OLPA condamne l’interpellation de deux journalistes à Kinshasa
L’Observatoire de la Liberté de la Presse en Afrique (OLPA), réseau africain d’experts juristes et journalistes volontaires pour la défense et la promotion de la liberté de la presse, condamne l'interpellation et le mauvais traitement infligé à Feza Madiangu et Rolly Nawezi, respectivement journaliste et cameraman à la chaîne privée de télévision Couleurs TV, émettant à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo.
La journaliste Feza Madiangu et son cameraman Rolly Nawezi ont été interpellés, le 14 janvier 2011, par les agents commis à la sécurité du patrimoine de l’Office national des transports (Onatra) au chantier naval dans la commune de Gombe.
C’était au moment où ils effectuaient un reportage sur une réunion des syndicalistes de cette entreprise d’Etat. Les agents de la sécurité de l’Onatra ont tenté de disperser les participants à la réunion syndicale, avant de s’en prendre aux journalistes qui se trouvaient sur le lieu.
Feza Madiangu et Rolly Nawezi qui n’ont pas réussi à quitter le chantier naval de l’Onatra, à cet instant, ont été roués des coups avant d’être détenus au Bureau central d’investigations (BCI) de l’Onatra. Le caméraman Rolly Nawezi a été blessé au genou alors que sa caméra a été gravement endommagée.
Après l’intervention de la Police nationale congolaise (PNC) sur le lieu, les deux journalistes ont été conduits au Parquet de grande instance de Kinshasa-Gombe, où ils ont été soumis à un interrogatoire par un magistrat. Ce dernier a accusé les journalistes de « circulation illicite au Chantier naval de l’Onatra ». Après l’audition, les journalistes ont été libérés tard dans la soirée.
Eu égard à ce qui précède, OLPA condamne avec la plus grande fermeté le mauvais traitement ainsi que l’interpellation de deux professionnels de la presse.
Il s’agit manifestement d’une atteinte grave à la liberté de la presse garantie par la loi de la République démocratique du Congo et les instruments juridiques internationaux relatifs aux droits humains.
En conséquence, OLPA exige des sanctions contre les auteurs de ces actes infractionnels et demande aux autorités de sécuriser les journalistes en plein exercice de leur travail.
