous tenons à remercier sincèrement le Réseau « Jeunes dans le Monde pour la Paix » (RJMP en sigle), de nous avoir associé à la célébration de la Semaine de la Paix 2006 à Kananga. Cette Organisation Non Gouvernementale des Droits Humains m’offre une occasion des plus propices de mener à haute voix et publiquement une réflexion sur un problème vital dans notre pays, la République Démocratique du Congo. Celui-ci est confronté depuis plusieurs années aux problèmes de la paix et de la justice tant pour les citoyens congolais pris individuellement et collectivement appauvris, mal traités et marginalisés, que pour le pays menacé dans ses frontières et dans ses richesses. Tout cela, parce que ce pays est embarqué dans un ordre politique et économique très complexe, si pas compliqué parce que ce système est conçu ailleurs et d’après des paramètres qui nous échappent.
Dans cet ordre d’idées, Monseigneur Martin-Léonard BAKOLE wa Ilunga, commentant un proverbe Warega du Kivu (Buatu butualuge tabusulue), disait : «Ne délie point la pirogue que tu ne sauras diriger ». Hors, depuis la colonisation, nous avons été embarqués dans une pirogue de la modernité. Nos populations, restées pendant des siècles pratiquement sans contact avec d’autres continents, se voient confrontées avec ce que d’autres ont acquis à travers des siècles .
Le fait pour nous d’avoir été obligé de quitter la pirogue que nous maîtrisons pour effectuer désormais la traversée de la vie dans un bateau sophistiqué que nous ne savons pas diriger, est la source profonde de nos difficultés. Et en devenant officiellement, le 30 juin 1960, maîtres à bord de ce bateau, nous ne le maîtrisons pas pour autant : avec ses institutions, son économie, …, son fonctionnement qui nous échappent.
Ce préambule me permet de préciser l’intitulé de ma communication de la manière que voici : « Pour un Etat Congolais moderne :pacifique, prospère et juste ».
La paix est un bien très précieux mais en même temps très fragile. Elle est la condition essentielle de la vie, du développement et du respect même de la vie humaine. Construire la paix c’est construire la vie, et la vie est un don de Dieu. En tant qu’êtres humains, créés à l’image de Dieu, nous avons le devoir de la protéger et de la respecter.
La paix est une réalité très complexe. Dans notre communication antérieure présentée à l’occasion de la célébration de la Journée Internationale de la Paix, organisée à Kananga le 20 septembre 2006 par la MONUC, nous avons dégagé trois aspects interdépendants mais complémentaires de la paix, à savoir :
• La paix civile ;
• La paix politique et ;
• La paix dans la Communauté Internationale.

1. La paix dans la société civile.
La paix civile c’est le facteur constitutif de la Société Civile, celle-ci est composée de différentes personnes, d’associations et d’organisations dont l’objectif concerne le bien-être des individus et de ses différents membres.
La paix civile a pour tâche de permettre à chacun de pouvoir s’épanouir sans porter atteinte à la liberté et au bien-être des autres membres de la société. Elle veille à la protection des biens et des personnes. La société civile reste un cadre des intérêts particuliers.

(a)Ferdinand KADIOTO Kabanda est Chef de Travaux à l’Université Notre Dame du Kasayi (U.Ka). Ses Contacts sont : Téléphone +243 816 041 434
2. La paix dans la communauté politique.
La paix politique a pour objectif l’intégration de différents groupes dans un ensemble harmonieux qui est l’Etat. Notre pays, la République Démocratique du Congo est composé de différents groupes, clans, tribus, ethnies très diversifiés par leurs cultures, mais tous ces groupes, en dépit de leurs diversités, sont appelés à s’unir dans la communauté nationale appelée l’Etat. Chaque groupe doit pouvoir trouver son compte dans l’Etat tout en se gardant de porter atteinte aux intérêts, aux aspirations et besoins des autres groupes nationaux.
Lorsque l’harmonie est brisé au sein de la société civile, on parle du désordre social, tandis que la désunion des groupes nationaux engendre la guerre civile.

3. La paix dans la Communauté Internationale.
La paix internationale est l’harmonie des relations entre différents Etats ou pays.
Il revient à l’Etat moderne de construire ces trois aspects de la paix, civile, politique et internationale et d’éviter ainsi la guerre. La guerre est la destruction de l’harmonie au sein de la société civile, de la société politique et de l’harmonie entre les Etats.
Comment construire la paix dans un pays ? On construit la paix dans un pays en veillant à plusieurs facteurs, entre autres, par l’éducation civique et politique. L’éducation civique et politique doit insister le respect des personnes et de leurs biens, le respect des droits et devoirs des citoyens, ainsi que sur le respect des valeurs fondamentales de la république, des lois et de l’ordre public.
Le citoyen, pour pouvoir s’épanouir, a besoin de se sentir pris en charge par l’Etat dans sa personne et dans ses biens. D’autre part, les lois de l’Etat doivent l’empêcher de nuire aux biens d’autrui et aux personnes humaines, membres de la communauté nationale.
Un autre instrument pour construire la paix dans un pays est la connaissance, l’amour, le service du bien commun, le service de la nation et du pays, dans sa multiple diversité, géographique, culturelle, linguistique, démographique, économique, etc.
La connaissance est de cette diversité est importante pour la cohésion sociale et nationale.
Les congolais ont le devoir de se reconnaître le droit d’être filles et fils du même pays, unis par une même histoire, de mêmes peines et souffrances, partageant les mêmes criantes et les mêmes espoirs. Ils sont appelés à vivre ensemble et à construire une même nation, la République Démocratique du Congo.
La méconnaissance de cette vérité a causé beaucoup de tords au peuple congolais et a gravement nui à notre pays dès son accession à la souveraineté internationale. Plus grave encore, cette méconnaissance a incité des compatriotes à s’allier à des étrangers pour faire la guerre à notre pays et piller ses richesses.
Construire la paix c’est construire le pays, c’est favoriser l’harmonie entre tous ses habitants, c’est les engager à réaliser ensemble un même projet politique de société. Par le fait même, les individus comme les groupes sont obligés de sortir de leurs clôtures individuelles, claniques, tribales ou ethniques, culturelles ou autres pour aller vers les autres dont on aura appris à la découvrir les capacités et les compétences qui complètent ce que l’on possède soi-même.
Le travail est un facteur primordial qui favorise la rencontre autour d’un même projet politique de société, des personnes et des groupes d’origines diverses. Le travail a ceci de caractéristique de faire oublier aux personnes et aux groupes leurs différences d’avec d’autres et de découvrir en même temps ce qui peut les rapprocher. C’est de cette manière que se sont construites les sociétés occidentales modernes ainsi que celles qui se sont mises à leur école. Nos sociétés traditionnelles, à base tribale, sont des sociétés ancestrales, restreintes qui se reconnaissent autour d’un ancêtre commun. Il s’agit des sociétés qui sont repliées sur elles-mêmes du fait qu’elles doivent défendre les valeurs ancestrales qui ne sont pas partagées avec d’autres groupes ancestraux.
Pour que la République Démocratique du Congo devienne une société moderne, il lui faut s’engager dans la voie des exigences de la modernité. Ces exigences sont entre autres :le savoir au sens moderne du mot, c’est-à-dire que la connaissance scientifique qui renforce la compétence, la préoccupation de l’efficacité, la recherche de la rentabilité.

4. Des obstacles à la paix : pauvreté et injustice sociale.
4.1. La pauvreté.
La pauvreté est un concept ambigu, recouvrant un sens positif et un sens négatif. Au sens positif, la pauvreté est un certain style de vie simple et modeste. Aussi, un auteur africain, a-t-il intitulé un de ses ouvrages : « La pauvreté, richesse des peuples » (cf. Albert TEVODJERE) !
Le regretté Révérend Père Engelbert Mveng, s.j., fait de la pauvreté une catégorie biblique, à savoir une option libre de l’homme qui veut suivre Jésus en suivant comme lui, en se dépouillant comme lui2.
Mais il existe une autre forme de pauvreté, la pauvreté anthropologique. Elle a pour noms : misère, morale, spirituel et matériel ; indigence, ignorance et dénuement ; absence du minimum vital par rapport à tous les biens considérés comme nécessaires pour une vie décente dans une société donnée3. Une telle pauvreté est un mal à combattre.
La pauvreté anthropologique est une conséquence de la mauvaise organisation de la société. Dans une société bien organisée, tous les membres sont occupés à faire quelque chose d’utile au bon fonctionnement de la société. Ainsi, les enfants, les jeunes et les moins jeunes sont à l’école (maternelle, primaire, secondaire, professionnelle, à l’Institut Supérieur et à l’Université ). C’est là leur devoir d’Etat. Grâce aux études, ils serviront le pays et la société.
Les adultes, pour leur part, sont pris par un travail productif, utile à la société. Ce travail est normalement bien rémunéré.
Les personnes qui travaillent à domicile telles les mères de famille sont aussi utile à la société. Ces personnes méritent leur salaire à savoir, » allocation familiale » convenable et conséquente.
De tout ce qui précède, il résulte qu’il est du devoir de l’Etat de bien encadrer tous les citoyens, de donner à chacun de pouvoir servir adéquatement le pays et aussi de s’y épanouir lui-même. Celui qui n’est pas bien encadré vivra dans l’oisiveté, la matrice du désordre et de la pauvreté. Comme le dit un adage de chez nous : « Lulengu mmusamu wa Diabolo » : (l’oisiveté est l’oreiller du démon).
L’encadrement des citoyens n’est pas dévolu exclusivement à l’Etat. D’autres organisations sont également concernées, la société civile, la communauté internationale et ses différents organes spécialisés : UNESCO, OMS, UNICEF, FAO, OXFAM, OIT, Fondations diverses, etc.
La lutte contre l’oisiveté et la pauvreté s’effectue également dans l’entretient des relations de bons voisinages avec d’autres pays. Ces relations pourront favoriser des investissements et des emprunts qui, à leur tour, favoriseront la croissance économique et créeront des emplois profitables aux citoyens du pays.

2 E.MVENG, l’Afrique dans l’Eglise. Paroles d’un croyant, Paris, Ed. L’Harmattan, 1985, p.200.
3. E.MVENG, op.cit.,p. 200

4.2. Les injustices sociales.
Les injustices sociales proviennent souvent du non encadrement des citoyens. Elles proviennent également du fait de laisser les gens se prendre seuls en charge. Dans ce cas, les plus malins, les plus favorisés, soit par la nature, soit par le sort ont des chances c’est-à-dire des concours des circonstances favorables, ceux-là vont souvent ou généralement exploiter, asservir, ou dominer les moins malins, …. Par conséquent, il en résulte des conflits qui menacent la paix.

5. Conclusion : perspectives d’avenir.
La paix est un bien très précieux. En tant qu’êtres humains, créés à l’image de Dieu, nous avons l’impérieux devoir de la chercher, de la rechercher et de la construire en nous, dans nos cœurs, autour de nous en la semant dans le cœur de notre prochain. » Si tu veux la paix, cultive la paix ».
La vraie paix n’est possible que lorsqu’il y a amour, vérité et justice. En d’autres termes, la véritable paix est le fruit de la culture de l’amour, de la vérité et de la justice. Aujourd’hui, cette paix a pour nom le développement, les droits de l’Homme et la sauvegarde de la nature. Là où les peuples croupissent dans la misère, là où existe le sous-développement, il ne peut y avoir de paix véritable.
La faim, la misère, la pauvreté des individus et des peuples sont des menaces sérieuses et dangereuses pour la paix.
Quelques exemples pour illustrer ces propos :
• Les enfants de la rue communément appelés « Shégués » constituent une menace pour la paix. Ces enfants là sont une épée de DAMOCLES suspendue au dessus de nos têtes ;
• Un soldat, un policier, non bien payé, est un mercenaire potentiel ;
• L’enseignant, le professeur mal payés, seront des aigris, des clochardisés, en conséquence, ils se prostitueront, vendront les points aux élèves ou aux étudiants (es).

C’est donc dire que là où les droits de l’Homme sont violés, là où la dignité humaine est bafouée, il ne peut y avoir de paix véritable. De même, là où la nature n’est pas respectée, là où elle est détruite systématiquement pour des raisons d’enrichissement égoïstes, il ne peut non plus y avoir de paix véritable4.
La vie est un combat. Il nous faut lutter pour la protéger et la développer. De même il nous faut lutter pour protéger et développer la paix, condition essentielle et incontournable de la vie. Pour ce faire, la société congolaise malgré elle dans la pirogue de la modernité, a besoin d’hommes et de femmes compétentes, bien instruits, consciencieux, aux qualités morales et spirituelles éprouvées afin de bâtir un Congo démocratique, moderne, pacifique, prospère et juste.

4 Cf. José MPUNDU, « Construction de la démocratie et de la paix : pluralité, participation, unité », dans Paix et résolution pacifique des conflits durant la transition démocratique au Zaïre, acte du Colloque National tenu à Kinshasa du 22 au 26 août 1994, pp. 179-180.
IV.7. DECLARATION FINALE DES PARTICIPANTS AU SPECIAL RJMP COUPLE : Assemblée Générale Ordinaire et Semaine de la Paix 2006.

Nous, membres du Réseau « Jeunes dans le Monde pour la Paix (RJMP en sigle) et participants au Spécial RJMP couplé : Assemblée Générale Ordinaire et Semaine de la Paix 2006, organisé à Kananga en partenariat avec le Réseau Pax Christi International du 27 novembre au 03 décembre 2006 ;
Considérant l’importance de la paix dans la vie individuelle et communautaire, dans un Etat et dans le monde entier ;
Persuadés de l’impossibilité de la paix là où règne la haine, la tricherie, les injustices sociales, la guerre, la misère, la pauvreté, la dictature, la megestion, les violations et abus des droits de l’homme ;
Soucieux de cultiver la paix dans les cœurs de tous les hommes, dans la société civile, la communauté politique et la communauté internationale ;
Conscients que la paix ne peut provenir que de nous-mêmes sous l’inspiration du Christi, le Prince de la paix ;
Au terme de l’analyse de la situation de la paix à travers diverses structures et communautés et ayant constaté la permanence des violations et abus des droits de l’homme et de l’absence de paix véritable en République Démocratique du Congo notre pays et dans l’ensemble des peuples des Grands Lacs ;
Faisons les déclarations ci-après:

I. Prenons les résolutions suivantes :
1. l’engagement d’unir les hommes et de faire la paix dans nos milieux de vie respectifs ;
2. l’engagement de pratiquer la gestion chrétienne dans nos conflits ;
3. l’adoption en toutes circonstances comme principes directeurs dans notre vie quotidienne : « Qui veut la paix prépare la paix »
II. Recommandons :

1) A la jeunesse des Grands Lacs.
• De se convaincre que la vraie est possible, à condition de la vouloir et de la cultiver à travers une lutte permanente pour les valeurs positives ;

2) Aux intellectuels congolais.
• De mettre à profit les études, de ne pas trahir le peuple et cultiver les valeurs positives de justice, de vérité, d’intégrité et de bonne gouvernance ;
• De ne pas se faire complice du pillage des richesses nationales ni du néocolonialisme, cause de nos malheurs ;

3) Aux dirigeants politiques.
• De promouvoir dans les Grands Lacs une politique d’intégration économique à l’instar de la CPGL pour instaurer la paix par les moyens des liens d’échange économique ;
• De créer des programmes et des structures de formation politique et d’éducation civique ainsi que des écoles pour formation des cadres politiques à l’instar de l’Ecole Nationale d’Administration et de l’Ecole Normale Supérieur en France ;

4) Aux dirigeants de la Province du Kasaï Occidental.
• D’empêcher toute exploitation des ressources provinciales par des étrangers opérant sans autorisation de la Province ;

5) A la population.
• D’amorcer des initiatives alternatives en vue de se prendre en charge par un travail créatif dans la dynamique de non violence visant à éradiquer toute forme de domination et d’exploitation déshumanisante ;

6) A la Communauté Internationale.
• De s’investir pour mettre fin aux ambitions insatiables et démesurées des hommes politiques en mal de positionnement pour le pouvoir. Cela, dans le respect de la Charte des Nations Unies des Droits de l’Homme ;

7) Au RJMP.
• De former les populations à connaître leurs droits et obligations civiques et politiques, à les défendre, à les sortir de la résignation qui est le pire ennemi de la culture démocratique et à résister aux manipulations politiciennes.

Fait à Kananga, le 03 décembre 2006.

LES PARTICIPANTS

MOT DE CIRCONSTANCE DU PRESIDENT ADMMINISTRATEUR DU RESEAU JEUNES DANS LE MONDE POUR LA PAIX (RJMP), MONSIEUR EDEL MARTIN KABUTAKAPUA WA TSHIBUABUA, PRONONCE KANANGA, LE 03 DECEMBRE 2006,A L’OCCASION DE LA CLOTURE DU « SPECIAL RJMP COUPLE : ASSEMBLEE GENERALE ORDINAIRE ET SEMAINE DE LA PAIX 2006 »

Excellence Monsieur le Vice – Gouverneur de Province, Représentant personnel de Son Excellence Monsieur le Gouverneur empêché,
Messieurs les Membres du Conseil Provincial de Sécurité,
Excellence Monseigneur l’Archevêque de l’Archidiocèse de Kananga représenté,
Monsieur l’Inspecteur Provincial de la Police Nationale Congolaise représenté
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
Tout protocole observé

Au moment où les lampions s’éteignent sur le « Spécial RJMP couplé :Assemblée Générale Ordinaire et Semaine de la Paix 2006 », le Conseil d’Administration du Réseau Jeunes dans le Monde pour la Paix (RJMP en sigle), tous ses organes et moi-même nous nous faisons le devoir de remercier toutes celles et tous ceux qui, de près ou de loin, ont rendu possible la matérialisation de cette « semaine ».

Je pense particulièrement à notre partenaire Pax Christi International, qui a eu l’heureuse initiative d’associer le Réseau Jeunes dans le Monde pour la Paix, notre structure, à cet événement de portée universelle. Nous attribuons une mention spéciale à Messieurs Marc Barwuick et Flory KAYEMBE Shamba, pour le voyage de Kananga, où ils ont vécu avec nous quelques jours de la « Semaine de la Paix 2006».

Je remercie aussi les hautes autorités provinciales du Kasaï Occidental pour toutes les facilités qu’ils ont accordées et pour leur disponibilité à l’ouverture et à la clôture de cette « Semaine ».

J’exprime ma profonde gratitude à Monsieur le Chef du Bureau de la MONUC/Kananga et ses collaborateurs non seulement pour avoir garanti le déplacement à Kananga de nos délégués des Sections de Bukavu, de Kinshasa et de Mbuji-Mayi, mais aussi pour nous avoir facilité le transport pour l’excursion à la Mission Catholique Malandji Makulu, pour nous avoir accordé une importante communication sur le monitoring des droits de l’Homme et une documentation de grande importance aux participants.

Et puisque nous parlons de communications, je me fais le devoir d »exprimer ma reconnaissance à tous les conférenciers pour l’excellente facture de leurs exposés : ils ont apporté ainsi une contribution distinguée à la réussite de ces assises.

Que les participants, pour leur assiduité et leur activité remarquée lors de l’assistance aux conférences et aux débats, ainsi que les mamans, pour la haute qualité de leurs services culinaires, trouvent ici l’expression des remerciements sincères de Pax Christi International et du RJMP.

Excellences,
Distingués invités,
Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,
Tout protocole observé,

Dans quelques heures, le « Spécial RJMP couplé : Assemblée Générale Ordinaire et Semaine de la Paix 2006 » aura vécu. Il aura le mérite de révéler, à travers les communications qui se sont succédé tout au long de ces assises et les rapports de nos Sections de Bukavu, de Mbuji-Mayi, de Kananga et des Sous-Sections du Territoire de Dimbelenge, la permanence des violations des droits de l’Homme et l’absence notoire de paix en République Démocratique du Congo. La situation n’est guère mieux dans les pays voisins de l’Est.

Les causes de ce drame ont été épinglées dans les communications et au cours des débats qui les ont suivis : déficit d’amour, de démocratie et de bonne gouvernance, tribalisme, injustices sociales, pillages des ressources nationales, etc. Les conséquences, elles aussi, ont été diagnostiquées : déplacements des populations, peur, insomnies, dépression, haine, meurtres, viols, enlèvements, pauvreté, misère, maladies, etc.

Cette situation infernale ne saurait être tolérée indéfiniment. Elle doit absolument être éradiquée. C’est à cette tâche que s’active Pax Christi International, le RJMP, l’Organisation des Nations Unies et tant d’autres organisations de défense des droits de l’Homme et de promotion de paix. C’est dans cette perspective que s’est inscrit précisément ce « Spécial RJMP couplé : Assemblée Générale Ordinaire et Semaine de la Paix 2006 », sous le thème général :« Le plus beau métier de l’homme c’est d’unir les hommes, de faire la paix ».

Cette tâche, on le sait, est ardue, si ardue que d’aucuns la considèrent comme utopique. Dans son Message Pontifical à l’occasion de la Journée Mondiale de la Paix 1975, le Pape Paul VI avait prévenu, je cite : « La paix n’est pas une utopie. Elle est une réalité heureuse pour des millions d’êtres humains. Elle est aussi un espoir, un chantier où d’innombrables bâtisseurs s’activent […] »- fin de citation.

Plus loin dans le même message, le Souverain Pontife ajoutait, je cite : « La paix doit être faite, elle doit être continuellement engendrée et produite […] Les institutions mêmes qui, sur le plan juridique et dans le concert des nations – ont pour rôle- et ont le mérite de proclamer et de conserver la paix, n’atteignent le but prévu que si elles sont continuellement à l’œuvre, si elles savent à chaque instant engendrer la paix, faire la paix […] Les hommes succèdent aux hommes, les générations aux générations. Même si aucun changement ne se produisait dan les institutions juridiques et historiques existantes, il faudrait quand même œuvrer continuellement pour éduquer l’humanité à rester fidèle aux droits fondamentaux de la société : ces derniers doivent demeurer et guideront l’histoire pendant un temps infini […] » - fin de citation.

Comme vous pouvez le constater, ces propos sont encore d’une brûlante actualité. La paix est un processus de longue haleine. Et c’est certainement pour cette raison, mais aussi puisqu’il rend espoir aux traumatisés dont le nombre va sans cesse croissant que « unir les hommes » et « faire la paix » méritent d’être regardés comme « le plus beau métier ».

Aimables participants,

Vous venez de recevoir des informations et des stratégies de très haut niveau, non pas pour aller orner vos tiroirs, mais pour aller sauver des âmes en détresses, de vies menacées, des hommes et femmes désespérés. Vous êtes des « faiseurs de paix ». Vous avez le devoir d’accomplir votre tâche partout où la nécessité s’impose en vue de sauver ceux qui peuvent encore l’être. Vous réussirez, si vous considérez les victimes et si vous les aimez comme vous-mêmes. Je vous conseille, dans l’exercice de vos fonctions, de faire vôtres ces mots de Martin Luther King, je cite : « Toute injustice, où qu’elle se produise, est une menace contre la justice partout ailleurs. Nous sommes pris dans un réseau de relations mutuelles auquel nous nous ne pouvons échapper … Ce qui affecte directement l’un de nous nous affecte tous indirectement » . – fin de citation.

Excellence Monsieur le Vice – Gouverneur de Province, Représentant personnel de Son Excellence Monsieur le Gouverneur empêché,
Messieurs les Membres du Conseil Provincial de Sécurité,
Excellence Monseigneur l’Archevêque de l’Archidiocèse de Kananga représenté,
Monsieur l’Inspecteur Provincial de la Police Nationale Congolaise représenté
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
Tout protocole observé

Il ne me reste qu’à vous réitérer mes sincères remerciements pour votre contribution à ce « Spécial RJMP couplé : Assemblée Générale Ordinaire et Semaine de la Paix 2006 » et pour votre disponibilité.

Encore une fois, merci !

Nos adresses de contact:

1) 5ème Porte,-2ème Niveau de l’Immeuble TSHIEBUE MULOMBA-Avenue Macar n° 23/Commune de Kananga/République Démocratique du Congo.
2) E-mail : rjmp_3269@yahoo.fr, edm_kanatshi@hotmail.com,
3) Télephones : +243 997 406 289/+243 898 594 833
http : www.societecivile.cd/node.php?id=1257
Représentants à Kinshasa :
• Me Florent KAKULE Matembela, Av. Colonel Ebeya N° 1454, Cabinet d’Avocats, Local 16/Galeries Pacha, 2ème Etage (en face de l’Hôtel Memling), Tél. +243 815 991 147/+243 990 141 484 ;
• Jacques MUAMBA Bonso :147, Av. Kitega/C. Kinshasa ; Tél. +243 851 391 025/+243 999 498 010