Attaque des bandits à main armée au domicile de l’Evêque anglican à Bukavu

Après l’Eglise catholique, est-ce le tour de l’Eglise protestante

La famille de Monseigneur Sylvestre Bahati Balibusane, Evêque de l’Eglise anglicane, Diocèse du Nord et Sud-Kivu, résidant au N°2 de l’avenue Pangi, cellule Muhumba au quartier Nyalukemba en commune d’Ibanda à Bukavu, a été attaquée dans la nuit du jeudi 08 au vendredi 09 avril 2010 vers 1H00 du matin par un groupe de 4 hommes armés et en tenue civile. A l’issue de cette attaque, ils ont emporté une somme d’argent évaluée à 2.600 $US, 2 lecteurs vidéo, 2 ordinateurs portables, une chaînette et une croisette. Après leur forfait, ils se sont volatilisés dans la nature.

En effet, pour entrer dans la concession de l’Evêque, ces hommes sont passés par un endroit où la clôture commençait à se déteriorer. Une fois entrés dans l’enclos, ils ont neutralisé monsieur Bahizire Lubala, la sentinelle de la famille. Puis, selon toute vraisemblance, ils auraient utilisé des clés passe-partout pour ouvrir la grille et la porte de la cuisine par lesquelles ils se sont introduits dans la maison.

Ils se sont alors engouffrés dans la chambre de monsieur Amani Busane, fils aîné de l’Evêque et étudiant en 2è Doctorat à l’Université Evangélique en Afrique (UEA). Ils lui auraient ravi une somme de 210 $US que cet étudiant gardait comme cotisation de ses condisciples en vue d’effectuer dans les prochains jours une visite à l’université de Butare au Rwanda. Après l’avoir ligoté, ils l’ont forcé d’aller réveiller sa mère, madame Nyota Bahati, sous prétexte que la tête lui faisait extrêmement mal. Quand Mme Nyota a ouvert la porte de sa chambre, quelle n’a pas été sa surprise en se retrouvant nez à nez avec 4 hommes armés ! Très rapidement, ils l’ont raccompagnée dans sa chambre, flanqués de M. Amani. Pendant ce temps, Mgr Sylvestre venait à peine de se réveiller afin d’aller voir l’état de santé de son fils. Arrivé en face de celui-ci, ils lui ont annoncé qu’ils ont été soudoyés moyennant 20.000 $US pour le tuer et que pour le laisser en vie, ils lui demandaient de leur donner la somme de 100.000 $US L’Evêque leur a dit qu’en sa qualité de pasteur, il ne pouvait pas avoir une somme d’argent aussi importante. A ces mots, ils l’ont menacé de mort et l’ont fait asseoir à même le pavement.

Pendant ce temps, ils ont continué à réclamer de l’argent. Alors, l’épouse de l’Evêque leur a remis ce qu’elle a pu réunir dans la maison. Selon le chef de famille, au total, ces bandits ont ravi à sa famille une somme de 2.600 $US Avant de repartir, ils ont pris également les appareils et biens de valeur précités. Puis, ils ont obligé tout le monde à rester dans la chambre à coucher des parents.

Comme on le voit, les attaques contre les serviteurs de Dieu et le patrimoine de l’église deviennent monnaie courante. L’année 2009, c’est l’église catholique qui a été la cible privilégiée avec, à la clé, des morts d’hommes et le pillage des biens de valeur : institut Weza de Nyangezi, hôpital de Mukongola, paroisse de Ciherano, paroisse de Kabare, couvent des sœurs de Murhesa, etc. Et on ne sait pas trop qui sera la prochaine cible si des mesures efficaces ne sont pas prises dans le sens de la prévention.

L’attaque contre la famille de l’Evêque anglican constitue une violation flagrante des droits humains en ce qu’il y a eu atteinte à l’intégrité physique et aux droits de propriété. L’article 34 de la Constitution de la RD Congo promulguée le 18 février 2006 par le Chef de l’Etat dispose : « La propriété privée est sacrée. L’Etat garantit le droit à la propriété individuelle ou collective, acquis conformément à la loi ou à la coutume. Il encourage et veille à la sécurité des investissements privés, nationaux et étrangers. Nul ne peut être privé de sa propriété que pour cause d’utilité publique et moyennant une juste et préalable indemnité octroyée dans les conditions fixées par la loi. Nul ne peut être saisi en ses biens qu’en vertu d’une décision prise par une autorité judiciaire compétente ».

C’est pourquoi, l’asbl Héritiers de la Justice saisit cette opportunité pour demander aux autorités tant policières que militaires de remplir correctement leur mission qui est entre autre de garantir une protection aux citoyens et leurs biens tel que cela est prescrit à travers les articles 182 et 187 de la Constitution susdite.

Elle demande également que des enquêtes soient diligentées dans l’immédiat afin que les présumés auteurs du forfait commis au domicile de l’Evêque anglican soient identifiés et déférés devant les instances judiciaires compétentes en vue de répondre de leurs actes.

Bukavu, le 09 avril 2010
Héritiers de la Justice


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