Territoire de Masisi et Walikale, Insécurité totale.

Mercredi 26 février courant, de nouveaux affrontements ont opposé les
FARDC (armée régulière congolaise) aux miliciens de l'APCLS (Alliance
des Patriotes pour un Congo Libre et Souverain). Ces affrontements à
hauteur de KINYUMBA, à environs 4km-nord de NYABIONDO viennent de
conduire plus de la moitié de la population de NYABIONDO en brousse,
une population exposée à toutes les intempéries. Ici, ceux qui n'ont
pas réussi à quitter NYABIONDO se sont concentrés notamment à la base
locale de la MONUSCO et à celle de l'Ong.MSF, au Centre de Santé de
NYABIONDO.

Nous venons de l'apprendre, l'APCLS vient d'attaquer le matin de ce
vendredi 28 février 2014, la position avancée des FARDC de NYABIONDO.
C'était au tour de 4h30 locale que les miliciens fideles à JANVIER
KARAIRI ont attaqué les forces régulières, semant panique et
désolation à NYABIONDO (chef-lieu du Secteur OSSO-BANYUNGU). Depuis ce
matin, on note la débandade dans le chef de la population ; le
désastre humanitaire s'installe de plus à plus.

Ce désastre humanitaire vient s'ajouter à celui causé il y a quelques
jours dans les Groupements NYAMABOKO 1 et NYAMABOKO2 lorsque les
milices FDC/Guides et FDDH/Nyatura se sont affrontées, occasionnant
des afflues massifs de populations vers KIBABI, KINIGI, KANIRO, LUKE,
BUKUMBIRIRE et dans une partie de WALIKALE.

Par ailleurs, depuis fin janvier et début février courant, à la suite
des affrontements FARDC-APCLS en Chefferie des BASHALI, plus de 700
familles qui avaient fuit BIBWE, KAIRA, KALONGE et NYABURA,
respectivement en Groupements BASHALI-MOKOTO et BASHALI-KAHEMBE sont
concentrées notamment à MUHETO, NYAMITABA et KANZENZE où elles vivent
sans aucune assistance humanitaire.

Pendant ce temps, notre structure vient d'être alertée de la fuite du
Commandant/Nyatura Col. HABARUGIRA du Centre de regroupement de
BWEREMANA. Ce chef milicien a quitté le Centre avec une centaine
d'éléments, la nuit du 26 au 27 février courant, en direction vers
NGUNGU ou RUBAYA. Cela en signe de protestation contre l'initiative du
Gouvernement d'amener tous les combattants (miliciens) rendus et
candidats à l'intégration dans l'armée au Centre de Formation
militaire de KITONA. Le Colonel autoproclamé prétend que sa milice
devait être intégrée au sein des FARDC sans passer par une quelconque
formation militaire, étant donné qu'elle avait été dotée à MUSHAKI
par le Gén. AMISI KUMBA TANGO FOUR (alors Commandant Forces
Terrestres des FARDC).

La population redoute l'insécurité qui devra suivre cette défection de
HABARUGIRA et ses hommes.

II. TERRITOIRE DE WALIKALE

Le NDC (Nduma Defense of Congo) de TABU TABERI alias TCHEKA sème, en
outre, terreur et désolation dans plusieurs localités du Territoire de
WALIKALE où il affronte d'une part les FARDC et d'autre part l'APCLS.
Ce qui est à la base d'un drame humanitaire sans précédent.

Nous apprenons que nombreuses habitants des localités en Groupements
UTUNDA, IHANA et LUBERIKE, sur l'axe BUNANGIRI-MUNGAZI viennent de
vider leurs localités en direction de WALIKALE-CENTRE, craignant
l'activisme de la milice NDC.
Dans les zones sous son contrôle, le NDC perçoit obligatoirement
1000.FC par ménage et ce, chaque semaine, sans compter les
perceptions instituées au niveau des barrières illicites dites postes
de contrôle ou encore au niveau de Carrées/Sites miniers sous son
administration.

Et pendant ce temps, la population dénonce de multiples tracasseries
auxquelles se livrent nombreux éléments-FARDC du 4e Secteur à
WALIKALE-CENTRE. Les Quartiers dans lesquels aucune nuit ne se passe
sans que soit signaler une visite indésirables des hommes en
treillis-FARDC et armés jusqu'aux dents, sont entre autres : Camp TP,
KIGOMA, NYALUSUKA et KISIMA. Cela, alors que des éléments dits de la
Police Militaire (PM) ou de la Police Nationale Congolaise (PNC)
prétendent y être chaque jour en patrouille.
Les militaires-FARDC sont également accusés de perceptions illicites
aux postes dits de contrôle sur les routes WALIKALE-OSSO,
WALIKALE-HOMBO et WALIKALE-KASHEBERE. Chaque passant est obligé de
débourser entre 500 et 1000.FC par passage en ces lieux.

Dans tous les cas, en Territoire de MASISI comme de WALIKALE, la
nécessité de restaurer l'autorité de l'Etat est plus que ressentie
en vue de rétablir la paix et la sécurité dans cette zone.

Maître OMAR KAVOTA, Vice-président et Porte-parole de la Société
Civile du Nord-Kivu ;
Tél : + 243 993 53 53 53 ; 810 75 75 11 ;
E-mail : maitrekavota@gmail.com ; Web : www.socinordkivu.com