Grève des conducteurs et stations pétroliers dans la ville de Bukavu

Bras de fer ou réclamation légitime

La circulation des taxis-bus, voitures taxi et des motos est redevenue normale après quelque deux jours de paralysie à la suite de la grève des tenanciers des stations de vente de carburant dans la ville de Bukavu. Selon ces tenanciers, leur comportement tient à la surtaxation dont ils font l’objet de la part des services de l’Etat congolais et la montée du prix du baril au marché mondial.

En effet, depuis la journée du lundi 14 février 2011, les taxis bus, motos et voitures taxis ont dû suspendre leurs activités à la suite de l’augmentation du prix du carburant dans les stations services et chez les revendeurs communément appelés « Kaddafi ». Le prix d’un litre serait passé de 1400 à 4000 FC, voire 5000 FC. Certains taximen ont fait passer la course par personne dans les voitures de 400 à 800 FC et dans les taxis-bus de 350 à 500 FC. D’autres ont préféré carrément garder leurs véhicules dans leurs garages respectifs.

Dans les bus et taxis deux sons de cloche se faisant entendre : refus d’obtempérer pour les taxateurs commis à l’accroissement des recettes de l’Etat : réclamation légitime de côté des conducteurs et stations de vente de produits pétroliers.

L’opinion se souviendra qu’une grève similaire des armateurs sur le Lac Kivu avait aussi perturbé la circulation des personnes et leurs biens pendant le début du mois de novembre 2010 (01-08/11/2010) où la taxe a augmenté de 1 à plus de 125 %.

Cette situation a eu un impact très négatif sur un bon nombre de secteurs, notamment le transport des vivres, des malades, des élèves, fonctionnaires, … Si elle perdure, cette situation risque de provoquer une montée vertigineuse des prix des produits de première nécessité. Fort heureusement, les autorités s’y sont impliquées jusqu’à ce qu’une solution a été trouvée. Le prix d’un litre de carburant a maintenu une augmentation de 100 FC seulement dans les stations services.

Chose étonnante : malgré la prise de position du président provincial de l’Association des Chauffeurs du Congo (ACCO) appelant ses collaborateurs à faire baisser le prix d’une course taxi jusqu’à son prix d’antan, c’est-à-dire 400 FC dans les voitures taxis et 350 FC dans les taxis bus, certains taximen ont fait le gros dos en faisant passer ce prix à 500 FC au grand dam des passagers. Et le prix d’une course revenait enfin à 400 FC pour les taxis voitures et 350 FC pour les taxis bus.

L’asbl Héritiers de la Justice s’inquiète de cette prise de position des taximen qui risque de compromettre la jouissance du droit de circuler librement sur le territoire congolais en général et dans la province du Sud-Kivu en particulier.

Elle en appelle à la conscience des uns et des autres pour que les pendules soient remises à l’heure. Egalement, elle profite de cette occasion pour demander aux autorités congolaises de peser de tout leur poids pour que les chauffeurs cessent de transporter plus de 4 personnes dans leurs voitures taxis. Elle invite alors le Ministère de l’Economie à réglementer le prix standard et à procéder à chaque fois à des concertations au niveau de la tripartite « Etat congolais-pétroliers-ACCO » en cas de différent.

L’occasion faisant le larron, Héritiers de la Justice demande aux autorités congolaises de revoir à la baisse plusieurs autres taxes fixées en francs fiscaux (FF) au lieu du Franc Congolais (FC), monnaie ayant cours légal en RDC, selon l’article 1er de la Constitution de la RDC du 18/02/2006 dont elles accablent leurs administrés et qui font que les prix de certains produits et services soient extrêmement élevés dans la province du Sud-Kivu par rapport au pouvoir d’achat du peuple congolais. Et d’ailleurs, certaines entreprises et maisons de commerce tendent à fermer leurs maisons à cause de cette surtaxation exorbitante au profit de la concurrence extérieure favorisée par le manque de contrôle et l’application de la réglementation sur la protection du commerce local.

L’Association demande à la BCC de retrouver sa mission régulière de fixation de taux de change avec les devises étrangères et de protéger la monnaie nationale pour des mesures appropriées.

Bukavu, le 16 février 2011

Héritiers de la Justice


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