Territoire de BENI : ENLEVEMENT DE TROIS PRETRES A MBAU

Le Père-Curée de la Paroisse Catholique « Notre Dame des Pauvres », Mr Anselme WASUKUNDI (41an), ainsi que ses collègues Pères Jean NDULANI (52ans) et Edmond KISUGHU (53ans) ont été enlevés vers 21h30, la nuit de vendredi à ce samedi 20 octobre 2012.

En effet, une dizaine d’hommes armés, vêtus en treillis militaires s’étaient introduits dans la Paroisse pour faire incursion au salon commun de Prêtres, où Pères Anselme et Jean suivaient les informations à la télé. Ils les ont ligotés, l’un après l’autre, leur exigeant de l’argent faute de quoi, disaient-ils, ils les ôteraient la vie. Ayant maîtrisé les deux, ils se sont dirigés vers la chambre à coucher de Père Edmond, qu’ils ont trouvé à l’entrée de sa chambre à coucher, s’apprêtant à dormir.

A en croire Père Joseph KATEMBO KAMUNDU, l’un des quatre prêtres de cette Paroisse, qui a échappé de justesse pour s’être déjà enfermé dans sa chambre en repos du soir, les malfrats qui parlaient un swahili du type étranger ont même tenté de forcer la porte de sa chambre pour l’amener avec les trois. Ils n’ont pas pu ; ils sont partis après avoir détruit gravement la porte, au point que pour sortir de la maison, il fallait passer par la fenêtre. Certains croient à un enlèvement par des militaires rwandais ou des ougandais de l’ADF-NALU.

Sans savoir exactement le mobil de ravisseurs, nombreux habitants de MBAU crient à un acte ciblé. Il s’agirait d’une action psychologique contre l’église qui s’est engagée au coté de la Société Civile à dénoncer le plan de balkanisation et l’agression rwando-ougandaise dont est victime la RDC à travers le M23. Il ne s’agit guère d’un règlement de compte d’autant plus que les Pères Anselme WASUKUNDI (venu de Butembo), NDULANI (venu de LONDRES) ; ils n’ont aucun antécédent dans ce milieu.

Pour l’instant, une psychose règne dans cette zone et toutes les activités sont paralysées à MBAU (Chef-lieu du Secteur de BENI-MBAU), à environs 25km-Nord de BENI.

Rappelons que non loin de MBAU, au Chef-lieu du Territoire de Beni, était enlevé le médecin Directeur de l’Hôpital Général d’OICHA. Dr PALUKU MUKONGOMA, enlevé à son lieu de service (l’après-midi du 1er juillet 2011) reste toujours entre les mains de ses ravisseurs.

La Coordination Provinciale de la Société Civile du Nord KIVU qualifie de sabotage, d’inadmissible cet acte traduisant la recrudescence de l’insécurité en Province du Nord Kivu. Elle appelle la Police, l’armée, les Services de Sécurité et le Gouvernement Provincial à se mobiliser pour appréhender les ravisseurs et libérer les victimes. Notre Structure invite les autorités à redoubler leurs efforts pour endiguer définitivement l’insécurité grandissante en Province.

Territoire RUTSHURU : TOIS NOUVEAUX BATAILLONS OUGANDAIS ET RWANDAIS EN RENFORT AU COTE DU M23

Les trois bataillons sont entrés la nuit de dimanche à lundi 15 et celle de mercredi à jeudi 18 octobre courant. Nos sources indiquent que la plupart des militaires ougandais et rwandais ont franchi la frontière, en passant par NKONKWE (en Groupement de GISIGARI) et RUNYONYI (en Groupement BWEZA), dans la Chefferie de BWISHA.

L’entrée de ces bataillons n’a autre objectif que de renforcer le M23 et lui permettre d’accélérer son avancée sur les Territoires de MASISI, WALIKALE, NYIRAGONGO pour la Ville de GOMA, avant de commencer la 2e étape qui consistera à aller vers le Grand Nord (la zone BENI-LUBERO).

Nos informations renseignent que l’Ouganda vient de doter le M23 en uniformes militaires neuves, bottes (ngodio), armes et munitions de guerre. Certaines indiscrétions révèlent que les Cadres politiques et les Autorités Militaires du M23 se sont réunis à BUNAGANA (agglomération frontalière avec l’Ouganda, à l’Est de RUTSHURU-CENTRE) pour préparer de nouveaux affrontements devant permettre au M23 d’étendre son contrôle sur la Province du Nord Kivu.

C’est pourquoi le M23 infiltrent sensiblement ses éléments à MASISI, NYIRAGONGO et GOMA en vue de s’assurer que ses équipes d’avancent maitrise la zone pour une entrée facile des étrangers.

La Société Civile du Nord KIVU alerte les Nations Unies sur ces nouvelles menaces de déstabilisation et se dit scandalisée de voir l’ONU accepter le RWANDA parmi les 10 Etats membres (non-permanents) de son Conseil de sécurité.

Elle considère que l’ONU vient de se discréditer, de cracher sur ses propres efforts de pacification, de promotion de la démocratie et des droits humains, en acceptant dans son Conseil de Sécurité le RWANDA, un Etat belliqueux, déstabilisateur et agresseur de ses voisins.

Notre Structure encourage, par contre, le Conseil de Sécurité des Nations Unies, à adopter le plus urgemment possible des sanctions contre les Gouvernements, les Responsables politiques et militaires RWANDAIS et OUGANDAIS pour leur agression du Congo, sous étiquète M23. Ces sanctions peuvent consister notamment à des embargos aux Gouvernements Ougandais et Rwandais, au gel des avoirs, à l’interdiction de voyager dans d’autres Etats et au déferrement devant la CPI de ces hauts responsables rwandais et ougandais soutenant et entretenant le M23.