Traitement de substitution : Traiter la ménopause au soja sans danger.

Ce traitement naturel de la ménopause constitue une alternative intéressante.
Pour les femmes qui souffrent de symptômes légers ou modérés. Une étude a démontré l'innocuité après un an au niveau de l'endomètre.

Bouffées de chaleur, sautes d'humeur, vieillissement cutané accéléré, troubles de la concentration et/ou du sommeil, anxiété... les symptômes qui signent la ménopause n'ont rien de bien méchant mais rien de très réjouissant non plus.
Si une minorité y échappe, on estime généralement qu'environ les trois quarts des femmes subissent l'un ou l'autre de ces symptômes à des degrés divers.

Parmi les traitements proposés pour y remédier, on peut envisager, dans certains cas, l'option des produits naturels, dont les médicaments à base d'isoflavones de soja. Alors que l'on ne disposait jusqu'ici que de peu d'informations sur les éventuels effets de ce traitement sur l'utérus et les seins, une étude réalisée à l'initiative d'Arkopharma qui commercialise GynoSoya, vient de révéler l'innocuité du produit après douze mois d'administration en ce qui concerne l'endomètre. Ce type de traitement constitue dans certains cas une alternative intéressante, comme nous l'explique le Dr Bruno Pornel, directeur du Brussels Menopause Center, investigateur de l'étude pour la Belgique.

Comment s'est déroulée cette étude ?

Cette étude internationale a été menée dans plus de 30 centres en Belgique, France, Espagne et Australie. Plus de 300 patientes âgées entre 45 et 65 ans ont reçu pendant 12 mois 4 gélules de GynoSoja par jour avec des visites de contrôle tous les trois mois. Elles ont accepté une analyse de l'endomètre, des contrôles échographiques et mammographiques.

Quels sont les résultats ?

Après un an de traitement, ils permettent de confirmer que ce médicament ne présente aucun danger pour l'utérus : la membrane qui tapisse l'intérieur de la cavité utérine, appelée endomètre, ne présente pas de lésion de type précancéreux ou cancéreux.

Quel est l'intérêt d'avoir mené cette étude ?

Parce que, à la base, il subsistait une certaine frustration quant à définir avec plus de précision l'action des phyto-oestrogènes. Dans la nature, il existe environ 300 plantes qui contiennent des isoflavones, dont la sauge, l'actée à grappes et bien sûr le soja, qui en contient le plus dans le règne végétal. Les deux molécules censées être les plus actives sont la génistéine et la daïdzéine.

Mais le problème en ce qui concerne le soja est précisément de savoir quelles sont les molécules qui ont réellement une action bénéfique ou pas d'action du tout, d'autant plus que ces molécules peuvent notamment agir sur le récepteur aux oestrogènes.

Chaque mois, plus de 50 000 boîtes de ces produits étaient vendues depuis des années sans que l'on sache véritablement si la prise d'oestrogènes à de telles doses ne constituait aucun danger.

Avec cette étude, qui a porté sur 300 patientes pendant un an, et qui va se prolonger pendant deux ans encore, nous avons le critère requis par l'Agence européenne du médicament pour valider une non-stimulation de l'endomètre par les oestrogènes.

Il s'agit de la première étude avec des critères internationaux reconnus.

Un an de recul est suffisant pour tirer de telles conclusions ?

Absolument, car en fait, spontanément, même en donnant un placebo, on constate dans 1 pc des cas un épaississement des muqueuses, une hyperplasie ou une atypie dans les cellules. Il faut donc qu'après un an de traitement, il n'y ait pas plus de deux ou trois cas d'endomètre qui a proliféré sur les 300 patientes incluses dans l'étude. Et en l'occurrence, il n'y en a eu aucun.

Dispose-t-on déjà de données en ce qui concerne le sein ? Non, en ce qui concerne la densité de la glande mammaire, nous sommes toujours en train de mettre au point le logiciel avec l'Université de Mons et l'Institut Bordet. Si aucun cancer du sein n'a été observé sur les 300 femmes incluses dans l'étude, on ne peut pas pour autant en déduire qu'il n'y a eu aucune modification au niveau de la densité de la glande mammaire.

Quels sont les risques augmentés de développer un cancer avec les autres traitements hormonaux de substitution ?

Si l'on donne un traitement à base d'oestrogènes et de progestérone bien équilibrés, l'effet s'annihile. On se situe donc également entre un taux allant de 0,4 à 1,8. Si l'on n'administre que des oestrogènes pendant trois ou quatre ans, le risque de muqueuses hyperplasiques ou pré-cancéreuses sera multiplié de deux à neuf fois.

Tous les produits à base de soja se valent-ils ?

Non, car ils ne contiennent pas toujours la même concentration en isoflavones suivant les mutations ou l'endroit où ils ont été exploités. Cela dit, il existe sur le marché d'autres produits dont Bioclimal, Estrofyt, Isopro ou encore Gydrelle Fyto dont les compositions sont très semblables.

L'efficacité de ces traitements sur les symptômes de la ménopause est-elle équivalente à celle des autres médicaments ?

Il s'agit d'être sérieux dans l'indication. Si les bouffées de chaleur s'avèrent légères ou moyennes, on aura une réduction significative. Par contre, si elles sont plus sévères et très incommodantes, le soja ne sera pas suffisant.

Quoi qu'il en soit, si après trois à huit semaines de traitement, quelle que soit la thérapeutique (phyto ou oestrogènes) la femme n'a pas une perception d'amélioration des symptômes, c'est que le traitement n'est pas assez efficace et qu'il doit être arrêté.

À qui s'adresse dès lors plus particulièrement ce type de produits ?

Il est indiqué aux patientes qui souffrent de symptômes légers, qui ne veulent pas prendre d'oestrogènes, ou qui ont une contre-indication comme un antécédent de cancer du sein ou de thrombophlébite, où faute d'études nombreuses et consensuelles, on doit rester prudents.

Ce traitement peut aussi s'avérer une alternative intéressante pour les 10 à 15 pc de patientes qui ne supportent pas les autres traitements. Pour toutes ces femmes, il peut s'agir d'une nouvelle arme dont on a enfin prouvé l'innocuité.

Existe-t-il des contre-indications au traitement à base d'isoflavones de soja ?

A ce jour, il n'y en a pas qui soit connue comme telle. Il faut dire que l'action est très légère.

Quels sont les autres traitements naturels qui peuvent être envisagés ?

Les tisanes à la sauge contiennent également pas mal de molécules semblables ou encore l'actée à grappe.

Dans quelle mesure la consommation de soja sous forme de nourriture peut-elle avoir des effets sur les symptômes de la ménopause ?En bio-équivalent, il faudrait absorber deux ou trois kilos de soja par jour...