Combats de Kavumu du mardi 1er juin 2004 : les agresseurs venus fraîchement de Kigali.

Les acteurs : Après la présence des militaires rwandais à Idjwi le samedi dans la soirée, suivie des affrontements de Kavumu, les pillages des Centre de Katana et de Kavumu par les militaires du RCD-Goma et les rwandais, hier lundi 31 mai 2004 à 17h26’ (heure de l’Est de la RDC), plusieurs colonnes de militaires rwandais ont traversé l’île d’Idjwi à plusieurs endroits.
- Le premier groupe venu du Rwanda par le beach de Maganga et la plage de Shayo sur la cote Est de l’île : il est passé par Bugarula (le chef lieu du Territoire d’Idjwi), par Kamasha (non loin du chef lieu du Territoire) et par le marché de Chikoma pour atteindre Katana.
- Le deuxième groupe venu du Rwanda par la presqu’île de Sulo en groupement de Kihumba : il a embarqué d’Idjwi pour Nyabibwe à partir du marché de Sakiro à Kishenyi en groupement de Kihumba.
- Le troisième groupe venu du Rwanda a atteint Katana par la pointe extrême d’Idjwi-Sud de Nyakalengwa.
Toute la nuit dernière et aujourd’hui mardi 1 juin 2004, il n’y a que de hors-bords blindés et des Boats (pirogues motorisées) qui ont dominé le lac Kivu si bien que tous les pêcheurs insulaires ont déserté le lac par crainte de mort. De nombreux militaires rwandais ont encore été acheminés à Nyabibwe, à Kalehe et à Katana

Se promenant comme dans un pays conquis, ces militaires rwandais attendaient des Boat (pirogues motorisées) et autres bateaux jusqu’à la tombée du jour, sur le versant ouest, pour s'acheminer à Katana et à Nyabibwe. Ce sont eux qui ont renforcé les troupes de Laurent Nkunda ce samedi et qui continuent à affronter les FARDC entre la ville de Bukavu et l’aéroport de Kavumu.

Constat : Un pays sans armée unique et unifiée est un corps sans anticorps. N’importe quelle maladie opportuniste pouvant le pénétrer et lui créer du tort. En effet, si les éléments armés récalcitrants du RCD-Goma et leurs alliés rwandais se permettent tous ces coups contre la RDC, c’est parce qu’ils savent que les FARDC n’existent pas en tant qu’armée unifiée.

Si la MONUC était déployée, comme nous l’avons demandé depuis plus d’une année sur toute la frontière rwando-congolaise, les militaires rwandais ne s’aventurieraient pas comme c’est le cas aujourd’hui. Mais aussi, nous ne devons pas fonder tout notre espoir éternellement sur la MONUC. Nous devons avoir toujours en esprit la réalité selon laquelle “ quand l’ONU s’éternise militairement dans un pays, c’est que celui-ci n’a plus rien de nation. ” De par les éléments qui composent la MONUC, on sait comprendre que c’est aussi une mission très hétérogène. Ses éléments ne sont pas nécessairement caractérisés par la même neutralité qu’on attendrait d’une telle mission.

Le pouvoir actuel de Kigali n’a jamais non plus souhaité que les Congolais soient unis. Cependant, que le Rwanda le veule ou non, l’onde de leur paix viendra de notre pays, la RDC, et se propagera sur toute la Région des Grands-Lacs. Ce phénomène contribuera sans nul doute à l’installation de la véritable démocratie au Rwanda, au retour des interahamwe et des ex-Far et donc au changement imminent de régime à Kigali. C’est cela qui fait peur, non seulement au régime monolithique du Rwanda, mais aussi à tous les impérialistes qui continuent à puiser impunément ce qui reste encore des ressources naturelles à l’Est de la RDC. Tous ces groupes compradores, ne souhaitent pas que la transition soit une réalité au Congo, que les Congolais gèrent eux-mêmes leur pays.

Nous encourageons les animateurs des institutions de la transition qui croient encore aux valeurs républicaines de notre pays de se dépasser et d’aller tout droit au but : installer les hommes qu’il faut à la place qu’il faut en vue d’aller vite aux élections, de faire front commun afin de démystifier les fauteurs en eaux troubles au profit de la population pour laquelle nous tous nous prétendons agir, parler et défendre.

Dénonciation : La BOR, avec la meurtrie population insulaire d’Idjwi défient tout celui qui dira que les militaires rwandais ne font pas la guerre avec la famille militaire Mutebutsi contre les FARDC. C’est pourquoi nous dénonçons pour la nième fois :
- les actes de violation de l’intangibilité du territoire congolais par les militaires Rwandais en provenance des préfectures de Kibuye, de Cyangugu et de Gisenyi ;
- le pillage et l’attaque des territoires de Kalehe, de Kabare et de la ville de Bukavu en utilisant l’île d’Idjwi comme pont ;
- la complicité de tous les Congolais, autorités politiques et autres, au service du Rwandais dans cette violation du territoire congolais par une armée étrangère.

Exigence : La BOR exige que les dispositions sécuritaires soient mises en place pour éviter le pire à l’île d’Idjwi en particulier et aux niveaux des autres postes frontaliers en général qui nous séparent du Rwanda. Cela implique la libération totale du pays et la mise en place d’une véritable armée de la RDC.

Encouragement : En attendant, nous encourageons sans cesse les populations dans la résistance, et dans la légitime défense non violentes pour que demain nous ne soyons pas dirigés par des traîtres, des incapables, des étrangers, des escadrons de la mort. Nous devons lutter pour nous assumer, nous prendre en charge, nous sécuriser en dénonçant à tout moment toute infiltration étrangère et malsaine.
Tout le monde qui se reconnaît congolais doit lutter contre les anti-valeurs qu’ils soient rwandais, congolais, blancs ou noirs. La libération et la paix n’ont pas de prix. Elles ne connaissent pas de frontières. Elles n’ont pas non plus d’ethnie, ni de race.

1er juin 2004.