OLPA préoccupé par la sécurité d’une journaliste à Kinshasa

L’Observatoire de la Liberté de la Presse en Afrique (OLPA), réseau africain d’experts juristes et journalistes volontaires pour la défense et la promotion de la liberté de la presse, demeure préoccupé par la sécurité de Sylvanie Kiaku, éditrice du journal la Percée, un hebdomadaire paraissant à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC).

Sylvanie Kiaku est entrée en clandestinité, le 25 mai 2011, après qu’un inspecteur de police judiciaire du Parquet général de la République (PGR) l’eut informée qu’elle allait être convoquée incessamment par un magistrat. Craignant d’être arrêtée, la journaliste est entrée en clandestinité.

L’annonce d’une nouvelle convocation de la journaliste intervient 47 jours après l’interpellation de la journaliste par le Parquet de grande instance de Kinshasa Kalamu.

Une interpellation consécutive à la publication par le journal la Percée dans son édition du 28 mars 2011 d’un article intitulé : « Elections 2011, le ministre Luzolo Bambi, un danger potentiel pour le président Joseph Kabila ».

Cet article dénonçait la recrudescence des actes de vandalisme à Kinshasa par les bandes des jeunes sportifs communément appelée « Kuluna ».

Sylvanie Kiaku a été arrêtée, le 8 avril 2011, après avoir été convoquée par le Parquet de grande instance de Kinshasa-Kalamu.

Elle a passé 24 heures au cachot du parquet en compagnie de son bébé. Elle a été libérée, le 9 avril 2011.

M. Luzolo Bambi, Ministre de la Justice et des droits humains, s’est entretenu, le 25 mai 2011, avec des éditeurs des journaux de Kinshasa et il a assuré qu’il n’avait déposé aucune plainte contre l’éditrice du journal la Percée.

De ce qui précède, OLPA exprime sa profonde préoccupation sur la sécurité de Sylvanie Kiaku, et condamne par ailleurs tout acte d’intimidation à l’endroit de la journaliste.

Il s’agit manifestement d’une atteinte à la liberté de la presse garantie par la loi de la République démocratique du Congo et les instruments juridiques internationaux.

Par voie de conséquence, OLPA exige la cessation de toute opération de traque contre la journaliste et exhorte les autorités congolaises à favoriser l’exercice de la liberté de la presse sur toute l’étendue du pays.