Les assaillants coupent désormais les grillages de fenêtres pour percer les maisons et y tuer des paisibles citoyens à Bukavu

De nouveaux cas des meurtres et des blessés perpétrés par des hommes armés

Dans son feuillet Nota Bene N° 342 du 05/10/2010, l’asbl Héritiers de la Justice a dénoncé 7 cas de meurtres et 14 cas de blessés ainsi que plusieurs autres violations des droits de l’homme au Sud Kivu. Les mois de novembre et décembre 2010 n’ont pas été de tout repos pour les habitants de cette province.

Dans la nuit du jeudi 02 au vendredi 03/12/2010, vers 1H00 du matin, Mr Alex Nalwindi, âgé d’une quarantaine d’années, père de 5 enfants et fonctionnaire à la Direction Générale des Impôts à Bukavu et son épouse, Mme Bora Ntambuka, âgée d’une trentaine d’années et couturière de formation ont été blessés par balles dans une attaque perpétrée par des hommes armés à leur domicile situé sur avenue Muhungu Météo à 50 m de l’Eglise 8è Communauté des Eglises de Pentecôte en Afrique Centrale (CEPAC) Nazareth en commune d’Ibanda dans la ville de Bukavu au Sud Kivu/RDC.

C’est pendant qu’ils dormaient que les assaillants se sont mis à couper le grillage de la fenêtre du salon. Mme Bora a réveillé son mari, croyant que ce sont des ampoules qui sont en train de se brûler par la forte tension du courant électrique. Voulant aller éteindre les lampes restantes pour les mettre à l’abri de ce dommage, le mari a ouvert la porte de sa chambre. Il a aperçu des personnes armées et en tenue civile dans le salon puis il a refermé rapidement la porte pour rentrer dans sa chambre.

Voulant forcer la porte d’entrée de la chambre, les malfaiteurs se sont heurtés à une résistance farouche des victimes, parce que celles-ci l’avaient barricadée solidement.

Après avoir saccagé la porte, les bourreaux se sont introduits dans la chambre et ont commencé à intimider Mme Bora, l’obligeant de leur montrer son mari. Dans les discussions qui s’en sont suivies, les assaillants lui ont exigé de l’argent. N’ayant pas obtenu gain de cause, ces derniers lui ont logé une balle dans le pied droit à côté de la cheville. Quelques instants après, ils lui ont tiré une autre balle dans la cuisse gauche. Il n’en a pas fallu plus pour que la victime pousse un cri de détresse et se mettre à saigner. Alex a, alors, quitté sa cachette pour secourir sa femme.

Pendant que son épouse saignait, le mari est parvenu à capturer par force un des malfaiteurs qui était du côté où il se cachait. Comme les agresseurs avaient eu du mal à tirer sur Mr Alex de crainte de toucher leur camarade, ils se sont contentés de blesser Monsieur Alex à la tête par un coup de canon de fusil. Ainsi Alex a lâché l’agresseur et celui-ci a fui avec ses compères pour une destination inconnue.

Après cet incident malheureux, les deux victimes ont été acheminées, par l’entourage qui venait d’accourir sur les lieux, à l’hôpital général de référence de Panzi pour des soins.
A présent, cette famille a déjà fait l’objet de deux autres attaques, soit le 5 et le 11/12/2010. D’autres familles vivant dans la ville de Bukavu ont subi des attaques similaires, faisant des dégâts déplorables.
En effet, Mr Iragi Rutalira, âgé de 17 ans, fils de Nestor Rutalira Bashige et élève en Ière année secondaire à l’Institut Tupendane, a été abattu par balles par des voleurs à main armée qui ont semé la terreur dans le quartier Nkafu, avenue Wesha, cellule Nyarwizimya en commune de Kadutu dans la nuit du 28 au 29/11/2010 vers 1H00 du matin. Les familles de Mr Joël Munyololo, agent à la SNEL et de Mr Justin Bachunguye Kisole ont été investies par ces hommes armés. De l’argent et beaucoup d’autres biens de valeur ont emportés par ces agresseurs. Deux autres blessés parmi lesquels le chef d’avenue Abdou Balyana ont été internés à l’hôpital provincial de référence de Bukavu pour des soins en commune de Kadutu à Bukavu. Dans la même nuit du 28 au 29/11/2010, quatre de ces hommes à main armée en tenue militaire, ont fait irruption dans la maison de Mr Jean-Pierre Tanganyika « Dudjo » vers 2H00 du matin après avoir coupé les grillages de la fenêtre du salon. Ils ont ravi 3 téléphones portables, 115 $US, un décodeur, une radio cassette portative, un chargeur caméra+batterie, une paire de chaussures. Les autres étaient restés à l’extérieur en train de sécuriser leurs complices.

Le mardi 30/11/2010, vers 9H00, Mr Amos « Baba Esta », présumé chef du groupe de bandits à main armée communément appelé Armée Rouge basé dans la cellule Essence, quartier Panzi en commune d’Ibanda, a été lynché en le brûlant vif par la population qui était aux funérailles de Mr Iragi. Cette population en furie le soupçonnait d’avoir participé au meurtre d’Iragi.

Dans la nuit du 02 au 03/12/2010, aux environs de 1H00 du matin, Mlle Rachel Kabambi, âgée de 20 ans et étudiante en 2è année de graduat à l’Université Catholique de Bukavu, a été poignardée dans une attaque qui a eu lieu à son domicile par des bandits à main armée. Ils sont aussi entrés à l’intérieur de la maison en coupant les grillages de la fenêtre. Ils ont emporté 3 téléphones, 2 baffles, une lampe torche, des bijoux et 80 $US appartenant à la mère de la victime. Mr Clément Kabambi, qui s’est échappé par la fenêtre, a alerté le voisinage. La police n’est intervenue que 45 minutes plus tard après le départ des agresseurs et sans espoir de les dénicher.

Dans la même nuit, vers 1H45 du matin, des bandits à main armée se sont introduits dans la maison de Mr Mirindi Maroyi résidant à Muhungu Télécom II en commune d’Ibanda à Bukavu. Après avoir coupé les grillages de la fenêtre à l’aide des ciseaux, ils ont ligoté le responsable de la maison et son épouse. Ils les ont obligés de leur donner tout l’argent dont ils disposaient. Ils ont soutiré une somme énorme d’argent et un lecteur DVD.

Ces faits sont une atteinte aux droits à la vie et à la propriété privée garantis par les articles 16 al. 1-2 et 34 de la Constitution de la RDC du 18 février 2006 et autres instruments juridiques internationaux auxquels cette dernière à adhéré tels que le PIDCP et PIDESC.

L’asbl Héritiers de la Justice est tellement préoccupée par cette situation d’insécurité croissante dans la province du Sud-Kivu en général et la ville de Bukavu en particulier. Tous ces actes vont à l’encontre de tous les textes juridiques nationaux et internationaux qui stipulent, entre autre, que la vie humaine est sacrée. Ces violations flagrantes des droits de la personne montrent que l’Etat congolais a encore un gap à couvrir en matière de protection des personnes et de leurs biens.

Héritiers de la Justice demande aux autorités politico-admninistratives et militaires de mettre sur pied des mécanismes appropriés pour mener à la paix et combattre cette criminalité notamment en renforçant les patrouilles nocturnes et diurnes des unités de la PNC et des militaires mais aussi en sanctionnant tous les présumés auteurs de ces actes odieux.


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