Impact de la suspension de l’exploitation des minerais à l’est de la RDC.

G.A.O. A.S.B.L.
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ALERTE 007/010

Impact de la suspension de l’exploitation des minerais à l’est de la RDC.

Cas des carrés miniers de Zola Zola, Luntukulu et Lukoma
(Territoires de Walungu et Kabare).

I. Constat.
Lors de son dernier séjour dans la province du Nord Kivu en septembre 2010 le président de la RDC a pris la décision de suspendre l’exploitation des minerais dans l’ex –Kivu.
La nouvelle de cette suspension a été mal accueillie par une partie de la population en général et en particulier celle exploitant les carrés miniers de Zola Zola, Luntukulu (Walungu) et Lukoma (Kabare).

L’on se rappellera que l’Est de la RDC a plusieurs fois été endeuillé par les actions malsaines (tueries, incendies, pillages, …) commis sur les populations par les FDLR, les Rastas et même certains éléments des FARDC.
Ayant été pourchassés par les forces loyalistes, tous ces malfrats se sont « abrités » dans les carrières pour l’exploitation des minerais.

Les matières précieuses de l’Est de la RDC constituent la source principale de revenus pour les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) que ces dernières ont exploités pendant plus d’une décennie. Ces combattants rwandais ont aussi excellé dans les viols, massacres et pillages des biens de la population. C’est pourquoi ces FDLR ne sont pas toujours pressés de retourner au Rwanda malgré toutes les démarches de dissuasion entreprises par la communauté nationale et internationale. Ceci dit, la décision de la suspension de l’exploitation des minerais peut accélérer le processus de rapatriement des FDLR au Rwanda.

Il n ya pas que les FLDR qui tirent profit de l’exploitation des minerais. Certains éléments FARDC se sont détournés de leur mission (la traque des FDLR et la sécurisation de la population) et ont commencé à leur tour, à ériger des barrières sur la route afin de rançonner les exploitants artisanaux. Par moment, ces militaires FARDC procèdent aussi à l’exploitation des carrés miniers à travers des civils qu’ils utilisent. C’est donc une confusion bien entretenue.
Par ailleurs, une autre activité s’est développée autour de cette exploitation des minerais. Il s’agit de la prostitution. La déscolarisation des mineures, la déstabilisation des foyers, la propagation du VIH Sida sont parmi les conséquences néfastes de cette activité pour la population

En outre, la population civile des territoires de Walungu et Kabare est dans sa majorité dominée par le chômage et pour pourvoir aux besoins des nombreuses familles, elle s’est tourné vers l’exploitation artisanale des minerais. Aujourd’hui, suite à cette suspension, les activités sont bloquées et plus rien ne marche. On assiste dès lors au retour en masse des jeunes désillusionnés en provenance des carrés miniers dans leurs villages. Ayant été habitué à gagner et à dépenser de l’argent au quotidien, ils reviennent dépourvus et commencent à insécuriser leurs compatriotes.

C’est pour cette raison que, craignant le pire qui résulterait de cette suspension (vol à grande échelle, viol, insécurité, tueries,…), il s’avère impérieux que les mesures d’accompagnement soient vite mises en œuvre notamment la création d’emplois, la sécurisation des populations et la lutte contre l’exploitation illégale et désordonnée des minerais afin d’agir efficacement en amont mais aussi en aval.

Une analyse minutieuse de cette décision de suspension devrait préoccuper au plus haut point les autorités en tenant compte des forces et faiblesses, opportunités et menaces afin de mieux réorganiser ce secteur vital pour le pays.

II. Recommandations.

- Que les autorités politico administratives assurent une réorganisation et un suivi de cette exploitation pour que l’économie du pays en tire une valeur ajoutée.
- Que les autorités payent décemment les militaires et assurent le contrôle des troupes dans les zones minières afin que les militaires ne se muent en exploitants irréguliers des matières premières.
- Que l’Etat congolais permette aux sociétés minières en ordre de s’occuper de cette exploitation et que la création d’emplois soit priorisée.
- Que la population puisse promouvoir aussi l’agriculture et l’élevage au lieu de ne s’occuper que du creusage et l’exploitation des matières précieuses…

GAO asbl
Octobre 2010