Publication des actes du Spécial RJMP couplé 2008: Semaine de la Paix et Assemblée Générale

Réseau « Jeunes dans le Monde pour la Paix
RJMP/asbl

ONG des Droits de l’Homme – « RJMP » - Human Rights NGO
Personnalité Juridique : Arrêté Ministériel N° 042/CAB/MIN/J/2006 du 15 mars 2006

ACTES DE LA SEMAINE DE LA PAIX 2008 COUPLEE A LA 5ème ASSEMBLEE GENERALE ORDINAIRE AUTOUR DU THEME GENERAL :

« CE QUI NOUS UNIT EST PLUS FORT QUE CE QUI NOUS DIVISE »
ISSR/Kananga-République Démocratique du Congo, du 06 au 12 octobre 2008

Dans ce document le masculin est utilisé sans discrimination

Edition du Conseil d’Administration du RJMP/asbl

Kananga/Kasaï Occidental en République Démocratique du Congo, janvier 2009

TABLE DES MATIERES

Matières Pages
Table de matières 2
Préface 5
RAPPORT SYNTHÈSE 7
Première Journée : lundi le 06 octobre 2008 7
Deuxième Journée : mardi le 07 octobre 2008 7
Cérémonie d’ouverture
Homélie de Mgr Evariste LUFUTA Mujangi 8
Mot de circonstance du Président Administrateur du RJMP 9
Allocution du Représentant du Gouverneur de province 9
Troisième Journée : mercredi le 08 octobre 2008 10
Le Monitoring des cas de violation des Droits de l’Homme 11
Les Conflits coutumiers et fonciers et la question du développement du Kasayi 12
Quatrième Journée : jeudi le 09 octobre 2008 13
La lutte contre la pauvreté comme nouveau nom du développement et de la paix 13
La Non-violence active comme moyen de résolution de conflit 16
La Décentralisation en RDC et la problématique de la justice distributive 17
Cinquième Journée : vendredi le 10 octobre 2008 18
La jeunesse congolaise face au droit à l’éducation : un avenir compromis 18
Sixième Journée : samedi le 11 octobre 2008 19
Visite d’immersion à la Mission Catholique Muamba Mbuyi 19
Synthèse des rapports des Sections, Sous-sections et des Cellules du RJMP 19
Septième Journée : dimanche le 12 octobre 2008, Cérémonie de clôture 20
ANNEXES 21
Programme de la Semaine de la Paix 22
Cérémonie d’ouverture
Homélie de Mgr Évariste LUFUTA MUJANGI, Vicaire Général de l’Archidiocèse de Kananga, à l’ occasion de l’ouverture de la Semaine de la Paix 2008, Cathédrale Saint Clément de Kananga, le 07 octobre 2008. 25
Mot de circonstance prononcé par Monsieur Edel Martin KABUTAKAPUA, Président Administrateur du RJMP, à l’occasion de l’ouverture officielle de la Semaine de la Paix 2008. 27
Allocution de Monsieur le Ministre Provincial de l’Administration Territoriale à l’occasion de l’ouverture officielle du RJMP couple 2008 31
Déclaration et messages des participants à la Semaine de la Paix 2008 34
Déclaration des participants 34
Messages des participants 36
Les conflits fonciers et coutumiers : un goulot d’étranglement pour le développement du Kasaï Occidental 37
Introduction 37
Les lois foncières du Congo et leurs contradictions 38
Les chefs coutumiers et les conflits intra et intercommunautaires : freinage au développement du Kasaï 40
La délocalisation et le développement par des investissements 41
Conclusion
42
La lutte contre la pauvreté comme nouveau nom du développement et de la paix 43
Introduction 43
Connaissez-vous la pauvreté ? 43
Y-a-t-il une solution à la pauvreté ? 45
Mais alors, y-a-t-il vraiment une solution à la pauvreté ? 46
La décentralisation en République Démocratique du Congo et la problématique de la justice distributive 48
Quid du régionalisme et de la décentralisation ? 48
Ce mode de gestion de l’Etat présente-t-il des avantages ? 49
Quel avantage alors pour la R.D.Congo ? 49
Quid des inconvénients ? 49
D’où le problème de la solidarité nationale 50
La non-violence active comme approche d’intervention dans un conflit 51
Introduction 51
Définition de ‘Conflit’ 51
La résolution des conflits : méthodes et moyens 52
Le concept ‘Non-violence 53
Conclusion 54
La jeunesse congolaise face au droit à l’éduction : un avenir compromis 55
Introduction 55
Instruments juridiques et leur applicabilité en droit congolais et international 56
Sur le plan national 56
Sur le plan international 56
Place de l’Etat congolais face au système éducatif en perdition 56
La prise en charge des enseignants par les parents 57
La désuétude des lois 57
Le non respect des engagements pris par l’Etat congolais 58
Conclusion 58
La jeunesse congolaise face au droit à l’éduction : un avenir compromis bis 59
Introduction 59
A qui profite le crime ? 60
La féminisation de l’ignorance dans une société macho 61
Conclusion 62
Etre bâtisseur de paix : restitution des acquis de la formation de Moundou/Tchad avec l’Université de Paix en Afrique 63
Introduction 63
La mise en route de notre Campus 64
Le travail biographique : Moi et mon expérience avec la violence 65
La bonne puissance : l’espace public pour l’action et la transformation sociale 65
La bonne puissance 65
La transformation sociale 66
Le troisième niveau 67
La communication non-violente comme outil de base pour un bâtisseur de paix 68
Origine et historique du processus de communication 68
Méthodologie de la communication (tête, cœur, ventre et jambes) 69
Différence entre ce qu’on voit et ce qu’on pense 70
La gestion positive de conflits 70
Définition de conflits 70
Phases d’escalade d’un conflit 71
Caractéristiques des étapes d’escalade d’un conflit 71
Analyse d’un conflit 71
Causes principales d’un conflit 72
Niveaux d’un conflit 72
Les visites d’immersion et de découverte : outil d’application pratique et d’apprentissage théorique de l’Université de Paix en Afrique 2007 74
Sites des visites 74
Objectifs des visites 74
Découvertes dans les visites 74
Projet de retour au pays 75
Le plan d’activités du RJMP 2008-2010 : ressort du cadre stratégique du Réseau Pax Christi International 76
Introduction 76
La vision du mouvement Pax Christi Grands Lacs 76
Les priorités 77
Les objectifs (éducation civique ; réconciliation et édification de la paix 77
Les stratégies 77
Mot prononcé par Monsieur Edel Martin KABUTAKAPUA, Président Administrateur du RJMP, à l’occasion de la clôture 79
Liste des participants 82
Quelques photos souvenir avec les conférenciers 85

Préface

« Réussite proclamée du RJMP 2008: la paix est possible, construisons-la »

C’est pour moi un plaisir et en même temps une joie immense d’écrire ce préface.
Le RJMP couplée 2008 : Semaine de la Paix et Assemblée Générale sur le thème « Ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise » a vécu. Il appartient désormais à l’histoire. Il a été une réussite remarquable et totale par rapport au passé.
Cependant, le contexte dans lequel s’est déroulée notre Semaine de la Paix est déplorable : grèves des enseignants et des médecins, crise alimentaire et des produits de première nécessité, insécurité et vol à mains armées, guerre à l’Est, recrudescence des conflits fonciers et coutumiers, … ont constitué le lot quotidien des Congolais !

En effet, la réussite proclamée du RJMP couplé 2008 l’est par rapport :
• Aux objectifs et résultats visés par les deux événements couplés de 2008 ;
• aux assemblées générales et semaines de la paix passées (nombre et qualité des participants et des conférenciers, provenances des participants, …) ;
• à l’insuffisance des moyens financiers face au nombre des participants ;
• non seulement aux réactions positives de la population ouest-kasaienne mais aussi à la valeur et la pertinence du thème général retenu pour la circonstance.

Par ailleurs, le même thème général « Ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise » a été un thème défiant ou mieux « provocateur » selon l’expression de Mgr Evariste LUFUTA Mujangi. Provocateur et défiant, ce thème l’est aussi dans la mesure où, le 10 octobre 2008, les conflits champêtres ont divisé deux groupements d’un même secteur qui se sont violement affrontés à cause de la terre arable au lieu que ces derniers soient unis à cause de leur identité ou mieux de leur appartenance à un même secteur. L’ironie du sort, voilà les arguments du thème général qui m’ont permis de réconcilier les piliers ou mieux les représentants de deux groupements en crise à Kananga qui, avant les incidents, étaient de vrais amis et avaient pris part active à la Semaine de la Paix 2008 autour du thème général susmentionné. Dans le secteur visé et précisément dans la Mission Catholique Mashala (dans le Territoire de Dimbelenge, à + ou – 180 kilomètres de Kananga), il s’est passé un événement douloureux qui a divisé deux groupements d’un même secteur à cause des conflits champêtres.
La réussite proclamée est dans un premier temps un devoir pour moi de remercier, au nom des organisateurs, les conférenciers parmi lesquels l’intelligentsia ouest-kasaienne surtout pour leur implication, l’originalité et la haute facture de leurs messages.
En souhaitant bonne lecture de ce qui intéresse les lecteurs de ce document, je garde ma ferme conviction tant pour notre avenir, pour l’avenir de la République Démocratique du Congo que de l’Afrique entière déchirée par les guerres et ruinées par la pauvreté que « la paix est possible, tous construisons-la ».
Bonne lecture et merci pour votre intérêt, votre contribution au RJMP et à ses publications.

RAPPORT FINAL SYNTHETISE DE LA SEMAINE DE LA PAIX 2008 COUPLEE A L’ASSEMBLEE GENERALE

« Ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise »
Introduction
Il s’est tenu à Kananga/Kasaï Occidental de lundi 06 à dimanche 12 octobre 2008, respectivement à la Cathédrale Saint Clément de Kananga et dans la grande salle de l’Institut Supérieur des Sciences Religieuses de Kananga (ISSR/Kananga), les travaux du « RJMP couplé 2008 : Semaine de la Paix et Assemblée Générale ordinaire ».
Organisés par le Réseau « Jeunes dans le Monde pour la paix » (RJMP en sigles) en partenariat avec le Réseau mondial pour la paix qu’est Pax Christi International, lesdits travaux ont connu la participation de 94 participants parmi lesquels 13 femmes et ont gravité autour du thème général « Ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise » et avaient pour objectifs de:
• vulgariser et rejoindre le Cadre Stratégique Pax Christi Grands Lacs 2008-2010 ;
• sensibiliser et éduquer les membres du RJMP/asbl – en particulier et les populations de la RDC en général- à la culture de la tolérance et de l’attitude positive vis-à-vis de l’« autre » ;
• se retrouver et échanger d’expérience –entre et par les membres de la Famille « RJMP/asbl » disséminée à travers la République Démocratique du Congo ;
• évaluer l’impact de nos activités (analyser sans complaisance les réussites et les échecs de notre travail sur terrain) et envisager des perspectives d’avenir ;
• former et renforcer les capacités d’intervention des membres à promouvoir la paix, la justice et la non-violence dans leurs milieux respectifs ainsi qu’à la vision et à la philosophie du RJMP ;
• faciliter l’élaboration du rapport général annuel, principalement le rapport sur l’état de lieu de la situation des Droits de l’Homme dans les différents coins de la République Démocratique du Congo.
Dans le présent rapport, nous nous proposons de reprendre chronologiquement l’essentiel des activités de la Semaine de la Paix tel qu’elles se sont déroulées, jour par jour ainsi que le résumé de la communication de chaque intervenant dont le texte intégral est repris dans les annexes de ce rapport.
Il y a lieu de mentionner ici que sur un total de onze communications prévues deux n’ont pas eu lieu faute de l’absence de leurs animateurs. Il s’agit de : « la participation consciente de la femme dans la refondation de la république » et « les préparatifs des élections locales, municipales et urbaines : expérience du passé et enjeux de l’avenir ».

Première Journée : lundi le 06 octobre 2008

Cette journée a été consacrée à l’accueil et à l’installation des participants membres du RJMP venus de divers coins de la République Démocratique du Congo (Kinshasa, Kasaï Oriental –Mbuji Mayi, Lubefu, Lusambo-, Kasaï Occidental –Kananga, Dimbelenge, Demba) et dont le nombre total a été de 80 personnes parmi lesquelles 9 femmes.

Deuxième Journée : mardi le 07 octobre 2008

Après la présentation mutuelle des participants au siège administratif du RJMP, ces derniers et les invités se sont rendus à la Cathédrale Saint Clément de Kananga pour la cérémonie d’ouverture officielle.
Le tout a commencé par un culte d’action de grace sous la présidence de Mgr Evariste LUFUTA Mujangi, Vicaire Général de l’Archidiocèse de Kananga qu’assistait Monsieur l’Abbé Godefroid KABASUBABO, Curé de la paroisse Saint Clément.
Ci-dessous est donné le résumé de l’homélie de l’officiant.

I. Homélie de Mgr Evariste LUFUTA Mujangi

« Comment unir, en effet, les bourreaux et leurs victimes dans une communauté pacifiée ? Comment peut-on parler des familles entre ce qui ont le pouvoir et la richesse et qui disposent de la vie des milliers de gens entre leurs mains, et ceux qui les écrasent ? »

Dans sa prédication, l’officiant se réjouit personnellement d’être associé à la mise en route de la Semaine de la Paix 2008. Il ne cache pas sa nature et son penchant contre les initiatives non violentes qu’il suspecte d’encourager un pacifisme trop facile renforçant le statu quo et la violence des maîtres de l’heure.
Révolté, le Vicaire Général de l’Archidiocèse de Kananga estime que la justice doit d’abord se faire au profit des innocents écrasés. Il constate dans les textes bibliques du jour une gravité et un sens qui déroutent le raisonnement humain.
Malgré tout, Mgr LUFUTA Mujangi juge le thème très particulièrement interpellant car de brulante actualité. Il atterrit avec le message biblique tiré d’Isaïe 11 :6-9, 9 :6 et 7 :9 chez le peuple congolais et leurs dirigeants préoccupés par la guerre qui déchire de nouveau le pays : il faut la confiance absolue en Dieu comme condition indispensable pour la réussite de toute entreprise. L’officiant principal dit que le message du prophète Isaïe devait être, pour la République Démocratique du Congo, un souffle bienfaisant, une substance (un baume) sur la plaie causée par les affres de la guerre continuelle dans les deux Kivu et la Province Orientale. Il pose la question de savoir comment ajouter à cela la foi tout en démontrant la difficulté de mettre à la même table les frères protagonistes de la RDC et ce, à l’instar du lion et de la vache de la Palestine entrevue par le prophète.
Le prédicateur démontre aussi que la conviction, la confession de la foi des organisateurs de la Semaine de la Paix par « Ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise » est surprenante ! Elle suppose engagement et lutte. Il continue pour dire que l’affirmation des organisateurs de la Semaine de la Paix est une méthodologie de la non-violence qu’il considère comme étant à la fois idéale et stratégie. Une stratégie qui exige de payer de sa propre personne en première ligne et qui dit stratégie dit réflexion, recherche, analyse, création des mécanismes menant au but.
Le Vicaire Général de l’Archidiocèse de Kananga va procéder à l’ouverture spirituelle de la Semaine de la Paix lorsque, en clôturant sa prédication, il considère l’eucharistie du jour comme l’atelier spirituel à partir duquel les diverses activités du RJMP couplé 2008 sont lancées.

Après la célébration eucharistique, la deuxième étape de la cérémonie d’ouverture est intervenue à 12h30’ avec l’audition, tour à tour, des mots de circonstance et d’ouverture officiel respectivement par l’Assistant Edel Martin KABUTAKAPUA, Président Administrateur du RJMP et par Me Serge BOKELE, Ministre Provincial de l’Administration Territoriale représentant personnel du Gouverneur de la Province du Kasaï Occidental empêché.
Les résumés de deux mots sont aussi repris ci-dessous.

II. Mot de circonstance du Président Administrateur du RJMP

Dans son mot de circonstance, le Président Administrateur a loué, glorifié et magnifié Dieu pour avoir rendu possible la rencontre. Il a également, au nom de tous les membres du RJMP et en son nom personnel, salué et remercié Son Excellence Monsieur le Gouverneur de Province alors représenté pour avoir accepté de présider la manifestation. Il n’a pas oublié de remercier le Vicaire Général de Kananga, Mgr Evariste LUFUTA Mujangi, représentant personnel de Son Excellence Mgr l’Archevêque de Kananga en mission, pour avoir accepté de célébrer l’eucharistie organisé pour se solidariser avec les compatriotes de l’Est de la RDC. Il mentionne aussi sa gratitude aux responsables du Réseau Pax Christi International pour leur marque de confiance au RJMP ainsi que pour leur appui à la « Semaine de la Paix 2008 ».
Edel Martin KABUTAKAPUA adresse ensuite ses chaleureuses et ses sincères remerciements, au nom de tous les membres du Réseau, à tous les invités pour avoir rehaussé de leur présence la cérémonie d’ouverture officielle de la manifestation.
Aux membres du RJMP venus de plusieurs coins du pays, il dédie une cordiale bienvenue et un souhait d’agréable séjour à Kananga.
Somme toute, à travers le thème « Ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise », le Président Administrateur du RJMP convie ses compatriotes à reconnaître les différences des autres et à privilégier en même temps les intérêts communs.
Enfin, Edel Martin KABUTAKAPUA Nansh’a Tshibuabua, condamne énergiquement les démons de la guerre à travers le semeur invétéré des insomnies de la mort et de la désolation qu’est le général déchu Laurent NKUNDA devenu actuellement grand frein à la « reconstruction » de la République Démocratique du Congo.
L’honneur est fait à son Excellence Monsieur le Ministre Provincial de l’Intérieur pour ouvrir officiellement les activités de la Semaine de la Paix et l’Assemblée Générale 2008.

III. Allocution du Représentant du Gouverneur de province.

« L’union fait la force »

Dans son mot d’ouverture, le Ministre Provincial de l’Administration territoriale a, au nom du Gouverneur de Province empêché et en son nom personnel, salué et exhorté les participants et les invités à la cérémonie au travers l’initiative louable du RJMP. Il démontre sa foi en Jésus - à laquelle il sensibilise aussi bien les païens que les chrétiens- qu’il croit être Premier et Garant donateur de la paix. Il proclame aussi que le Seigneur Jésus-Christ a donné et laissé la paix à l’humanité pour que celle-ci sache épanouir non seulement son corps mais aussi et surtout développer l’univers.
Le Représentant du Gouverneur de la Province du Kasaï Occidental a démontré sa conviction selon laquelle sans la paix durable il est difficile et aberrant de parler de justice et encore moins travail qui, à leur tour, constituent les garanties d’un essor socio-économico-politico humanitaire en tout point de vue.
La compréhension ou mieux la traduction du thème général de la Semaine de la paix 2008 « Ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise » par Me Serge BOKELE est formulée par le principe « L’union fait la force ».
Dans sa communication, le Ministre Provincial a aussi condamné les atrocités de toute sorte qui ont élu domicile depuis de longues décennies en Afrique toute entière et particulièrement en Afrique noire avant de lancer un cri d’alarme à la Communauté Internationale et au Gouvernement Central de la République Démocratique du Congo en faveur des voies et moyens susceptibles de conduire le pays, dont surtout la partie Est, à une paix durable.
L’orateur a démontré son espoir et émis le vœu de voir les participants prendre des résolutions et faire des recommandations pratiques capables d’aider la nation congolaise de sortir de l’égout. Son espoir s’est fondé particulièrement sur les différents sous-thèmes prévus au programme du RJMP couplé 2008 et ce, compte tenu de leur pertinence et de leur problématique au quotidien du Congolais Ouest-Kasaien.
En définitive, au nom du Gouverneur de Province empêché, le Ministre Provincial a souhaité que les termes de la Semaine de la Paix ne soient pas lettres mortes et a émis le vœu pour leur vulgarisation par n’importe quel moyen pour que tous les Congolais sachent qu’ils appartiennent à une et seule nation indivisible et inaliénable.
C’est par la démonstration de l’unité et de l’appartenance de toutes les provinces à la nation congolaise que le Ministre Serge BOKELE a prononcé la célèbre formule attendue « Ouverture officielle des assises du RJMP couplé 2008 : 4ème Semaine de la Paix et 5ème Assemblée Générale du Réseau ».
La dernière étape de la cérémonie d’ouverture officielle a consisté en un rafraîchissement offert aux invités et aux participants dans les enceintes de la paroisse Saint Clément de Kananga.
C’est à 14h30’ que tous les invités et les participants ont quitté les installations de la paroisse Saint Clément pour rentrer respectivement chez eux et au siège administratif du RJMP.

Troisième Journée : mercredi le 08 octobre 2008

La troisième journée des travaux de la Semaine de la Paix 2008 commence à 10h00’ par une marche pacifique organisée par le Réseau pour compatir avec les compatriotes de l’Est.

La marche pacifique est allée du siège social du RJMP (situé au numéro 23 de l’avenue Macar dans la Commune de Kananga) à l’ISSR/Kananga en passant successivement par le Bâtiment Administratif du Kasaï Occidental, le Quartier Général de la MONUC/Secteur 3, le Rond Point des Nations Unies (ex Rond Point Pax), l’Avenue Lulua et le Rond Point Notre Dame de la Commune de Katoka.
Au cours de cette marche la copie de la Déclaration des participants à la Semaine de la Paix couplée à l’Assemblée Générale du RJMP-relative à la guerre et aux attaques des rebelles respectivement à l’Est et dans la Province Orientale- adressée au Gouvernement de la RDC et au Secrétaire Général des Nations Unies a été déposée respectivement au gouvernorat du Kasaï occidental et auprès du Chef de Bureau a.i. de la MONUC/Kananga.

L’après-midi de cette troisième journée a été consacrée aux deux communications notamment :
• Le monitoring des cas de violation des Droits de l’Homme et les mesures de protection des activistes des droits de l’Homme et des journalistes
• Les conflits coutumiers et fonciers : un goulot d’étranglement dans la reconstruction du Kasaï occidental.

Nous donnons ci-dessous les résumés de ces deux communications de la journée.

IV. Monitoring des cas de violation des Droits de l’Homme et la protection des défenseurs des Droits de l’Homme (Me Sylvain MAKANGU Kabengele)

Le conférencier commence sa communication par la définition des concepts : Droits de l’Homme, Monitoring des Droits de l’Homme, Violation et abus des Droits de l’Homme.
Il définit les Droits de l’Homme comme étant les prérogatives ou les garanties reconnues à toute personne du fait de son appartenance à l’espèce humaine.
Quant au monitoring, il s’agit d’un terme anglais qui signifie surveillance, récolte active de l’information relative aux Droits de l’Homme en vue de résoudre une situation des Droits de l’Homme. Le monitoring peut consister en l’observation des événements, en l’entretien avec les autorités (par exemple lorsqu’une personne a été arrêtée).
Me Sylvain pose aux participants la question suivante : violation des Droits de l’Homme qu’est-ce ?
Il y a violation des Droits de l’Homme lorsque l’Etat ou les acteurs étatiques (ou les représentants de l’Etat) transgressent les droits garantis aux citoyens par les instruments juridiques internationaux voire régionaux relatifs aux Droits de l’Homme.
Il y a abus des Droits de l’Homme lorsque les transgressions des droits sont commises par les acteurs non étatiques.
L’orateur attire l’attention de ses auditeurs sur le fait qu’un activiste des Droits de l’Homme n’est pas reconnu par ce qu’il dit qu’il est mais plutôt par ce qu’il fait.
L’activiste des Droits de l’Homme doit :
1. Respecter les dix-sept principes ou précautions qui sont la crédibilité, la confidentialité, la sécurité, la cohérence-persévérance-patience, le détail -la précision, l’impartialité, l’objectivité, la sensibilité, l’intégrité, le professionnalisme et la visibilité.
2. Se procurer l’information par l’acquisition du renseignement, la création des contacts et la marque de sa présence dans la communauté, la réunion des témoignages, la réception des plaintes, la vérification de ses informations, l’analyse de ses informations, l’évaluation des témoignages directs et les autres formes d’informations.
3. Faire l’entretien par la protection des témoins, la préparation de l’entretien, l’approche de l’entretien, l’entretien proprement dit, la conclusion de l’entretien et le maintien de contact, le rapport d’entretien et l’approfondissement de l’enquête.

Dans le but de gagner le temps, le modérateur demande aux participants de transcrire leurs questions –pour la meilleure compréhension- sur un papier afin de le soumettre à l’orateur qui, après compilation, pourra donner suite à ces préoccupations. Mais avant que le premier intervenant ne réponde aux questions lui posées par l’auditoire, la parole fut accordée au deuxième intervenant pour passer sa communication afin que toutes les questions soient décortiquées ensemble.

V. Les conflits coutumiers et fonciers et la question du développement du Kasaï occidental (Par Mgr Gilbert KALUMBU Ngindu)

Interpellé par des nouvelles assez angoissantes des villages où l’on signale, chaque jour, des conflits intra et intercommunautaires, l’orateur articule sa communication autour des trois points principaux qui sont : les lois foncières et leurs contradictions, les chefs coutumiers et les conflits intra et intercommunautaires, et enfin la délocalisation comme conséquence inéluctable de la globalisation et la question de développement par le truchement des investissements
Mgr Gilbert trouve dans la Reforme de 1973 la naissance des contradictions et la source de multiples conflits car cette reforme vient instaurer le monopole de l’Etat sur le droit foncier alors que la loi coloniale savait dissocier clairement les terres de l’Etat de terres coutumières. La confusion ou mieux l’ambigüité est née à ce niveau, favorisant ainsi l’élite locale à se servir de deux lois ou de deux systèmes –moderne et coutumier- pour acquérir des terres immenses et faisant que les institutions quelles qu’elles soient empiètent les petits villageois par l’acquisition des espaces vitaux. Avec ce constat amer, le conférencier a peur de voir s’installer sur le sol congolais, pas pour longtemps et par le biais de ses propres fils, le système dit « latifundia » qui est source d’injustice et de beaucoup de conflits armés en Amérique latine. Ce système consiste en fait que les nantis ou les plus nantis disposent de toutes les terres arables et fertiles acquises sur base d’une loi foncière moderne.
Suggérant que soient de nouveau examinés les rapports entre la loi foncière et les différents décrets sur les juridictions coutumières ainsi que l’examen de plus près de l’implication du droit foncier et du système politique dans l’organisation coutumière, Mgr Gilbert trouve aussi que le chef coutumier ne joue plus son rôle dans la gestion de son village ou de son clan et réagit par un comportement de rejet ou de refus parce qu’il se voit aujourd’hui relégué au second plan la nouvelle classe politique souvent locale.
Pour remédier à cette situation douloureuse et donc permettre au chef coutumier de cesser d’être le vassal des dirigeants politiques et de contribuer au développement de son entité, l’orateur conseille la formation des chefs coutumiers à qui et pour qui il recommande le niveau humanitaire ou universitaire.
Abordant le dernier point de sa communication relatif à ce que seront les rapports entre la délocalisation comme conséquence de la mondialisation et du développement de nos terres par le truchement des investissements, le conférencier demande à ses auditeurs d’assumer leurs responsabilités en opérant librement un choix judicieux entre trois types de développement à savoir :
1. le développement des grandes firmes qui ramassent tout ce que l’on a comme ressources mais sans terminer notre pauvreté ;
2. le développement des latifundia qui est entrain de se faire imperceptiblement (accumulation des richesses aux mains de quelques-uns seulement) ;
3. et le développement autocentré dans lequel nous sommes tous participants et qui place l’homme à son centre de préoccupation.

L’orateur va clôturer sa communication par conseiller l’éducation des chefs coutumiers et peindre le maître adage au slogan de la Semaine de la Paix 2008 en déclarant, nous citons « ce qui nous unit, au-delà des conflits sociaux générés par toutes sortes des causes, est très fort et c’est l’amour pour la vie, l’histoire commune, l’humanité commune, la capacité de gérer les conflits par la palabre africaine et enfin, le sens de l’unité du pays et de la province », fin de citation.

Dans les échanges les participants ont enrichi cet exposé avec :
• Le constat selon lequel l’augmentation du facteur démographique et la diminution de l’espace cultivable, devant l’indifférence de l’Etat qui ne recourt plus à la loi dite « loi Bakajika » qui prévenait les conflits, viennent troubler l’harmonie initiale qui existait entre les peuples. A ce sujet, l’on ne peut pas compter sur la seule bonne foi ou volonté des propriétaires –selon la coutume- des terres au bénéfice de ceux qui ne disposent d’aucune terre à cultiver ou qui sont les nouveaux venus dans un milieu ;
• Le système dit de « régent » est aussi l’une des sources de nombreux conflits de pouvoir coutumiers. En effet, avec ce système, l’administration belge confiait pour un temps le pouvoir coutumier à une parenté, à un ressortissant de la famille régnante ou à toute autre personne de son choix lorsqu’il constatait qu’il n’y avait personne ou que le successeur du chef investi était encore mineur ;
• Le constat sur l’existence de deux chefs dans un même village ou groupement où l’un est populaire mais pas soutenu par l’Etat et l’autre impopulaire ou illégitime mais soutenu par l’administration territoriale ! ;
• Lorsque la succession du chef se fait verticalement (succession du père au fils) l’on enregistre moins de conflits que lorsque le remplacement suit la voie horizontale, c’est-à-dire, de frère à frère soit d’un oncle paternel à un cousin ; ainsi de suite.

Quatrième Journée : jeudi le 09 octobre 2008

La quatrième journée a connu un total de trois communications reprises ci-dessous :

VI. La lutte contre la pauvreté comme nouveau nom du développement et de la Paix (Prof Abbé Lambert MUSEKA)

« La pauvreté qui nous unit devrait nous rendre plus forts contre ce qui nous divise » (et qui nous empêche de nous développer et de vivre en paix).

Après avoir remercié les organisateurs d’une semaine d’intense réflexion, le Professeur Abbé Lambert MUSEKA commence son exposé par poser la question suivante à ses auditeurs « Connaissez-vous la pauvreté ? » Car, selon lui, on ne peut lutter efficacement contre un ennemi mal connu. A cette question, le conférencier –en homme outillé et informé- donne une série de trois réponses tirées des travaux pratiques et recherches des journalistes, des enquêteurs scientifiques et des penseurs modernes et de l’Ancien Testament. Il juge inutile de s’étendre sur des diverses réponses données à la question et opportun de dire en résumé, avec son collègue professeur Honoré MUKADI Luaba, que la pauvreté est appréhendée par les uns et les autres sous divers points de vue : matériel (le revenu par tête d’habitant), humain (capacités de fonctionnement humain) et des besoins de base tel l’alimentation et le logement.
L’intervenant passe alors à sa deuxième question qu’il formule comme suit « Y a-t-il une solution à la pauvreté ? »
Très critique et donnant l’impression d’être un pessimiste alors qu’en réalité il ne l’est pas, l’orateur manifeste son souci de voir ses compatriotes aborder ou mieux traiter toute question en profondeur, sans légèreté et selon leurs propres réalités et leurs origines. Sans répondre directement et clairement à la question, l’orateur mentionne que la lutte contre la pauvreté ou pour la « réduction de la pauvreté » a toujours fait l’objet de la préoccupation humaine. Il a étalé ici quelques pistes des solutions trouvées à cette préoccupation par les êtres humains lesquelles pistes se résument en trois tendances :

1. La tendance favorable au maintien d’une dose de la pauvreté et à la liberté de l’homme : c’est la tendance qu’on trouve dans l’interprétation des paroles bibliques (Proverbes 30, 8-9, Jean 11, 8, Deutéronome 15, 11 et Luc 6, 20), dans la sagesse ancestrale du Kasayi « Udiadia wadia tshibi mmatandu » ( traduction de « que celui qui mange mange, le mal c’est le dispute ») et dans les propos de feu le Maréchal MOBUTU (il vaut mieux être pauvre et libre plutôt que riche et esclave).
2. La deuxième tendance est celle que l’on qualifierait de l’illusion et que l’on rencontre souvent chez les adeptes de certaines Eglises, Sectes ou Mouvements Religieux qui croient en des solutions miracles relevant non pas d’une saine spiritualité comme celle de l’Apôtre Paul mais bien du fanatisme, de la mystification et du charlatanisme. Selon cette tendance, la solution aux problèmes collectifs et individuels de l’humanité -parmi lesquels la question de la pauvreté- proviendrait de leurs chefs spirituels devenus personnes supérieures aux humains, amis intimes de Dieu, qui ont des révélations et des visions en permanences.
3. La troisième et dernière tendance est celle des tentatives de solutions les plus abondantes et les plus scientifiques étalées depuis des décennies par les économistes chevronnés et certains experts des Organisations Internationales. Refusant de rappeler ici les théories proclamées par les économistes libéraux et néolibéraux ou socialistes, le conférencier démontre la prétention ou mieux l’échec pénible des Nations Unies (non seulement pour l’Afrique mais aussi pour les plus grandes puissances économico-financières du monde, étant donné que nous sommes déjà en 2008) qui avaient proclamé l’année 1996 et la décennie 1997-2006 respectivement « Année Internationale de l’éradication de la pauvreté » et « Première décennie des Nations Unies pour l’élimination de la pauvreté ».

Après l’analyse critique ci-dessus mentionnée, le Prof Abbé Lambert MUSEKA Ntumba est passé à la dernière question qui constitue le pilier même de sa communication : « Mais alors, y a-t-il vraiment une solution à la pauvreté ? »
Cette question amène l’un des défenseurs de l’inculturation à étendre le concept de pauvreté au monde africain dans sa totalité (de chefs d’Etats au paysan en passant par les ministres et les fonctionnaires d’Etats) du fait de l’incertitude et de l’insécurité dans lesquelles l’Africain est placé.
L’étendue ou mieux l’ampleur de la pauvreté ainsi étalée pousse l’orateur à proposer la lutte contre la pauvreté de la pensée (qu’il qualifie de source et ciment de toutes les autres pauvretés) comme premier devoir collectif dans la recherche des solutions à la pauvreté. Le conférencier ne confond pas la pauvreté d’esprit ou de la pensée au manque des connaissances ni d’attestations scientifiques sur la pauvreté. Défenseur attitré de l’inculturation, l’orateur appelle « pauvreté d’esprit » tout mimétisme ou imitation béate des modèles de lutte contre la pauvreté importés ou imposés du dehors. Pour ceux qui connaissent mieux ce prêtre catholique, il appellera encore pauvres d’esprits ou imitateurs « les photocopies certifiées conformes à l’original », « les gens fatigués d’être eux-mêmes mais assidus d’être ce que sont les autres » ou « les inadaptés », «ceux qui renvoient à l’autre son propre écho (l’écho de ce dernier) », etc.
Sa proposition à la question fondamentale du sous-thème lui confié est déjà exprimé implicitement dans sa démarche de développement dudit sous-thème. Il propose la réunion des pauvres de tous les temps et de tous les lieux, l’invitation des concernés à penser ensemble, de façon profonde (sérieuse), chaque groupe selon sa propre culture, philosophie, contexte et selon ses propres ressources.
Enfin, pour clore sa réflexion, l’Abbé Recteur Lambert MUSEKA invite les pauvres de tous les lieux à s’unir pour penser par eux-mêmes à la solution de leurs véritables problèmes et de se méfier des solutions proposées par toute personne ou groupe des personnes qui ne fait pas partie de leurs conditions au quotidien.

VII. La non-violence active comme méthode de résolution de conflits.

Dans leur intervention, les délégués de la MONUC/Kananga ont tour à tour défini la notion de conflit, analysé les méthodes et moyens de résolution de conflits avec la non violence active comme approche d’intervention et, enfin, fait ressortir les avantages à cultiver le concept « non violence active » du fait de la primauté de ce qui nous unit sur ce qui nous divise.
Les orateurs définissent étymologiquement le conflit comme étant le fait de lutter ensemble. En fait, il s’agit d’une situation sociale où les acteurs en interdépendance poursuivent soit des buts différents (défendent des valeurs contradictoires, ont des intérêts divergents ou opposés) soit simultanément et compétitivement un même but.
Comme qui dirait que lorsque le vin est tiré il ne reste qu’à le boire, les intervenants - convaincus que le conflit est, par sa nature, inhérent à tout groupe humain- donnent par la suite les méthodes et moyens pour résoudre le conflit généré ou créé.
Au sujet de la résolution de conflits, les orateurs signalent qu’elle est un concept associé aux relations humaines. Elle est principalement liée au management, aux méthodes et outils d’aide à la prise de décision. En effet, la résolution efficace et efficiente d’un conflit consistera tant dans le choix judicieux de la dite solution que dans sa mise en œuvre et ce, au dedans du conflit lui-même en le comprenant (sa nature), en l’analysant (ses causes, les personnes qui le vivent, le contexte dans lequel il passe), en élaborant les stratégies de traitement, en y intervenant directement, en traitant les conséquences d’un conflit et, enfin, en travaillant sur le tissus social (éducation à la paix et à la justice, promotion de la bonne gouvernance et de la participation des personnes dans les prises de décisions).
Tout mode de résolution de conflits qui ne tiendrait pas compte des spécificités internes à la situation conflictuelle sera voué à l’échec sinon à des solutions éphémères. Aussi, ont-ils ajouté, la façon d’envisager l’action de résolution d’un conflit devra tenir compte de la place qu’on accorde au conflit dans la relation dynamique relationnelle.
Par ailleurs, les orateurs notent qu’une résolution de conflit doit permettre l’élimination de ce dernier et que l’atténuation d’un conflit n’est pas la résolution. La contrainte, la domination et/ou la soumission, la fuite peuvent mettre en sommeil ou en veilleuse un conflit mais cela ne veut pas dire que le conflit a été résolu. L’issue trouvée par un conflit quelconque n’implique pas la solution au conflit. Dans ce sens, il y a lieu de signaler que l’écrasement de l’une des parties au conflit n’est pas une solution durable.
Cependant, un conflit peut disparaître avec les protagonistes ou se transmettre à leur lignée.
Abordant le dernier point de leur communication avant de tirer leur conclusion, M. Ellhoh Wodjé Raymond définit la non-violence comme une philosophie qui délégitime la violence, promeut une attitude de respect de l’autre dans le conflit et une stratégie d’actions politiques pour combattre les injustices. Elle est une recherche de paix par des moyens respectueux de l’intégrité de l’autre. L’attitude non-violente consiste à préserver en permanence l’espace nécessaire au dialogue et à la négociation.
Les orateurs attirent l’attention de leurs auditeurs sur le fait que l’approche non-violente des conflits, fondée sur le respect mutuel de l’autre, n’exclut pas pour autant l’expression d’une grande fermeté et, si nécessaire, des rapports de force quand il s’agit de défendre les Droits de l’Homme ou de rétablir la justice. Rejoignons à ce sujet les orateurs avec Martin Luther King ne disait pas que l’opprimé devenait plus pécheur que l’oppresseur lorsque il reste passif ou se résigne dans la situation lui imposée par son bourreau. Car, son silence ou sa résignation montre à l’oppresseur que les actes qu’il pose sont conformes ou normaux.
Pour mieux comprendre la philosophie de la méthode non-violente il faut faire la différence entre la violence des situations et les réactions violentes que celles-ci engendrent.
Les partenaires policiers et civiles de la MONUC/Kananga concluent leur intervention à la Semaine de la Paix 2008 en disant que le conflit fait partie de la relation avec l’autre et qu’une société sans conflit est une société immobile, inerte, sans histoire. Et aux animateurs experts du RJMP d’ajouter que le conflit est inhérent à tout groupe humain. Il n’est ni bon ni mauvais mais c’est la façon de le résoudre qui lui donne une connotation soit négative soit positive.

VIII. La décentralisation en République Démocratique du Congo et la problématique de la justice distributive (Par Me Patrick MUBALU Kankolongo)

« Ensemble nous sommes plus forts ».

Dans sa communication, Me Patrick MUBALU déclare qu’on a régionalisé ou décentralisé la RDC pour une administration efficace et propice au développement. Nous devons nous garder d’en faire mauvais usage. L’Etat central peut aussi conserver le caractère national de certaines structures situées dans les provinces en raison soit de ce qu’elles sont le produit d’un effort national, soit qu’elles desservent tout le pays.
Il suggère l’idée de lancer une campagne de sensibilisation à l’endroit de nos concitoyens. La RDC doit demeurer une, unie, indépendante et souveraine. Elle doit se développer dans l’unité et la solidarité de son peuple.

Cinquième Journée : vendredi le 10 octobre 2008

Trois sous-thèmes ci-dessous résumés ont été développés.

IX. La jeunesse congolaise face au droit à l’éducation (Par Mgr Evariste LUFUTA
Mujangi et Me François KALENDA)

Le sous-thème « La jeunesse congolaise face au droit à l’éducation » a été développé en tandem par Monseigneur Evariste Lufuta et Maître François KALENDA.
Prenant le premier la parole, Mgr LUFUTA part d’un ouvrage intitulé « Solidarité entre les nations » de M.H. de GOETHE publié en Allemagne dans ‘Concilium de 1994 à 1996’. La reconnaissance à l’enfant par l’adulte du droit à l’affection est le commencement de la communication de Mgr le Vicaire Général de l’Archidiocèse de Kananga. Il s’agit là, pour lui, d’un point de départ de l’aide de l’enfant dès sa naissance culturelle. C’est la grande conscience de la nationalité, la dimension éthique et morale qui doit motiver donc l’encadreur.
Cependant, le premier intervenant dans ce sous-thème fait remarquer que le processus visant l’éducation et la formation des personnes est mis en danger dans le tiers monde. La mondialisation ou la globalisation serait, d’après lui, la cause première de ce revers de la médaille en éducation. C’est elle qui veut souiller le vivre ensemble, la solidarité authentique car elle est synonyme de misère et d’angoisse. D’où des défaites, crises ou mieux des catastrophes dans le domaine de la formation de l’homme en général et de la scolarité de l’enfant en République Démocratique du Congo en particulier. Cette préoccupation inquiète le prélat catholique et va rejoindre le point de vue de son Co-conférencier.
Dans son intervention, Me François KALENDA parle de la dégringolade, la chute des valeurs et mieux le renversement des valeurs à l’heure actuelle.
Les deux intervenants reconnaissent deux temps forts dans l’éducation en général et dans la scolarité des enfants en particulier : l’éducation ancestrale et l’éducation moderne. Selon eux, l’école était, à l’époque ancestrale ou traditionnelle, un endroit privilégié de la formation. Les relations élève – enseignant y étaient vidées de tares. Bref, la formation de l’homme y était intégrale.
Les orateurs font remarquer que l’Etat jouait son rôle d’employeur vis-à-vis des enseignants et d’encadreur vis-à-vis des enfants. Les « Shégués », le « deuxième bureau », la non-scolarisation de la fille sont des vocables de la modernisation, de l’éducation nouvelle. Ils ajoutent que la modernisation, loin d’être synonyme de richesse sociale et loin de privilégier les valeurs morales et éthiques, a été pour le lucre, l’esprit égoïste ou machiavélique. D’où la crise qui a vu ou voit encore jour dans le domaine de la scolarité des enfants dans notre pays où pullulent « shegués » ou enfants de la rue, femmes prostituées, filles non-scolarisées et nous en passons.
Ensemble, les orateurs dénichent plusieurs maux qui sont à la base de la catastrophe. Ils estiment que lesdits maux, moyennant une dose de prudence, d’exigence et d’engagement, peuvent être contournés. Il s’agit de la prise en charge des enseignants par les parents, l’inapplication des lois du pays, le non respect des engagements par l’Etat, le trafic des points scolaires, etc.
Avant de clore leur communication, les deux intervenants restent optimistes quant à l’espoir qui n’est pas encore perdu dans ce domaine. Il y a encore moyen de faire reluire le droit à l’éducation grâce au courage, à la vigilance et à la prudence. A ce sujet, les jeunes sont conviés à se réveiller, à quitter le carcan de la timidité pour la défense des valeurs éducationnelles par des moyens tels que des négociations ou des émissions radio – télévisées afin de conscientiser les autres jeunes Congolais à s’occuper d’eux-mêmes.
La communication en duo a été complètement achevée après un débat houleux et pathétique qui s’en était suivi et qui avait ouvert la voie aux travaux en carrefours.

Sixième Journée : samedi le 11 octobre 2008

Le programme de cette journée a connu une perturbation à cause de dame la pluie qui s’est abattue sur la Ville de Kananga de 7heures à 12heures.
Cependant, suite à l’implication de Madame PENDA LY, Chef de la Division des Affaires Civiles de la MONUC/Kananga, le Réseau a reçu le gros bus de la MONUC pour le transport des participants vers la Mission Catholique MUAMBA Mbuyi (située à une distance de +/- 30 kilomètres de la Ville de Kananga). Arrivés sur place, ils ont été reçus par les religieuses de la Congrégation des Sœurs Servantes des Pauvres de cette Mission Catholique. Signalons que ce déplacement s’inscrivait dans l’étape d’une série des excursions prévues au programme.

Rapports des sections, sous-sections et des cellules du RJMP

De retour à Kananga vers 15heures locales, les participants ont déposé au Conseil d’Administration (par Sections, sous-sections et cellules du RJMP) les rapports d’activités de leurs ressorts respectifs.
La compilation de tous ces rapports démontre les violations et abus graves des Droits de l’Homme et libertés fondamentales des citoyens congolais : menaces, intimidations, arrestations et détentions arbitraires des populations dont en premier lieu, nos activistes locaux, extorsions des biens, viols, atteinte à la liberté d’expression, de réunion et de circulation, travaux forcés, tortures et autres formes nouvelles d’esclavage … constituent le lot quotidien des congolais surtout ceux habitant les milieux ruraux. Par exemple les peines et douleurs atroces infligées à cet enfant nommé Jérôme DILUNDA -âgé de 16 ans - dont la photo ci-dessous - il a été ligoté et attaché par les policiers du Commissariat de Bakamba/Territoire de Dimbelenge à un arbre sur lequel circulaient des insectes piquants. En même temps qu’ils administraient des matraques au jeune homme ce dernier était aussi piqué par les insectes ! Quelle humiliation et quelles tortures !

Septième Journée : dimanche le 12 octobre 2008

La septième journée commence à 13 heures locales et a été consacrée à la clôture officielle de la Semaine de la paix 2008 couplée à l’Assemblée Générale du RJMP.
La cérémonie de clôture a été présidée par un chef de Bureau urbain, représentant personnel de Madame le Maire de la Ville de Kananga empêchée.
Avant que le cocktail ne soit servi aux invités et aux participants, la manifestation de clôture a connu chronologiquement les interventions ci-dessous :
• Rapport général de la Semaine de la paix 2008 (Par Monsieur Bertin KABONGO NYOKA, membre du Secrétariat Technique et Président de l’ONG « REVOSDI »)
• Mot des participants par Me François KALENDA (conférencier et délégué du Conseiller Juridique du RJMP basé à Kinshasa)
• Mot de circonstance du Président Administrateur du RJMP, M. Edel Martin KABUTAKAPUA
• Mot de Monsieur Vilain, Commandant du Détachement Militaire Belge à Kananga
• Mot de clôture par le Représentant de Madame le Maire de la Ville de Kananga
• Hymne National « Débout Congolais » chanté en chœur par l’assistance.

En épargnant le lecteur des résumés de différentes interventions qui seront reprises dans les annexes, nous nous faisons au moins le devoir de donner ci-dessous le résumé du mot de Monsieur Vilain, Commandant du Détachement Militaire Belge à Kananga.
Dans son intervention, le Commandant Vilain a présenté ses sincères remerciements aux organisateurs à qui il a demandé la conviction, en mentionnant les difficultés en présence et auxquelles ils ont fait face. Il fait savoir que toutes activités liées à la promotion des Droits de l’Homme sont à l’honneur du peuple congolais.

Ne dit-on pas que tout est bien qui finit bien ?
Dans son mot de circonstance, le Président Administrateur du RJMP n’avait pas caché sa joie de voir la manifestation arrivée à la fin alors que, faute de moyens financiers suffisants et de manque de contributions sollicitées au niveau local, la décision était déjà de réduire à 4 jours le déroulement des activités à la place de sept jours. Il a mentionné, en outre, les autres difficultés connues par les organisateurs à savoir le manque de l’eau au robinet et de l’énergie durant le déroulement de la Semaine de la paix 2008 ! A ce sujet, il y a lieu de signaler qu’aucune goutte d’eau n’a coulé aux robinets de Kananga (on était dans l’obligation d’acheter de l’eau de la source auprès des mamans vendeuses de cette denrée de première nécessité et ce, au prix de 250 Fc –l’équivalent de 0,5$ américain environs- le bassin soit 20 litres à multiplier au nombre des participants et pour des activités culinaires). Par ailleurs, le siège officiel du Réseau a été coupé aussi en énergie électrique !
Mais, malgré toutes ces difficultés, la manifestation a été une réussite totale au vu du travail abattu (originalité et pertinence des communications, nombre et qualité de participation des membres du RJMP venus de différents coins, …) et de l’ambiance qui a régné parmi les participants.
Les exposés des intervenants sont repris en intégralités dans les annexes. Tout lecteur intéressé par telle ou telle autre communication n’a qu’à s’adresser au Conseil d’Administration du RJMP pour des compléments (Téléphone : +243 997 406 289 ; Email : rjmp_3269@yahoo.fr, Web : www.societecivile.cd/node.php?id=1257, www.paxchristi.net

Fait à Kananga, le 20 novembre 2008.

Le Conseil d’Administration du RJMP

ANNEXES

ANNEXE I:

Programme de la Semaine de la Paix et de l’Assemblée Générale 2008.

Lieu et dates : Kananga/RDC, du 06 au 12 octobre 2008
Thème général : « Ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise »
• Première Journée : lundi le 06 octobre 2008

7 h 00’-19 h 00’ : Accueil et installation des participants
19 h 00’ : Souper

• Deuxième Journée : mardi le 07 octobre 2008

7 h 00’-9 h 00’ : Petit déjeuner et présentation mutuelle
10 h 00’-13 30’ : Cérémonie d’ouverture officielle
- Départ vers la Cathédrale Saint Clément de Kananga ; - Culte d’action de grâce sous la présidence de Mgr Evariste LUFUTA Mujangi, Vicaire de l’Archidiocèse de Kananga ;
- Mot de circonstance du Président Administrateur du RJMP
- Mot d’ouverture par le Gouverneur de la Province du Kasaï Occidental
- Rafraîchissement et fin de la cérémonie d’ouverture
13h30’-14h30’ : Repas
14h30’-16h30’ : Visite de l’Institut Technique Agricole de Tshibashi (à 12 kilomètres
de la Ville de Kananga)
19h00’ : Souper

• Troisième Journée : mercredi le 08 octobre 2008

7 h 00’-9 h 00’ : Petit déjeuner
9h 00’-12h00’ : marche pacifique de compassion avec les compatriotes de l’Est (itinéraire : siège social du RJMP- Bâtiment Administratif du Kasaï Occidental- Quartier Général de la MONUC- Rond Point Pax- Avenue Lulua- ISSR/Kananga en passant par le Rond Point Notre Dame de Katoka et la remise –au Gouvernorat du Kasaï Occidental et à la MONUC/Kananga- de la copie de la déclaration des participants adressée au Gouvernement Central de la RDC et à l’ONU
13h00’-14h30’ : Dîner et pause
14h30’-15h30’ : 1ère communication par la Division des Droits de l’Homme/MONUC sur « Le monitoring des cas de violation des Droits de l’Homme et les mesures de protection des activistes des Droits de l’Homme et des journalistes »
15h30’16h30’ : 2ème communication par Mgr Gilbert KALUMBU Ngindu sur « Les conflits fonciers et coutumiers : un goulot d’étranglement pour le développement du Kasaï Occidental »
16h30’-18h00’ : carrefours sur les deux communications.
19h00’ : Souper

• Quatrième Journée : jeudi le 09 octobre 2008

7 h 00’-9 h 00’ : Petit déjeuner
9h 00’-10h00’ : Rapport synthèse de la troisième journée
10h00’- 11h00 : 3ème communication par le Professeur Abbé Lambert MUSEKA « La lutte contre la pauvreté comme nouveau nom du développement et de la paix »
11h00’-12h00’ : 4ème communication par les Sections Affaires Civiles et Police/MONUC sur « La non-violence active comme approche d’intervention dans un conflit »
12h00’-13h00’ : 5ème communication par Me Patrick MUBALU Kankolongo sur « La décentralisation en République Démocratique du Congo et la problématique de la justice distributive »
13h00’-14h30’ : Dîner et pause
14h30’-17h30’ : carrefours sur les trois communications de la journée.
19h00’ : Souper

• Cinquième Journée : vendredi le 10 octobre 2008

7 h 00’-9 h 00’ : Petit déjeuner
9h 00’-10h00 ’ : Rapport synthèse de la quatrième journée
10h00’- 11h00 : 6ème communication par le Madame Chef de Travaux Thérèse MULUMBA sur « La participation consciente de la femme dans la refondation de la république»
11h00’-12h00’ : 7ème communication par Mgr Evariste LUFUTA et Me François KALENDA sur « La jeunesse congolaise face au droit à l’éduction : un avenir compromis»
12h00’-13h00’ : 8ème communication par le Coordonnateur Provincial de la Commission Electorale Indépendante sur « Les préparatifs des élections locales, municipales et urbaines : expériences du passé et enjeux de l’avenir»
13h00’-14h30’ : Dîner et pause
14h30’-17h30’ : carrefours sur les trois communications de la journée.
19h00’ : Souper

• Sixième Journée : samedi le 11 octobre 2008

7 h 00’-9 h 00’ : Petit déjeuner
9h 00’-10h00’ : Rapport synthèse de la cinquième journée
10h00’- 10h30 : 9ème communication par l’Assistant Edel Martin KABUTAKAPUA sur « Le plan d’activités du RJMP 2008-2010 : ressort du cadre stratégique du Réseau Pax Christi International»
10h30’-11h30’ : 10ème communication par l’Assistant Edel Martin KABUTAKAPUA sur « Etre bâtisseur de paix : restitution des acquis de la formation de Moundou/Tchad avec l’Université de Paix en Afrique»
11h30’-13h00’ : Audition de différents rapports des sections plus échange entre les participants et le Conseil d’Administration du RJMP
13h00’-14h30’ : Dîner et pause
14h30’-15h30’ : Préparatifs de la cérémonie de clôture
16h00’-18h00’ : Excursion des participants aux sites de l’Université Notre Dame du Kasayi et à l’Hôpital Bon Berger de Tshikaji
19h00’ : Souper

• Septième Journée : dimanche le 12 octobre 2008

7 h 00’-9 h 00’ : Petit déjeuner
9h 00’-10h00’ : Préparatif de la cérémonie de clôture (suite)
12h00’- 12h30 : Dîner
12h30’-13h00’ : Arrivée et accueil des invités
• 12h30’ : Arrivée des invités
• 12h40’ : Arrivée du Bourgmestre de la Commune de Katoka
• 12h45’ : Arrivée des membres du Conseil Provincial e Sécurité
• 12h50’ : Arrivée de Son Excellence Mgr l’Archevêque de Kananga
• 13h00’ : Arrivée de Son Excellence Monsieur le Gouverneur de la Province du
Kasaï Occidental
13h10’-13h30’ : Rapport général
13h30’-13h35’ : Mot des participants
13h35’-13h50’ : Mot de circonstance du Président Administrateur du RJMP
13h50’-14h00’ : Mot de clôture par Son Excellence Monsieur le Gouverneur du Kasaï Occidental
14h00’-14h05’ : Hymne National
14h05’-14h25’ : Cocktail
14h30’-15h00’ : Conférence de Presse
19h00’ : Souper

Lundi le 13 octobre 2008 : départ des participants pour chez eux.

Fait à Kananga, le 13 septembre 2008

LE PROTOCOLE DU RJMP (0816 037 471/0898 436 544)

ANNEXE II:

Homélie de Mgr Évariste LUFUTA MUJANGI, Vicaire Général de l’Archidiocèse de Kananga, à l’ occasion de l’ouverture de la Semaine de la Paix 2008, Cathédrale Saint Clément de Kananga, le 07 octobre 2008.

Chers frères et Sœurs,
Les organisateurs de cette manifestation ont tenu à la commencer par une célébration eucharistique et m’ont demandé de la présider.
Je me réjouis d’être associé à la mise en route de la Semaine de la Paix 2008 ainsi qu’à la tenue de la 5ème Assemblée Générale Ordinaire du Réseau « Jeunes dans le Monde pour la Paix » (RJMP en sigle).
Le thème général de cette rencontre, « Ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise » est particulièrement interpellant, sinon provocateur. Il est de brulante actualité.
Mais par nature et même par penchant je ne suis porté à appuyer des initiatives fondées sur la non-violence. Je les suspecte d’encourager un pacifisme trop facile, qui renforce le statu quo et donc la violence des maîtres de l’heure. Il n’y a pas de mystère sur ce comportement.

Comment unir, en effet, les bourreaux et leurs victimes dans une communauté pacifiée ? Comment peut-on parler des familles entre ce qui ont le pouvoir et la richesse et qui disposent de la vie des milliers de gens entre leurs mains, et ceux qu’ils écrasent ?
Non, c’est révoltant. Justice doit d’abord se faire pour les innocents écrasés.
Pourtant les textes bibliques que nous venons d’écouter ont une gravité et un sens qui déroutent tous nos raisonnements.
Reprenons celui du Prophète Isaïe. Il a été écrit vraisemblablement peu de temps avant la bataille de Karkemish en l’an 625 avant Jésus Christ, avec la montée du deuxième empire babylonien et la décadence de l’Egypte. Entre ces deux grands blocs, les petits royaumes du Proche Orient Antique se débattent désespérément pour survivre dans l’indépendance. Parmi eux, le Royaume de Juda. C’est dans ce contexte qu’apparaît l’homme de Dieu, le prophète Isaïe. L’essentiel de son message en la matière nous est parvenu dans un livret célèbre intitulé « le livret de l’Emmanuel » (chapitres 6-12).
C’est de là qu’est tirée la première lecture de ce jour. Isaïe dit en substance ceci à son peuple et à son Roi pris de panique :
« N’ayez pas peur, car le Seigneur Dieu est avec vous. Il vient à votre secours par un signe grandiose : la victoire sur les forces ennemies par l’action d’un bébé, Emmanuel, Dieu avec nous. Le prince de la paix .Les images pour décrire cette époque de réconciliation universelle dépasse toute imagination : l’enfant qui va naître est un surgeon, c’est-à-dire une plante qui pousse là où on ne l’attendait pas : des souches d’un arbre mort. De deux, Il a un pouvoir extraordinaire, thaumaturgique. En son temps « le loup habitera avec l’agneau, la panthère se couchera avec le chevreau. Le veau, le lionceau et la bête grasse iront ensemble, conduits par un petit garçon. La vache et l’ourse paîtront, ensemble se coucheront leurs petits. Le nourrisson jouera sur le repaire de l’aspic, sur le trou de la vipère. Le jeune enfant mettra la main. On ne fera plus de mal ni de violence sur toute ma montagne sainte, car le pays sera rempli de la connaissance de Yahvé, comme les eaux couvrent le fond de la mer » (Isaïe 11, 6-9).
A la question : « comment cela sera-t-il possible » ? Le Prophète répond « l’amour jaloux de Yahvé Sabaot fera cela (Isaïe 9,6). Mais il y a une condition : « si vous ne croyez pas, vous ne tiendrez pas » (Isaïe 7,9).
La confiance absolue en Dieu est la condition sinequa non pour la réussite de toute l’entreprise. Dans un Congo déchiré par la guerre, le message du prophète Isaïe devrait être un souffle bienfaisant, un baume sur la plaie causée par les affres de cette guerre qui n’en finit pas à l’Est, dans les deux Kivu, comme au Nord –Est, en Ituri. Mais comment y ajouter foi ? Il semble plus difficile de mettre à la même table les frères ennemis de la République Démocratique du Congo que le lion et la vache de la Palestine entrevue par le prophète. On pourrait se croire définitivement tombés dans l’impasse. Nos amis du RJMP sont d’un tout autre avis. Fort du message évangélique de Jésus sur la montagne, ils nous chantent :

• « Heureux ceux qui ont une âme de pauvre, car le royaume des cieux est à eux.
• Heureux les doux, car ils posséderont la terre
• Heureux les affligés, car ils seront consolés
• Heureux les affamés et assoiffés de la justice, car ils seront rassasiés.
• Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde ;
• Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieux ;
• Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu ;
• Heureux les persécutés pour la justice, car le Royaume des cieux est à eux » (Matthieu 5, 3-10)).

Ils affirment donc haut et fort : « Ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise ». Mais, une telle confession n’est pas de tout repos. Elle suppose engagement et lutte. Il faut payer de sa personne. La non-violence est à la fois une idéale et une stratégie de combat. Une stratégie qui exige de payer de sa propre personne en première ligne. Mais, qui dit stratégie, dit réflexion, recherche, analyse, création des mécanismes menant au but. L’eucharistie de ce jour est l’atelier spirituel à partir duquel ses diverses activités sont lancées.

☻ Mgr LUFUTA Mujangi.

Annexe III :

MOT DE CIRCONSTANCE PRONONCE PAR MONSIEUR EDEL MARTIN KABUTAKAPUA, PRESIDENT ADMINISTRATEUR DU RESEAU « JEUNES DANS LE MONDE POUR LA PAIX », A L’OCCASION DE L’OUVERTURE OFFICIELLE DE LA SEMAINE DE LA PAIX 2008.

• Excellence Monsieur le Gouverneur de Province ici représenté par le Ministre Provincial de l’Administration Territoriale
• Excellence Mgr l’Archevêque de Kananga ici représenté par Mgr le Vicaire Général de l’Archidiocèse
• Messieurs les membres du Conseil Provincial de Sécurité
• Monsieur le Chef du Bureau de la MONUC/Kananga
• Mesdames et Messieurs les représentants des Organismes Internationaux
• Madame le Maire de la Ville de Kananga représentée
• Distingués invités
• Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs (tout protocole observé)

Vous voudrez bien m’autoriser à ouvrir ce mot par une louange à Dieu, le Maître de l’univers et des circonstances, Lui qui a rendu possible notre rencontre en ce lieu et en ce moment. Qu’Il soit glorifié et magnifié d’éternité en éternité.
Je me permets aussi, au nom du Conseil d’Administration du Réseau « Jeunes dans le Monde pour la Paix » (RJMP en sigle), au nom de tous ses membres et en mon nom personnel de saluer et de remercier Son Excellence Monsieur le Gouverneur de Province ici représenté par Son Ministre Provincial en charge de l’Administration territoriale, pour avoir accepté de présider cette manifestation. Cet honneur qu’il fait à notre Réseau nous va droit au cœur.
Je remercie aussi Mgr Evariste LUFUTA Mujangi, Vicaire Général de l’Archidiocèse de Kananga et Représentant personnel de Son Excellence Mgr l’Archevêque de Kananga empêché, pour avoir accepté de présider l’eucharistie de ce jour organisée par notre Réseau tant en signe de solidarité avec nos compatriotes des Provinces de la RDC où les guerres et les violences refont surface que de prélude à l’ouverture officielle de notre Semaine de la Paix.
J’exprime aussi ma profonde reconnaissance aux responsables de Pax Christi International aussi bien pour la confiance qu’ils ont placée en notre Structure et pour leur appui à l’organisation de la Semaine de la Paix 2008 à Kananga. Le RJMP leur exprime solennellement sa grande satisfaction de l’excellence des liens du partenariat qui nous unit.
A vous tous ici présents, j’adresse les chaleureuses salutations et sincères remerciements du Conseil d’Administration du RJMP, de tous ses membres et les miens propres d’avoir disponibilisé votre temps pour rehausser de votre présence cette manifestation.
A tous les membres du RJMP venus des coordinations de l’arrière province, je souhaite une cordiale bienvenue et un agréable séjour à Kananga.
Il s’agit notamment de :
- la délégation de la Section RJMP/Dimbelenge (à qui je demande de se mettre débout pour l’accueil solennel)
- la délégation de la Section RJMP/Kinshasa (à qui je demande de se mettre débout pour l’accueil solennel)
- la délégation de la Section RJMP/Mbuji Mayi (à qui je demande de se mettre débout pour l’accueil solennel)
- la délégation de la Section RJMP/Butembo (qui n’est pas arrivée)
- la délégation de la Section RJMP/Bukavu (qui n’est pas encore arrivée)
- la délégation de la Section RJMP/Lubumbashi (qui n’est pas arrivée)
- la délégation de la Section RJMP/Bandaka (qui n’est pas encore arrivée)
- la délégation de la Sous - section RJMP/Lubefu (à qui je demande de se mettre débout pour l’accueil solennel)
- la délégation de la Sous - section RJMP/Lusambo (à qui je demande de se mettre débout pour l’accueil solennel)
- la délégation de la Sous - section RJMP/Luiza (qui n’est pas arrivée)
- la délégation de la Sous - section RJMP/Kazumba (qui n’est pas encore arrivée)
- la délégation de la Sous - section RJMP/Demba (à qui je demande de se mettre débout pour l’accueil solennel)

• Excellence Monsieur le Gouverneur de Province ici représenté
• Excellence Mgr l’Archevêque de Kananga ici représenté
• Messieurs les membres du Conseil Provincial de Sécurité
• Madame le Maire de la Ville de Kananga représentée
• Monsieur le Chef du Bureau de la MONUC/Kananga
• Mesdames et Messieurs les représentants des Organismes Internationaux
• Distingués invités
• Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs (tout protocole observé)

La Semaine de la Paix 2008 dont nous inaugurons le début ce jour est une initiative de Pax Christi International qui se matérialise au Kasayi, en partenariat avec le RJMP.
Pax Christi (du latin « la paix du Christ ») est à la fois un mouvement catholique et une Organisation Non Gouvernementale Internationale qui milite en faveur de la paix dans le monde. Ce mouvement international est constitué effectivement des sections nationales, des groupes locaux et d’organisations affiliées et de partenaires rassemblant les croyants de différentes confessions.
Pax Christi International compte aujourd’hui plus de 60.000 membres disséminés dans 30 pays dans l’ensemble de 5 continents. Ainsi existe-t-il Pax Christi Allemagne, Pax Christi Italie, Pax Christi Grands Lacs, etc. Les membres de ce mouvement sont engagés dans diverses activités en rapport avec la paix, depuis les activités locales de base et les campagnes nationales d’éducation jusqu’aux interventions et lobbying au niveau international.
Pax Christi International, il importe de le souligner, a un statut consultatif dans plusieurs organismes intergouvernementaux tel les Nations Unies, l’UNESCO, l’UNICEF et le Conseil de l’Europe. Depuis près de quatre ans déjà, Pax Christi International entretient des rapports de partenariat avec le RJMP. C’est la quatrième fois que nous organisons la Semaine de la Paix au Kasayi. Invité aux consultations régionales de Pax Christi qui ont eu lieu à Bujumbura et à Kigali respectivement en 2005 et 2007, et après avoir reçu la visite d’inspection d’une délégation de Pax Christi International arrivée à Kananga en décembre 2006, le RJMP a été admis officiellement le 28 avril 2007 comme membre partenaire de Pax Christi.
En effet, cette admission est intervenue avec la décision du Comité de Pax Christi International qui s’était réuni le 28 avril 2007 à Anvers après avoir constaté que le RJMP remplissait les conditions nécessaires et qu’en particulier il avait pris l’engagement d’observer les statuts et le Règlement d’Ordre Intérieur du Mouvement.
Quant au RJMP, il est une Association Sans But Lucratif de protection et de promotion des cultures des droits de l’Homme et de la paix. Créée à Kananga en août 1999, notre ONG poursuit les objectifs suivants : la protection et la promotion des Droits de l’Homme, l’instauration de la démocratie, la résolution pacifique de conflits et la cohabitation pacifique des peuples, la justice sociale et la sécurité des citoyens, l’implication dans la recherche des solutions aux grands problèmes de l’heure et la lutte contre l’ignorance sous toutes leurs formes.
Aujourd’hui, Mesdames, Messieurs, le RJMP est implanté dans les deux Kasaï, le Sud Kivi, le Nord Kivu, le Katanga, l’Equateur et dans la Ville Province de Kinshasa. Le Réseau « Jeunes dans le Monde pour la Paix » jouit par ailleurs d’une renommée internationale grâce au sérieux et à la qualité de son travail sur terrain, à ses partenaires et à ses nombreux collaborateurs qui se manifestent à travers le monde.

• Excellence
• Distingués invités
• Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs (tout protocole observé)

Cette année, la Semaine de la Paix est organisée au travers les structures membres de Pax Christi dans les différentes localités des Grands Lacs d’Afrique à savoir : Bujumbura (Burundi), Bukavu (RDC), Uvira (RDC), Goma (RDC), Butembo (RDC), Kisangani (RDC), Banza Ngungu (RDC), Kananga (RDC), Butare (Rwanda), Bosogo/Ruhengeri (Rwanda) et Byumba (Rwanda).
En effet, l’organisation de la semaine de la paix s’inscrit dans le vaste programme d’éducation civique et de réconciliation initié par Pax Christi International (qui sera développé au profit des participants au cours de cette semaine). Elle se présente comme une sensibilisation des citoyens aux défis des violations massives des droits de l’homme dans nos milieux de vie et répond au souci des organisateurs d’aider les participants à mieux accomplir leurs tâches par l’acquisition des connaissances et le renforcement de leurs capacités d’actions.
Cette année, la Semaine de la Paix est placée sous le thème : « Ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise ». Pour nous Congolais d’aujourd’hui, ces mots doivent être compris comme une invitation à la reconnaissance des différences des autres tout en privilégiant les intérêts communs, l’indivisibilité et l’unité de notre chère patrie.
En clair, Excellences, Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs, près de deux ans après les élections libres, démocratiques et transparentes, les ténèbres planent encore sur la mère patrie : dans le Kivu, les démons de la guerre, non contents de voir le Congo restaurer la paix pour se reconstruire et jouer son rôle moteur au cœur de l’Afrique, ont réveillé Laurent NKUNDA, semeur invétéré des insomnies de la mort et de la désolation. Ainsi, les paysans qui devaient se remettre au travail, les enfants qui devaient reprendre le chemin de l’école et les malades qui auraient dû être à l’hôpital sont contraints au déplacement comme pour dire : « Adieu la reconstruction ». En Ituri, les mêmes démons ont recruté les rebelles ougandais du LRA pour tuer les chefs coutumiers congolais, pour enlever les élèves et emporter en forêts d’autres Congolais comme pour dire : « Adieu la reconstruction ». A cela s’ajoutent les grèves des enseignants, des médecins, des infirmiers et des agents et fonctionnaires de l’Etat, la crise alimentaire et celle d’eau potable qui secoue de nombreuses villes du pays. Dans le Kasaï Occidental et le Kasaï Oriental voisin, plusieurs conflits champêtres et de pouvoir coutumier orchestrés et mal gérés par certains dirigeants politiques et qui divisent plusieurs villages !
Telle est l’atmosphère dans laquelle s’organise la Semaine de la paix en RDC en général et au Kasaï Occidental en particulier, l’atmosphère qui inspiré les sous-thèmes qui seront développés sous forme de communications au cours de cette semaine.
Quant à la cinquième Assemblée Générale du RJMP, qui coïncide avec l’organisation de la Semaine de la Paix, elle répond à une exigence des Statuts du RJMP, spécialement en leur article 18. Cette rencontre de haut niveau offre au Conseil d’Administration, aux Sections, Sous-sections et Cellules réunis d’évaluer nos forces et nos faiblesses, sans oublier les activités réalisées et l’impact de notre travail sur terrain. Cette évaluation, qui repose sur l’étude approfondie des rapports annuels de chaque organe, nous permet de renforcer les réussites et, s’il le faut, de rectifier les tirs pour amorcer l’avenir avec sérénité. C’est de ces rapports, Excellences, Mesdames et Messieurs, que s’élaborent les rapports synthétiques du RJMP sur les violations des Droits de l’Homme en RDC.
• Excellences
• Distingués invités
• Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs (tout protocole observé)
En près de huit ans d’existence, le RJMP a déjà accompli de grandes réalisations sur terrain par des actions de plaidoyer et de lobbying en faveur de la justice, de la paix et de la sécurité auprès des autorités locales, provinciales, nationales, internationales et auprès de différents partenaires. Nous avons organisé des conférences, sessions de formation, ateliers, ect. Nous avons fait par ailleurs une œuvre remarquable dans la formation civique des compatriotes Ouest-Kasaiens particulièrement lors de la période préélectorale. Le RJMP a été aussi invité à participer à des rencontres nationales et internationales, notamment au Burundi en 2005, au Rwanda en 2007, au Kenya en 2007, au Tchad en 2007, au Brésil en 2006 et en Israël. C’est la qualité de notre travail sur terrain qui nous vaut une grande crédibilité auprès de tous. Pour éviter de ternir notre image nous prévoyons, chaque année, des enseignements adaptés au profit de nos membres surtout ceux habitants les milieux ruraux pour qu’ils agissent conformément à notre mandat et selon les normes nationales, régionales et internationales en matière de protection et de promotion des cultures de paix et de droits de l’homme.
Cependant, ces réalisations ne sauraient nous faire oublier les difficultés –et elles sont nombreuses- auxquelles nous sommes confrontés. Ces difficultés qui sont d’ordre matériel et financier ne pourraient être résolues avec nos seules maigres ressources et les faibles cotisations de nos membres eux-mêmes démunis.
Voilà pourquoi je lance un appel à tous les hommes et à toutes les institutions de bonne volonté -qui m’entendent et qui me liront- dont en particulier les Organisations membres de la CIDSE et Caritas d’Europe qui interviennent en Afrique de s’ouvrir et de soutenir le RJMP, de manière à nous aider à améliorer nos performances sur terrain dans l’intérêt supérieur du peuple congolais. A tous ceux qui auront perçu notre appel et réagiront positivement, je transmets anticipativement les remerciements de notre Réseau.
• Excellence Monsieur le Gouverneur de Province ici représenté par le Ministre Provincial de l’Administration Territoriale
• Excellence Mgr l’Archevêque de Kananga ici représenté par Mgr le Vicaire Général de l’Archidiocèse
• Messieurs les membres du Conseil Provincial de Sécurité
• Madame le Maire de la Ville de Kananga représentée
• Monsieur le Chef du Bureau de la MONUC/Kananga
• Mesdames et Messieurs les représentants des Organismes Internationaux
• Distingués invités
• Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs (tout protocole observé)
Au nom du Conseil d’Administration du RJMP, au nom de tous ses organes, de tous ses membres et en mon nom propre, je vous réitère les remerciements de notre Structure pour avoir accepté de rehausser de votre présence cette cérémonie d’ouverture de la Semaine de la Paix 2008 couplée à la cinquième Assemblée Générale ordinaire du RJMP.
J’ai dit et je vous remercie.

☻ Edel Martin KABUTAKAPUA

ANNEXE IV:

ALLOCUTION DE SON EXCELLENCE MONSIEUR LE MINISTRE PROVINCIAL DE L’ADMINISTRATION TERRITORIALE A L’OCCASION DE L’OUVERTURE OFFICIELLE DU RJMP COUPLE 2008

• Monseigneur le Vicaire Général de l’Archidiocèse de Kananga
• Monsieur le Président Administrateur du (RJMP) Réseau Jeunes dans le Monde pour la Paix
• Messieurs les participants et Distingués invités

Au nom de Son Excellence Monsieur le Gouverneur de Province, Me Trésor KAPUKU NGOY et au mien personnel, j’ose vous saluer et vous exhorter au travers de l’initiative du RJMP pour avoir raisonné en termes de paix, en ce moment où nos chers compatriotes de l’Est de la République Démocratique du Congo sont victimes, pour rien, de la fureur sanglante de certains pseudo Congolais.
Retenons, chrétiens ou païens, que le Seigneur Jésus reste le Premier et Garant donateur de la paix.
Il nous a donné la paix, Il nous l’a laissée pour que nous sachions, non seulement épanouir son corps, mais aussi et surtout développer l’univers.
Nous n’avons cessé de scander : Paix-Justice-Travail. Et ceci demeure un slogan le plus parlant en ce qui concerne le développement même de notre pays.
Et sans paix durable, il est difficile et aberrant de parler Justice, et encore moins Travail. La paix, à elle-même, s’assujettit les paramètres de la Justice et du Travail pour nous garantir un essor socio-économico-politico humanitaire en tout point de vue.
Je dois, au nom de Son Excellence Monsieur le Gouverneur de Province, exhorter, comme je l’ai déjà dit ci-haut, cette Organisation Non Gouvernementale des Droits Humains à savoir RJMP (en sigle), à dresser son bâton de pèlerine pour emboîter aux pas de Son Excellence Monsieur le Président de la République Joseph KABILA KABANGE qui ne retire, ou ne peut jamais retirer sa main de la charrue de paix ostensible dans tous les coins et recoins de notre pays.
Et cela est inscrit au travers du diapason des cinq chantiers de la nation congolaise.
L’on n’a cessé de dire : « L’union fait la force ». Et nous pensons pour notre part que ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise.
A ce titre, chers compatriotes, point n’est besoin de vous rappeler que depuis de longues décennies, l’Afrique toute entière, plus précisément le bastion noir, est restée un amphithéâtre d’atrocités commanditées on ne sait par quel diable !
Il est donc opportun de lancer un cri d’alarme à la Communauté Internationale et à la grandeur du Gouvernement Central pour solder des voies et moyens à même d’asseoir une paix durable dans notre pays, surtout à l’Est.

• Monseigneur le Vicaire Général de l’Archidiocèse de Kananga
• Distingués invités et chers frères et sœurs,

Je reste convaincu que participant à ce forum vous assortirez, par vos résolutions, des dispositions pragmatiques pour sortir notre nation de l’égout.
Car, laïque et apolitique, cette structure remonte son histoire au contexte de la guerre du 02 août 1998 dans notre pays, et s’est intimée de militer en faveur de la promotion et la protection des libertés fondamentales et des droits humains dans une Afrique déchirée par les guerres et ruinée par la pauvreté.
En cette occasion d’aujourd’hui, j’espère que vous puissiez jeter un regard sur les conflits coutumiers qui déchirent les populations Ouest-Kasaïenne.
J’espère que la paix du Christ va nous illuminer afin de nous circonscrire un cadre stratégique pour sauver les affligés.
J’espère que l’on puisse débrouiller les enjeux d’un mécanisme en prévision des élections municipales prochaines.
J’espère que l’on puisse envisager un cadre de paix au profit d’une éducation assidue de notre jeunesse, pilier de l’avenir de notre pays.
J’espère que l’on puisse fonder un espoir inclusif de la femme pour la réfection de notre pays.
J’espère aussi que l’on puisse toucher aux horizons de la loi sur les principes relatifs à la libre administration de nos entités.
J’espère enfin que, pour les voies d’une paix durable, l’on puisse mettre en place un mécanisme de lutte contre la violence au profit d’un système d’intervention dans des conflits.
Pour ne point charrier les sociétés humaines en termes des beautés de la guerre dont ont parlé, de manière sarcastique, les grands savants cosmopolitiques, nous attendons que les résolutions de ce cadre s’engagent dans une voie de promotion de la non-violence, du cessez-le-feu, de la sécurité pour toute la nation congolaise, des droits humains et de l’Etat de droit.
De cette façon nous penserons nous asseoir sur les bases d’une société complètement pacifiée.
Ces résolutions devront présenter un chronogramme du rassemblement des personnes appartenant à des multiples cultures différentes, qui se donnent et partagent une même vision de la paix, de la réconciliation et de la justice pour un si grand pays à la dimension éléphantesque.

• Monseigneur le Vicaire Général de l’Archidiocèse de Kananga
• Distingués invités
• Chers compatriotes,

Je pense toujours et avec ferveur, que notre foi inspirée par l’Evangile du Seigneur Jésus, attend un retour indéfectible de la paix, au détriment de la violence et de l’injustice.
Non, en fait non ! Notre pays est celui où l’espoir doit planer à l’horizon. Ceux qui nous font injustement la guerre, sont d’ailleurs sûrs de leur défaite car, à l’issue de notre démocratie, toutes les provinces restent soudées pour mettre hors état de nuire tout ennemi du peuple congolais.
Et ce dernier, notre peuple sans doute, voudrait voir toutes ses composantes vivre dans une harmonie et une concorde indiscutable.
Somme toute, je n’aimerais pas encore conclure car, je souhaite au nom de Son Excellence Monsieur le Gouverneur, Me Trésor KAPUKU NGOY, que les termes de ce Forum ne soient pas lettre morte ; qu’ils soient vulgarisés par n’importe quel moyen pour que tous sachent qu’ils appartiennent à une et une seule nation indivisible et inaliénable.
Je voudrais terminer, sans toujours conclure puisqu’il y aura une fermeture de cette rencontre, en remettant en mémoire que :

- Kinshasa reste congolais.
- Le Bas-Congo reste congolais.
- Le Bandundu reste congolais.
- L’Equateur reste congolais.
- Le Katanga reste congolais.
- Le Kasaï Occidental reste congolais.
- Le Kasaï Oriental reste congolais.
- Le Nord et le Sud Kivu le demeurent davantage
- La Province Orientale reste congolaise.
- Bref, pour ne pas prolonger la liste, toutes les composantes congolaises avec leurs personnes et leurs biens, restent incontournables.

Et par ces mots je déclare, au nom de Son Excellence Monsieur le Gouverneur de notre Province, Me Trésor KAPUKU NGOY, ouvertes les assises officielles du « Réseau Jeunes dans le Monde pour la Paix couplé 2008, dans sa 4ème Semaine de la Paix et sa 5ème Assemblée Générale.

Je le pense en être ainsi.

Je vous remercie.

☻ Me Serge BOKELE B.

ANNEXE V:

DECLARATION ET MESSAGES DES PARTICIPANTS A LA SEMAINE DE LA PAIX 2008
V.1. DECLARATION.

- Nous, membres du Réseau « Jeunes dans le Monde pour la Paix » (RJMP en sigle), venus de différents coins de la République Démocratique du Congo notamment : Kinshasa, Kasaï oriental (Mbuji Mayi, Lusambo, Lubefu), Kasaï Occidental (Kananga, Dimbelenge et Demba) ;
- Réunis à Kananga à l’occasion de la Semaine de la Paix 2008 - organisée par notre Structure en partenariat avec Pax Christi International- et de la tenue de notre 5ème Assemblée Annuelle Générale ;
- Sensibilisés et impliqués dans la promotion des cultures de paix et des Droits de l’Homme ;
- Particulièrement touchés par les graves violations et abus des Droits de l’Homme dans tous nos milieux de provenance et surtout dans les milieux ruraux de notre pays ;
- Profondément préoccupés par la reprise de la guerre dans le Nord et le Sud-Kivu autant que des activités criminelles des rebelles ougandais en Ituri, dans la Province Orientale ;
- Considérant les effets socio-économiques pervers de cette nouvelle guerre injustifiée et absolument injustifiable ainsi que des atrocités des rebelles ougandais sur le processus de reconstruction et du développement de la République Démocratique du Congo ;
- Excédés par le climat de terreur, les viols, les déplacements forcés des populations congolaises, les intérêts égoïstes de la Communauté Internationale les pillages à répétition des ressources de notre pays par les Multinationales, vrais acteurs de ces violences sous les masques de leurs divers agents locaux ;
- Considérant que seule la paix peut permettre l’amélioration des conditions de vie dans notre pays et des solutions durables à toutes nos divergences de vue ;
- Vu la Constitution de la République Démocratique du Congo, spécialement en ses articles 1er et 52ème;

DECLARONS SOLENNELLEMENT :

1. Notre engagement et détermination à toujours défendre et promouvoir les Droits de nos compatriotes et la culture de la paix dans les différents milieux où nous œuvrons ;
2. Notre désapprobation du comportement paradoxe des différents services étatiques en général et de ceux dits de sécurité en particulier ainsi que la complicité constatée de leurs chefs hiérarchiques (voire des autorités politico-administratives) qui commettent des exactions et des atrocités sur les populations congolaises et restent impunis ;
3. Notre solidarité avec nos compatriotes du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et du District de l’Ituri, victimes des violences criminelles et des barbaries des Multinationales et de leurs complices locaux ;
4. Notre soutien sans réserve, nos vifs remerciements et nos encouragements aux vaillants combattants des Forces Armées Congolaises qui, nuit et jour, se battent pour défendre l’intégrité territoriale et la cause de paix si gravement menacée sur le territoire national ;
5. Notre opposition catégorique au projet méphistophélique du Général Laurent NKUNDA BATUARE et ses sponsors, autant qu’aux activités des Lords Rebels Army (LRA) ougandais sur le territoire congolais, pour que jamais la République Démocratique du Congo ne se transforme en un enfer qui fait les délices des Diables ;
6. Notre désapprobation de l’attitude ambiguë de la Communauté Internationale, qui reconnaît la souveraineté de la RDC tout en poussant son Gouvernement à négocier avec les terroristes, ce qu’aucun pays de cette Communauté n’admet chez lui ;
7. Notre demande à la Communauté Internationale et surtout aux Organisations Non Gouvernementales des différents pays du Nord pour leur implication et des pressions sur leurs gouvernements respectifs en vue d’une collaboration, aide et une diplomatie sincères et responsables vis-à-vis de la République Démocratique du Congo ;
8. Notre désapprobation des hésitations suspectes de la MONUC, dont la déclaration de l’un de ses hauts militaires a été sympathique à l’égard du Général Laurent NKUNDA et dont le mandat consiste entre autres à imposer la paix en RDC voici bientôt huit ans, mais qui intervient que fort timidement et qui se perd dans une rhétorique peu convaincante face aux aboiements du leader du CNP, dont elle connaitrait parfaitement les motivations profondes, les cachettes, les forces et les sources d’approvisionnement ;
9. Notre désapprobation de la léthargie et de la passivité du Gouvernement Congolais face aux promenades de santé des rebelles étrangers sur le territoire congolais ;
10. Notre attachement au programme AMANI, comme issue pour le retour de la paix (non le retour au calme) dans les deux Kivu ;
11. Enfin, notre Foi en la souveraineté de la République Démocratique du Congo, en son unité et en sa grandeur car, au-delà de la conjoncture actuelle, le Congo redeviendra le Congo.

Fait à Kananga, le 08 octobre 2008.

Les Participants (voir la liste à la fin)

V.2. MESSAGES.
Tout au long de leur marche, les participants avaient en mains des papiers sur lesquels on pouvait lire les différents messages ci-dessous repris et qui furent remis, au même moment que leur déclaration, aux destinataires.

1. Nous compatissons avec nos compatriotes de la Province Orientale, du Nord et Sud Kivu qui sont de nouveau victimes respectivement des attaques et guerres injustes ;
2. Nous disons non à la partition de la RDC, à la guerre injuste de Laurent NKUNDA, à l’exploitation illégale et au pillage systématique de nos richesses ;
3. Nous soutenons sans réserve nos vaillantes Forces Armées Congolaises qui se battent au front pour la souveraineté de la RDC ;
4. Nous n’autorisons plus le Gouvernement à négocier avec un rebelle quel qu’il soit, et quelle que soit la pression et d’où qu’elle vienne ;
5. Nous exigeons de nos Institutions et du Gouvernement Congolais la protection et la promotion de tous les droits des Congolais ;
6. Nous sollicitons l’appui sincère de la Communauté Internationale et exigeons le départ de tous les traîtres de la terre congolaise !

ANNEXE VI:

Les conflits coutumiers et fonciers et la question du développement du Kasaï occidental
Par Mgr Gilbert KALUMBU Ngindu

Introduction
Un sujet comme celui-ci devait être exposé par les experts de la Division Provinciales des titres fonciers et de Cadastre ou par leurs collègues de l’Administration du Territoire ou encore par ceux du Développement, etc. C’est pour dire que nous sommes devant un thème multifacétique. Nous interprétons le fait qu’il nous soit demandé de le traiter dans ce cadre bien circonscrit d’une conférence, sans en être expert, comme non seulement une façon de faire entendre la voix des sans-voix, mais aussi une occasion de faire ressortir un point de vue - le nôtre - plein de points d’interrogations, en quête des solutions qui mettent la personne humaine au centre de nos préoccupations.
Que voulez-vous qu’on dise quand chaque jour nous apporte des nouvelles assez angoissantes de nos villages : qui, des conflits intra communautaires, qui des confrontations sanglantes intercommunautaires, parfois attisés par la politique, la faim, la pauvreté, mais souvent ayant des racines bien lointaines des rapports de force et d’influence et des antagonismes d’un passé ancestral dont on ne possède pas comme il faut les tenants et les aboutissants et ce, de génération en génération?

Nous articulons notre propos en trois parties :
1. les lois foncières en République Démocratique du Congo et leurs contradictions ;
2. les chefs coutumiers et les conflits intra et intercommunautaires ;
3. qu’en est-il de la délocalisation comme conséquence inéluctable de la globalisation et la question du développement par le truchement des investissements ?

1. Lois foncières du Congo et leurs contradictions
1.1 Le principe de propriété

Le Droit congolais reconnaît aux particuliers (personnes physiques et / ou morales) le droit de propriété sur certains biens qui s’acquièrent d’une façon générale, selon les modalités prévues par la loi n° 073-027 du 20 juillet 1973, portant régime général des biens, régime foncier et immobilier et régime des sûretés telle que modifiée et complétée par la loi n° 80-008 du 18 juillet 1980 (loi dite foncière).
La Constitution de la République de 2006 renchérit le même principe à l’article 14 alinéa 1 de la loi foncière. Et plus loin, à l’article 34, alinéa 1 la même Constitution stipule emphatiquement : « la propriété est sacrée », l’Etat garantit le droit de la propriété individuelle ou collective acquise conformément à la loi ou à la coutume.
Comme pour donner une définition de la propriété, l’article 14 précitée dit : « La propriété est le droit de disposer d’une chose de manière absolue et exclusive, sauf les restrictions qui résultent de la loi et des droits réels appartenant à autrui ».
Il est toutefois important de relever aussi qu’en matière foncière, l’appropriation privative du sol et du sous-sol a été abolie, le sol étant devenu propriété inaliénable de l’Etat (art. 53 de la loi foncière).
Il se dégage de toute cette législation foncière que le sol et sous-sol appartiennent à l’Etat qui peut accorder des concessions à ceux qui en font la demande. Ces derniers ne peuvent donc détenir que la propriété privée des immeubles incorporés et acquérir sur le sol un droit de jouissance qui sert de support de cette propriété.
Et si le droit de propriété est la règle, l’Etat se réserve le droit, dans les conditions et selon les modalités prévues, d’y apporter certaines restrictions, notamment selon le procédé d’expropriation pour cause d’utilité publique (cfr. loi n°77/01 du 22 février 1977 sur expropriation pour cause d’utilité publique).
Qu’en est-il des terres occupées en vertu des droits coutumiers ?

Il s’agit, dans la législation du Congo, des terres occupées par les communautés locales, en vertu de leurs droits fonciers coutumiers. Et il n’existe aucun texte légal qui reconnaît ou accorde aux peuples dits autochtones un statut particulier ou des droits spéciaux, du fait même d’être compris dans les communautés locales. Malgré ce vide juridique, il y a une provision légale qui rend encore plus rigide la loi foncière du Congo sur cette question : l’article 207 dit « Tout acte d’usage ou de jouissance d’une terre quelconque qui ne trouve pas son titre dans la loi ou un contrat, constitue une infraction punissable d’une peine de deux à six mois de servitude pénale et d’une amende de cinq à cinq cents zaïres ou d’une de ces peines seulement ».
Conclusion : depuis la réforme foncière de 1973, toutes les terres sont devenues domaniales. Ce qui a eu pour conséquence la suppression des terres indigènes pour assurer une uniformisation qui recèle plus des contradictions que des solutions aux problèmes vitaux. Cette uniformisation est déjà elle-même, source de beaucoup de conflits.
Si la loi coloniale distinguait clairement les terres de l’Etat des terres coutumières, celle de 1973 instaure le monopole de l’Etat sur le foncier, tout en se recommandant à une future législation sur les terres occupées par les communautés locales en vertu de la coutume ! Or celle-ci n’a jamais été déterminée !
Conséquence : cette confusion, disons mieux, cette ambiguïté n’a fait que permettre une acrobatie légale par l’élite locale qui s’appuie tantôt sur la loi moderne tantôt sur le droit coutumier (qui n’est pas écrit) pour acquérir, à titre personnel, des terres sur des immensités qui défient parfois toute imagination.
Cette confusion fera en sorte que des institutions, même les plus respectables, par le biais de leurs animateurs, peut être plus assoiffés de pouvoirs et d’argent surtout, marchent sans scrupules sur les « petits villageois » en acquérant des espaces vitaux pour la subsistance de ces derniers. Cette loi foncière telle qu’elle est conçue et reçue dans la Constitution de la République a contribué et contribuera encore et davantage à attiser la conflictualité. Ce ne sera pas pour longtemps que l’on verra s’installer sur le sol congolais, par le biais de ses propres fils, le système de « latifundia » qui était implanté en Amérique Latine et qui était, à cause de son injustice, à l’origine de beaucoup de conflits et des conflits armés ! Les plus nantis disposeront de toutes les terres arables et fertiles acquises sur base d’une loi foncière moderne, i.e. terres achetées des mains de l’Etat et en bonne et due forme.

2. Les chefs coutumiers et les conflits intra et intercommunautaires : freinage au développement du Kasayi ?

Est-ce que le fait que les chefs de villages, s’estimant lésés dans leurs droits ancestraux, refusent de céder des terres à ceux qui les sollicitent, qui pour creuser des minerais, qui pour des cultures intensives ou élevage intensif, privant leurs sujets d’espaces à cultiver pour leur survie, est-ce que ces chefs là constituent un frein pour le développement du Kasayi ?
Au fond, comment résoudre les conflits fonciers régis par la coutume ?
Dans son ouvrage intitulé « Le règlement des conflits fonciers régis par la coutume en droit congolais », Noël Kilomba Ngozi Mala, soutient et propose des techniques clefs nécessaires au règlement des conflits fonciers.
Il s’agit là, à vrai dire, du règlement des conflits intra communautaires : les habitants du même village qui se disputent la terre arable appartenant jadis à leurs parents, grands-parents et arrière-grands-parents.
Et c’est fréquent dans notre terroir. L’issue en est souvent tragique. Il s’agit aussi des conflits intercommunautaires à régler : entre des villages voisins, entre les nouveaux venus dans la région sous la mouvance migratoire provoquée par elle aussi par des guerres ou des haines ethniques, comme c’est le cas des ressortissants du Kasayi chassés du Katanga par les originaires de là, engendrant des milliers de morts . Arrivés ici, ces Kasayens ont été reçus dans « leur terroir » où il n’était pas souvent facile de composer avec les communautés trouvées sur place.
Il y a donc lieu de soumettre à un nouvel examen les rapports entre la loi foncière et les différents décrets sur les juridictions coutumières.
Un autre aspect qu’il faudrait épingler et examiner de plus près ici, c’est la pertinence de l’implication du droit foncier et du système politique dans l’organisation coutumière. Il nous est arrivé et nous arrive encore de nous demander quel est encore le rôle du chef coutumier dans la gestion de son village, son clan, son ethnie quand l’Etat et les politiciens par plusieurs mécanismes interposés s’érigent en des compétences qui mettent les premiers sous leur tutelle, et très bientôt comme « vassaux » des bien placés dans les arcanes du pouvoir politique !
Quand les chefs coutumiers se sentent relégués au second plan par la nouvelle classe des dirigeants politiques même et souvent locaux, ils réagissent par un comportement de rejet, de refus… Ils boudent. S’il leur manque une éducation d’un niveau de l’école secondaire ou universitaire, alors ce rejet prend l’allure d’une volonté réfractaire à tout processus de développement.
Solution : les chefs coutumiers, comme tous les autres citoyens ont droit au respect que commande leur responsabilité au sein de notre société et de notre pays : c’est dire qu’on veillera à ce qu’ils ne soient pas utilisés pour les profits des biens placés de la république. Pour une meilleure performance dans leurs fonctions, ils ont droit, comme tous les autres citoyens, à l’éducation, à la formation pour éviter que les bienfaits de la modernisation ne les passent ensommeillés.
L’intérêt de tout le monde c’est de voir les chefs coutumiers, qui recevaient du temps colonial, une formation administrative bien poussée- il y avait toujours une école pour enfants des chefs coutumiers – c’est donc dans l’intérêt de toute la Province de voir les chefs coutumiers bien formés, capables de s’assumer et d’assumer comme il faut les fonctions que nos villages leur reconnaissent.
Il n’est dans l’intérêt de personne de voir un chef coutumier réduit au rang d’un vassal de l’Etat ou de nouveaux propriétaires terriens ou même des institutions si honorables soient-elles.
L’éducation ou la formation des chefs coutumiers est et reste, pour nous, la clef au développement. Le respect du travail de cohésion dans leurs juridictions respectives devrait commander le respect de tous.

3. délocalisation et développement par des investissements

Qu’en est-il des rapports entre la délocalisation, conséquence de la mondialisation, et le développement de nos terres par le truchement des investissements ?
Le phénomène de la mondialisation porte les produits partout où la main d’œuvre qualifiée est moins chère, là où les investissements ne coûtent pas trop cher à l’investisseur, mais la production lui rapporte plus. Qu’en sera-t-il du Kasayi ?
Il n’est un secret pour personne qu’aujourd’hui, le Kasayi et le Katanga sont lorgnés sur l’échiquier national comme lieux indiqués pour les investissements dans les domaines surtout agro-pastoral pour le premier et minier pour l’autre. Tous les rapports du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) le signalent et les organisations sous-régionales de l’Afrique du Sud en font des échos bien audibles.
C’est à nous, le peuple, de voir quel type de développement intéresserait mieux le Kasayi Occidental :
a) celui de grandes firmes qui ramassent tout ce que nous nous avons comme ressources sans terminer notre pauvreté ?
b) celui de type latifundia, qui est en train de se faire imperceptiblement (= accumulation de toutes les terres fertiles et arables et des richesses qui en découlent, aux mains de quelques uns) ?
c) celui autocentré dans lequel nous tous sommes partie prenante et la personne humaine en son centre ?

Si le choix est mal fait, alors surgiront des conflits dont l’issue est toujours catastrophique pour la population et donc pour la Province.

Conclusion

Ce qui nous unit au-delà de tous ces conflits sociaux générés par toutes sortes de causes, est plus fort que justement ces causes qui nous divisent . Les besoins qui engendrent souvent des conflits sont nombreux chez-nous, mais savons aussi que notre terroir dispose de beaucoup de ressources culturelles pour un dépassement serein des différences culturelles. Parmi les valeurs qui feraient la fierté d’une lutte pour un mieux vivre ensemble dans ce Kasayi et dans ce Pays nous épinglons, avec conviction, celles qui suivent :
a) humanité commune ;
b) amour pour la vie ;
c) sens du sacré et de la religiosité
d) histoire commune d’origine ;
e) sens de l’unité de la Province et du Pays ;
f) capacité de gérer nos conflits par la palabre africaine ;
g) recherche constante d’équilibre entre le pouvoir du chef et celui du peuple : le monde moderne nous l’exige. Car l’anachronisme dans ce domaine est toujours en passe de devenir cause de conflits dans le domaine politique.

Défi ou solution des solutions :
Il faut d’abord l’éducation, ensuite l’éducation et enfin l’éducation pour un développement harmonieux de cette province du Kasayi Occidental et pour chaque acteur social et politique.

☻ Mgr Gilbert KALUMBU Ngindu

ANNEXE VII:

« La lutte contre la pauvreté comme nouveau nom du développement et de la paix »
Par Professeur Abbé Lambert MUSEKA Ntumba

Introduction.
Remerciement aux organisateurs pour cette semaine d’intense réflexion sur le thème central intitulé : « Ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise ».
Transposé au sous-thème qui m’est confié « La lutte contre la pauvreté comme nouveau du développement et de la paix » l’on pourrait dire : « La pauvreté qui nous unit devrait nous rendre plus forts contre ce qui nous divise » (et qui nous empêche de nous développer et de vivre en paix).
Jeu de mots ou profonde réalité ?
Pour en juger, commençons par cette première interrogation :
I. Connaissez-vous la pauvreté ? (Puisqu’on ne saurait lutter efficacement contre un ennemi mal connu).

Réponse I :
Si un journaliste promenait, à ce jour, un micro-baladeur dans nos rues de Kananga et d’ailleurs dans notre pays et d’ailleurs encore dans le monde, il n’aurait aucune peine à ramener un oui massif à cette question. Qui, en effet, dans la rue ne parlerait spontanément du manque d’hygiène de notre environnement, de l’indécence de nos routes et de la majorité de nos habitations, de l’insuffisance de nos repas et de nos soins médicaux, de l’obscurité de nos nuits et du manque d’énergie électrique pour l’industrialisation de la région, de la médiocrité des salaires et de l’ampleur du chômage qu’il soit officiel ou déguisé et j’en passe …

Réponse II :
Si pour sa part, un enquêteur scientifique était invité à nous livrer les résultats de ses enquêtes sur ce sujet de la pauvreté dans nos milieux, il ne manquerait pas de nous servir en abondance des données statistiques à vous couper le souffle. Ainsi ont fait, à titre d’exemple, les analystes du document MICSD ou enquête par grappes à indicateurs multiples de 2001, portant « Enquête nationale sur la situation des enfants et des femmes » en vue de l’élaboration du fameux « Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté » (DSRP). On y voit relevé par exemple :
• Le pourcentage de ménages selon le nombre de personnes par chambre à coucher ;
• Le pourcentage de ménages selon le type de matériaux du sol ou des murs des maisons ;
• Le pourcentage de la population ayant accès à une eau de boisson salubre par province ou à l’eau de boisson dans les quinze minutes, etc.

Notons au passage que presque dans toutes les statistiques de cette enquête le Kasaï Occidental vient en dernière position !
Dans le même DSRP on peut lire, à propos de la paupérisation en RDC que « le niveau de revenu par jour et par habitant est tombé de 1,31$ en 1973 à 0,91$ en 1974 et à 0,30$ en 1998 .
Sur le plan continental et macro-économique Stefaan Marysse, Professeur à l’Université St Ignace d’Anvers, écrit ce qui suit et qui donne froid dans le dos : « La marginalisation de l’Afrique en général et de l’Afrique Sub– Saharienne en particulier au niveau international est malheureusement un fait. Sa part dans le commerce international était tombée de 3% au début des années 90. Les investissements étrangers avaient atteint le niveau insignifiant de 9 millions en 1990. Ils étaient encore de 2,5 milliards dans les années 80.Le revenu régional brut de l’Afrique couvrant les besoins de 450 millions d’habitants était à peu près celui de la Belgique avec 10 millions d’habitants. Sa production vivrière par tête en 1995 était d’un niveau plus bas qu’en 1970. En guise de comparaison : pour courir à la rescousse de la Corée du Sud en 1998, alors en crise financière qui mettait en danger le système international financier, la Communauté Internationale approuvait un pactole de sauvetage de 156 milliards de dollar. Si on compare cette aide à celle que les Etats-Unis accordent à l’Afrique Sub-saharienne (un milliard de dollar, du reste au compte-goutte) pour alléger la dette africaine (14 milliards au total), on comprend que l’Afrique Sub-saharienne pèse (économiquement) peu dans le monde » .

Réponse III :
D’autres penseurs parlent :
• Revenant à la dimension individuelle, le Professeur Abbé Modeste BUKASA définit la pauvreté, dans son article intitulé « Dimension, mesures et perceptions de la pauvreté face aux enjeux de développement du Kasaï Occidental ». « Un individu, dit-il, est considéré comme pauvre s’il manque de l’argent, s’il n’est pas en mesure de prendre en charge la scolarisation de ses enfants, ne mange pas à sa faim, s’il est paresseux, s’il n’a pas d’habits décents, s’il a une santé médiocre, n’a pas d’outils de production et de champs agricoles de subsistance, pour celui qui habite le village, n’a pas un emploi rémunérateur ni d’activités génératrices de revenus, est mal habillé, manque de moyen de transport, est parasite et n’a pas d’esprit d’initiatives, n’a pas d’aide et manque de biens de première nécessité, …. » .
• La Société Juive de l’Ancien Testament avait, pour sa part, rangé le pauvre dans le registre de « l’indigent », « le maigre », « le chétif », « le mendiant », « l’homme abaissé et affligé » (ou les « Anawin »), qui prendront dans la bible un sens spirituel privilégié comme les pauvres de Yahvé qui comptent sur Lui et s’abandonnent à Lui .
• Et Albert Tévoédjré, dans son livre d’il y a exactement trente ans mais qui continue à donner à penser sous le titre provocateur « La pauvreté, richesse des peuples » s’appuie sur les meilleurs dictionnaires et autres sources littéraires pour définir le pauvre comme « Celui qui a tout juste le nécessaire » c’est-à-dire « qui a ce qu’il faut mais non le superflu »

Il est inutile de nous étendre davantage sur les réponses variées à la question : « Connaissez-vous la pauvreté ? ».
Disons plutôt en résumé, avec le professeur Honoré MUKADI Luaba que, « Les uns considèrent la pauvreté matérielle (revenu par tête d’habitant) les autres considèrent la pauvreté humaine (capacité de fonctionnement humain). D’autres encore considèrent les besoins de base tels que l’alimentation et le logement, … » .

Arrêtons-nous plutôt sur la question plus coriace que voici :
II. Y-a-t-il une solution à la pauvreté ?

La lutte contre la pauvreté ou pour « la réduction de la pauvreté » a toujours fait l’objet de la préoccupation humaine et voici quelques pistes de solutions trouvées :
1. L’on pourrait dire qu’une première stratégie, selon l’expression en vogue, a été pratiquement de ne pas la combattre, mais d’en garder une bonne dose dans la vie comme indispensable ingrédient de l’homme en ce monde ou pour mériter le bonheur éternel dans l’au-delà.
C’est dans ce sens que beaucoup ont interprété les paroles bibliques comme les suivantes :
• Proverbe 30, 8-9 : Ne me donne ni pauvreté ni richesse, laisse-moi goûter ma part de pain, de crainte que, comblé, je ne me détourne et ne dise : « qui est Yahvé ? ou encore qu’indigent, je ne vole et ne profane le nom de mon Dieu » ;
• Ngoyi Kasanji : « Kumpi bionso, wampala bimue, wampesha binga » (traduction de « Ne me donne pas tout, prive-moi de certains, donne-moi d’autres ») ;
• Jean 11, 8 : « Les pauvres, en effet, vous les aurez toujours avec vous », reprenant sans doute le mot de Deutéronome 15, 11 qui disait : « Il y aura toujours des pauvres dans le pays » ;
• Lucas 6, 20 : « Heureux, vous les pauvres, car le Royaume de Dieu est à vous »

Le prélat Bossuet, du 17ème siècle rapporte, à propos des anciens Romains, que « la pauvreté n’était pas un mal pour eux. Au contraire, ils la regardaient comme un moyen de garder leur liberté plus entière, n’ayant rien de plus libre ni de plus indépendant qu’un homme qui sait vivre de peu » . L’on croirait entendre, en écho, un vieux chant populaire issu de la magnifique déclaration de feu le Maréchal MOBUTU, dans ses meilleurs jours, selon laquelle : « il vaut mieux être pauvre et libre plutôt que riche et esclave » ; ou nos ancêtres qui disaient : « Udiadia wadia, tshibi mmatandu » (traduction de « Que celui qui mange mange, le mal c’est le dispute »).

2. Mais il a aussi existé et il existe encore au niveau de certaines Eglises, Sectes ou Mouvements religieux, des solutions miracles relevant davantage du fanatisme, de la mystification et du charlatanisme que d’une saine spiritualité, comme celle de l’apôtre Paul qui disait avec fierté aux Thessaloniciens : « Nous ne nous sommes fait donner par personne le pain que nous mangions, mais de nuit comme de jour nous étions au travail, dans le labeur et la fatigue, pour n’être à la charge d’aucun de vous » (I Tes 3, 8).

Au contraire dans ces Eglises, Sectes et Mouvements religieux le chef spirituel dit Damase Djongongele Otshudi perd, en quelque sorte, aux yeux des adeptes, son humanité ordinaire. Il devient une personne supérieure aux humains. Il acquiert un statut spécial qui fait de lui un ami intime de Dieu ! Il a des révélations et des visions en permanence (…), il devient la personne capable de donner des solutions aux problèmes collectifs et individuels des adeptes.
Waswandi Kakule présente, à ce sujet, un extrait tragi-comique d’une prédication d’un pasteur de la secte à miracles « Mayi Mobikisi » (l’eau salvatrice) : « Jesus, proclame le pasteur, est vraiment vivant. Adorez-le. Il nous a promis de venir nous sauver. Il nous a promis son esprit de force pour nous guérir. L’Esprit a la puissance de bénir la terre. Voyez les vaches chez moi ! Que j’achète deux vaches, elles se multiplient jusqu’à 150. L’Esprit est toujours la grâce de Dieu pour enrichir les croyants ».

3. Enfin, les tentatives de solution les plus abondantes et les plus scientifiques nous sont venues, depuis des décennies, des économistes chevronnés et autres experts des Organisations internationales. Inutile de rappeler ici ce que les théoriciens de l’économie libérale et néolibérale ou de l’économie sociale et solidaire ont proclamé à ce propos pour ne pas répéter mal ce qu’ils ont déjà dit brillamment. Retenons seulement avec étonnement que l’Assemblée Générale des Nations Unies avait proclamé 1996 « Année internationale de l’éradication de la pauvreté » et la décennie 1997-2006 « première décennie des Nations Unies pour l’élimination de la pauvreté » !! Et nous sommes en 2008 finissants !! Quel échec ! Et pas seulement pour l’Afrique, puisque c’est depuis les plus grandes puissances économico-financières du monde que la panique se répand actuellement à propos de la récession économique en vue.

III. Mais alors, y a-t-il vraiment une solution à la pauvreté ?

Pour ma part, je n’ose pas trop répondre à la place des autres et de tous les pauvres que nous sommes tous ensemble. Oui, tous les pauvres, selon les paroles si pertinentes de feu le père Jésuite Camerounais qui disait : « En Afrique la pauvreté n’est pas seulement un phénomène socio-économique. C’est la condition humaine, dans sa racine profonde qui a été tarée, traumatisée, appauvrie, … chez nous la condition humaine se trouve dans une situation de dépendance, d’insécurité, de précarité, de fragilité (…) cette situation embrasse l’homme, tout l’homme, tous les hommes à tous les niveaux (…). Qui, en Afrique, est pauvre et qui ne l’est pas ? Tout le monde vit dans l’incertitude et l’insécurité : les chefs d’Etats et leurs ministres, le fonctionnaire, le soldat, le policier, le travailleur, le chômeur, le paysan, la population des villages et celle des villes (…), nul n’est sûr du pain quotidien, nul ne sait ce que réserve le lendemain. Tout échappe à l’homme africain ; il n’est sûr ni de son indépendance, ni des richesses de son sol et de son sous-sol. Il n’a le contrôle ni de son pétrole, ni de son cuivre, ni de ses diamants, ni de son café, ni de sa banane, ni de son coton... » .

Devant l’ampleur d’une telle pauvreté, il me semble que notre premier devoir collectif soit de lutter contre la pauvreté de la pensée qui, à mon avis, est la source et le ciment de toutes les autres pauvretés. C’est ce que voulait dire la Bruy par ce mot si pertinent : « Si la pauvreté est la mère des crimes, le défaut d’esprit en est le père » . La mère des crimes dans ce sens où l’apôtre Jacques écrit : « D’où viennent les guerres, d’où viennent les batailles parmi vous ? … vous convoitez et ne possédez pas ? Alors vous tuez. Vous êtes jaloux et ne pouvez obtenir ? Alors vous bataillez et vous faites la guerre » (Jacques 4,1-2).
Mais la pauvreté d’esprit, ou celle que j’appelle la pauvreté de la pensée est celle qui n’est pas synonyme de manque de diplômes universitaires, ni d’absence de grands discours ou d’écrits scientifiques ou de conférences extraordinaires sur la pauvreté, mais celle qui signifie : mimétisme ou imitation béate des modèles de lutte contre la pauvreté importés ou imposés du dehors ; c’est celle qui n’ose pas penser sérieusement, ensemble avec ce peuple selon sa propre culture, sa philosophie, son contexte, ses ressources, soit par peur, soit par intérêt personnel, soit par paresse intellectuelle. De tels pauvres d’esprit se retrouvent partout dans nos pays, dans le gouvernement, les partis politiques et autres cercles du pouvoir, dans les auditoires des universités et des instituts supérieurs, dans les Eglises et les ONG locales, dans les campagnes comme dans les quartiers urbains, …
Sans guérir d’abord de cette pauvreté de la pensée, il y a, à mon avis, peu d’espoir que notre peuple trouve de si tôt la voie du développement à son rythme et selon ses besoins, afin d’aboutir à la paix, qui ne sera pas seulement celle des armes, mais aussi celle des ventres, celle des cœurs et des esprits qui constitue le bonheur suprême pour un homme en ce monde.
Le dernier cri à lancer pourrait paraphraser celui de K. Marx disant : « prolétaires de tous les temps, unissez-vous », qui deviendrait : « pauvres de tous les lieux, unissez-vous » pour penser par vous-mêmes à la solution de votre véritable problème et méfiez-vous des solutions de celui qui ne fait pas partie de votre condition au quotidien.
Je vous remercie.

☻Professeur Abbé Lambert MUSEKA Ntumba

ANNEXE VIII:

« La décentralisation en République Démocratique du Congo et la problématique de la justice distributive »
Par Me Patrick MUBALU Kankolongo

Après plus de 30 ans d’un régime décrié par tous et après une série de guerres, toutes ayant pour motivation, l’instauration d’un nouvel ordre politique en République Démocratique du Congo et la problématique, les acteurs s’étaient réunis en pourparlers politiques en vue de mettre fin à la guerre et organiser les élections.
Ainsi, une transition incluant toutes les forces sociales de la RDC avait été organisée en vue de préparer et organiser ensemble les élections et l’avènement de la 3ème République.
On ne pouvait et on ne peut parler d’une nouvelle République que s’il y a une nouvelle constitution qui modifie substantiellement l’ordre institutionnel existant.
C’est dans ce sens que pendant la transition une constitution a été rédigée par les instances compétentes et soumise au référendum pour son adoption par le peuple.
La constitution ainsi adoptée, proclame le caractère uni et indivisible de la RDC. Elle institue deux échelons d’exercice du pouvoir d’Etat : le niveau central et le niveau provincial. Et dans les provinces se trouvent les entités territoriales décentralisées.
Cet état des choses fait dire les constitutionnalistes que la RDC est un Etat unitaire régionalisé et décentralisé (N.B. on peut dire régionalisé tout court ou décentralisé tout simplement et rendre la même situation juridique).
C’est de cette décentralisation que nous allons parler dans ce petit exposé en la confrontant à la problématique de la justice distributive.
Au fait, il s’agit pour nous de partager avec vous, la réflexion autour de cette régionalisation, cette décentralisation voulue par le constituant du 18 février 2006 en rapport avec la solidarité nationale.

*Quid du régionalisme et de la décentralisation
Le Prof MPONGO estime quant à lui que juridiquement le régionalisme n’est pas distinct de la décentralisation dont il est considéré comme la forme extrême.
La décentralisation s’entend elle-même comme un mode de gestion de l’Etat consistant à confier l’exercice de certaines attributions administratives à des autorités locales élues (dans certains systèmes qui tolèrent la nomination).
Dans la décentralisation qui est toujours organisée par une loi, les entités locales ont une personnalité juridique et disposent d’un pouvoir de décision pour la gestion des affaires locales ainsi que d’un budget propre financé par les ressources propres.
L’autonomie des services et des collectivités décentralisés est néanmoins limitée, car l’Etat central garde le monopole du pouvoir politique et de contrôle sur les entités décentralisées. C’est la tutelle administrative.
Cette surveillance porte le plus souvent sur la légalité des actes des autorités locales mais elle peut aussi porter sur l’opportunité même de l’acte.
La décentralisation peut être territoriale ou fonctionnelle. Elle est territoriale lorsqu’elle reconnaît l’autonomie aux circonscriptions administratives de l’Etat. Elle est fonctionnelle lorsqu’elle reconnaît à certains services publics une autonomie permettant de faire participer les administrés à leur gestion.

* Ce mode de gestion de l’Etat présente-t-il des avantages pour les populations de la RDC ?
La réponse est oui, dans la mesure où le pays est tellement vaste il est judicieux de rapprocher l’administration des administrés.
En effet, c’est une manière de responsabiliser les communautés locales qui, se prendront en charge dans le cadre de l’Etat en décidant directement sur place face aux problèmes locaux.
C’est aussi une façon de désengorger les tiroirs du pouvoir central qui sont pleins de dossiers de tout le territoire national, pleins des problèmes locaux qui risqueraient de ne pas passer pour des priorités.
C’est donc une aubaine pour les communautés locales qui, désormais, décideront de leurs priorités et de leurs solutions aux problèmes locaux.

* quel avantage alors pour la RDC ?
Comme dit ci-haut, la décentralisation est un moyen de permettre à l’Etat central de s’occuper des questions d’intérêt national et de grande envergure.
La gestion au niveau central se trouve assouplie parce que débarrassée de dossiers d’intérêt local qui risquaient d’enrailler la machine.
Par ailleurs, l’état de la nation s’en trouve rasséréné, les communautés locales étant servies à la base. Il y a très peu de revendications.
La stabilité et le développement de l’Etat semblent garantis.

* Quid des inconvénients ?
La régionalisation prévue par la constitution du 18 février 2006 n’a pas que des avantages, elle présente aussi des inconvénients.
Parmi ceux-ci, on peut retenir tentations pour certaines provinces de se replier sur elles mêmes et de se retirer de l’ensemble.
En effet, le régionalisme permet aux provinces de se doter des organes politiques locaux. Elles disposent surtout d’un pouvoir d’auto-organisation de ses organes de gouvernement et de législation ainsi qu’un domaine réservé de compétences.
Le régionalisme se fondant sur une entité organique géographique et historique, linguistique et même tribale possédant une puissance interne de cohésion et d’attraction, il se consolide dans une province, celle-ci peut tenter de se retirer de l’ensemble. La tentation est grande.
On peut aussi stigmatiser le risque d’instauration du chacun pour soi. L’émulation entre provinces peut se transformer en rivalité.
En effet, il y a risque que les provinces se livrent à concurrence même politique qui pourrait amener leurs opinions publiques internes à développer une haine à l’égard des ressortissants de l’autre province et menacer ainsi la cohésion nationale.
Le régionalisme peut conduire à un développement inégal des provinces voire à un partage inégal des ressources nationales.
Cela peut créer le sentiment d’être les oubliés de la nation dans le chef de certaines provinces.

* D’où le problème de la solidarité nationale
Toutes les provinces de la RDC n’ont pas les mêmes potentialités. Et même lorsqu’elles en ont on peut constater qu’elles n’ont pas les mêmes infrastructures.
Il est des provinces qui disposent d’une très grande infrastructure, alors que d’autres n’en ont pas.
Cette situation ne peut être compensée que par une solidarité nationale, celle-ci se matérialise par l’intervention de l’Etat central qui devra concevoir des projets de développement en faveur des provinces, ou alors en passant par la caisse de péréquation.
L’Etat central peut aussi conserver le caractère national de certaines structures situées dans les provinces en raison de ce qu’elles sont soit le produit d’un effort national soit qu’elles desservent tout le pays.
Il peut aussi décider d’une intervention spéciale en faveur d’une province en tenant compte de l’urgence de son problème.
C’est pour cela, nous semble –t-il, qu’il est institué une conférence des gouverneurs qui est un cadre de concertation autour des questions spécifiques des provinces mais comme une intervention de la nation.
C’est dans ce cadre que seront examinées les questions relatives par exemple au traitement des fonctionnaires locaux. En effet, on devra arrêter une politique de rémunération qui ne soit trop uniforme mais surtout pas disparate.
En conclusion, nous pensons que c’est ici le lieu et même le moment de lancer une campagne de sensibilisation à l’endroit de nos concitoyens. On a régionalisé ou décentralisé la RDC pour une administration efficace et propice au développement. Nous devons nous garder d’en faire mauvais usage.
La République Démocratique du Congo doit demeurer une, unie, indépendante et souveraine. Elle doit se développer dans l’unité et la solidarité de son peuple.
Ensemble, nous sommes plus forts.

Je vous remercie.
☻Me Patrick MUBALU Kankolongo

ANNEXE IX:

“La non-violence active comme approche d’intervention dans un conflit”
Par M. ELLOH Wodjé Raymond et Madame PENDA Ly

« Pourtant, le fait d’appartenir à un même peuple, à une même nation, à une même communauté, d’être nés égaux nous unit par des liens naturels et coutumiers, forts et incompressibles. Ces liens que nous n’avons pas créés qui nous unissent et nous imposent de vivre ensemble sont plus forts et plus solides que les conflits et autres incompréhensions, surmontables qui nous divisent. Il y a donc lieu de préserver ce qui nous unit et nous rassemble par la culture de la non-violence …. Il urge donc de vulgariser ce concept par l’éducation, la formation, la recherche, la diffusion et la sensibilisation »

Cette communication, bien entendu, prendra en compte le thème général cité plus haut.

Introduction
Le thème qui nous est proposé, à savoir, « la non-violence active comme approche d’intervention dans un conflit » pose inéluctablement le problème délicat du mode de résolution de conflits, ou encore du mode de résolution d’une situation sociale qui, plutôt que d’engendrer l’union et l’attente, crée la division et la discorde.
Notre intervention va s’atteler à définir dans un premier temps la notion de conflit, à analyser ensuite les méthodes et moyens de résolution de conflit avec la non-violence active comme approche d’intervention et, enfin, à faire ressortir les avantages à cultiver ce concept du fait de la primauté de ce qui nous unit sur ce qui nous divise.

I. Définition de conflit
Etymologie :
Le mot conflit vient du latin classique « confligere » (qui signifie lutter). Il est composé du préfixe « con » (qui veut dire ensemble) et de « fligere » (qui veut dire heurter).
Etymologiquement, conflit veut dire « le fait de lutter ensemble ».
C’est un mot masculin ; il peut exprimer :
• 1. Une lutte armée, un combat entre deux ou plusieurs personnes ou puissances qui se disputent un droit. Il peut encore exprimer :
• 2. (au figuré) une violente opposition de sentiments, d’opinions, d’intérêts. Il peut enfin exprimer :
• 3. La manifestation d’exigences internes inconciliables ou spécifiquement de forces pulsionnelles antagonistes.

Le conflit est en fait une situation sociale où des acteurs en interdépendance, soit poursuivent des buts différents, défendent des valeurs contradictoires, ont des intérêts divergents ou opposés, soit poursuivent simultanément et compétitivement un même but.
Le conflit ne peut exister qu’entre deux personnes au moins. On ne peut être en conflit avec un inconnu sauf dès que celui-ci est en relation avec nous ou dès qu’il a un lien avec nous. Dans une situation conflictuelle, chacun défend ses idées, ses droits, sa liberté, sa vie.
Le conflit nait dans un système qui s’apparente à un ensemble d’éléments interdynamiques ayant une même finalité dont tous les éléments participent à l’atteindre. C’est une divergence dans la finalité.
Le conflit étant généré ou créé, nous allons voir comment le résoudre.

II. La résolution de conflit : méthodes et moyens
La résolution de conflit est un concept associé aux relations humaines, principalement liées au management et aux méthodes et outils d’aide à la prise de décision.
Elle consiste dans le choix judicieux d’une solution à un affrontement et à sa mise en œuvre. Elle ne peut être envisagée en dehors du conflit lui-même, c’est-à-dire sa nature, ses causes, les personnes qui le vivent, le contexte dans lequel il se passe, etc.
Tout mode de résolution qui serait proposé de manière transversale sans tenir compte des spécificités internes à la situation conflictuelle ne saurait être efficace.
Mais cela ne suffit pas. La façon dont on va envisager l’action même de la résolution d’un conflit va dépendre aussi de la place qu’on accorde au conflit dans la dynamique relationnelle. A ce niveau deux hypothèses sont envisageables :
• 1. On peut considérer le conflit comme une sorte de catastrophe qui intervient dans le cours d’une relation harmonieuse ; dans ce cas, le « résoudre » c’est le contrer, le vaincre, l’éliminer (quitte à ce qu’il revienne plu tard, similaire ou sous une autre forme).
• 2. On peut aussi estimer que les conflits sont une émanation d’un réel problème de communication et qu’il est tout à fait normal de se disputer que de vivre ensemble ; dans ce cas, résoudre un conflit c’est avant tout permettre aux protagonistes de comprendre ce qu’ils vivent et les aider à trouver en eux-mêmes et par eux-mêmes les solutions pour le gérer et maîtriser les effets dans l’instant de crise mais aussi chaque fois que des problèmes et des souffrances surgiront.

Dans le premier cas, on met en œuvre des méthodes ponctuelles pour combattre un phénomène qui se produit à un moment donné.
Dans le second cas, on met en place des outils de gestion à long terme.
Il existe cependant plusieurs manières de considérer qu’un conflit peut être résolu. Trois manières avec différentes nuances peuvent être envisagées (ce sont la contrainte, la soumission ou la fuite).
- On dispute et on discute :
On utilise sa persuasion. On fait appel à la persuasion d’un tiers

- On ne discute plus :
On recourt à la force physique. On fait appel à la force physique d’un tiers.
- On abandonne :
On fuit, on se soumet, on attend que ça passe.

A priori, une résolution de conflit permet d’éliminer un conflit. L’atténuation n’est pas la résolution. La résolution implique la recherche d’une solution. Mais une recherche intensionnelle visant la pacification rationnelle des protagonistes n’est pas une conception de la résolution d’un conflit qui fasse l’unanimité, puisque nombreux sont ceux qui agissent de manière agressive, incluant (vengeance, condamnation à mort, massacre, internement).
Un conflit peut être mis en sommeil ou en veilleuse par la contrainte, la domination et/ou la soumission, la fuite mais il n’est pas résolu pour autant. Le fait qu’un conflit trouve une issue n’implique pas qu’il ait été solutionné.
Un conflit peut disparaître avec les protagonistes ou se transmettre à leur lignée. S’il disparaît de cette manière on dira qu’il a été résolu. S’il y a écrasement de l’une des parties, cette solution ne résout pas le conflit. Celui-ci devient larvé, donc latent.
La résolution de conflit n’est donc pas un jeu de hasard. Elle implique l’adhésion des parties à des principes, un processus, des procédures combinées avec l’objectif de solution d’apaisement rationnel.
Au regard et à l’analyse de tout ce qui précède, on est amené à se poser la question de savoir si de tous les modes classiques de résolution de conflit, la culture de la non-violence ou encore la non-violence active n’apparaît-elle pas comme une approche idoine à la recherche de solution à un conflit ?
Pour mieux comprendre la place de choix de ce concept dans la résolution de conflit, il convient de l’attaquer de face.

III. Le concept « non-violence »
La non-violence est une philosophie qui délégitime la violence, promeut une attitude de respect de l’autre dans le conflit et une stratégie d’actions politiques pour combattre les injustices.
Elle a été popularisée par Mahatma GANDHI dès 1921 en Inde, adoptée et utilisée plus ou moins ouvertement par de nombreuses personnes, dont Martin Luther King pour la lutte des noirs Américains contre la ségrégation, LECH Walesa contre les gouvernements communistes polonais et tchèque, Nelson Mandela et Steve Biko en Afrique du Sud contre l’apartheid.
La non-violence est une recherche de la paix par des moyens respectueux de l’intégrité de l’autre. L’attitude non-violente consiste à préserver en permanence, l’espace nécessaire au dialogue et à la négociation.
L’approche non-violente de conflits, fondée sur le respect mutuel, n’exclut pas pour autant l’expression d’une grande fermeté et, si nécessaire, des rapports de force quand il s’agit de défendre les droits de l’homme ou de rétablir la justice (c’est le RJMP qui renforce/souligne ainsi).
Les partisans de la non-violence distinguent la violence des situations et les réactions violentes qu’elles engendrent. Ils dénoncent les situations de violence pour désamorcer les risques de crises violentes. Les moyens utilisés sont qualifiés de méthodes non-violentes.
Aussi, l’attitude non-violente part donc du postulat que les solutions violentes précèdent les expressions violentes et que l’injustice, et le refus de respecter son adversaire, sont des véritables sources de violence.
L’action non-violente est l’exposition bien réelle des partisans non armés aux armes de ceux qui choisissent des méthodes violentes pour résoudre les conflits. Elle table donc sur les ressors psychologiques humains de l’adversaire qui pourrait durablement s’exposer à paraître lâche en utilisant la violence armée contre des gens désarmés. Face à cette situation, l’opinion publique apparait comme le médiateur convoqué pour la lutte non-violente. Les politiques modernes et médiatiques sont imprégnées de ce concept.
A l’opposé, la violence, plutôt que de résoudre le conflit le dérègle. C’est un processus qui cherche à éliminer l’autre, l’ennemi, celui qui fait obstacle à la satisfaction de ses besoins, de ses intérêts, de ses désirs. L’autre est visé et finit par être considéré comme sans valeur.
Pourtant, le fait d’appartenir à un même peuple, à une même nation, à une même communauté, d’être nés égaux nous unit par des liens naturels et coutumiers, forts et incompressibles. Ces liens que nous n’avons pas créés qui nous unissent et nous imposent de vivre ensemble sont plus forts et plus solides que les conflits et autres incompréhensions, surmontables qui nous divisent (c’est le RJMP qui renforce/souligne ainsi).
Il y a donc lieu de préserver ce qui nous unit et nous rassemble par la culture de la non-violence, en usant autant que faire se peut, la non-violence active comme approche dans la résolution ou l’intervention de conflit. Il urge donc de vulgariser ce concept par l’éducation, la formation, la recherche, la diffusion et la sensibilisation.

Conclusion
Le conflit fait partie de la relation avec l’autre. Il peut être facteur de changement en introduisant le mouvement dans les relations, dans la société. Une société sans conflits est une société immobile, inerte, sans histoire.
Résoudre un conflit peut faire progresser la justice. Mais un conflit mal géré peut libérer des énergies destructrices considérables et déchainer des affrontements violents.
La non-violence active, de par les vertus qu’elle véhicule, apparaît comme approche globale de résolution, non seulement dans les rapports interpersonnels mais aussi dans les conflits sociaux et les relations internationales.
C’est un concept fédérateur et nous devons le cultiver davantage étant donné que ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise.

☻ Rédigé par ELLOH Wodjé Raymond
Approuvé par SIRFO Adamou

ANNEXE Xa:

« La jeunesse congolaise face au droit a l’éducation : un avenir compromis ».
Par Me François KALENDA

Introduction
Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,
J’ai été contacté par le Conseiller Juridique du RJMP, Me Florent KAKULE Matembela, avec qui je travaille au Cabinet, afin de venir le représenter ici. Je n’avais hésité aucun instant d’accepter cette invitation et me voici devant vous. Par la suite, le Président Administrateur m’avait communiqué le sous-thème que je vais développer, en tandem avec Mgr Evariste Lufuta ici présent. Je remercie les organisateurs pour cette marque de confiance et pour cet honneur à mon endroit.
Le sous-thème est pertinent dans la mesure où, en République Démocratique du Congo notre pays, l’éducation est un droit.
Nos idées focalisées sur le système éducatif et sur ce que nous attendons de notre jeunesse demain, je me suis posé un certain nombre de questions auxquelles je pourrai tenter de répondre au cours du présent exposé. Il s’agit notamment de: quelle est notre vision de ce qui est conçu comme droit ? Existe-t-il des instruments juridiques qui consacrent le droit à l’éducation ? Et dans la positive, qu’est-ce qui bloque l’applicabilité de ces lois ? Quelle lecture faisons-nous du système éducatif dans notre pays en général et dans la Ville de Kananga en particulier? Face à notre système éducatif en application, quel est l’avenir corrélatif de notre jeunesse ? Que peut-on attendre de notre jeunesse ? Et enfin, peut-on être rassurés d’avoir une élite demain ?
Voilà autant de questions auxquelles nous allons tenter de donner des réponses et des éclaircissements en partant, bien entendu, de notre expérience et de ce que nous vivons dans notre société ces derniers jours.
Pour la meilleure compréhension, nous avons subdivisé notre sous-thème en deux grands points : les instruments juridiques et leur applicabilité en droit congolais et international ainsi que la place de l’Etat congolais face au système éducatif en perdition.

I. Les instruments juridiques et leur applicabilité en droit congolais et international
I.1. Sur le plan national
L’article 43 de l’actuelle Constitution de la RDC et l’article 46 de la Constitution de la Transition de notre pays stipulent que :
• Toute personne a droit à l’éducation scolaire. Il y est pourvu par l’enseignement national.
• L’enseignement national comprend les établissements publics et les établissements privés agréés.
• La loi fixe les conditions de création et de fonctionnement de ces établissements.
• Les parents ont le droit de choisir le mode d’éducation à donner à leurs enfants.
• L’enseignement primaire est obligatoire et gratuit dans les établissements publics.

I.2. Sur le plan international
La République Démocratique du Congo a ratifié plusieurs instruments juridiques relatifs au droit à l’éducation des enfants. C’est d’abord la Charte International des Droits de l’Homme qui dispose que chaque enfant a droit à l’éduction et à l’instruction.

De tout ce qui précède il se dégage que les textes tant nationaux qu’internationaux considèrent le droit à l’éduction comme étant obligatoire pour tout enfant et que les parents sont responsabilisés en primeur du choix de l’éducation bénéfique au bon devenir de leurs enfants. Mais dans cette tâche, seule l’école favorisera aux enfants l’acquisition des connaissances nécessaires qui peuvent leur permettre de devenir un jour utiles pour le pays et pour l’humanité. Et pour ce faire, c’est à l’Etat que revient la prise en charge de certaines tâches et devoirs susceptibles au bon encadrement de tous ceux qui concourent à l’édification de cette œuvre qu’est l’éducation des enfants.

II. La place de l’Etat Congolais face au système éducatif en perdition.
A la belle époque, je voudrais parler du temps ancien en RDC, l’école était considérée comme le lieu par excellence de l’éducation et de l’encadrement de la jeunesse, surtout un meilleur lieu d’instruction et de formation de l’élite congolaise à tel enseigne qu’autant l’Etat y mettait des moyens autant les enseignants y trouvaient leur compte et dispensaient consciencieusement les enseignements aux élèves et étudiants. A cette époque, la relation entre les élèves et les enseignants se limitait à l’école et ne pouvait pas continuer ailleurs ! La confiance était le maître-mot étant donné que chacune des parties, en l’occurrence l’Etat, les enseignants et les élèves, y trouvait son compte. Mais aujourd’hui, l’enseignement en RDC a considérablement baissé ou chuté.
A nous de poser la question suivante : qui serait alors à la base de la dégringolade du niveau de l’enseignement en RDC ?
Il existe plusieurs causes dont voici quelques unes :
• La prise en charge de l’enseignant par les parents ;
• L’inapplicabilité de différentes lois relatives à l’éducation ou mieux la désuétude des dites lois.
• Le non-respect des engagements pris entre l’Etat et les enseignants (Accord de Mbudi signé en 2004 entre le Gouvernement congolais de l’époque et les enseignants et fonctionnaires de l’Etat représentés par les deux syndicats à savoir le Syndicat des Enseignants Congolais –SYECO- et le Syndicat des Enseignants Catholiques –SYNECATH-)

A. La prise en charge des enseignants par les parents.
N’existe-t-il pas une maxime ou un principe qui dit que la main qui donne est au dessus de celle qui reçoit ?
En effet, depuis 1990, il existe un nouveau système d’enseignement en République Démocratique du Congo : celui de la prise en charge de l’enseignant par les parents !
A nous de nous poser la question de savoir où serait l’Etat et quelle est la qualité de l’enseignement dispensé ce jour dans notre pays ?
En revenant à la maxime ci-haut reprise, on constatera qu’il est devenu curieusement normal et qu’il appartient aux parents, en RDC aujourd’hui, de s’occuper des enseignants, c’est-à-dire de payer leurs salaires, des allocations familiales, le transport, …et que sans cette contribution il n’y a pas d’école et que les enseignants ne peuvent pas vivre et par conséquent les étudiants n’étudieront pas non plus !
Cette situation a pour résultat l’affaiblissement total du niveau d’enseignement au Congo démocratique. On constate en même temps qu’il n’existe plus des élèves moins intelligents et que tout le monde passe de classe dans nos écoles aujourd’hui ! Ce constat peut-il nous amener à conclure que tous les enfants congolais sont des savants ?
Je ne pense pas, au contraire, c’est simplement parce que, recevant la prime de la part des parents, les enseignants se voient endettés et ne peuvent plus, par conséquent, retenir les élèves, les étudiants moins intelligents reprendre de classe ; Aussi, parce les parents, de leur côté, risqueraient de payer doublement la même année et que l’enseignant manquerait sa prime à la fin du mois !
C’est à ce niveau que l’on peut se rendre compte du service que nous rendons à notre société. Cette situation ne serait-ce pas une bombe à retardement ? La réponse est que ce n’est plus l’élite du demain que nous formons mais c’est plutôt l’hécatombe de notre jeunesse que nous creusons !
En outre, ne peut-on pas se demander quoi de plus normal que la main des parents qui se trouve au dessus de celle des enseignants ne puisse pas l’emporter sur l’éducation de nos enfants ? Ne serons-nous pas entrain de compromettre à l’éducation de nos enfants ?
Je laisse à chacun la latitude de répondre à ces diverses questions !

B. La désuétude des lois

Ne dit-on pas en droit que lorsqu’une loi n’est pas respectée, elle tombe elle-même en désuétude ? C’est-à-dire qu’elle cesse d’être une loi !
Au début de mon exposé, j’ai évoqué les différents instruments juridiques relatifs à l’éducation. Mais, qu’en est-il de leur applicabilité au Congo démocratique ?
De prime abord, permettez-moi de vous dire que dans notre pays nous avons des lois, les meilleures lois ! Mais la grande difficulté réside dans le non-respect des textes. Prenons, à titre d’exemple, ne fut-ce que l’article 43 de notre Constitution et nous constaterons que l’éducation scolaire est pourvue par l’enseignement national et que l’enseignement primaire est obligatoire et gratuit. De la simple lecture de cette disposition nous pouvons nous rendre compte que nous avons, dans notre pays, des génies dans l’élaboration des textes ! Cette disposition est sans équivoque car notre constitution a déjà été promulguée et se trouve en pleine exécution. Alors, qu’en est-il de l’application de cette disposition aujourd’hui ?
Et bien, espérons que ce n’est pas encore la désuétude définitive et qu’un jour la dite disposition sera d’application. Car, quand on parle de l’enseignement national, cela veut dire que c’est le ministère de l’enseignement primaire, secondaire et professionnel ainsi que celui de l’enseignement supérieur et universitaire qui devront organiser ce secteur. Mais, qu’en est-il aujourd’hui ?
La réponse à la question de tout à l’heure nous conduit au dernier point de notre sous-thème à savoir, le non respect des engagements pris par l’Etat Congolais.

C. Le non respect des engagements pris par l’Etat Congolais
Il y a quelques années que les enseignants du Congo, notre pays, avaient eu à rencontrer les autorités politiques en vue de voir dans quelle mesure mettre fin au système tant décrié, celui de la prise en charge de l’éducation par les parents.
A l’époque, les enseignants organisés dans leurs syndicats respectifs, avaient eu à rencontrer le Vice-président de la République chargé des questions socioculturelles. Un accord a été signé pour revoir à la hausse leur traitement et éradiquer le système de prise en charge de l’enseignant par les parents.
Le Syndicat des Enseignants du Congo (SYECO en sigle) et le Syndicat National des Enseignants Catholiques (SYNECAT en sigle) avaient reçu du Vice-président de la République à l’époque des certitudes sur l’application des accords de MBUDI au bénéfice de tous les enseignants et fonctionnaires de l’Etat. Voilà, il y a quatre ans passés aujourd’hui que lesdits accords ne sont pas encore appliqués ! Ce qui a créé la grogne des membres de ces différents syndicats qui ont, par conséquent, décidé d’observer le mouvement des grèves pour voir la réaction de leurs partenaires. Mais jusqu’à ce jour il n’y a jamais eu des solutions alors que la loi, et spécialement le Code Civil Congolais, Livre 3 stipule en son article 33 ceci : « toutes conventions légalement formées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faites et devront être appliquées de bonne foi ».
Il en résulte donc que la non application de cette disposition entre le Gouvernement de l’époque - y compris celui de ce jour en vertu du principe de continuité de l’Etat- et ces différents syndicats se trouve à la base de ce que les enseignants, formateurs et éducateurs de nos enfants et jeunes vivent aujourd’hui par ricochets.
Voilà dégagés en quelques mots les quelques maux qui rongent le système éducatif dans notre pays en général.
Cependant, il y a lieu de se demander, face à l’abandon de l’Etat et échignements des enseignants, quel pourrait être le comportement du jeune, celui sur qui repose l’espoir de demain ?

Conclusion
A mon humble avis, le jeune Congolais acquis à la cause de la paix ne devra pas désarmer face à ce jeu de cache-cache joué de part et d’autre. Il devra, au contraire, prendre son destin entre ses mains en contraignant l’Etat à prendre ses responsabilités car c’est ce dernier qui est le garant de l’éducation des enfants et la Constitution lui (l’Etat) demande d’y pourvoir.
Pour éviter, en définitive, que notre avenir –de nous jeunes- ne soit compromis, il y a lieu de nous réveiller tous pour militer derrière et défendre la cause de nos formateurs laquelle cause reste juste. Cette défense devra se faire par certaines actions à mener telle des marches, émissions télévisées et ressortir la dimension déplorable de l’abandon dont les formateurs de nos enfants sont victimes et qui est susceptible de nous ronger tous !
Somme toute, les jeunes dans le monde pour la paix, le moment est arrivé où vous devez vous réveiller car, lorsqu’on ne s’occupe pas de vous, occupez-vous de vous-mêmes. Retenez que l’espoir de notre pays et l’avenir de celui-ci reposent sur vous. En votre qualité d’élites de demain je vous invite à prendre conscience de cet aspect et à révolutionner le temps.
J’ai dit et je vous remercie.
☻ Me François KALENDA

ANNEXE Xb:

« La jeunesse congolaise face au droit a l’éducation : un avenir compromis ».
Par Mgr Evariste LUFUTA MUJANGI

Introduction
Dans un article intitulé « Solidarité entre les générations » et publié dans Concilium –Revue Internationale de Théologie, N° 264, 1906, Page 99, Ursula Penkert, de l’Université de Hambourg, écrit : « C’est une réalité du développement » (5. Bernfold) : les hommes ne s’approprient les capacités physiques et psychiques nécessaires à leur survie qu’au cours d’un long processus et leur besoin d’éducation naît de cette réalité. On peut considérer cette affirmation comme étant le point de départ, comme la situation phénoménologiquement adéquate avant de dire le droit en matière d’éducation des jeunes. Rappelons ce que disent les faits : « Il y a d’abord les soins et les secours que les adultes apportent à l’enfant dans sa faiblesse, protégeant sa naissance physique et, du point de l’éducation, assurant la sauvegarde de la race humaine. Quelque chose de spécifique à l’homme mérite qu’on lui accorde une grave attention dès ce point de départ. C’est que chez l’être humain apparaît, avec la naissance physique, le devoir d’aider l’enfant en même temps dans sa naissance culturelle » ». Pourquoi en est-il ainsi ? Eh bien, parce que « le changement des générations demande également de transmettre des formes de vie développées, des connaissances et des apprentissages qui rendent l’homme capable de vivre dans une société et une culture déterminées ». Il en résulte pour les adultes de se doter d’une grande conscience de responsabilité pour le bien-être de la génération suivante.
Puisque, on l’aura compris, cette situation des relations entre les générations implique et contient une dimension éthique, elle est grosse de tensions, de tiraillement. Surtout à notre époque où les processus visant la formation et l’éducation des personnes sont mis en danger par la logique implacable de la modernisation en accélération continuelle : la logique du capitalisme (c’est le RJMP qui souligne/renforce).

Ce qui aggrave les difficultés dans les zones du Tiers Monde c’est, qu’on le sache et qu’on l’accepte ou non, la rationalité calculatrice et planificatrice du capital marchand subvertit et s’étend progressivement à tous les aspects de la pratique humaine, l’économie, la politique et la culture au sens général certes, mais aussi, pêle-mêle la famille, la religion, le monde des loisirs, etc. A telle enseigne que même les traditions sociales qui servaient de socle et fournissaient jadis des repères solides aux individus et aux groupes sociaux « sont non seulement perturbées mais aussi détruites par une colonisation et une exploitation continuelles » (P.101).
A l’heure de la globalisation – en pays francophones on parle plutôt de mondialisation- la concurrence économique n’est plus seulement acharnée et totale, elle va jusqu’à appauvrir sinon à anéantir des sociétés entières en s’attaquant aux sources de vitalité permettant d’inventer de nouveaux modes de vie, c’est-à-dire des modes de vie capables d’assurer, pour le présent et pour l’avenir « un vivre-ensemble humain ». Contrairement aux convictions héritées du passé, la pression de la situation prévalant actuellement dans les pays pauvres tend à faire apparaître les enfants, et donc la nouvelle génération, non comme synonyme des richesses sociales mais d’accroissement de la détresse et de la misère. Le principe de la solidarité intergénérationnelle subit ici une épreuve de première grandeur. Cette défaite se laisse observer de manière frappante dans le domaine de l’éducation scolaire en République Démocratique du Congo. A ce titre elle offre des possibilités d’analyse et de vérification particulièrement suggestives.

1. A qui profite le crime ?
C’est depuis des décennies que l’on se plaint de la baisse du niveau de l’enseignement dans notre pays. Cette baisse concerne aussi la quantité (le nombre toujours plus élevé des échecs par rapport aux réussites) que la qualité (insuffisance grandissante de l’assimilation des matières enseignées à l’école notamment). Des études scientifiques de haut niveau ont été consacrées à ce sujet. Mais force est de constater que cet immense travail abattu n’a pratiquement servi à rien. La situation ne fait que s’aggraver.
D’où la question, apparemment naïve, «A qui profite le crime » ? Qui a avantage à ce que perdure cette situation de malheur ?
En première approche la réponse ne fait pas de doute, surtout qu’on la formule en cette période des grèves des enseignants de l’EPSP (Enseignement Primaire, Secondaire et Professionnel) sans cesse relancées. La faute incombe au Gouvernement qui n’honore pas ses engagements : payement d’un salaire décent, construction et/ou réhabilitation des infrastructures parallèlement à la croissance démographique, renouvellement et réadaptation des programmes et des manuels scolaires aux conditions socioculturelles du 21ème siècle, etc. Tout cela est vrai. Pour preuve, la modicité de l’enveloppe consacrée au Ministère de l’EPSP dans le budget de l’Etat. Et ce déséquilibre ne date pas d’aujourd’hui !
Mais au même moment où l’on se plaît à vilipender l’incurie et l’irresponsabilité du pouvoir organisateur du régime de l’éducation en RDC, l’on se dispense trop facilement de peser à la même balance les conséquences effectives de certains comportements aberrants qui s’installent petit à petit dans nos établissements scolaires. Tenez : le recours constant et généralisé à la tricherie organisée (le système dit de laboratoire) pour obtenir une côte élevée aux examens sans sueur de la part des élèves et sans préparation sérieuse. Bien loin de regretter cette dépravation, on s’en félicite. On en fait une aubaine, une occasion d’enrichissement illicite pour tous les fonctionnaires en charge (inspecteurs, surveillants) et pour les élèves.
Le trafic des points à tous les niveaux, du primaire au secondaire et à l’université. Tout le monde le reconnaît : c’est un fléau social à combattre. Mais, apparemment tous s’en accommodent et chacun y trouve son compte. Sur le modèle de ce trafic de points on pourrait décrire le circuit de la vente des diplômes et certificats de fin d’études. On en trouve partout.
Dans tous ces cas, la responsabilité de l’Etat est engagée. Mais elle repose davantage sur les épaules de divers segments de la Société Civile qui tirent les ficelles au gré de leurs intérêts. Ce forum auquel vous participez devrait lucidement et sereinement s’interroger sur les causes et les formes insidieuses de la putréfaction qui gangrène le tissu de la société civile chez nous.

2. La féminisation de l’ignorance dans une société macho.
Jamais un peuple n’a déployé autant de talents pour chanter la beauté et les vertus de sa moitié féminine comme l’a fait le peuple congolais. Or, paradoxalement, il a dans la même mesure, inventé toutes sortes de stratagèmes pour écarter les mêmes femmes des voies donnant accès aux ressources du pouvoir, du savoir et de la richesse. Tout est bon pour justifier cette prétention au monopole masculin. Et pour se dédouaner à bon compte de la mauvaise conscience qui en résulte, un bouc-émissaire est vite trouvé : la survivance des traditions ancestrales archaïques ; Passé au crible de l’observation et de l’analyse, l’argument ne résiste pas : il est en effet trop facile d’accuser un être impersonnel « la tradition, les traditions » et de laisser au repos des êtres de chair et de sang qui seuls prennent des décisions portant à conséquence, pour le meilleur et pour le pire, individuellement et collectivement. Les exemples sont légion. Prenons-en à tout hasard.
A quelle tradition moyenâgeuse faut-il attribuer la rage, le désir exacerbé de jouir du sexe féminin que l’on a vu déferler sur la société congolaise dans les années 70 (années des vaches grasses) en commençant par les élites pour gagner ensuite toutes les couches de la population. N’était-ce pas une mode, un signe de réussite sociale dont on se prévalait ? N’était-ce pas un fléau qui a cultivé les hommes cultivés à instaurer la pratique et l’institution des maîtresses communément appelées les « 2ème Bureaux » ?
Alors que l’Afrique noire était et demeure massivement terre de l’oralité, quels us et coutumes vétustes contraignent les parents congolais à privilégier aujourd’hui la scolarité des garçons aux dépens de celle des filles ? L’école actuelle n’est-elle pas, de manière patente, un produit de la colonisation, et donc de la modernité occidentale ? Quel revenant sinon un calcul égoïste et machiavélique s’est installé dans le siège de conseiller judicieux et écouté des parents ? N’est-ce pas au travers de l’appréciation sur pertes et profits que l’on peut tirer ou non de l’envoi d’un garçon ou d’une fille qu’une décision qui coûte de l’argent est prise dans nos familles ? Certes, le préjugé lié aux schèmes mentaux y a sa part dans le processus décisionnel. Mais c’est le calcul qui fait pencher la balance en définitive. Encore une fois : nous sommes responsables du lancinant et évasif « ça ne va pas » dans l’éducation des jeunes congolaises et congolais du XXI siècle.

Conclusion

La R.D.Congo connaît un immense déficit en ce qui touche le droit des jeunes à l’éducation, c’est patent. Inutile de le répéter à satiété. Mais si l’on croît fermement, si l’on se tient main dans la main avec Pax Christi, si l’on partage sa vision selon laquelle « la paix est possible » et que « le cercle vicieux de la violence et de l’injustice peut être rompu », ou pour le dire avec les prophètes juifs : en dépit de la dureté des temps présents, il adviendra un temps où chaque petite vieille se tiendra appuyée sur son bâton sous son palmier, sans que personne vienne lui faire violence, alors on peut se permettre de croire et d’affirmer que quelque bafoué qu’il soit, le droit à l’éducation de nouvelles générations en R.D.C. peut et va reliure, et il reluira bientôt. A condition de se montrer vigilants et exigeants dans les tâches à accomplir y compris celles de l’autocritique. Un exemple suffira à étayer notre thèse.
Tout le monde se lamente sur la situation de guerre sans fin qui prévaut au Nord-Kivu et en Ituri en ce moment. Mais tout le problème n’est-il pas de s’asseoir autour d’une même table avec la conviction que « la reconnaissance des différences est le chemin de la solidarité » (c’est le RJMP qui souligne), que la diversité est source d’enrichissement potentiel comme c’est le cas chez les enfants ?
En effet, et nous citerons encore Ursula Penkert : « Dans le groupe d’enfants se réalisent des processus de formation aussi élémentaires que nécessaires, sans lesquels on ne peut acquérir les capacités sociales mais également cognitives et morales qui s’entrecroisent dans la réciprocité, et que les enfants acquièrent dans leurs relations entre eux. Dans leurs disputes autour des projets de jeu, ils apprennent d’abord ce qui est gagné par un partenaire, d’enthousiasmer pour sa propre idée sans pour autant le brusquer, ils apprennent à comprendre ensemble une situation, à résoudre un conflit de manière constructive, sans menacer définitivement la vie commune, et, en même temps, à engager des compromis sans se trahir soi-même ou les autres. Ils apprennent à échanger des arguments qui permettront de régler ce qui convient ou non. Ils apprennent le sens des règles sociales et la manière d’avancer de façon équitable et courtoise » (p. 106).
☻ Mgr LUFUTA Mujangi.

ANNEXE XI :
« Être des bâtisseurs de paix : restitution des acquis de la formation de Moundou/Tchad avec l’Université de Paix en Afrique»
Par l’Ass. Edel Martin KABUTAKAPUA

Introduction
Avant de faire la restitution de la formation de « Bâtisseur de paix » reçue au Tchad où j’ai passé tout un mois d’apprentissage auprès de l’Université de Paix en Afrique, permettez-moi de m’acquitter, encore une fois, d’un devoir agréable, celui de remercier l’organisme allemand et catholique nommé « Missio München» dont la contribution financière m’avait permis de bénéficier de ladite formation dispensée par APTE (Animation de Projets, Transfert de compétences et Evaluation). Je me fais aussi, à cette même occasion, le devoir de remercier sincèrement l’Archidiocèse de Kananga - par le biais de Mgr Evariste LUFUTA Mujangi qui faisait l’intérim de Son Excellence Mgr l’Archevêque en mission- pour m’avoir recommandé auprès de Missio. Ma reconnaissance va aussi tout droit au Père Etienne Triaille s.j. pour sa recommandation et son bon témoignage à mon égard auprès de Madame Judith Penkert de Missio Munchen
En effet, c’est avec joie que je vais partager avec vous la formation riche reçue à la 5ème promotion du Campus de Moundou. La restitution que je vais faire s’inscrit aussi dans le 7ème module de notre formation « Capitaliser l’UPA : mon projet de retour et une année d’accompagnement ». Il s’agit ici de vous restituer la formation reçue pour qu’à votre tour vous fassiez la même chose et ainsi de suite. Ça s’appellera « effets multiplicateurs de la formation reçue » ou « Communication boule de neige/tâche d’huile, etc. ».
Enfin, je dois préciser que cette formation s’est déroulée du 12 novembre au 03 décembre 2007 et avait connu la participation de 16 délégués des pays africains (11 des pays anglophones et 5 francophones) dont j’étais l’un de deux représentants de la République Démocratique du Congo.
L’exercice dur de vous donner la synthèse d’une formation reçue durant pratiquement un mois va être possible à partir de sept points ci-dessous qui reprennent les modules de la formation reçue :
1. La mise en route de notre campus : nous les bâtisseurs de paix d’Afrique
2. Le travail biographique : Moi et mon expérience avec la violence
3. La bonne puissance : l’espace public pour l’action et la transformation
4. La communication active : communication non-violente comme outil de base pour un bâtisseur de paix
5. La gestion de conflits : analyse et étapes des conflits
6. Les visites d’immersion au Tchad : les expériences de paix tirées chez les partenaires de l’ATNV (Association Tchadienne pour la Non Violence) et ce, durant deux jours de travail pratique auprès des autorités et de la population de Kelo
7. La capitalisation de l’Université de Paix en Afrique : mon projet de retour et une année d’accompagnement.

I. La mise en route de notre Campus : nous les bâtisseurs de paix en Afrique.
Par M. Hubert HEINDL, Directeur de l’APTE et formateur d’origine allemande)

« La douceur est plus forte que la dureté » (Pensez à la fable de la chaîne et du roseau)

Ce premier module a consisté principalement en sept exercices destinés à l’introduction et/ou à la mise en route du campus.
Dans le premier exercice, nous étions amenés (les participants) à démonter comment on peut arriver à la paix et à la compréhension mutuelle malgré nos différences. Cet exercice qui a consisté en une brève auto-présentation répondait à une série de deux questions : Qui sommes-nous ? D’où venons-nous ? Chacun de nous avait des minutes pour communiquer son nom, sa provenance, son organisation, ses objectifs en venant au Campus de l’UPA, sa fonction au sein de l’organisation de provenance ainsi que les activités et les domaines d’intervention de celle-ci.
Le deuxième exercice demandait à chacun des 16 participants de méditer sur la paix à partir des objets observés et trouvés à travers tout l’environnement du campus (Disons que notre campus a été installé au Centre Catholique Gabriel Ballet dit ‘Ku Jéricho », un centre missionnaire catholique situé à 15 kilomètres de la Ville de Moundou).
Le troisième temps fort du Campus- après l’ouverture officielle et tout son cérémonial par les autorités politico-administratives tchadiennes et les organisateurs- a été la présentation du programme du déroulement du campus. Comme exercices à faire par chacun des participants, deux questions ont été aussi posées à ce 3ème temps fort du campus.
En effet, chacun des participants devait réagir face au programme et à la pédagogie exposée en démontrant ses attentes qui trouvaient leurs réponses à travers le programme et ses sujets préférés qui manquaient audit programme et qui pouvaient être intégrés dans les modules.
Le quatrième moment de ce module fut l’organisation interne de la vie des participants au Campus par le partage des responsabilités. Les postes des responsabilités partagés et occupés en collégialité par les participants ont été : les chefs de village (3 personnes), les veilleurs de temps (2), les griots et les chargés des affaires étrangères (3), le noyau pédagogique (2) et le comité social (2). Au premier partage et donc pour la première durée du campus soit deux semaines, Edel Martin KABUTAKAPUA fut l’un des griots dont la tâche était de chercher et de diffuser les nouvelles internes et externes. Tandis que au deuxième partage et pour la dernière durée votre serviteur avait pour tâche de suivre à la loupe et de communiquer les différentes méthodes utilisées chaque jour par les formateurs et leurs formés.
Le cinquième et sixième exercice –relatifs toujours à l’organisation de la vie interne des participants au sein du campus- ont été l’élaboration respectivement des règles de conduite au campus et de l’horaire journalier.

II. Le travail biographique : Moi et mon expérience avec la violence
Par Ananie BIZIMANA (Directeur de l’UPA)

« La paix est le seul combat qui vaille d’être mené » (Albert Camus)

Ce module commence par ce mot du jour « Ne vous faites pas d’inquiétude, ne chargez pas votre cœur de haine, vivez simplement, donnez plus, attendez moins » !
Le travail biographique comme deuxième module de notre formation a été une approche qui permettait à chaque participant de se connaître lui-même et de connaître les autres. Le but de cette approche était de déterminer les sentiments vécus et le rôle joué dans la naissance, le développement et la résolution de conflits vécus. Il s’agissait en fait d’une connaissance de soi-même, des autres et de la communauté, laquelle connaissance permet à chacun d’avoir un esprit de dépassement et d’ouverture, d’être juste envers soi-même et envers les autres, d’avoir l’esprit d’écoute et la patience dans le but de promouvoir la paix.
C’est aussi à travers les exercices intenses que ce deuxième module a été animé. La réflexion a eu lieu à quatre niveaux ou quatre étapes à savoir : la méditation par chaque participant avec soi-même (moi avec moi-même), moi avec toi, nous avec vous et enfin nous tous ensemble (travail en petits groupes de quatre).
Avant l’échange à deux et en petits groupes de 4 personnes, le travail biographique est principalement un travail personnel, un travail de découverte ou mieux de redécouverte de sa vie où l’individu médite, réfléchit, s’interroge ou voit sa propre image par lui-même. Il cherche à comprendre réellement qui il est, pourquoi est-il comme cela, pourquoi agit-il et réagit-il toujours ainsi, pourquoi est-ce que il se comporte de cette manière et pas de telle autre manière ? (en notre langue tshiluba on comprendrait mieux ce module par la maxime qui dit « TUYE TOO TUIMANE : TUELA MUTOTO WA MULU DIYI WITABA », traduction littérale de « Allons jusqu’à nous arrêter : appelons l’étoile du ciel qu’elle réponde »).
Le travail biographique est donc un travail durant lequel l’homme se regarde comme dans un miroir. Il s’agit d’un travail en profondeur de réflexion et de découverte de soi. Avec ce travail on constate que nous passons beaucoup de temps et nous dépensons beaucoup d’énergie à connaître les autres, à résoudre les problèmes des autres sans pour autant se soucier de sa propre connaissance ni s’occuper aussi de ses propres problèmes.

III. La Bonne puissance : l’espace public pour l’action et la transformation sociale
Par Laurien NTAZIMANA (de l’Association Modeste et Innocent)

« Quand le rythme du tam-tam change, le pas de danse change aussi »

Déjà de par son introduction, le troisième module de notre formation de bâtisseur de paix étonne et interpelle presque tout le monde et ce, à travers la définition des concepts clés que sont la bonne puissance, la transformation sociale et le troisième niveau.

III.1. La bonne puissance
La bonne puissance n’est là ou n’existe que quand l’individu peut donner tout ce qu’il a pour être homme. Elle se développe à partir de la respiration qui est toujours liée à l’attitude du corps et lorsque l’énergie circule normalement.
L’animateur donne quelques exemples pour expliquer la liaison de la respiration à l’attitude du corps, l’énergie avant de donner les trois signes de la bonne puissance que sont l’assurance, la force de vivre (ne jamais se décourager) et la non exclusion.

Quelques exemples pour la meilleure compréhension
• Je ne peux pas bien chanter lorsque j’ai la main sur la joue ! Bien chanter suppose être relaxe, en joie. Par contre, la main sur la joie symbolise la tristesse, la colère, l’embarra, etc.
• Quand vous avez peur, votre énergie circule rapidement !
A ce sujet, l’orateur affirme que la maladie est un blocage d’énergie et que quelqu’un qui fait circuler doucement et normalement son énergie ne tombe pas malade. Il conseille de rester toujours présent malgré et dans toutes les situations qui nous arrivent (respirer toujours normalement). Aussi, en le faisant, que nous puissions utiliser toutes nos facultés pour parvenir à changer le monde car, on ne donne que ce qu’on a (ne dit-on pas que la belle dame ne donne que ce qu’elle a ?). Le conférencier démontre que lorsqu’on ne reste pas présent (si par exemple, devant un chien méchant, devant une armée, …, on commence à trembler, l’énergie commence à circuler vite ou s’arrête et on peut s’imaginer les conséquences habituelles), si on est absent, rien ne peut marcher même si on est très intelligent.

III.2. La transformation sociale
L’orateur pose la problématique de la transformation sociale par une série des questions et/ou des constats dans nos sociétés (surtout africaines en voie de démocratisation).
La première question est celle du « changement un : plus ça change, plus c’est la même chose ». Le constat c’est que lorsque les choses ne tournent pas dans nos pays on a tendance à changer les dirigeants. En faisant ainsi on constate que c’est la même chose ! C’est le cas par exemple d’un pouvoir qui vient renverser un autre accusé ou qu’il accuse de moins démocratique ; établi à la tête du pays, ce pouvoir devient moins démocratique que le premier. A ce sujet, chez nous en République Démocratique du Congo, l’on connaît l’expression sage utilisée par feu MUNGULUDIAKA pour démontrer la déception du peuple congolais face au gouvernement mis en place après la chute du feu Président Mobutu «Mutuka oyo eza kaka ndenge moko, to changer simplement ba chauffeur » (traduction littérale de : « Cette voiture est la même, on n’a changé que le chauffeur »).
L’orateur pose une question fondamentale, celle de savoir ce que nous voulons réellement changer et donne en même temps la réponse à travers la métaphore de la danse et du tam-tam où nous pouvons changer les danseurs comme nous voulons mais tant que nous n’avons pas changé le rythme du tam-tam, la danse sera toujours la même quel que soit le meilleur danseur que nous ayons.
La question suivante est du « changement deux : changement de changement ». Ce changement est explicité par deux axes : axe horizontal (axe de choses ou de la manifestation) et vertical (axe de l’être). Monsieur Laurien NTAZIMANA fait remarquer que la lutte de tous les jours et de beaucoup de gens se trouve sur l’axe horizontal au détriment de l’axe vertical ! L’axe horizontal qui est l’axe conflictuel est divisé en quatre parties qui sont : Avoir (argent), Pouvoir (qui permet de contrôler l’avoir), Savoir (qui a de l’emprise sur le pouvoir) et Valeur/Valoir soit l’APSV. Nous avons tendance à oublier souvent l’axe vertical qui est fait du Corps, Cœur, Intelligence et de l’Esprit.
L’animateur nous interpelle quant aux conséquences lorsqu’on aura sacrifié l’axe de l’Etre au profit de l’axe de l’Avoir. Par exemple en travaillant beaucoup et durement pour l’APSV (au détriment du corps et du cœur) on peut obtenir beaucoup de choses dont on ne va pas profiter. Car, si par exemple le corps tombe malade on sera obligé à dépenser tout et parfois plus que ce qu’on avait obtenu. Rien ne peut remplacer notre santé. Ne dit-on pas que la santé n’a pas de prix ?
L’orateur reste convaincu que c’est l’intelligence (soit la capacité de penser : pensée pensée et pensée pensante) qui contrôle le savoir. Malheureusement, dans la plupart de nos universités on ne nous apprend que les pensées des autres. Et lorsque nous pensons comme ces gens là on nous donne un diplôme du savoir ! Ne c’est pas cela ce que le Professeur Abbé MUSEKA a qualifié, dans son exposé d’hier, de pauvres d’esprits ou des copies certifiées conformes? Des gens qui ne pensent pas par eux-mêmes comme de petits créateurs à l’image de Dieu ! Notre animateur de la bonne puissance fait remarquer qu’il est souvent difficile de diriger des gens qui pensent par eux-mêmes. C’est un fait que les grandes puissances même l’ONU n’aiment pas ou ne tolèrent pas des gens qui pensent par eux-mêmes. En passant sur ce point le formateur évoque le cas du succès de la Mission de l’Organisation des Nations Unies au Congo –MONUC- en RDC dû au simple fait que ladite mission a trouvé beaucoup de Congolais au 2ème niveau. L’histoire à travers le monde connaît la destinée des gens comme Lumumba, Gandhi, Martin Luther King et d’autres penseurs originaux.
Pour clore sa communication sur le changement social et spécialement sur son vœu de voir l’axe verticale ou axe de l’Etre primer sur l’axe horizontale ou axe de choses, le conférencier affirme que si nous nous intéressons aux choses de l’esprit, nous allons découvrir une chose formidable : « Nous sommes une émanation singulière de la vie universelle, une âme ». Si nous nous rappelons qui nous sommes réellement, nous allons découvrir que nous sommes un grand homme, le chef. Que nous avons la même dignité que le président, le chef, etc.

III.3. Le troisième niveau

« Si on fait de nous ce qu’on veut c’est parce que nous avons oublié qui nous sommes » ; « Si vous vous rappelez qui vous êtes réellement, vous allez découvrir que vous êtes un grand homme, le chef, la démocratie = Fils du peuple, du Roi »

En invitant les bâtisseurs de la paix à être des hommes et des femmes du 3ème niveau et pour donner la définition de ce concept, l’animateur distingue un total de quatre niveaux de conscience. Il y a nécessité de rappeler à chacun de nous ces quatre niveaux.
Le premier niveau est le niveau socioculturel ou le niveau des suiveurs. C’est le niveau de l’obéissance où l’on retrouve beaucoup de mortels.
Le deuxième niveau est celui de l’« Ego individualiste ». L’enfant voulant s’affirmer va contester la morale de sa société ; il va transgresser la loi de la société en cherchant à faire les choses autrement ou à ne faire que ce qui est interdit. Ceci démontre la manifestation de l’émanation singulière qui est en lui. Et comme il va rencontrer les interdits culturels, il va les franchir. Il y a lieu de faire remarquer avec notre formateur que beaucoup de gens, même ceux âgés de 80 ans, meurent sans avoir franchi cette étape de conscience ! Et ceux qui l’ont franchie ont dépensé beaucoup d’énergie. La plupart de dirigeants sont à ce niveau.
Le troisième niveau est le niveau de l’individu individualisé. C’est un niveau de conscience très élevée et qui est caractérisée par le respect. Il y a la nécessité, pour les bâtisseurs de paix, non seulement d’atteindre le 3ème niveau mais aussi d’inviter les autres à les rejoindre à ce niveau même si ces derniers n’ont pas la même opinion qu’eux.
Le quatrième et dernier niveau est celui de la compassion avec les autres. C’est comme si l’homme revient au 1er niveau, alors qu’il l’avait déjà dépassé ! Comme s’il a peur des autres et pourtant, c’est parce qu’il est habité par la compassion. A ce niveau, l’individu peut être un avec deux frères ennemis (par exemple être Hutu avec les Hutu et en même temps Tutsi avec les Tutsi). Pour cet individu, la vie est un jeu amusant car il l’a comprise. Chaque chose prend de l’importance qu’il lui donne.
Finalement, la bonne puissance c’est aussi l’apprentissage de ses six clefs dont quatre se trouvent au niveau physique (la respiration, l’alimentation, la détente et l’auto-guérison) et deux au niveau émotionnel (développer sa fréquence vibratoire en restant présent et en vivant aussi bien les émotions positives que négatives) et mental (la clef de l’harmonie, la clef de la fécondité et la clef de la synergie).
Notre apprentissage de la bonne puissance à la 5ème Session de l’Université de Paix en Afrique s’est aussi déroulé à travers plusieurs exercices physiques pratiques chaque matin au Centre Gabriel Balet « Ku Jéricho » de Moundou. Nous avons appris et nous savons nous-mêmes (les participants à la 5ème promotion de l’UPA : ces mots disent beaucoup et rappellent notre ambiance du Campus de Moundou) ce que signifie « la concentration », « Map position », « Recherche de son hara » qui est le centre vital de l’homme, « ours », « Cerf », etc. Tous ces divers exercices, qui étaient devenus ennuyants pour certains collègues du campus, avaient pour but de faire circuler normalement l’énergie et de parvenir à réfléchir non seulement avec notre tête (notre cerveau) mais aussi avec notre ventre (notre cœur).

IV. La communication active : communication non-violente comme un outil de base pour un bâtisseur de paix
Par Madame Sonja (de la Belgique)

« Le conflit est la manifestation d’un besoin non satisfait ». « Lorsqu’on est mal informé on ne peut que mal réagir »

Comme dans d’autres modules, la pédagogie active et participative à travers plusieurs exercices pratiques a été d’usage pour la transmission de la matière de ce quatrième module.
D’entrée en jeu, l’animatrice venue de la Belgique commence par communiquer deux objectifs principaux de son cours comme finalités après une durée de trois jours d’échange avec les participants. Il s’agit du partage de certains mécanismes générateurs de conflits et de violences et de la manière de communiquer avec les autres sans trop de violences.
Par la suite, madame Sonja a donné les objectifs spécifiques et ou/ le contenu de sa matière à dispenser :

1. Origine et historique du processus de communication
2. Explication du schéma de l’outil de communication
3. Importance d’établir la différence entre ce que l’on voit et ce que l’on pense
4. Comment percevoir ses sentiments et comment les exprimer
5. Etablissement du rapport entre nos besoins et la communication.

IV.1. Origine et historique du processus de communication
La méthode de la communication s’inscrit dans le courant de la psychologie humaniste et plusieurs personnes ont travaillé sur ce courant. On citera parmi eux, Maslow et Marshall Rosenberg.
La psychologie humaniste affirme que tous les hommes ont un seul objectif, celui de satisfaire leurs besoins. Les hommes veulent vivre et ils ont besoin de la vie. Pour ce faire, ils recourent à tous les moyens disponibles.
Le parallélisme que l’on puisse faire entre la psychologie humaniste et la communication est que dans la communication on apprend à écouter et à exprimer ses besoins.

IV.2. Méthodologie de la communication/schéma de l’outil de communication

« Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas »

L’important dans la méthodologie de la communication c’est de faire la distinction entre ce que l’on voit de ce que l’on pense.
Il y a lieu de noter que les hommes de la terre, bien que des cultures différentes et diverses, sont fondamentalement les mêmes. Ainsi, le schéma de l’outil de communication est illustré en 4 étapes à partir du corps humain : de la tête aux jambes en passant par le cœur et le ventre.

Première étape : la tête
Avec sa tête on fait deux choses importantes qui sont la pensée et la perception (penser et percevoir) : qu’est-ce que je pense et qu’est-ce que je perçois/observe ?

Deuxième étape : le cœur
Avec son cœur on a des émotions et des sentiments. Il y a deux sortes de sentiments : agréables (par exemple je me sens bien) et désagréables (je me sens mal). Les sentiments ne sont pas dus à ce que nous voyons ou ce que nous pensons mais bien des besoins que nous avons en nous.
Le cœur comme partie du corps est un indicateur dont il faudra chaque fois considérer et tenir compte. C’est comme on fait avec sa voiture –en s’arrêtant et en se ravitaillant lorsque le clignoteur est au rouge ou montre qu’il y a baisse de carburant- il est aussi important de prendre son temps pour satisfaire un besoin pressant qui vient soit de son cœur soit du cœur de l’autre.
A ce sujet, n’avons-nous pas entendu chez nous au Kasayi les amoureux jeunes répandre la définition de l’amour comme étant une maladie du cœur que le Docteur/médecin ne peut pas soigner ! En donnant cette définition, ces jeunes amoureux kasaïens avaient bien compris la chose.
Lorsqu’on n’a pas de mots pour exprimer comment on se sent, on peut utiliser son corps pour s’exprimer. C’est un apprentissage de clarification de ses sentiments étant donné que beaucoup de gens confondent les sentiments aux émotions, à la perception (ce que l’on voie) à la pensée (ce que l’on pense).
Madame Sonja informe la 5ème promotion de l’UPA de la conclusion sur le partage avec les jeunes en Belgique selon laquelle on peut même se droguer soit se faire du mal pour parvenir à exprimer ce qu’on sent.

Troisième étape : le ventre
Dans beaucoup de religions, d’arts martiaux et d’autres, le ventre est le lieu de puissance et donc de résistance.
Les besoins des hommes sont universels et tournés vers la vie. Les besoins sont les mêmes chez tous les hommes mais c’est la manière de les satisfaire qui diffère et donc qui fait la différence entre les hommes.
C’est un fait que lorsqu’un besoin est reconnu, il est à moitié satisfait.
Il y a aussi lieu de mentionner que lorsqu’on confond son besoin à la façon de le satisfaire, on peut entrer en conflit. Par exemple : avoir une voiture n’est pas un besoin mais plutôt une action ou un moyen pour satisfaire un besoin qui peut être le besoin soit de l’économie de temps soit de l’autonomie/indépendance de transport soit d’autre chose.

Quatrième étape : les jambes
Les jambes symbolisent les actions des hommes, ce qu’ils font pour satisfaire leurs propres besoins.
Il y a l’obligation de faire des demandes mais aussi et surtout de savoir quand et comment bien le faire. Car, il est possible de ne pas satisfaire soi-même ses besoins.

IV.3. Différence entre ce qu’on voit et ce qu’on pense

« Une image vaut dix mots » (polysémie de l’image) ;
« Tout est perçu à la façon de celui qui perçoit »

Un exercice comportant trois questions posées à partir d’une photo quelconque (que voyez-vous sur cette photo ? Que pensez-vous de ce que vous voyez ? Que ressentez-vous) et auxquelles chacun avait donné ses réponses nous avait permis de nous rendre compte, lors de la mise en commun et des commentaires, que si on se met ensemble (en groupe) à observer une situation l’observation est riche par rapport à celle faite par une personne.
Cet exercice nous a montré d’abord la difficulté de réaliser un travail en groupe et ensuite de voir différemment (sur la photo on ne voie pas une famille mais on pense qu’il s’agit d’une famille).
La conclusion c’est qu’en communication non-violente et en résolution de conflits l’importance n’est pas de penser de la même manière (ceci exige beaucoup d’énergie : essayer de convaincre l’autre, lui dire qu’il a tort ou qu’il devait dire autre chose à la place de ce qu’il a dite, ..) mais plutôt de percevoir de la même façon.
Si on ne prend pas son temps pour faire la différence entre ce qu’on voit et ce qu’on pense on pourrait faire générer le conflit.

V. La gestion positive de conflits.
Ce module commence par un devoir aux participants qui devaient réfléchir, chacun, sur ses positions/comportements en cas de conflit : « Quelle réaction/association est-ce que nous sentons ou nous produisons en faisant face à une situation conflictuelle ou à des antagonistes qui se trouvent en conflit ? Donnez des mots clefs ».
A la question ci-dessus, plusieurs réactions ont été avancées notamment : l’évitement, la compétition, le compromis, l’accommodation, la collaboration, l’imposition, la soumission, la fuite, l’abandon, l’intimidation, l’ignorance, le dialogue, le dédain, la démission, etc.
Après ces réponses, le présent module a été disséqué en 6 sous-points qui sont : la définition du concept « Conflit », l’analyse et la compréhension des phases d’escalade d’un conflit, les caractéristiques d’étapes d’escalade d’un conflit, l’analyse du conflit, les causes principales de conflit et les niveaux de conflit.

V.1. La définition de conflit
Avant de donner les quelques définitions actualisées du concept conflit tirées par l’animateur de la Non-violence actualité, les participants ont été invités, une fois qu’ils en auront l’occasion, à trouver avec leurs groupes cibles des définitions appropriées à leurs contextes respectifs.
Pour mieux lutter contre un ennemi, vous a déclaré le Professeur Abbé MUSEKA dans son exposé d’avant-hier, il faut le connaître. Qu’est-ce que alors le conflit ?
Quatre définitions ci-dessous concernent le concept conflit :
1. Le conflit fait partie de la vie et ne dégénère pas forcément en violence. Le conflit est naturel car nous sommes différents, nos choix sont différents, nos goûts, nos valeurs, nos cultures sont aussi différents. Le conflit est donc normal. Nous sommes des libertés qui s’entrechoquent. Le conflit est donc simplement l’expression de la vie dans sa diversité. C’est dans ce sens qu’il est normal. Comprendre ainsi le conflit nous déculpabilise et doit mobiliser nos énergies pour le résoudre quand il se présente. Le conflit est neutre : en soi, il n’est ni bon ni mauvais. Il peut construire ou détruire les personnes et les groupes. C’est là qu’intervient notre liberté et les choix que nous en faisons. La solution au conflit appartient aux deux protagonistes.
2. Le conflit fait partie de la relation à l’autre. Il permet l’innovation, le changement. Il introduit le mouvement dans les relations, dans la société. Une société sans conflit est une société immobile, sans histoire (cette déclaration a été faite aussi par les conférenciers de la MONUC/Kananga sur le sous-thème « la non-violence active comme approche de résolution d’un conflit). Résoudre le conflit fait progresser la justice et le développement. Mais un conflit non géré ou mal géré peut libérer des énergies destructrices considérables et déchaîner les affrontements les plus violents.
3. Le conflit naît des confrontations quotidiennes d’intérêts et de valeurs. On le résout le plus souvent par le dialogue et la négociation, mais il peut aussi dégénérer en violence, exclusion et rupture. L’aide extérieure peut alors se révéler très utile.
4. Le conflit est l’affrontement entre deux personnes ou groupes qui défendent un droit ou cherchent à exercer une domination. Dans la poursuite de l’objectif, tous les moyens vont être utilisés, y compris ceux de la violence. La médiation ou la négociation devient vite impossible quand les deux parties n’ont plus le recul nécessaire pour proposer la moindre solution à l’amiable. Chacun est figé dans sa position et, s’il y a recours à la justice, la loi va trancher sans se soucier de sauvegarder ou de rétablir des relations humaines dégradées.

V.2. Les phases d’escalade d’un conflit
La bonne gestion de conflit va aussi de l’analyse et de la compréhension des neuf phases d’escalade d’un conflit qui partent d’une situation inconfortable et/ou une suspicion à la disposition à tout casser (Situation inconfortable – Disputes et débats- Faits accomplis : les parties ne se parlent plus- Recherche, constitution d’alliance, de camps
- Action pour faire perdre la face à l’autre- Menaces- Attaques limitées- Effondrement de relations- et Disposition à tout casser).
Gérer les conflits c’est aussi savoir caractériser les phases ci-dessus énumérées.

V.3. Caractéristiques d’étapes d’escalade d’un conflit
Les étapes d’un conflit sont caractérisées comme suit :
• Etape 1 : la suspicion
• Etape 2 : les disputes fréquentes et parfois violentes
• Etape 3 : le mutisme
• Etape 4 : les parties en conflit commencent à se chercher des alliés pour les soutenir
• Etape 5 : les parties au conflit cherchent chacune des actions qui visent à discréditer et à faire perdre l’autre
• Etape 6 : les actions menaçantes
• Etape 7 : les attaques limitées
• Etape 8 : l’effondrement des relations
• Etape 9 : le commencement d’actions destructives.

V.4. Analyse d’un conflit
Analyser un conflit qu’est-ce ?
Il s’agit du processus :
• Qui, dans le cas idéal, doit être méthodique et systématique
• Itératif, continu et dynamique
• Dans lequel on essaie de structurer le contenu
• Qui nécessite le besoin d’avoir des outils et stratégies appropriés
• Participatif qui permet et favorise l’implication active de toutes les parties concernées.

A quoi sert l’analyse de conflit ?
L’analyse de conflit sert à comprendre le soubassement et l’histoire de la situation aussi bien que les événements en cours en vue d’harmoniser les différents points de vue sur le conflit.
Quels sont les outils d’analyse d’un conflit ?
Un conflit peut être analysé à partir de plusieurs outils : les étapes du conflit, les repères chronologiques, la schématisation du conflit, le triangle ACC, l’oignon, l’arbre à conflit, l’analyse par champ de Forces, les piliers, la pyramide, etc.

On peut appréhender un conflit comme un iceberg. Analyser le conflit à partir de l’image d’un iceberg permet de démontrer que, comme un iceberg, un conflit a d’une part, des parties qui sont plus visibles comme les acteurs et les objets de conflit, et d’autre part, des parties invisibles comme les valeurs, les besoins des acteurs, etc.
Découvrir et comprendre les parties invisibles est une condition préalable pour une gestion constructive et durable d’un conflit (cette découverte peut être possible avec une série de questions auprès des protagonistes telle : « pourquoi ? », « pourquoi pas ? » etc.)
Un autre symbole plus adapté au contexte africain que l’iceberg pourrait être l’hippopotame, car quand il est dans l’eau on n’aperçoit qu’une partie de la tête, alors que la grande masse invisible reste submergée. Une autre image populaire est celle d’un arbre dont la partie visible est constituée du tronc et des branches tandis que la partie invisible et qui constitue même la base est celle des racines.
La partie visible c’est le sommet qui constitue l’objet du conflit tandis que la partie invisible constitue l’arrière-plan ou le fond du conflit. C’est ici qu’on retrouve :
• Des sentiments, intérêts, problèmes relationnels et de rôles ;
• Des valeurs, l’histoire ;
• Des problèmes de compréhension et de communication
• Des informations, divergences des points de vue ;
• De fonctionnement structurel ;
• Etc.

V.5. Causes principales de conflit

On peut avoir comme causes principales de conflits de données, de valeurs, d’intérêts, relationnels et de conflits structurels.

V.6. Niveaux de conflits

On peut distinguer le niveau:
1. Individuel ou intra-personnel: on peut être en conflit avec soi-même (aporie, cas de conscience). C’est le niveau de beaucoup de conflits et il est conseillé de ne pas les négliger (tout faire pour trouver des solutions auprès de soi-même, des parents, amis, spécialistes ou toute autre personne de confiance). En effet, il est un constat que nos conflits n’ont jamais été résolus –nous avons des montagnes des conflits, revoyons notre biographie, - le conflit interpersonnel est et doit être résolu après avoir résolu le conflit intra-personnel (voir plus haut ‘Travail biographique).
2. interpersonnel : conflit avec une autre personne
3. familial : conflit entre les membres de la famille nucléaire, deux ou plusieurs familles à l’intérieur d’une lignée
4. Communautaire : conflit à l’intérieur d’une seule communauté ou entre deux ou plusieurs communautés de populations
5. Structurel : conflit par exemple dans une organisation non gouvernementale –ONG- comme le RJMP
6. Régional : conflit limité à une ou plusieurs régions d’un même pays (intra-national)
7. Sous-régional : conflit qui oppose les pays limitrophes
8. International : conflit dans lequel plusieurs pays ou groupe de pays sont impliqués.

N.B. Il est rare qu’une seule cause explique tout un conflit. Les causes s’entremêlent souvent et même s’influencent mutuellement. Il est nécessaire de les connaître et de les classer pour décider de la stratégie de gestion appropriée.

VI. Les visites d’immersion et de découverte comme outil d’application pratique de l’apprentissage théorique de l’UPA 2007

« L’oiseau qui ne quitte pas son nid ne sait pas où la récolte est mûre »
(Proverbe rwandais)
VI.1. Sites des visites
Nous avons été repartis en trois groupes et envoyés dans trois localités de la Ville de Moundou : KELO (situé à 103 kilomètres de Moundou), KRIM-KRIM (une Sous-préfecture située entre Moundou -à 67 km et Kelo (36km) et LARAMANAYE (une petite ville située à 100 km de Moundou et où il n’y a que la nature).
J’ai été le chef de notre équipe qui s’est dirigée à Kelo.

VI.2. Objectifs des visites
Les objectifs principaux des visites d’immersion organisées par l’UPA ont été :
• Découvrir certaines réalités du pays hôte et de ses habitants
• Découvrir d’autres modes de vie, de communication, création et fonctionnement de réseaux informels, gestion non-violente des conflits à travers l’écoute, l’observation et le dialogue avec les populations d’accueil.
• Se découvrir mutuellement et renforcer les relations de confiance interpersonnelles entre les participants de l’UPA et les populations d’accueil
• Découvrir tout ce qui peut enrichir et rendre visible, crédible et effectif mon travail comme bâtisseur de paix.

VI.3. Découvertes réalisées.
Les visites d’immersion nous ont aidés à découvrir un certain nombre de choses tant du pays hôte que de la réalité africaine :
1. La carte du Tchad montre le surpeuplement de bétail (un pays à majorité éleveur et musulman) et de la population ;
2. Le conflit le plus renommé est celui existant entre les éleveurs (appartenant et influencés, pour la plupart, par la famille présidentielle selon les déclarations des populations rencontrées, ils envoient les petits enfants ou les bouviers déposer leurs bêtes dans les champs des agriculteurs ou menacent ces derniers pour qu’ils enlèvent vite leurs moissons afin que leurs bêtes obtiennent le pâturage) et les agriculteurs.
3. Le rôle reconnu, le poids et la considération qu’a l’Association Tchadienne pour la Non-violence (ATNV) auprès tant de la population que des autorités politico-administratives viennent de son initiative mise sur pied pour résoudre pacifiquement ce conflit entre les éleveurs et les agriculteurs. En effet, l’ATNV a mis sur pied, dans les différents villages/cantons et villes, des comités dits d’entente en vue de résoudre les conflits au sein desquels on retrouve équitablement les représentants des éleveurs et des agriculteurs de sorte que quand il y a un problème la solution pacifique est vite trouvée par ces comités (si le conflit a fait couler le sang on laisse les autorités judiciaires s’occuper de l’aspect pénal tandis que les dommages et intérêts encourus voire le remboursement de ce qui a été ravagé reviennent aux comités établis). Cette initiative de l’ATNV connaît du succès à partir des canaux établis pour résoudre les conflits entre éleveurs et agriculteurs et ce, grâce à la compréhension et /ou la collaboration existant entre les agriculteurs et les éleveurs d’un côté et entre le Comité d’entente et les autorités politico-administratives et sécuritaires de l’autre côté.
4. Au niveau de l’Eglise Catholique de Kelo/Moundou, j’ai apprécié le sens donné à la communion. Le dimanche, au même moment on dit un total de quatre messes (messe en français, en deux dialectes représentant deux tribus importantes et la messe des enfants) et lors de l’eucharistie tous les quatre groupes se dirigent à un endroit où la communion va être prise et se manifester. Durant cette eucharistie, chaque groupe s’assoit à sa place et reçoit un temps de se manifester (par ses champs).
5. Personnellement j’ai constaté, lors de cette visite et durant ma formation au Tchad un certain nombre des réalités communes à ce pays et la RDC mon pays : l’accueil chaleureux et la collaboration des populations et des autorités politico-administratives (à Kelo, les populations nous ont offert le lait frais tiré des vaches, les Préfets/Maires ou Bourgmestres chez nous, assis sur leurs nattes en tant que musulmans nous donnaient de bonnes chaises, nous invitaient à prendre du miel gardé dans les bols à leurs côtés, se confiaient et échangeaient profondément avec nous, …), les tracasseries et les exactions des populations civiles par les agents de l’ordre et certaines autorités politico-administratives, etc.
6. Le culte de la personnalité et /ou de l’autorité existe encore et semble être entretenue dans cette partie de l’Afrique : le passage du Préfet ou Sous-préfet exige que l’on se mette débout, que les enfants croisent les bras et s’alignent droitement pour lui dire bonjour. J’ai remarqué cela tout au long de notre passage avec notre belle voiture à KRIM-KRIM. Quand j’ai demandé au chauffeur la signification de ces salutations et gestes exagérés il m’a répondu qu’on vous confond au Préfet ou Sous-préfet surtout qu’on vous voit dans cette voiture !
7. J’ai constaté que la langue ou le dialecte constituait un autre facteur d’unité ou de désaccord.

VII. Le projet retour

Le septième et dernier module de notre formation a consisté en la présentation d’un projet de retour.
En effet, à la fin de la formation, il a été demandé à chaque participant(e) d’élaborer son projet de retour qui répondait à un canevas repris ci-dessous :
• Titre du projet
• Objectif global et objectifs spécifiques
• Quoi ? (je veux faire quoi ?)
• Comment ?
• Quand ? (date : jour, mois, année)
• Avec qui ? (avec quel autre participant ou partenaire?)
• Avec quoi ? (infrastructures existantes, moyens humains et financiers)
• Groupe cible ? (bénéficiaires : leaders religieux, paysans, éleveurs, activistes des Droits de l’Homme, …)
• Espace public ? (Société civile, population, …)
• Appui ? (besoins)
• Hypothèses de risque (situation sociopolitique défavorable, catastrophes naturelles, difficultés de communication, perturbation dans le programme, cas de force majeure, …)

Il y a lieu de noter que le présent exposé ainsi que la restitution faite lors de la Semaine de la paix 2007 s’inscrivent dans le programme de mon projet retour.
C’est par ici que je finis la restitution de ma formation au Tchad et je vous remercie.

☻Edel Martin KABUTAKAPUA

ANNEXE XII:

« Plan d’activités du RJMP 2008-2010 du RJMP : ressort du Cadre Stratégique du Réseau Pax Christi International»
Par l’Ass. Edel Martin KABUTAKAPUA

Introduction
Le plan que je vais développer et qui pourra conduire les activités de tout organe du RJMP où qu’il se trouve est tiré du plan d’action 2007-2010 du Réseau Pax Christi Grands Lacs.
En vous rappelant notre appartenance ou mieux notre partenariat avec le Réseau mondial pour la paix qu’est Pax Christi International, je vais vous donner la vision, les priorités, les stratégies et les activités élaborées par les structures membres de ce grand Réseau lors de la Consultation Régionale Grands Lacs tenue du 17 au 23 février 2007 à Kigali/Rwanda et à laquelle le RJMP avait pris part.

I. Vision.
A l’horizon 2010, la vision du Réseau Grands Lacs de Pax Christi est l’émergence en Afrique des Grands Lacs d’une société pacifiée et réconciliée où:
• les peuples s’acceptent dans leur diversité ;
• les membres connaissent et exercent leurs droits et devoirs en participant résolument à la gestion publique
• les populations résolvent leurs conflits par des voies pacifiques ;
• les habitants travaillent pour la transformation des structures sociales, politiques, économiques et culturelles qui oppriment l’homme ;
• tout est fait en vue d’un développement intégral et d’une paix durable dans la Région.
Et pour parvenir à la concrétisation de cette vision, le Mouvement a arrêté un certain nombre des priorités reprises ci-dessous.

II. Priorités
Le mouvement a arrêté trois priorités qui sont l’éducation civique, la réconciliation et l’édification de la paix, et le désarmement, la démobilisation et la réinsertion.
De ces trois priorités le RJMP est impliqué dans les deux premières (Education civique, réconciliation et édification de la paix).
Ces priorités sont guidées à leur tour par les objectifs assignés aux structures membres du Réseau tel qu’ils sont repris ci-après.

III. Objectifs
Les objectifs sont :
III.1. Education civique :
1. Renforcer les capacités des citoyens à la gestion publique
2. Faire connaître aux citoyens leurs droits et devoirs

III.2. Réconciliation et édification de la paix :
1. Promouvoir des programmes nationaux de réconciliation
2. Eduquer les populations à la paix et à la non violence
3. Mettre en place des mécanismes de transformation et de gestion positive des conflits

IV. Stratégies
En vue d’atteindre les objectifs qu’il s’est assignés, le Réseau a arrêté aussi un certain nombre des stratégies appropriées à chaque objectif sans oublier les actions y relatives.
♣ Pour renforcer les capacités des citoyens à la gestion publique, le Réseau prévoit :
• sensibilisation (émissions radio et télé, production des outils de sensibilisation et distribution, articles de presse, campagnes de sensibilisation)
• conscientisation (émissions radio et télé, production des outils de sensibilisation et distribution, articles de presse, campagnes de sensibilisation)
• formation (organisation des séminaires, conférences, sessions de formation, ateliers, conférences, carrefours)
• développement des cahiers de charges (élaboration des cahiers de charges, réunions de validation des cahiers de charge, suivi des cahiers de charges)
♣ Pour faire connaître aux citoyens leurs droits et devoirs, il a été prévu :
• sensibilisation (Emissions radio et télé, production des pièces de théâtres, production des outils de sensibilisation et distribution, caravanes sur les droits)
• conscientisation (Emissions radio et télé, production des pièces de théâtres, production des outils de sensibilisation et distribution, caravanes sur les droits)
• formation (Formation des formateurs, organisation des séminaires, conférences, sessions de formation, ateliers, carrefours)
• vulgarisation des textes de lois (production et distribution des textes de lois sur divers supports dont dépliants et autres, centres de documentation, vidéo Forum, scénettes, jeux de rôle
• monitoring des droits humains (visites des prisons, assistance et conseils/orientations judiciaires, récolte des violations des droits humains suivie de l’élaboration et la diffusion des rapports, plaidoyers et lobbying)
♣ Pour promouvoir des programmes nationaux de réconciliation on fera :
• la sensibilisation (Emission radio et télé, articles de presse, production des outils de sensibilisation et distribution, publications, concours d’expression et remise des brevets d’artisans de paix –initiative du RJMP-)
• la relecture de l’histoire (Récolte de données, traitement de données, synthèse de données et publication de données)
• la formation (formation des agents des commissions nationales de réconciliation)
• le plaidoyer (visites aux décideurs, interventions écrites et orales auprès des organisations nationales et internationales, médiatisation des interventions)
• le monitoring (Elaboration des questionnaires, sondages, enquêtes sur terrain, production des rapports)
• réseautage (Création de E-Group, échanges des meilleures pratiques, visites d’échanges sur terrain, réunion de concertation avec la société civile et les confessions religieuses)
♣ Pour éduquer les populations à la paix et à la non-violence :
• la sensibilisation (Concours, concerts, tournois et semaines de la paix)
• les campagnes
• la formation
• le développement des kits pédagogiques et/ou les réformes scolaires
♣ Pour mettre en place des mécanismes de transformation et de gestion positive des conflits on fera :
• la sensibilisation (Emission radio et télé, production des outils de sensibilisation et distribution, visites ciblées des acteurs sociaux et politiques, organisation des saynètes /théâtres /jeux de rôles / etc., caravanes)
• la formation (formation des formateurs, organisation des séminaires, conférences, sessions de formation/ateliers/carrefours)
• la mise en place des centres de ressources (Indentification des sites, évaluation des besoins et des capacités, développement des programmes, publication et dissémination des outils)
• les mécanismes traditionnels de transformation de conflits (Etudes et identification des mécanismes traditionnels, consultations des leaders traditionnels, mise en pratique des mécanismes)
• le système d’alerte précoce et réponse rapide (Identification des besoins, formation des acteurs du système, identification de meilleures pratiques, mise en place du système, suivi et évaluation périodique).

Nous pensons qu’avec ce programme quinquennal et les autres thèmes de formations développés au cours de cette semaine de la paix vous avez été initiés à la philosophie du RJMP. Il ne nous reste qu’à vous demander d’agir conséquemment, en ordre et conformément à cette vision et cette philosophie pour honorer toujours votre Réseau, notre Réseau.
J’ai dit et je vous remercie.

☻Edel Martin KABUTAKAPUA Nansh’a Tshibuabua

ANNEXE XIII
MOT PRONONCE PAR MONSIEUR EDEL MARTIN KABUTAKAPUA , PRESIDENT ADMINISTRATEUR DU RESEAU « JEUNES DANS LE MONDE POUR LA PAIX » (RJMP EN SIGLE), A L’OCCASION DE LA CLOTURE DE LA SEMAINE DE LA PAIX 2008 COUPLEE A LA 5ème ASSEMBLEE GENERALE ORDINAIRE LE DIMANCHE 12 OCTOBRE 2008 A KANANGA.

• Monsieur le Chef de Bureau Urbain Représentant de Madame le Maire de la Ville de Kananga empêchée
• Monsieur le Commandant du Détachement Belge à Kananga
• Distingués invités
• Mesdames et Messieurs les participants
• Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs (tout protocole observé)

De prime abord je tiens à présenter les excuses des organisateurs pour ce retard avec lequel nous commençons la cérémonie de clôture de la Semaine de la Paix 2008 couplée à l’Assemblée Générale 2008 du RJMP. Cela est dû aux circonstances indépendantes de notre volonté.

Distingués invités, Mesdames et Messieurs,
Ouverte officiellement le mardi 07 octobre 2008, la Semaine de la Paix 2008 au Kasayi couplée à la 5ème Assemblée Générale Ordinaire du RJMP s’achève dans un instant.
A cette occasion, je tiens à exprimer la profonde gratitude du Conseil d’Administration du Réseau, de tous ses organes et la mienne propre à tous ceux qui, de près ou de loin, ont contribué à la réalisation de ces deux événements.
Je pense particulièrement aux responsables de Pax Christi International, dont la fidélité aux rapports de partenariat qui nous unissent a rendu possible les activités prévues.
Je pense aussi à Monseigneur Evariste LUFUTA MUJANGI, Vicaire Général de l’Archidiocèse de Kananga et Représentant personnel de Son Excellence Monseigneur l’Archevêque de Kananga, pour avoir présidé le culte d’action de grâce lors de l’ouverture de cette Semaine de la Paix 2008 et de solidarité avec nos compatriotes de l’Est qui sont victimes des attaques de diverses rébellions.
La gratitude du RJMP s’adresse aussi à la MONUC/Kananga par le biais de ses Divisions des Affaires Civiles et de Droits de l’Homme pour avoir facilité le transport respectivement routier des participants en visite d’immersion à la Mission Catholique Muamba Mbuyi (à +/- 35 kilomètres de la Ville de Kananga) et aérien de nos membres venus de Kinshasa et du Kasaï Oriental ainsi que pour leurs exposés durant la Semaine de la Paix.
Mes vifs remerciements vont aussi et à titre particulier aux distingués formateurs pour la haute facture de leurs communications. L’originalité et la profondeur de leurs exposés, jointes au souci de pratique de leurs illustrations, autorise à affirmer la viabilité de la formation que les participants ont reçue sur la problématique de la paix et des droits humains en République Démocratique du Congo. Et j’ai la certitude que leurs capacités à protéger et à promouvoir les Droits de l’Homme et la paix dans leurs milieux respectifs s’en sont trouvées effectivement renforcées.

Enfin, j’adresse mes sentiments de reconnaissance :
• aux structures membres de la Société Civile du Congo –SOCICO/Kasaï occidental pour s’être montrées des partenaires fidèles et proches du RJMP (je pense ici aux structures telles que JEUCOTRADE, APLAMA, REVOSDI et ALAKAN ) ;
• aux membres du Conseil d’Administration et à ceux de tous les organes du RJMP pour leur collaboration à la tenue de ces assises, surtout pour leur participation active aux activités de la Semaine de la Paix 2008 couplée à la 5ème Assemblée Générale de notre Réseau.
Ces hommes et ces femmes, dont bon nombre sont venus d’autres provinces et de différents coins des Provinces du Kasaï Oriental et Kasaï Occidental, ont bravé les difficultés de logement et de restauration pour focaliser leur attention sur l’essentiel : l’acquisition des connaissances et des stratégies pour la protection et la promotion des Droits de l’Homme et de la paix en RDC. Le Conseil d’Administration et moi-même garderons longtemps le souvenir de ce dévouement, de cet engagement, de ce haut sens d’abnégation. Je leur adresse à cette même occasion mes sincères félicitations.

• Monsieur le Chef de Bureau Urbain Représentant de Madame le Maire de la Ville de Kananga empêchée
• Monsieur le Commandant du Détachement Belge à Kananga
• Distingués invités
• Mesdames et Messieurs les participants
• Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs (Tout protocole observé)

De différents rapports des délégués de nos Sections, Sous-sections et Cellules, il ressort que la situation générale des droits humains et de la paix en RDC est plus que préoccupante.
En effet, nous devons honnêtement admettre qu’il n’y a pas de paix véritable là où manque l’eau potable, un droit élémentaire des citoyens. Il n’y a pas de paix véritable lorsque les agents et fonctionnaires de l’Etat sont acculés à attendre, de longs mois durant, des salaires infrahumains. Il n’y a pas de paix véritable lorsque les citoyens éprouvent de la peine pour circuler librement à travers leur propre territoire ou pour avoir ne serait-ce qu’un repas convenable par jour. Il n’y a pas de paix véritable lorsque le Gouvernement est incapable de maîtriser un citoyen qui laisse libre cours à sa folie pour mettre toute une sous-région à feu et à sang, semant ainsi des déplacés, des maladies nouvelles, en un mot, la destruction à l’heure de la reconstruction.
Que dire des barrières clandestines, des tracasseries, des extorsions, des conflits coutumiers et fonciers qui minent particulièrement les provinces du Kasaï Oriental et Occidental ? La reconstruction est-elle possible dans cette atmosphère des grèves, de détournements des deniers publics, de misère et de faim, ou de la reprise des activités des groupes armés à l’Est ? Ou encore dans les activités de ces groupes armés étrangers que nous n’arrivons pas à neutraliser ?
Autant de questions, Mesdames, Messieurs, auxquelles les participants à cette Semaine de la Paix doivent répondre et au sujet desquels ils doivent aider nos autorités à répondre.
C’est dire, Mesdames, Messieurs, que la tâche qui vous attend, qui nous attend, est hardie puisque, en notre qualité des défenseurs des Droits de l’Homme et de bâtisseurs de paix, nous avons le devoir civique de nous impliquer dans le processus de la restauration d’un Etat de Droit en RDC. Notre salut à tous en dépend.
C’est ici, Mesdames, Messieurs, qu’au nom du Conseil d’Administration, de tous les organes et de tous les membres du RJMP, je sollicite l’appui financier, matériel et moral de tous nos partenaires en vue de nous permettre d’améliorer nos performances sur le terrain. Nous disposons de ressources humaines viables et capables d’apporter leur contribution à l’édification d’un Congo où il fait bon vivre. Seuls les moyens financiers nous font défaut.
Je me permets de vous révéler que plus de 7 jours durant, le Réseau a affronté de graves difficultés pour le logement, la restauration et le déplacement de ses membres venus des autres provinces et de l’intérieur de la Province du Kasaï Occidental. A ces difficultés s’ajoutent celles de transport pour l’arrivée à Kananga et le retour chez eux de nos hôtes. Nos cotisations se sont avérées une goutte d’eau dans la mer. Il est regrettable que nous n’ayons reçu l’assistance ni du Gouvernement Provincial ni d’autres institutions privées auxquelles nous nous sommes adressés. J’émets le vœu de voir, dans un avenir proche, nos institutions publiques et privées soutenir les organisations non gouvernementales dans leurs efforts de reconstruction de la Nation, car il existe des ONG qui contribuent effectivement au processus du développement de la Nation.
Aux participants de la Semaine de la Paix 2008 commémorée à Kananga, j’aimerais dire que les difficultés que vous venez de vivre doivent servir de leçon : la défense des Droits de l’Homme et de la paix n’est pas chose aisée. De nombreux compatriotes y ont même sacrifié leur vie. L’essentiel est de contribuer à la garantie de la dignité de l’homme. L’histoire ne manquera pas de récompenser à leur juste valeur les libérateurs et protecteurs des créatures de Dieu : l’histoire glorifie Jésus-Christ, Martin Luther King, Gandhi, Patrice Emery LUMUMBA, Nelson Mandela. C’est tout dire !

• Monsieur le Chef de Bureau Urbain de la Ville de Kananga
• Monsieur le Commandant du Détachement Belge à Kananga
• Distingués invités
• Mesdames et Messieurs les participants
• Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs (Tout protocole observé)

Il ne me reste qu’à réitérer aux uns et aux autres les sentiments de reconnaissance du Conseil d’Administration, des organes et des membres du RJMP pour leur contribution à la commémoration de la Semaine de la Paix 2008 couplée à la 5ème Assemblée Générale du RJMP.
J’ai dit et je vous remercie.

☻Edel Martin KABUTAKAPUA

LISTE DES PARTICIPANTS

N° Prénom, Nom et post-nom Sexe Organe Fonction Adresses
I Membres des comités et représentants des Sections (S)
01 BALANGANAYI Benjamin M S. de Kananga Membre +243 992 208 489
02 BALELA Mpoyi David M S. de Mbuji Mayi Coordo Adj. +243 997 435 348
03 BANANGA Corneille M S. de Mbuji Mayi
04 Me KALENDA François M S. de Kinshasa Conseiller +243 998 850 131
05 KANKU ILUNGA André M S.de Kananga Secrétaire +243 813 615 653
06 KAPINGAMULUME André M S. De Kananga Membre/peintre +243 994 730 225
07 KAPINGA Wapela Alphonsine F S.de Kananga Membre/DEFER C. de Kananga
08 LUSAMBA Suzanne F S. de Kananga Chargée des RP +243 817 666 390
09 MBOMBO Kamba Germaine F S. de Kananga Membre DEFER +243 817 696 400
10 MBUYAMBA Esther F S. de Kananga Membre DEFER Q. Kele Kele
11 MPUTU Céleste F S. de Kananga Membre DEFER +243 899 236 485
12 MUKEBA Elamenji Prospère M S. Dimbelenge Secrétaire Adj. M.C. Mashala
13 MUKENDI Kaponga Ali M S. de Mbuji Mayi Coordonnateur +243 997 321 005
14 MULUMBA Ilunga Jean M S. de Kananga Membre C. de Nganza
15 NGALULA Watshinyi Florence F S. de Kinshasa Membre +243 898 434 234
16 NGOYI Kamanda Djibril M S. de Kinshasa Coordonnateur +243 854 678 050
17 TSHINYUNGA François M S. de Kananga Conseiller +243 997 463 873
II Membres des comités et représentants des Sous-sections (S/S)
18 BADIANJILE Emmanuel M S/S de Lubudi Chargé des RP Sect. Lubudi
19 BAKATUTEKA Marcel M S/S de Lubudi Coordo a.i. Bikuanga
20 BAMPENDE Omer M S/S Lubi A Secrétaire Bakua Lukusa
21 KALABI Tshibalabala Célest. M S/S Lubi B Secrétaire Lubi/Dimbelenge
22 KASAKABALE Moïse M S/S Lubi B Coordonnateur +243 990 150 024
23 KASONGO Muamba Léonard M S/S de Katoka Coordonnateur Tshilumba/Katoka
24 LUBULA Kabatusuila Grégoire M S/S. de Katoka Coordo Adjoint +243 993664720
25 MPIANA Mudiwula Pierre M S/S. de Mashala Directeur DACJR +243 994 597 189
26 MUIPATAYI Saturné M S/S de Lubudi Chargé des RP Muanza Mukenge
27 PAYEYE Mulumba Gilbert M S/S. de Lubi A Coordonnateur +243 993 667 880
28 TSHIANGA Kalema Nico M S/S de Lubefu Coordonnateur
III Membres des comités et représentants des Cellules (C.)
29 BADIANJILE Mukenge Emma M C. Bikuanga Chargé des RP Bikuanga
30 BAKATUBALA Baleja Albert M C. Muanza Muk. Membre +243 899 388 045
31 BAKATUSEKA Masashi Gilbert M C. de Betton Chef de cellule +243 994 840 640
32 BAMPANGIDI Léopold M Cel. Ngala Bilolo Chef de Cellule Ngala Bilolo
33 BENANGOYI Evariste M C. Muanza Mukenge Chef de Cellule Muanza Mukenge
/Dimbelenge
34 BIDILUKINU Musapidi Sylv. M C. de Mpanda Moyo Chef Cel. Adj. Lusambo
35 BOOMBO Michée Abo Bosimbi M C. Mpanda Moyo Chef Cellule Lusambo
+243 994 591 478
36 BULABUTUPU Muamba Donatien M C. Bakua Balela Directeur DACJR Bakua Balela/Dimbelenge
37 BULOJI Kamba Antoinette F C. Bakua Lukusa Directrice DEFER Bakua Lukusa/DLGE
38 KABIMANYA Nicolas M C. Bakua Balela Conseiller Bakua Balela
39 KABENABANGI Bakatulowa Stany M C. Bena Kapuki Membre +243 994 187 895
40 KABONGO Anaclet M C. Kasulu Chef Cel. Adj. +243 997 466 413
41 KALALA Wembi Hyacinthe M C. de Demba Membre +243 994 728 088
42 KANDU Kadiebue Pierre M C. de Demba Membre +243 811 792 737
43 KAPINGA Thérèse F C. de Dimbelenge Directrice DEFER C.L. Dimbelenge
+243 992 484 781
44 KASONGA Kabeya Léonard M C. Bana ba Ntumba Chargé des Relations Publ. Bana Ntumba/ Dimbelenge
45 KATALA Paul M Cel. Ngala Bilolo Trésorier Ngala wa Bilolo
46 LOMBE Tukole David M Cel. Ngala Bilolo Membre Ngala Bilolo
47 LUENDU Tshishimbi Sylvain M Cel. Bakua Lukusa Chef de Cellule Bakua Lukusa
48 LUKUSA Pascal M C. Ngala a Bilolo Chef de C. Adj. Ngala wa Bilolo
49 MABIKA Aboubacar M C. Muanza Mukenge Dirceteur DACJR Muanza Muk./
Dimbelenge
50 MESU Biduaya M C. Bana ba Ntumba Trésorier Bana ba Ntumba
Dimbelenge
51 MUBOYAYI Vincent de Paul M C. Bana ba Ntumba Chargé des RP Bana ba Ntumba
/Dimbelenge
52 MUFUTA Tshitala Shaumba M C. Ngala Bilolo Secrétaire Ngala wa Bilolo
53 MUKINA WATUDIUNDA M C. Muanza Chef de Cellule Muanza Mukenge
54 MUKONGO Zacharie M C. Bakamba Secrétaire Bakamba/DLGE
55 MUSANGU Télésphore M C. Bakamba Membre +243 856 141 864
56 MUSUNGAYI Révérend M C. de Muanza Membre Muanza Mukenge
57 MUTEBA Tshiamalenga Fabrice M C. de Lubefu Membre +243 817 399 148
58 NGALAMULUME Samuel M Cel. Bana ba Ntumba Membre Centre Bana ba Ntumba
59 NGANDU Mputu Floribert M C. de Mamba Chef de Cellule +243 994 566 304
60 NTAMBUE Nyoka oscar M C. Buanga Dibue Membre M.C. Mashala
61 NTUMBA Muela Antoinette F C. Muanza Mukenge Directrice DEFER Muanza Mukenge
/Dimbelenge
62 OLONGO LOKADI Paul M C. de Sankuru Conseiller +243 851 365 818
63 TSHIBASU Buila David M
64 TUMANYE Lusamba Jonas M C. Bana ba Ntumba Directeur DEPADR +243 819 334 981
65 TUSHALE Kamanda Rémy M C. de Lubunga Membre +243 994 524 852
IV Membres partenaires
66 BASHALE Ntumba Paul M +243 992 111 844
67 KABANGU Katenga Pascal M ISSR/Kananga Etudiant +243 814 393 864
68 KANDE Fernand M ISSR/Kananga Caissier +243 817 535 229
69 KANDOLO Mukendi Adolphe M ISSR/Kananga Membre +243 810 966 494
70 KANULAMBI Daniel M MAVE Représentant L. +243 819 295 042
71 KEFA Wambo Emmanuel M ISSR/Kananga Etudiant +243 813 975 981
72 MALUBUNGI
73 MPUTU Baka Samy M Indépendant Observateur -
74 MUNDADI Stéphane M LINAPEDHO Sec. Adm. M.C. Mashala
75 NKONGOLO Julienne F Com. Seguimi Membre C. Kananga
76 NYASHI Ntambue Véronique F Com. Seguimi Responsable C. Kananga
77 TSHIBANGU Kasongo Matamba Jean-Bedel M OCDH Coordonnateur
Sankuru,
+243 995 760 587
78 TSHILUMBA Muata M Division Provinc. de la Jeunesse Chef de Bureau Kananga
79 TSHISALU Mariette F Com. Seguimi Membre C. Kananga
80 TSHITUKA Adolphine F Com. Seguimi Membre C. Kananga
81 TUSHALE Kamanda Remy M ACDHO Coordonnateur Lubi, Dimbelenge
82 USHIYA TSHINYI M ISSR/Kananga Enseignant -
V Membres du Comité organisateur
83 Me BAKAJIKA Bakajika Elie M S. RJMP/Kananga Conseiller +243 814 094 308
84 Dr. BALAMUANGA André M S.RJMP/Kananga Conseiller +243 999 711 547
85 BIDUAYA Bulanda Hyppolite M JEUCOTRADE Président +243 994 847 088
86 BUKASA Kalombo M ALAKAN +243 897 350 126
87 KABONGO Lukuanga Bertin M REVOSDI Président +243 811 863 831
88 KABUTAKAPUA Edel Martin M Cad/RJMP Président Adm. +243 997 406 289
89 Me KAMBA Muntu Richard M ALAKAN Président +243 813 774 146
90 KANDOLO MB. Jean-Baptiste M Cad/RJMP Secrét. Général +243 995 760 092
91 KATWILE MICAL Alfred M APLAMA Président +243 899 402 704
92 LONGO Dieudonné M MIEC/Kasayi Président Prov. +243 810 731 525
93 MILOLO Tshibuabua Michéline F Cad/RJMP Trésorière Gén. +243 994 988 107
94 TSHIMANGA Mpongo Augustin M Attaché au Cad/RJMP Logisticien +243 816 037 471