Choisissons la paix

Au regard des événements qui se passent à BUKAVU depuis le mercredi 26 mai, nous pouvons conclure que la paix est entrain de s’éloigner de plus en plus dans cette partie de la république.

Au moment où les efforts sont entrain d’être déployés pour que la RDC se stabilise et que le peuple aille vers les élections libres et démocratiques en se choisissant les dirigeants de son choix, capables de gérer le pays dans la transparence car ils se sentiront toujours dans l’obligation de rendre au souverain primaire qui les a choisit ; un groupe d’hommes armés s’évertuent à prendre le peuple en otage en provoquant à tord ou à raison une guerre dont le s n’a plus besoin après cinq ans de guerre fratricide qui n’a laissé que des morts, des blessés et le sous-développement.

Si nous faisons notre analyse en partant des évidences, nous pouvons affirmer sans risque de nous tromper que derrière ce qui se passe à Bukavu, il y a des forces occultes (civiles, militaires, pays étrangers, firmes internationales, …) qui craignent l’issue heureuse de cette période de transition. Forces occultes qui profitaient de la situation de guerre en RDC et qui estiment ne rien profiter si les élections auraient lieu.

Jules MUTEBUSI et ses hommes ne sont que des simples instruments au service de ces forces occultes. C’est pourquoi, point n’est besoin de diaboliser tous les banyamulenge. Dans toutes les ethnies de la RDC, il y a les bons et les mauvais, les justes et les malhonnêtes, les radicaux et les modérés. Nier cette évidence, c’est être naïf.

Les délégués au Dialogue inter congolais ont fait un effort considérable de transcender les différences, qui au demeurant, devraient constituer une richesse au lieu d’être un motif de compétition, de conflit, de séparation, de guerre, … c’est pour cette raison que ce dialogue a permis que le Congo redevienne aujourd’hui un.

Que personne ne nous détourne de notre marche vers les élections libres et démocratiques, seule voie de sortie de la crise actuelle.

La paix a un prix et le prix à payer c’est la tolérance, le dépassement, … Ne tombons pas dans le piège de la violence car dit-on la violence engendre la vengeance et la vengeance appelle la violence.

Aux militaires de la 10ème brigade, nous voudrions transmettre ce message : « tout Munyamulenge n’est pas de même avis que Jules MUTEBUSI et par conséquent, ne faites de l’amalgame en croyant que tout Munyamulenge est de même avis que Mutebusi et en surcroît ennemi de la paix. Surtout faites un effort de protéger les populations civiles non impliquées dans ce qui se passe à Bukavu. Ne permettez sous aucun prétexte que la population de Bukavu agresse les peuples banyamulenge en parole tout comme en acte.

Créez un climat de confiance afin que les Banyamulenge ne se sentent pas en sécurité au Rwanda qu’au Congo.

Aux hommes politiques : « mettez fin à votre politique d’Autriche car vous ne songez jamais à calmer la situation quand il est encore temps. Vous attendez que la situation pourrisse pour que vous puissiez créer des délégations gouvernementales, des commissions d’enquête… Nous pouvons être tentés de croire que ces situations vous profitent car elles peuvent contribuer à la prolongation de la transition. Attention, attention, le peuple affamé et longtemps meurtri est une proie facile à la manipulation et à la violence ».

Aux militaires banyamulenge : « si vous voulez que vos collègues vous considèrent comme de vrais compatriotes, cessez de suivre aveuglement la position des hommes politiques qui prêchent la violence, la guerre, la haine, … car cette situation ne fait que créer un climat de manque de confiance, ce qui ne favorise pas l’avènement de la paix en RDC.

Nous ne pouvons terminer cette analyse sans saluer l’initiative du gouvernement de dépêcher le Ministre des affaires Etrangères au Rwanda. Cependant, nous souhaiterions que ce réchauffement des contacts diplomatiques s’accentue car sans un effort conjugué de deux côtés, nous ne saurons éradiquer l’insécurité à l’Est de la RDC.

Si le Rwanda se sent sécuriser par la RDC, il fera sans doute un effort de ne pas être un déstabilisateur de la RDC. N’oublions pas que les Etats n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts à sauvegarder.

Nous félicitons également la MONUC par son implication dans le dénouement de la situation. Cependant, nous souhaiterions qu’elle aille plus loin en appliquant pleinement son mandat placé sous le chapitre VII de la charte des Nations Unies.

La paix au Congo dépend de nous tous, oublions le passé et tournons-nous vers l’avenir.

Le Congo uni et en paix est le seul gage d’un bien-être de tous.

Richard MUHUNGU
Chargé de la commission d’éducation à la paix, la démocratie et aux droits de l’homme
Tél. 00243 98875740