Deux journalistes, un destin.

Didace Namujimbo est assassiné le 21 novembre 2008 à 21 heures par des hommes en armes.
Serge Maheshe est assassiné le 13 juin 2007 par des hommes en armes.
Tous deux sont nés à Lubumbashi et ont animé des émissions à la RTNC Bukavu avant d’être embauchés à la radio Okapi comme journalistes. Ils sont tous morts jeunes. L’un à 34 ans et l’autre à 31 ans.

Ce matin du 22 novembre 2008, Les habitants de Bukavu ont été surpris d’apprendre que Didace Namujimbo a été abattu d’une balle dans la tête par des inconnus armés le 21 novembre 2008 à 21 heures à 50m de son domicile au quartier Ndendere à Nyawera. Il a été retrouvé par les passants, étendu sur un escalier.
Les coups de feu ont crépité cette nuit mais la police n’a pas, comme à l’accoutumée, fait signe de vie.

Soulignons que l’infortuné revenait du service et venait juste d’être déposé par un véhicule de la MONUC lorsque le pire est arrivé. Il laisse une veuve et trois enfants.

Cet assassinat rappelle celui de serge Maheshe, lui aussi abattu presque dans les mêmes circonstances.

Depuis plusieurs mois, la population de Bukavu en particulier et celle du Sud Kivu en général vit une psychose de la guerre. Cela est dû notamment aux affrontements violents qui font rage au Nord - kivu voisin, entre les rebelles de Laurent Nkunda et les FARDC.

L’effet d’entraînement aidant, les signes de la guerre se font de plus en plus remarquer au Sud Kivu : Insécurité, tueries ciblées, impunité, rumeurs …

Plusieurs cas de meurtres sont enregistrés ces derniers temps à Bukavu et les habitants ne sont pas protégés par la police.

Ainsi, suite à cette confusion, la population ne sait plus différencier un policier d’un militaire ou d’un fin d’air (groupe armé) car tous sont armés et sèment l’insécurité et la désolation.

Les journalistes et autres acteurs de la société civile, haussent le ton et sollicitent auprès de l’autorité le respect des droits des citoyens avant que la situation n’explose.

Quant au pouvoir judicaire, il est aussi interpellé, du fait que les assassinats de serge Maheshe, Pascal Kabungulu (un autre activiste des droits humains abattu en juillet 2005) ont connu des procès publics dont les résultats ont été nuls et décevants. Les vrais commanditaires n’ayant pas été identifiés.
La population qui se déplace toujours en masse pour suivre lesdits procès se sent de plus en plus trahie par ceux- là même qu’elle a élu massivement en 2006.

Ainsi devant la gravité de la situation et afin de prévenir d’autres tueries, l’organisation GAO recommande ce qui suit :

1. A L’autorité publique ;

- De multiplier les patrouilles de la police afin d’assurer à la population la sécurité et la paix;
- De mettre tout en œuvre pour que l’éclairage public soit assuré par la société nationale d’électricité (SNEL) car l’obscurité favorise cette insécurité;
- D’intégrer des nouvelles unités au sein de la police en remplacement de celles qui ont déjà vieillies;
- De respecter les droits des policiers et militaires en leur octroyant leur solde de manière décente afin qu’ils ne soient plus tentés de rançonner la population, déjà martyrisée;
- De respecter les droits des citoyens reconnus par la constitution de la RDCongo.

2. A toute la population ;

- D’éviter de tomber dans le piège des assaillants et privilégier les voies pacifiques pour revendiquer ses droits et ne pas user de la justice populaire
- De rester unie et solidaire pendant ces moments de dures épreuves en dénonçant le mal dans le respect de la loi
- D’éviter de véhiculer des messages de violences qui peuvent avoir des conséquences néfastes au sein de nos communautés.

GAO asbl.
Le 23 Novembre 2008