La Commission Electorale Indépendante du Sud Kivu à l’épreuve: Sur quelle loi se fonde-t-on dans l’examen des candidatures ...

Dans un point de presse tenu à son bureau le mardi 26 février 2008, monsieur Gaudens Maheshe, Président provincial de la Commission Electorale Indépendante (CEI) bureau du Sud-Kivu, a donné les arguments qui ont milité en faveur du rejet des candidatures de 4 personnes parmi les 8 en lice pour le poste de gouverneur de province du Sud-Kivu. Il vous souviendra que la veille, vers 0H00, le bureau national de la CEI venait de publier la liste des candidatures qui ont été acceptées et celles qui ont été rejetées après l’analyse de chacun des 8 dossiers qui ont été dûment déposés. Les arguments qui ont été avancés font actuellement couler de l’encre et de la salive à travers toute la province du Sud-Kivu et peut-être ailleurs.

Selon les critères arrêtés par cette commission, les candidatures acceptées sont celles de Me Guhanika Ganywamulume, Kahukula René, Mwanza Amisi Singoma et Muderhwa Cirimwami Louis Léonce. Tandis que celles de Bulambo Kilosho Jean-Marie, Rubota Masumbuko François, Bisimwa Balaluka et Chizungu Wenceslas ont été rejetées.

Justifiant cas par cas les motifs qui ont guidé le choix, l’orateur a précisé que la CEI a rejeté la candidature de monsieur Bulambo Kilosho Jean-Marie parce que, jusqu’à la date du dépôt de son dossier, il n’avait pas encore exhibé sa lettre de démission du Parti de l’Alliance Nationale pour l’Unité (PANU), son parti politique, pour qu’il puisse se présenter dans la compétition en qualité d’indépendant. Ici, le Président de la CEI a invoqué l’article 10 de la loi électorale. Ce parti politique est membre de l’Alliance pour la Majorité Présidentielle (AMP) et celle-ci s’était déjà fait représenter par le candidat Louis Léonce Muderhwa.

Pour cette même raison, la candidature de Chizungu Wenceslas, membre du Parti pour la Conscience du Peuple (PCP), a été rejetée.

Etant dans une situation similaire à celle de deux précités, monsieur Rubota Masumbuko François, a tenté de contourner cet « obstacle » en emmenant sa lettre de démission de son parti, le Parti congolais pour la bonne Gouvernance (PCBG). Mais la CEI n’a pas tardé à dresser un autre obstacle sur son chemin. Elle a alors invoqué le fait que ce candidat serait un agent du Ministère de la Santé et que, jusqu’à la date du dépôt de sa candidature, il n’avait pas encore déposé sa lettre de demande de mise en disponibilité selon l’esprit de l’article 10 de la loi électorale. Or, pour l’intéressé et tous les autres observateurs, bien que travaillant à l’Hôpital Général de Référence de Panzi, ce monsieur n’est pas un employé dudit ministère.

Enfin, monsieur Bisimwa Balaluka serait également, selon la CEI, un agent du Ministère de la Santé. Et pour l’enfoncer davantage, la CEI a soutenu que, monsieur Mwezezo Samitamba, le candidat vice-gouverneur qu’il a présenté, n’a pas pu déposer dans le délai requis sa lettre de demande de mise en disponibilité, car il assure les fonctions de Chef de Division provincial ad intérim du Tourisme au Sud-Kivu.

Une marge de 48 heures a été laissée aux candidats dont les dossiers ont été rejetés pour qu’ils puissent déposer leur recours auprès de l’autorité judiciaire compétente, en l’occurrence la Cour d’Appel de Bukavu.

L’asbl Héritiers de la Justice constate que dans le passé des cas similaires sont apparus en différents endroits en RD Congo : Nord-Kivu, Kasaï occidental, Bas-Congo, etc.

Des candidats membres des partis politiques bien connus se sont présentés en qualité d’ indépendants ou encore sous le label des regroupements politiques dont ils n’étaient pas forcément membres et ils ont été élus sans aucun problème. Or, à cette époque-là, c’est la même loi électorale N° 06/006 du 9 mars 2006 invoquée aujourd’hui par la CEI qui était et est encore en vigueur.

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, l’Association craint que le gouverneur de province qui sera élu ne se butte aux mêmes difficultés que son prédécesseur.

L’Association en appelle à la sincérité politique pour éviter de plonger la province et ses habitants dans un imbroglio.

Bukavu, le 27 février 2008.

Héritiers de la Justice


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