Encore des morts à Rutshuru/Province du Nord Kivu.

"Vers 04H00 du matin, les insurgés ont attaqué notre position de Rukoro (à 3 km de Rutshuru-centre) . Nous avons ouvert le feu et nous les avons repoussés. Nous avons compté une vingtaine de cadavres d'insurgés. Deux militaires des FARDC ont été blessés", a déclaré à l'AFP le colonel Antoine Mushima, commandant de la 6e brigade des FARDC.

"Les opérations se poursuivent" au sud-est de Rutshuru, localité située à environ 50 km au nord de la capitale provinciale Goma.

L'administrateur du territoire de Rutshuru, Dominique Bofondo, a précisé à l'AFP que trois soldats des FARDC blessés avaient été admis à l'hôpital de Rutshuru, où il s'est lui-même rendu mercredi matin.

En revanche, aucune source indépendante n'a pu confirmer le bilan des victimes dans les rangs des insurgés.

Selon le colonel Mushima, les soldats insurgés venaient de Karambi et Runyoni, localités proches de la frontière rwandaise, à environ 25 km au sud-est de Rutshuru, une zone sous contrôle des hommes de Nkunda depuis la mi-août.

L'administrateur Bofondo a affirmé que les insurgés étaient arrivés jusqu'au village de Burai, voisin de Rukoro, quasiment aux portes de la ville de Rutshuru, chef-lieu du territoire du même nom où des milliers de civils se sont réfugiés en octobre à la suite de combats.

"Nous avons appelé la population à ne pas paniquer, parce que la situation est sous contrôle des FARDC", a-t-il déclaré, affirmant qu'en milieu de matinée, les combats se poursuivaient à une vingtaine de kilomètres au sud-est de Rutshuru.

Depuis la fin août, les FARDC, qui ont massé environ 20.000 hommes au Nord-Kivu, combattent quelque 4.000 soldats insurgés ralliés à Nkunda sur plusieurs fronts, dans les territoires de Rutshuru et de Masisi, au nord et nord-ouest de Goma.

Début novembre, la Mission de l'ONU en RDC (Monuc) a établi une base mobile à Tchengerero, près de Bunagana (ville frontalière de l'Ouganda), au nord de Runyoni.

Selon des sources sécuritaires congolaises et onusiennes, les soldats insurgés ont attaqué par le sud, pour contourner la position des Casques bleus.

En dépit de la reddition de plus d'un millier de ses hommes depuis septembre, Nkunda refuse de désarmer. Le président congolais Joseph Kabila a donné le "feu vert" aux FARDC pour désarmer de force les combattants récalcitrants d'ici à la fin de l'année.

Depuis la fin 2006, les violences ont entraîné le déplacement forcé de quelque 375.000 civils au Nord-Kivu, qui compte désormais quelque 800.000 déplacés de guerre, selon l'ONU.

Pour l'ONG HUMAN RESCUE/RDC à Ruthuru Centre,
Guillaume Kambale Kamabu,
Chef Liaison au Nord Kivu.
Web:www.societecivile.cd/node/535