2è journaliste de la Radio Okapi abattu:Mr Didace Namujimbo assassiné à Bukavu dans la nuit du 21 novembre 2008

Mr Didace Namujimbo assassiné à Bukavu dans la nuit du 21 novembre 2008

2è journaliste de la Radio Okapi abattu

Dans la nuit du 21 au 22 novembre 2008, vers 21h00, des hommes armés non autrement identifiés ont assassiné monsieur Didace Namujimbo, journaliste à Okapi, une radio de la Mission des Nations Unies au Congo (MONUC) à quelque 4 m de chez lui, sur l’avenue Vamaro dans le quartier Ndendere en commune d’Ibanda à Bukavu en RD Congo. Il rentrait fraîchement du service. Né le 12/01/1974, ce fils de monsieur Pierre Namujimbo et de madame Thérèse Nabintu était marié à madame Asha Mudamba avec qui il a eu 3 enfants, tous mineurs.

En effet, le véhicule de la MONUC avait l’habitude de ramener feu Didace chez lui chaque jour après le service vers 21H00 et le laissait à l’adresse précitée pour emprunter l’escalier qui descend vers son domicile. C’est ainsi que dans la nuit de ce 21 novembre 2008, des personnes armées l’ont attendu dans l’escalier qui donne sur sa concession. Selon les témoignages recueillis sur les lieux du drame, ses bourreaux lui auraient tiré une balle dans le cou et ont pris fuite.Tous ses voisins sont restés terrés chez eux de peur de tomber dans les mailles de ces assaillants.

Ce n’est que le matin de ce samedi 22 novembre 2008, vers 6h00, que les passants ont retrouvé le corps de la victime dans l’escalier cité ci-dessus, gisant dans un bain de sang dans un rayon d’environ 10 m, heure à laquelle l’information a été portée à la connaissance des médias. La victime portait encore son appareil Talkie Walkie, une somme de 50 $US et 3.000 FC, un flash disk ainsi que son porte-feuille. La victime n’a été dépouillée que de ses deux téléphones portables.

En signe de protestation contre ce crime, des jeunes gens ont dressé des barricades et ont allumé des pneus sur les artères principales, notamment au Rond-point situé à côté de l’Institut Supérieur Pédagogique de Bukavu (ISP) et à Nyawera, plus précisément au croisement des tronçons donnant sur les avenues Vamaro et P.E Lumumba.

Des Autorités provinciales telles que le Procureur Général près la Cour d‘Appel de Bukavu, le Ministre Provincial de l’Information, l’Auditeur Militaire, … se sont rendus sur les lieux du drame et ont résolu que le corps de l’infortuné soit acheminé à l’hôpital général de référence de Bukavu pour une éventuelle autopsie.

Cet acte ignoble est une atteinte au droit à la vie garanti par l’article 16 al 1 de la Constitution de la RDC qui stipule que : « la personne humaine est sacrée. L’Etat a l’obligation de la respecter et la protéger ». En aucun cas, on ne peut y déroger, renseigne l’article 61 point 1 de ladite Constitution.
Ces dispositions constitutionnelles sont renforcées par l’article 6 point 1 du Pacte International relatif aux Droits Civils et Politiques qui précise que « le droit à la vie est inhérent à la personne humaine.

Ce droit doit être protégé par la loi. Nul ne peut en être arbitrairement privé ». Et l’article 3 de la Déclaration universelle des droits de l’homme renchérit que « tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne » ; tous ces instruments juridiques ont été dûment ratifiés par la RDC.

Les officiels et certains analystes approchés par nos sources lient cet assassinat au métier de journaliste qu’exerçait la victime de son vivant et qu’il doit s’agir d’un acte prémédité. D’aucuns pensent qu’il faudrait circonscrire les enquêtes, non pas seulement dans les 48 heures qui ont précédé le crime mais aussi sur les émissions radios, les dossiers sensibles sur lesquels le
défunt travaillait dans les 3 ou 4 mois qui précèdent sa mort pour comprendre les mobiles éventuels de cet acte ignoble.

L’opinion se souviendra que dans des circonstances obscures, monsieur Serge Maheshe Kasole, alors journaliste de la Radio Okapi à Bukavu a été assassiné à Bukavu dans la nuit du 13 au 14 juin 2007. Mr Bonané Cibembe a été tué à Bukavu aussi dans la nuit du 22 septembre 2007 et beaucoup d’autres victimes dont les enquêtes n’ont jamais abouti à des résultats palpables jusqu’à ce jour.

Ces faits démontrent clairement l’incapacité de l’administration congolaise d’assurer la sécurité et la paix à sa population en violation de l’article 52 de sa Constitution qui stipule que : « Tous les Congolais ont droit à la paix et à la sécurité, tant sur le plan national qu’international.»
Cette incapacité se démontre clairement par la léthargie dans le chef de l’appareil judiciaire dans la conduite des enquêtes en cas de violation des droits humains.

L’asbl Héritiers de la Justice recommande au Gouvernement Congolais l’ouverture immédiate d’une enquête sérieuse et crédible sur l’assassinat du journaliste Didace Namujimbo pour rechercher les présumés assassins et élucider les mobiles qui ont milité en faveur de sa mort.

A cet effet, l’Association recommande la mise sur pied d’une commission mixte composée des officiels congolais, de la MONUC, de la Société Civile et des Enquêteurs internationaux en vue d’un procès juste et équitable ainsi qu’une indemnisation de la famille de l’illustre disparu.

Elle demande également, au delà de la loi portant protection des défenseurs des droits humains en souffrance au Parlement Congolais, l’autorisation du port légal des armes par ces derniers pour une sécurité individuelle efficace.

Enfin, au regard de l’insécurité qui prévaut dans la ville de Bukavu et l’échec de son éradication par les patrouilles nocturnes, l’Association demande à la MONUC et à tous les autres employeurs qui retiennent leurs collaborateurs jusqu’à la tombée de la nuit de bien vouloir accompagner ces derniers jusqu’à la porte de leurs domiciles par des policiers.

Bukavu, le 22 novembre 2008
Héritiers de la Justice


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