renforcement des capacités et d’autoévaluation des compétences des leaders de jeunes dans la lutte contre le VIH/Sida au Sud

GAO asbl
Sud Kivu.

Compte-rendu de la réunion de renforcement des capacités et d’autoévaluation des compétences des leaders de jeunes dans la lutte contre le VIH/Sida ,
Salle de réunion ECC-Sud Kivu , Bukavu, le 1er septembre 2007

Débutée à 13heures justes, la réunion a commencé par un mot de bienvenue et de remerciements adressé par Mr Charles SADI, Coordonnateur du RACOJ/Sida.
Il a rappelé le contexte qui a milité pour l’organisation d’une telle activité par GAO asbl qu’il a remercié pour avoir associé le RACOJ/Sida dans son initiative combien louable. Le Coordonnateur du RACOJ/Sida au Sud-Kivu, modérateur du jour, a effleuré le code de conduite avant de présenter le programme aux participants.
La parole a été donnée, à ce stade, à l’Administrateur de GAO qui a présenté brièvement la structure dont il a la charge. Mr Christian ALISSI s’est appesanti dans son adresse sur les motivations profondes de l’activité du jour à savoir le renforcement des compétences des jeunes dans les domaines suivants :
1) Les compétences de vie courantes ;
2) L’élaboration des rapports d’activités mensuelles, trimestrielles et annuelles ;
3) La politique de lutte contre la stigmatisation et la discrimination des PVV ;
4) Le partner ship.
Si ces objectifs sont atteints, a-t-il dit, les jeunes intellectuels, les leaders des jeunes et les jeunes démunis auront contribué tant soit peu à endiguer le fléau du VIH/Sida.

Ière adresse :
La place de l’autoévaluation dans le renforcement des capacités
Mme Nadine, membre de l’équipe « SALT » de Bukavu a commencé par présenter son organisation avant d’insister sur les petites actions faisables grâce aux compétences avec peu ou pas de moyens.
SALT signifie stimuler et supporter ; apprécier et analyser, lier l’apprentissage et l’écoute, transférer les compétences.
L’équipe SALT aide les associations à s’autoévaluer. Les structures des jeunes doivent donc savoir dans leurs actions :
 Qui fait quoi ?
 Comment il le fait ? Il le fait avec qui ?
 Quels sont les indicateurs ?
Elle se base donc sur une approche communautaire de lutte contre le VIH/Sida à l’image de la Thaïlande et de l’Ouganda où cette approche a donné des fruits notamment dans la réduction sensible du taux de prévalence. Ce sont donc les communautés qui saisissent l’équipe SALT en vue d’atteindre leurs objectifs dans les échéances qu’elles se sont fixées.
Le but ultime est la conscientisation des communautés à agir indépendamment des gros financements. Un appel pressant a été fait par Mme Nadine aux jeunes pour exploiter cet outil de l’ONU/Sida dont le RACOJ/Sida détient tous les coordonnés. L’oratrice a conclu en invitant les participants à poser des questions d’éclaircissement.
Dans les débats autour du premier exposé le problème du financement des organisations des jeunes, la question du suivi de l’évaluation faite par l’équipe SALT en faveur des Jeunesse Plus et celle du champ d’action à l’équipe SALT ont été évoqués. Pour l’oratrice, l’équipe SALT aide à orienter les structures vers les bailleurs potentiels. Quant au suivi de l’évaluation de Jeunesse Plus et d’autres, l’équipe SALT connaît pour le moment des difficultés ayant trait aux finances.
Enfin, elle a affirmé que SALT agit jusque dans les territoires de la province.
Mr Charles SADI a insisté, à ce niveau, sur le caractère non lucratif des structures des jeunes qui, a priori, doivent multiplier les efforts pour mériter les financements.
Pour le Dr EKONGO, il faut mettre la volonté avant le financement

IIème adresse :
Le partenariat dans la lutte contre le Sida

Le Dr MURHABAZI, consultant à l’ONU/Sida au Sud-Kivu, a commencé par donner les principes directeurs de la réponse nationale contenue dans le plan stratégique national pour la lutte contre le VIH/Sida.
Les 6 principes directeurs :
1) La coordination
2) La décentralisation
3) L’intervention
4) Le partenariat
5) La multisectorialité
6) L’appropriation de la lutte
7) Le processus d’orientation d’action
Les piliers importants sont le partenariat et la multisectorialité. Pour leur meilleur rendement, le renforcement des capacités s’impose. C’est pourquoi l’ONU/Sida tient à :
- appuyer les efforts ;
- tenir fermement ;
- s’approprier la lutte ;
- pérenniser les services ;
- l’équité aux services de la lutte ;
- le partage d’expériences.
Les résultats attendus sont les objectifs du millénaire, la facilitation des meilleurs liens entre les bailleurs et les organisations ainsi que l’élargissement du programme de lutte contre le Sida. L’orateur a présenté ensuite l’ONU / Sida et a défini son rôle qui se base essentiellement sur l’efficacité de la coordination de la lutte contre le VIH/Sida dans le monde.
Il a conclu en disant que la jeunesse est la cible de la lutte car 40% des personnes nouvellement infectées sont des jeunes. Surtout ceux des milieux ruraux qui sont les plus frappés. A contrario, les jeunes n’ont pas assez d’informations et des financements. L’ONU/Sida considère donc les jeunes comme le pilier de la lutte et la cible privilégiée pour atteindre ses objectifs.
Les débats autour du deuxième exposé ont tourné autour :
- des antennes de l’ONU / Sida partout en RDC ;
- de la différence entre le cadre d’action contre le Sida et le plan stratégique de lutte contre le sida ;
- des informations sur le taux de prévalence au regard de l’implication de plusieurs ONG dans la lutte.
L’ONU/Sida a 4 bureaux en RDC, a répondu l’orateur, qui a affirmé que sa structure n’a pas d’antennes dans les territoires. Le cadre d’action est l’apanage de l’ONU/Sida tandis que le plan stratégique relève du PNMLS et du PNLS qui sont du niveau national.
Quant au taux de prévalence, il reste sans précision à ce jour en attendant les rapports des ONG : les enquêtes continuent pour avoir des statistiques journalisés qui vont donner le ton à la nécessité du renforcement des capacités.

IIIème adresse :
Renforcement des capacités en élaboration des programmes

Mr TATA du PNMLS a commencé par donner les 2 facettes du PNMLS à savoir un service de santé de l’Etat et un bailleur des fonds pour les associations de lutte contre le Sida (Volet MAP).
Le rapport adressé au PNMLS, en tant que représentant de l’Etat et bailleurs de fond dans la lutte, doivent contenir les éléments ci-après :
- la description du projet exécuté ;
- la justification
- les objectifs visés
- les résultats attendus en les quantifiant : ces résultats doivent être repris sur une fiche technique ;
- la justification du choix des cibles et les critères de choix

Modèle de présentation du rapport / PNMLS

Activité Indicateur Niveau prévu Niveau réalisé Budget Support
Prévu Réalisé

Ce tableau devra être précédé de :
1. Présentation de la structure ;
2. Référence des financements du PNMLS et ceux reçus avant PNMLS ;
3. Progression ;
4. Domaine d’activité. Ex : Prévention, prise en charge, atténuation de l’impact

N.B. Le niveau prévu doit être supérieur au niveau réalisé. Il faut détailler l’approche et les méthodes usités. La justification compte beaucoup car elle permet de détailler les difficultés rencontrées.

Les questions autour du 3ème exposé sont :
• Les ONG qui n’ont pas reçu le financement MAP ont-ils l’obligation de rendre compte au PNMLS ? La réponse est positive car le PNMLS représente l’Etat congolais dans la lutte.
• Comment évaluer les résultats lorsque l’activité consiste à afficher des calicots ? Dans ce cas on fait des estimations mais il vaut mieux de choisir les activités avec des indicateurs objectivement vérifiables.
• Les rapports narratifs doivent-ils être suivis des rapports financiers ? Nécessairement car le contrôle de la comptabilité est un élément majeur dans la cotation d’un rapport.

IVème adresse :
Les compétences de vie courante

L’UNICEF a formé 20 formateurs qui vont former 4000 pairs éducateurs adolescents sélectionnés dans les institutions ciblées par l’UNICEF et l’EPSP, a commencé par informer Mr Modeste de HALT Sida.
L’objectif du programme de compétence de vie courante (CVC) est de développer les aptitudes psycho-sociales d’une adolescent pour lui permettre de répondre efficacement aux épreuves de la vie quotidienne. Il vise spécifiquement les aspects suivants :
- la prise des décisions
- la résolution des problèmes ;
- la pensée créatrice
- l’esprit critique
- la communication efficace
- la gestion des relations
- la connaissance de soi
- l’empathie,
- la gestion des émotions,
- la gestion des stress

L’orateur a ensuite donné les dix mesures pour prévenir le VIH/Sida chez les ado. Il faut :
1° Briser le silence ;
2° Apporter connaissance et information ;
3° Fournir des compétences nécessaires ;
4° Fournir des services de santé adaptés ;
5° Encourager le développement volontaire et confidentiel ;
5° Faire participer dans les activités
6° Faire participer dans les activités
7° Associer les jeunes vivant avec le VIH ;
8° Créer un environnement sûr et favorable aux ado ;
9° Atteindre les jeunes les plus exposés ;
10° Renforcer le partenariat et assurer le suivi.
Le jeune qui n’a pas ces compétences de vie courante peut facilement tomber dans les filets du VIH/Sida. C’est pourquoi l’UNICEF cible les associations, les écoles et les églises pour la création des clubs « ADOVEV » dans le but de sensibiliser les ado avec l’appui de l’UNICEF.
Dans les débats, Mr Modeste a montré qu’un jeune séropositif a plus d’expérience et peut mieux sensibiliser les autres, jouant ainsi un rôle majeur dans la prévention.
A la question sur l’approche spirituelle, l’orateur explique que l’église est l’une des bénéficiaires et à ce titre il lui revient au regard de sa foi de jouer aussi le rôle de formateur. Un participant a émis une préoccupation sur la contradiction apparente entre l’UNICEF et les ONG concernant le dépistage : la réponse a été négative à sa préoccupation car les enfants ont accès au dépistage sous la responsabilité de leurs enfants, de leurs tuteurs ou avec l’accompagnement d’un counselling.
C’est sur ces mots que le Coordonnateur du RACOJ/Sida et l’Administrateur de GAO asbl ont remercié les participants et ont rappelé la tenue de l’assemblée générale ordinaire du RACOJ/Sida en date du 07 septembre 2007 chez HALT-SIDA.
La réunion a pris fin à 16 heures 30 minutes par un cocktail

Ainsi fait à Bukavu, le 03 septembre 2007