OLPA préoccupé par la détention prolongée d’un journaliste à Matadi

L’Observatoire de la Liberté de la Presse en Afrique (OLPA), réseau africain d’experts juristes et journalistes volontaires pour la défense et la promotion de la liberté de la presse, reste préoccupé par la détention prolongée de Patrick Palata, journaliste à la station provinciale de la chaîne privée de télévision CCTV (Canal Congo Télévision) et de la Radio Liberté (Ralik), émettant à Matadi, chef-lieu de la province du Bas-Congo, à l’ouest de la République démocratique du Congo.

Le journaliste Patrick Palata qui travaille pour ces médias de l’opposition, propriété de Jean-Pierre Bemba Gombo, ancien Vice-président de la République démocratique du Congo et président du mouvement de libération du Congo (MLC), a été interpellé, le 6 janvier 2011, par l’Agence Nationale de Renseignements (ANR/Matadi) et la Direction Générale des Renseignements et des Services Spéciaux de la Police Nationale Congolaise (DGRS).

C’était au moment où le journaliste répondait à une invitation du cabinet du Gouverneur de la province du Bas-Congo.

L’ANR/Matadi et la DGRS accusent le journaliste de connivence avec le général Faustin Munene, ancien chef d’Etat-major de la Force aérienne de l’armée congolaise (Forces armées de la RD Congo, FARDC).

Le général Faustin Munene qui a été arrêté le 17 janvier 2011 à Pointe noire au Congo-Brazzaville est recherché par les autorités de la RD Congo qui le soupçonnent d’avoir tenté de créer un nouveau mouvement rebelle à l’Ouest du Congo.

L’ANR et la DGRS reprochent également au journaliste d’avoir apporté une aide indispensable aux éléments des ex-Forces armées zaïroises (ex-FAZ) qui auraient été appréhendés dans le territoire de Tshela dans le Bas-Congo.

Après une semaine de détention au cachot de la DGRS, le journaliste a été transféré à la prison centrale de Matadi, le 14 janvier 2011, et son dossier a été confié au Parquet militaire.

Sans se prononcer sur le fond de l’affaire, OLPA reste inquiet sur cette détention prolongée d’un journaliste qui a été officiellement invité pour des raisons liées à sa profession.

Par voie de conséquence, OLPA exige sa libération immédiate et inconditionnelle.

OLPA exhorte en même temps les autorités à favoriser l’exercice de la liberté de la presse sur toute l’étendue du Congo.