DROIT A UNE BONNE MEDIATION

DROIT A UNE BONNE MEDIATION :
THEORIE ET PRATIQUE POUR LA RESOLUTION DES CONFLICTS

0. Introduction

Depuis un temps beaucoup de pays à travers le monde et particulièrement les pays africains sont en situations confuses caractérisées par des crises multiformes et qui nécessitent une résolution à l'amiable étant donné que la violence n'a pas pu réussir à le faire.

La guerre n'étant pas nécessairement une solution aux conflits, les hommes ont pensé qu'il y a moyen de passer par d'autres mécanismes dont la médiation pour construire une paix durable. Ce schéma a fait ses preuves ailleurs comme en République Sud Africaine pour mettre fin au système de l'Apartheid et récemment en Sierra Leone lors des récentes élections démocratiques, pour ne citer que ces deux cas. On croirait aujourd’hui que la Côte d’Ivoire, grâce à la médiation française qui a supplanté la démarche de la CEDEAO, recouvrera la paix d’ici là comme d’aucuns l’avaient cru pour le Burundi et la RDC où les médiations de type international s’embrouillent dans des questions purement nationales.

Pourquoi la paix traîne à venir dans les pays des Grands-Lacs malgré les grands moyens matériels et humains que l’Union Africaine et l’ONU consacrent dans toutes les tentatives de médiations ? Quel type de Médiation pour résoudre les conflits dans la Région des Grands-Lacs ?

La BOR se propose de répondre à ces interrogations d’une façon critique en se referant étroitement aux notions théoriques et pratiques que l’un de ses membres a acquises sur les techniques de base de la médiation proposées par le Centre de Résolution des Conflits de Cape Town en collaboration avec l'Université de Cape Town de l'Afrique du sud. C’était de janvier à juillet 2002 sur invitation du International Center for Transitional Justice (ICTJ) basé à New York en collaboration avec l’Institute for Justice and Reconciliation (IJR) de Cape Town.

Pour mieux cerner le problème, nous passerons en revue le cas des conflits dans les trois pays ci-haut cités avant de conclure par une réponse à la question principale: Quel type de Médiation pour résoudre les conflits dans la Région des Grands Lacs ?

1. Les pays des Grands Lacs Africains.

Parlant des pays de la Région des Grands-Lacs africains, nous sommes tenté de citer le Kenya, l'Ouganda, la Tanzanie, le Rwanda. le Burundi et la République Démocratique du Congo et cela non sans raison. Ces pays sont effectivement liés les uns aux autres par un système lacustre composé du lac Victoria partagé par l'Ouganda, le Kenya et la Tanzanie; du lac Tanganyika, intersection de la Tanzanie, de la République Démocratique du Congo et du Burundi et du lac Kivu situé entre le Rwanda et la République Démocratique du Congo.

Ces pays ont en commun la langue Swahili et leurs traditions entant que lacustres ont beaucoup des similitudes beaucoup plus qu’il n’y en ait ailleurs. Leurs populations ont entretenu des relations de bon voisinage qu’il est très difficile des les dissocier. En terme des conflits, d’aucuns savent que dans cette Région, les déstabilisations des régimes voisins se mijotent et se préparent militairement en Ouganda, l’exécution passe par le Rwanda et le Burundi et les réunions de tentative de résolution s’amorcent au Kenya. Avant que la RDC ne soit embrasée par les hostilité de 1996 et 1998, elle a servi à côté de la Tanzanie, de grand déversoir, mieux encore de dépotoir des réfugiés.

Au sein de cette Région, notre attention sera axée sur les conflits du Rwanda, du Burundi et de la RDC suite au fait qu’ils ont évolué s’enchevêtrant. Cependant, il y a lieu de nuancer cette assertion en soulignant qu’au Rwanda et au Burundi, les conflits sont essentiellement ethniques avant de devenir politiques. En RDC par contre, les conflits intra-étatiques sont essentiellement liés à la mauvaise gouvernance.

2. Panorama sur les conflits dans la Région des Grands Lacs

2. 1. Au Rwanda

Nous ne le dirons pas assez, les conflits dans les pays des Grands-Lacs africains plongent leurs racines dans l'histoire coloniale. Lorsque les explorateurs allemands à la fin du 19ème siècle, puis les colonisateurs belges qui administrent le protectorat du Rwanda-Urundi confié à la Belgique par la Société des Nations en 1914-1918 arrivent au Rwanda, ils découvrent un royaume relativement stable où cohabitent des Tutsi, des Hutu, et des Twa (Pygmées). Pour mieux régner, les Belges ont alimenté les dissensions et les inégalités entre Hutu et Tutsi pour ensuite favoriser et renforcer la classe dirigeante aristocratique Tutsi jusque vers la fin des années 1950.

A la veille de l’indépendance, la majorité Hutu, politiquement dominée revendique ses droits civiques. Les colonisateurs changent d’alliance au profit des Hutu. La révolution des années 1959-1961 provoque l’éviction de la monarchie Tutsi, les massacres en grande échelle et l’exode de dizaines de milliers de familles dans les pays voisins (Burundi, Ouganda, Tanzanie, Zaïre) ainsi qu’à travers le monde où ils constituent une diaspora militante. La discrimination et l'élimination des Tutsi se poursuivront par les régimes Hutu (le Président Kayibanda, puis le Général Habyarimana) si bien que d’autres vagues successives et des départs forcés avaient eu lieu en 1963-1964 et en 1973.

Dès lors, les réfugiés Tutsi n’ont cessé de réclamer le retour au pays tandis que ceux qui étaient restés sont marginalisés exclus de la vie politique. Certains d'entre eux, en exil en Ouganda, réagissent en créant le Front Patriotique Rwandais (FPR) et se voient aussitôt rejoints par d’autres membres de la diaspora. Le 1er octobre 1990, le FPR inaugure une série d'offensives militaires contre les positions officielles rwandaises dans le Nord-Est du pays.

De 1992 à 1994, le régime Hyabyarimana s’était engagé dans une ouverture politique caractérisée essentiellement par le multipartisme qui débouchera sur différents accords de cessez-le-feu. Malheureusement de temps en temps Hyabyarimana ne cessait de se redire. Suite aux multiples violations des Droits de l'Homme, l’ONU sommera le Président Habyarimana d’honorer les accords d’Arusha de 1994. C'est de retour de cette ville tanzanienne que Juvénal Habyarimana et son homologue burundais, le remplaçant de Melchior Ndadaye (lâchement assassiné le 20 octobre 1993), Cyprien Ntaryamira, seront victimes d’un attentat le 6 avril 1994. Dans les heures qui ont suivi cet attentat, au Rwanda c'était le début du génocide, alors qu’au Burundi c’était une tourmente dans le camp des Hutu qui venaient de perdre successivement deux leaders au sommet du pays. Le Gouvernement intérimaire Rwandais poursuit son œuvre de destruction jusqu’à l’arrivée et l'installation du FPR à Kigali en juillet 1994. Ce dernier parvient à maîtriser militairement le pays, à l’exception de la Zone Humanitaire sûre où s’était installée l’Opération Turquoise mise en place par la France entre juin et août 1994.

Finalement, les évènements évolueront très rapidement, les militaires français de l'Opération Turquoise rentreront et le FPR présidera à la destinée du Rwanda avec comme Président Pasteur Bizimungu et comme Vice-président et Ministre de la défense nationale, le Général Paul Kagame. Ce mariage ne durera pas longtemps. Les conflits Hutu-Tutsi qui couvaient depuis l'époque coloniale resurgiront et finiront par s'affirmer par la démission du Président Pasteur Bizimungu, qui actuellement croupit sous les verrous, aux arrêts pour raison d’attentat à la sécurité nationale.

2.2. Au Burundi

Les conflits tant interethniques que politiques au Burundi sont intimement liés à ceux qui sévissent au Rwanda, à cause des nombreuses similitudes que présentent ces deux pays. En 1890, le Burundi était placé sous la domination des Allemands et devint en 1899 une partie allemande de l'Afrique de l'Est. En 1919, le Burundi avec son voisin le Rwanda, furent placés sous l'administration de la Belgique par la Ligue des Nations. Le royaume du Burundi devient complètement indépendant le 1.7.1962 et le 28.11.1966. La monarchie fut déposée, le Burundi devient une République.

Historiquement, au Rwanda comme au Burundi, après les Allemands, les Belges ont cru à tort que les Tutsi étaient les chefs du pays et les ont nommés préférentiellement à des postes politiques et administratifs. Ils ont ainsi évincé les Hutu en croyant respecter la tradition. Ce fut alors la première injustice à l’égard des Hutu qui a profité aux Tutsi sans que ceux-ci en soient les auteurs. (…) Cinq ans avant l’indépendance, les Belges ont essayé de faire comprendre aux Hutu qu’ils ont été écartés du pouvoir par les Tutsi. Ce volte face était en fait destiné à retarder l’indépendance pour que les Hutu s'investissent dans la prise de conscience ethnique.

La marche vers l'indépendance du Burundi, dont l'autonomie fut décrétée en 1959, se présentait mieux qu'au Rwanda, grâce au charisme de Louis Rwagasore, un fils du mwami, fondateur (1958) de l'UPRONA (Parti de l'Unité et du Progrès National) et opposé à toute discrimination raciale entre Hutu et Tutsi. Le 28.11.1966 le Capitaine Michel Michombero inaugura l'ère républicaine en destituant un certain Charles Ndizeye qui avait usurpé le pouvoir coutumier à la place de Louis Rwagasore.

L'onde de choc des événements du 4 janvier 1959 à Léopoldville se fit sentir jusqu'à Bujumbura : le Gouverneur du Rwanda-Urundi prend ses précautions pour que son territoire sous tutelle ne soit pas contaminé. Lorsque le Congo accède à l'indépendance le 30 juin 1960, la menace se précise parce que Patrice Lumumba et Louis Rwagasore étaient des amis intimes et leurs partis collaboraient étroitement avec l'Union Nationale Rwandaise (UNAR), principalement composée des Tutsi. L'Etat colonial était décidé à tout prix à casser cette alliance stratégique entre ces trois partis nationalistes: le MNC, l'UPRONA et l'UNAR, en même temps, déstructurer et détruire les Etats-Nations du Burundi et du Rwanda. (…) A l'instar du Rwanda, le Burundi devrait rapidement appliquer la nouvelle orientation : Eliminer les Tutsi du pouvoir sous le couvert de la démocratie ethnique, l'ethnocratie (…)

A cette époque, il s'agit d'une guerre entre le camp nationaliste composé d'une majorité de Burundais toutes ethnies confondues sous la conduite de Louis Rwagasore et le camp anti-nationaliste composé d'une minorité de burundais toutes ethnies confondues sous la houlette de Harroy représentant de la puissance occupante. Malheureusement, la victoire du Prince Rwagosore ne vivra que la durée du feu de paille. En fait le leader charismatique de l'UPRONA sera assassiné le 13 octobre 1961, par une coalition de conjurés burundais et grecs sous l'instigation de la Puissance représentée par le Vice gouverneur général Jean-Paul Harroy Harroy. Son assassinat, quinze jours après qu'il eut remporté les élections législatives du 18 septembre 1961 instaura une monarchie constitutionnelle, déstabilisa le pays. La puissance belge venait de décapiter la monarchie burundaise parce que ce Prince qui disparaissait était le successeur désigné du Mwami Mwambutsa IV.

L'indépendance du Burundi fut néanmoins proclamée le 1er juillet 1962. Malgré les tentatives d'apaisement menées par le mwami Mwambutsa IV, les tensions entre Hutu et Tutsi s'exacerbèrent. (…) Le mwami Mwambutsa IV fut déposé et remplacé par son fils, Ntaré (Charles Ndizeye). L'année suivante, Ntaré fut à son tour déposé par un nouveau coup de force mené par le Premier ministre le Capitaine Michel Micombero le 28 novembre 1966, qui renversa la royauté et inaugura l'ère républicaine au Burundi. S’étant proclamé Président et suite à son régime autoritaire dominé par les Tutsi, une révolte des Hutu provoqua une sauvage répression en 1972 et le massacre de 100 000 à 300 000 d'entre eux. Déconsidéré, Micombero fut renversé en novembre 1976 par un Comité suprême révolutionnaire d'officiers Tutsis, sous l'autorité de Jean-Baptiste Bagaza qui, prônant la réconciliation nationale, occulta la question ethnique, et s'opposa à plusieurs Églises chrétiennes en limitant la pratique du culte.

En 1987, Bagaza fut chassé à son tour par le major Pierre Buyoya. Celui-ci apaisa tout d'abord le conflit qui opposait l'Église catholique et l'État en rétablissant les libertés religieuses. Les affrontements interethniques entre les Tutsi et les Hutu reprirent en août 1988, à la suite desquels Buyoya fut amené à amorcer une transition démocratique. En 1992, une nouvelle Constitution instaura le multipartisme. En juillet 1993, des élections pluralistes portèrent à la présidence un Hutu, Melchior N'Dadaye, dirigeant du FRODEBU (Front pour la Démocratie au Burundi) qui s’acharnait contre les clivages ethniques. Son assassinat, cent jours plus tard, par des militaires Tutsis, le 20 octobre 1993, plongea de nouveau le pays dans le chaos jusqu'à l'élection à la présidence, par l'Assemblée nationale, de Cyprien Ntaryamira (janvier 1994). Mais, le 6 avril 1994, la mort de Ntaryamira, tué, en compagnie du président rwandais Juvénal Habyarimana, dans un attentat contre leur avion, livra le pays à une nouvelle lutte sanglante opposant l'armée Tutsi aux milices Hutu. En octobre 1994, tandis que les massacres interethniques se poursuivaient, faisant de nouveau des milliers de morts, l'Assemblée nationale désigna Sylvestre Ntibantunganya (Hutu) comme Président par intérim. Il fut renversé, le 25 juillet 1996, par un coup d'État conduit par le major Pierre Buyoya.

Réunis à Arusha (Tanzanie), les dirigeants africains condamnèrent ce nouveau putsch, et les pays voisins du Burundi décrétèrent un embargo économique qui fut prolongé le 21 février 1998, lors du sommet de Kampala (Ouganda).

A coté de cet imbroglio et surtout à cause de l'embargo et l’isolement dus aux sanctions régionales et à la suspension de la coopération internationale, qui ont beaucoup pesé sur Pierre Buyoya, celui-ci était contraint d'accepter les négociations qui se poursuivent encore aujourd'hui sous la médiation de l’Afrique du Sud.

2.3. En République Démocratique du Congo

Contrairement au Rwanda et au Burundi où se développent des conflits purement (internes) intra-étatiques, en RDC, sévissent deux types de conflits : ceux qui opposent les congolais à leurs voisins ougandais, rwandais et burundais (conflits internationaux) et les conflits entre congolais eux mêmes (conflits intra-nationaux). Ces deux types de conflits sont aujourd'hui intimement liés. On trouve certaines peuplades aussi bien au Congo que dans les neufs pays voisins qui l'entourent. D’une façon manifeste depuis 1996, ce sont des peuplades d'origine rwandaise et burundaise (Hutu et Tutsi) qui sont à l'origine des conflits interethniques de type international qu'on déplore en RDC essentiellement au Nord-Kivu, au Sud-Kivu. Entré dans la danse depuis 1996, l’Ouganda à l’instar du Rwanda et du Burundi sème la zizanie interethnique entre les Lendu et le Hema en Province Orientale.

Concernant les conflits internationaux traduites en guerre aujourd'hui, A. Moeller comme beaucoup d'autres historiens et ethnologues nous parlent des guerres d'invasions entre les anciens royaumes du Congo et ceux du Rwanda. C'était en fait des occupations réciproques qui se sont stabilisées en 1895 avec le tout dernier guerrier rwandais Rwabugiri mort tué par les guerriers Havu et Shi. De toutes les incursions de Rwabugiri au Kivu, il n'est resté que des souvenirs et aucune annexion définitive au Rwanda.

Contrairement au Rwanda et au Burundi, les belges n'ont pas vraiment réussi à implanter la suprématie d'un groupe ethnique sur un autre au Congo grâce à la mosaïque ethnique qui s'y trouve. Cependant peu avant le tracé des frontières entre le Congo et ses voisins de l'Est, certains problèmes liés à la nationalité commençaient à surgir. C'est ainsi que le colonisateur signera le décret du 27.12.1892, complété par celui du 21.6.1904 qui stipulait que "Tout indigène congolais, tant qu'il réside sur le territoire de l'Etat, conserve la nationalité congolaise".

De l’histoire récente, on sait qu’après la conférence de Berlin de 1910, qui avait décidé du tracé des frontières entre la RDC et ses voisins de l'Est, il avait été demandé aux indigènes du Congo-Rwanda-Burundi que le tracé des frontières avait séparé des leurs de se choisir le pays où ils se constitueraient comme originaires. C’est ainsi qu’en plus d’une frange des familles Bantou (Hutu de Rutshuru) et Nilotiques (Tutsi) qui vivait déjà au Congo avant 1885, il eut quelques autres qui les rejoignirent en 1910. Les membres de ces familles sont congolais d’expression kinyarwanda originaires du Congo dans les Zones de Masisi et Rutshuru au Nord-Kivu du fait que les colonisateurs n’avaient pas tenu compte de groupements linguistiques et de considérations ethniques pour délimiter les pays.

Mais en 1937-1957, les colonisateurs ayant procédé à la transplantation des rwandais et Burundais au Congo pour raison de main d’œuvre dans les plantations et dans des gisements miniers venait de créer un réel problème pour l'avenir. Ces transplantés, les réfugiés rwandais des années 1959-1964 et burundais des années 1965, 1972, 1993, 1994, ceux qui sont venus avec l'AFDL en 1996, ainsi que les infiltrés et autres clandestins de tous les temps se réclament aussi congolais, et occupent déjà les terres des autochtones. Les congolais ne sont pas restés insensibles à toutes ces vagues d'immigrés dont les objectifs étaient entre autre de vider le trop plein de leurs populations au Congo, en usant parfois les armes.

Cette question de nationalité mal gérée par les politiciens avait coïncidé avec les autres problèmes liés à la mauvaise gouvernance par le régime Mobutu, si bien qu'elle est finalement devenue politique. En 1971 et 1972, Mobutu avait maladroitement octroyé collectivement la nationalité congolaise (zaïroise) à toutes les personnes originaires du Rwanda-Burundi établies au Kivu avant le 1er janvier 1950 à la suite d'une décision de l'autorité coloniale et qui ont continué à résider depuis lors dans la République jusqu'a l'entrée en vigueur de la présente loi. Les protestations qui avaient fusé de partout avaient conduit les parlementaires en 1981 à corriger cette faute monumentale en abrogeant les ordonnances de 1971-72 par la loi de 1982 selon laquelle seule était considérée congolaise (zaïroise) "toute personne dont un des ascendants est ou a été membre des tribus établies sur le territoire de la République du Zaïre dans ses limites du 1er août 1885, telles que modifiée par les conventions subséquentes". C'est cette loi qui a mis la poudre au feu surtout que les autres qui ont suivi, entre autre le projet de loi constitutionnel que Kabila devrait signer en 2001, ont maintenu la même close au sujet de la nationalité.

Malheureusement Mobutu conduisait de plus en plus le pays dans un fossé noir si bien qu'il n'a pas pu profiter des assises de la conférence souveraine de 1992 pour s'amender. Mobutu étant connu comme un grand déstabilisateur des régimes des pays voisins, ceux-ci ne pouvaient hésiter un seul instant de prêter main forte à tout celui qui voulait mettre fin au mobutisme. C'est ainsi qu'André Ngandu Kisase, Laurent Désiré Kabila et ceux qui se battaient pour la nationalité congolaise n'ont pas hésité de se rallier les rwandais, les ougandais et le burundais. Ruiné par les problèmes internes, haï par ses homologues voisins, le régime Mobutu apparaissait comme un corps affaibli par une maladie (interne) si bien qu'un autre microbe en plus, quelle que soit sa virulence, l'emporterait. C’est ce qui arriva avec l'AFDL en 1996.

Fort malheureusement, la guerre de 1998 contre Kabila aura plusieurs objectifs : la lutte pour la nationalité pour ceux se qui s'appellent faussement "banya-Mulenge", la lutte pour le nouvel ordre politique (objectifs internes), pour les fractions rebelles, mais aussi le pillage des ressources naturelles du Congo par l'intermédiaire du Rwanda, de l'Ouganda et du Burundi sous prétexte de protéger leurs frontières. A un conflit national s'est succédé un autre, cette fois international !

3. Tentative de résolution des conflits

On peut recourir à plusieurs méthodes pour résoudre un conflit notamment la force, le règlement par la justice, l'arbitrage, la médiation, la conciliation, la facilitation et la négociation. Par la force, la puissance ou la violence est utilisée pour résoudre les différends; par la justice, le juge ou le magistrat impose la décision après audience légale des arguments de parties en conflits; par l'arbitrage, la partie neutre (troisième partie) impose sa décision après avoir auditionner les avis des parties en conflit; par la médiation, la partie neutre (troisième partie) aide les patries belligérantes à résoudre seules leurs différends; par la facilitation, la partie neutre (troisième partie) aide les parties belligérantes à améliorer la communication (le dialogue) entre elles le plus souvent lors d'une rencontre; par la négociation, les parties belligérantes se rencontrent, souvent sans l'aide d'une tierce partie, pour résoudre seules leurs conflits.

Depuis un certain temps, dans la Région des Grands-Lacs, on connaît une confusion notoire et l'usage souvent inadéquat de ces méthodes. Cette confusion est entre autre à la base de l’échec de la résolution des conflits. Deux méthodes cependant attirent notre attention, tellement elles sont utilisées parfois l'une à la place de l'autre. Il s'agit de la "médiation" et de la " facilitation". Dans presque tous les textes "officiels" portant sur la résolution des conflits, on parle de "facilitateur". Mais sur terrain, l'on remarque fort malheureusement que le facilitateur, sans en avoir le mandat, joue le rôle du "médiateur".

La médiation est un processus d'un dialogue et des négociations dans lequel la troisième partie aide les belligérants, avec leur consentement, à ménager ou à résoudre leurs conflits. Cette troisième partie qui doit absolument être choisi sous des critères de neutralité est le médiateur. Celui-ci peut être local (domestique) ou encore international. Autrement dit, la médiation est un processus qui facilite le dialogue dans lequel un médiateur indépendant assiste les parties en conflit, avec leur consentement, pour chercher un compromis afin de trouver satisfaction à ce qui les oppose et à bien mener leurs négociations plus tard. La médiation est un processus formel alors que la facilitation n'est qu'une technique informelle dont se sert le médiateur. Le facilitateur est cette (troisième) partie qui aide les belligérants à améliorer la communication (le dialogue) entre eux souvent lors d'une rencontre. L'évolution d'un conflit vers une phase de dialogue est une opération de transformation des conflits. Le dialogue est la condition nécessaire mais non suffisante pour arriver à la paix. Après la médiation qui doit être sanctionnée normalement par un accord, les parties poursuivent leur dialogue au cour des négociations.

Partant des initiatives de méditation dans les guerres civiles en Afrique, de la littérature sur la médiation internationale ainsi que de l'expérience sur la médiation acquise par le Centre pour la Résolution des Conflits, les six principes stratégiques suivants sont retenus comme piliers de la médiation : les parties en conflit doivent consentir pour la médiation et le choix du médiateur, le médiateur ne doit pas être partisan, le conflit ne doit pas être résolu rapidement et facilement, les parties en conflit doivent avouer l'accord, les médiateurs ne devront pas appliquer des mesures punitives, la médiation est une activité spécialisée. C’est à base de ces principes que nous allons passer en revue la tentative de résolution des conflits dans les trois pays des Grands-Lacs africains.

3.1. Tentative de résolution des conflits au Rwanda.

Jusqu'a l'indépendance, les conflits Hutu-Tutsi sont restés latents et aucune résolution n'avait été proposée par les belges avant de se retirer. Comme dit ci-haut, il y a eu plusieurs accords qui avaient été conclus entre le régime Habyarimana et les rebelles mais sans effets car violés chaque fois aussitôt qu’ils étaient signés. Même les interventions de la Communauté internationale n'avaient toujours pas les effets attendus. Bref, les efforts internes comme externes sont restés vains.

Consécutivement à l'ouverture politique décidée par Habyarimana en Novembre 1990, par un multipartisme et une proposition de la tenue d’un référendum en Juin 1991, le Rwanda avait offert aux rebelles une amnistie générale lors de la conférence régionale sur les réfugiés rwandais tenue à Dar es-Salaam et réunissant le Burundi, le Rwanda, l’Ouganda, la Tanzanie, le Zaïre, le Secrétaire Général de l’OUA et un représentant du HCR. La déclaration finale portait sur les “solutions durables au problème des réfugiés rwandais” et Mobutu fut désigné médiateur dans le conflit. Le 29 Mars 1991, la médiation du président Mobutu aboutit à un accord de cessez-le-feu entre les belligérants; mais cet accord dit de N’Sele, resta sans effet. A quoi pouvait-on encore s'attendre à partir du moment où l'on savait que Mobutu n'avait pas été choisi par les belligérants, qu'il était l'ami fidèle de Habyarimana et que les troupes zaïroises étaient au Rwanda alliées aux FAR.

3.2. Tentative de résolution des conflits au Burundi.

La grande majorité des Burundais, exacerbés par les méfaits de la guerre et fatigués par le jérémiades de leur classe politique, ne voulait plus perdre les acquis de 22 mois de discussions à Arusha. Le gouvernement, quant à lui, confronté à d’énormes difficultés socio-économiques, perdait de plus en plus de crédibilité et faisait déjà l’objet d’un fort rejet de l’opinion Tutsi et de l’opinion hutu. Et puis le conflit burundais ne pouvait pas être isolé de celui, à dimension quasi-continentale, de la RDC et même de celui du Rwanda.

Les alliances tactiques entre le Président Kabila, les ex-FAR, les Maï-Maï et les FDD d’un côté et les Forces Armées Burundaises et l’Armée Patriotique Rwandaise de l’autre, ainsi que la stratégie de Laurent Kabila de ramener la guerre aux frontières des pays « agresseurs » avaient fait monter les enchères de la violence sur le territoire du Burundi. Le gouvernement burundais avait intérêt que les rebelles burundais soient intégrés dans un processus politique strictement burundais et que l'application des futurs accords d'Arusha et celle de Lusaka pour la RDC soit de mise concomitamment.

Consécutivement à l’assassinat du Président Melchior Ndadaye, le gouvernement Buyoya est engagé depuis juin 1998 dans un processus de négociations avec le FRODEBU, vainqueur des élections de 1993 ainsi qu’avec la plupart des formations politiques burundaises. Après le décès à Londres, le 14 octobre 1999, du Président Julius Nyerere, premier médiateur dans le conflit burundais, les leaders de la Sous-Région des Grands-Lacs, ont proposé à son remplacement, le 1er décembre de la même année, par l'ex-Président sud-africain, Nelson MANDELA.
La nomination du Président Mandela a été, dans un premier temps, une victoire pour le gouvernement burundais qui, dès la mort de Nyerere, a concentré ses efforts diplomatiques à dégager le processus de négociations de l’emprise de la région et plus particulièrement de la Tanzanie, qu’il accusait de partialité. Le gouvernement et ses partis-satellites reprochaient à la facilitation (de NYERERE) la méthodologie employée dans le processus d’Arusha et, plus particulièrement, la formation de groupes de négociation sur base ethnique; l'absence de prise en compte des efforts internes de dialogue et surtout le refus de la participation des bandes armées « dissidentes », les FDD de la branche Jean Bosco Ndayikengurukiye et les FNL de la branche Cossan Kabura dans les négociations; son penchant pour les groupes terroristes génocidaires qui attaquent le Burundi à partir de son pays (la Tanzanie) qui les abrite et de toujours obstruer la voie d'un accord préalable de cessez-le- feu.

En effet, des controverses avaient persisté entre les politiciens burundais sur le choix de l'Afrique du Sud comme nouveau hôte des négociations inter-burundaises. Les partis regroupés au sein de la convergence (CNPR) étaient pour alors que les détracteurs de la convergence étaient catégoriquement contre. Pour le Président du RADDES et membre de la convergence, Mr Joseph Nzeyimana, la médiation viendrait de l'Afrique du Sud parce qu'elle a une expérience dans la résolution des conflits interethniques, elle est sans parti-pris en ce qui concerne le conflit au Burundi et elle se trouve loin de nos pays (Grands-Lacs) pour être impliquée directement dans les affaires intérieures du Burundi. Dans les milieux extrémistes Hutu par contre, on ne voulait pas de la médiation Sud-africaine parce qu'elle comportait des dangers. Pour eux, la coopération militaire entre le Burundi et l'Afrique du Sud est une preuve suffisante de la partialité de cette dernière et que "… rien de bon ne vient d'un pompier qui est en même temps pyromane". Le FRODEBU aussi était divisé sur la médiation sud-africaine. Pour le FRODEBU, aile dure de MINANI, la médiation devrait être choisie par les pays de la Sous-Région et non par le Gouvernement qui est une partie au conflit. De son coté, le FRODEBU aile Nzojibwami était satisfait du transfert de la médiation d'Arusha vers l'Afrique du Sud.

La présence du Président Mandela dans la facilitation des conflits au sein de la Région des Grands-Lacs était prise avec bien de considération. Cependant, au delà de toutes les contestations de la part des politiciens burundais, le déploiement de la South African National Defence Force (SANDF) au Burundi le 31 octobre 2001 a jeté un désaveux sur la partialité de l'Afrique du Sud et de son sage. Il n'est pas en fait aisé de fournir en même temps une bonne médiation et une bonne force d'interposition ou de sécurité. La médiation sud-africaine dans le conflit au Burundi vient d’être rejoint par celle de la France en Côte d’Ivoire. La France, pays colonisateur de la Côte d’Ivoire a envoyé ses militaires à la rescousse du pouvoir Laurent BAGBO face aux rebelles nordistes. La même France, par le truchement de son ministre des Affaires étrangères, est médiatrice dans les conflits politico-tribaux des ivoiriens. A quoi peut-on s’attendre d’une telle médiation ?

L'état de santé du médiateur Mandela a fait que celui-ci puisse par moment interrompre son travail au profit d'autres personnalités. Cette situation ne pouvait que branler certains esprits. La RTNB a parlé à ce sujet des divisions au sein des mouvements armés, du transfert des lieux des négociations et de la rivalité entre les différents médiateurs. Voilà qui fait croire que le nombre des médiateurs peut varier sans que les parties en conflit ne soient consultées.

3.3. Tentative de résolution des conflits en RDC

Le rôle que la Société Civile et les Eglises Chrétiennes ont joué depuis 1990 dans le rapprochement des groupes ethniques au Nord-Kivu était très appréciable malheureusement il avait été torpillé par les militaires envoyés sur place pour maintenir la paix. La corruption s'y étant institutionnaliséé. La Conférence Nationale Souveraine présidée par le prélat catholique Mgr Laurent MOSENGO aurait été une réussite totale n'eut été son sabotage par le régime dictatorial favorisé par la bassesse de la classe politique de l'opposition plongée, à l’époque, dans la corruption et l'égoïsme à la recherche du pouvoir.

Aussitôt la guerre déclenchée en 1996, le Président Mandela, mandaté par l'ONU, s'était engagé dans une médiation dans le conflit qui opposait le gouvernement de Mobutu et la rébellion menée par Kabila. Dans un premier temps, Mobutu avait rejeté la médiation de la RSA estimant qu'elle était comptée parmi les pays qui fournissaient de l'aide en armement et même en mercenaire à la rébellion. Mais la réalité de l'isolement international dans lequel Mobutu s'enfonçait déjà l'obligea à s'y résoudre à partir de 1997. L'objectif affiché par la médiation sud-africaine, soutenue par les Etats-Unis, était sans doute d'assurer une transition en douceur en faveur de Kabila, en évitant un bain de sang dans la capitale; d'ouvrir ainsi la gestion de la transition aux forces politiques non armées et de voir un Congo favorable aux investissements occidentaux mais aussi sud-africains. Malgré l'engagement personnel de Mandela et de son gouvernement, la médiation échoua.

En effet, ayant remarqué que ses troupes avançaient sans rencontrer d'obstacles majeurs, Laurent Désiré Kabila, confiant en une victoire militaire et bénéficiant d'un crédit auprès de différentes personnalités décida d’interrompre les négociations de l'Outeniqua.

En 1999, lors de la rébellion de 1998 contre le régime du 17 Mai 1997, devant des rebelles et agresseurs soutenus d'en haut, Laurent-Désiré Kabila avait souhaité que l'ancien Président tanzanien Julius NYERERE assure une médiation pour d'éventuels pourparlers avec les rebelles qui contrôlaient déjà une bonne partie de l'Est du pays. Ce penchant pour Nyerere ne pouvait surprendre quand l'on sait que c'est le même Nyerere qui, en octobre 1996, avait mis Kabila en contact avec André Kisase Ngandu, le pionnier de la rébellion révolutionnaire qui avait mis fin au régime Mobutu.

On ne le dira pas assez, la présence sud-africaine dans la médiation des conflits congolais ne s'expliquait pas uniquement par des enjeux politiques. Les intérêts des compagnies minières sud-africaines décidées à prendre pied dans ce trou de toutes les richesses minières, excitaient le leader sud-africain de maîtriser, par cette médiation, le règlement de la crise et de prendre une part active à la reconstruction économique de la RDC. Mais la médiation échoua, et le nouveau pouvoir de Laurent Désiré Kabila ne tarda pas à dénoncer la partialité de la RSA dans le conflit qui l'opposait au Rwanda et à l'Ouganda depuis 1998. Cette dénonciation avait fait que Nelson Mandela décline, en 1999, l'offre de médiation qui lui avait été faite lors du choix du médiateur dans le conflit de la RDC. Il estimait ne pas devoir remplir une telle mission en raison des accusations de partialité en faveur du Rwanda proférées par le régime de Laurent Désiré Kabila, qui menaçait de le récuser si sa candidature était proposée.

Finalement, c'est l'ancien Président botswanais Katumile Masire que l'ONU sur proposition de la SADEC (Southern African Development Community) nommera comme facilitateur dans les conflits congolais. Un fait curieux mérite d'être souligné à propos. Non seulement il avait été récusé par le Président Laurent-Désiré Kabila lui reprochant de s'être comporté comme un super coordinateur du Congo, mais aussi durant les pourparlers inter-congolais, le facilitateur donnait l'impression de pencher du coté des rebelles du RCD. Les délégués de la Société Civile ont retenu par exemple qu'il ne manquait pas de leur demander toujours de tenir compte de la position du RCD pour que la machine fonctionne.

Alors que la durée prévue pour le dialogue inter-congolais était grandement dépassée, suite au blocage que connaissait les travaux dudit dialogue et l'incapacité du facilitateur à poursuivre les travaux, le Président Tabo Mbeki a apparu comme supplantant Sir Masire avec un schéma en vue d'un dénouement de la situation. Aussitôt le schéma "Mbeki" proposé, aussitôt refoulé par la majorité des participants qui avaient préféré signer un accord conclu entre le Gouvernement et une des parties rebelles, le MLC, et les dissidents du RCD-Goma.

L'insistance du Président Tambo Mbeki à pouvoir poursuivre le dialogue congolais avec l'initiative de réunir les congolais sous un format réduit des belligérants et participants au dialogue inter-congolais avait pris du temps. Tout en se disant disposés à collaborer à toute initiative rencontrant leurs préoccupations, les signataires proposaient que toute nouvelle rencontre ait comme base de travail l’accord-cadre de Sun City et sous des modalités définies de commun accord. La partie gouvernementale n’avait pas mâché ses mots quand elle signifia à Sir Katumile Masire, de passage à Kinshasa le week-end du 25 au 26 mai 2002, que son mandat était terminé comme facilitateur bien qu'il aurait souhaité que l'accord partiellement signé puisse être un début de processus de paix.

Entre ce moment et la reprise des travaux du dialogue inter-congolais, deuxième round de Pretoria, les eaux avaient coulé sous les ponts. Et pour aboutir et réaliser ce que les congolais appellent aujourd’hui « accord global et inclusif de Pretoria sur la transition en RDC », il a fallu l’intervention de deux médiateurs : le président sud-africain et président en exercice de l’Union Africaine Monsieur Thabo Mbeki et le médiateur nommé par l’ONU, Monsieur Moustapha Niasse, envoyé spécial du Secrétaire Général de l’Organisation des Nations Unies.

4. Constat

De ce qui précède, on remarque fort malheureusement et clairement que les parties en conflits au sein de la Région des Grands-Lacs n'ont pas été associées au choix des facilitateurs. Ceux-ci ont toujours été choisis, proposés ou imposés, désignés ou nommés de l'extérieur par l'ONU. C'est ce qui explique le positionnement des belligérants aussitôt que le médiateur est nommé. Dans des telles conditions, il est tout à fait normal que l'on ne consente pas pour un médiateur qu'on a pas choisi. Il est arrivé qu'une partie soit contrainte d'accepter un facilitateur suite à la pression qui lui pèse dessus. C'est le cas de l'embargo sur Pierre Buyoya et de l’isolement économique et politique que subissait déjà Mobutu en 1997. C’est aussi l’histoire de la contrainte de Laurent- Désiré Kabila à signer l’accord de Lusaka bien que contenant des pièges en faveur des rebelles et leurs alliés.

A coté de cette imposition des facilitateurs dans des conflits, d'autres facteurs militent pour l'échec de la médiation. Il sont dans chaque cas l'histoire, la nature et les causes des conflits, les buts et la conduite ou le comportement des belligérants, le rôle des puissances voisines et des états étrangers ainsi que les méthodes utilisées par les médiateurs. Par exemple au Burundi on avait encore taxé le Président Mandela d'être du coté de la rébellion comme son prédécesseur Julius Nyerere. A travers son discours du 21.2.2000 qualifié d'anachronique et de manque de réalisme, il aurait réduit le conflit burundais à la domination de 85% des Hutu par 14% des Tutsi : un discours qualifié de l'anthropologie coloniale sur le Burundi et le Rwanda dépassé mais utilisé par les groupes extrémistes Hutu pour justifier l'extermination "des Tutsi qui monopolisent le pouvoir (…)

En RDC par ailleurs, Sir Katumile a donné l'impression de quelqu'un qui n'avait pas suffisamment d'informations sur l'histoire des peuples du Congo. Cela lui a fait perdre énormément de temps et naturellement des moyens financiers.

Il est dommage de constater que les institutions qui nomment les médiateurs ne tiennent pas compte du fait que la médiation soit une activité spécialisée. On l'a remarqué surtout dans les conflits en RDC dans lesquels l'ancien Président botswanais a joué un rôle très ambigu. Il était pratiquement en même temps facilitateur et médiateur, il tentait de proposer même des solutions aux problèmes purement internes lui qui n'était qu'un facilitateur international. On a remarqué à travers son équipe le manque d'information suffisante sur l'espace socio-politique congolais, un manque de maîtrise des principes de facilitation caractérisé par de tâtonnements manifestes. Il n'était pas maître du processus de médiation. Cela s'est fait remarqué par des temps morts à répétition en attendant une décision qui viendrait d’ailleurs. Déjà dès le début du dialogue, pour harmoniser les listes des participants, il a fallu attendre l'avis de nations Unies, de l'Amérique et même de l'Afrique du Sud. De même vers la fin du dialogue, après le sommet des Chefs d'Etats de la SADEC et de la Région des Grands-Lacs tenu à Lusaka, on a vu le Président Mbeki substituer le facilitateur. Etait-il médiateur ou cofaciliteur ? En fait, le rôle du Président sud-africain n'avait jamais été bien élucidé à part le fait qu'il ait offert les bons offices pour que le dialogue puisse avoir lieu. Mais parce qu’il s’est présenté avec un schéma pour dénouer le blocage du dialogue, il apparaissait plutôt comme un arbitre. Et dans pareil cas, son travail ne pouvait qu’être voué à l’échec parce qu’arbitre impose sa décision après avoir auditionné les avis des parties en conflit ou apprécié les actes des acteurs en présence. En effet, fatigué par les tergiversations des congolais, distraits par les « foods » des restaurants sud-africains, insoucieux des souffrances des populations, Thabo Mbeki n’avait trouvé mieux que d’imposer des schémas pourtant décriés par la majorité des congolais et qui malheureusement suite à la médiocrité des belligérants débouché à la formule magique de 1+4, celui d’un Président et quatre vice-Présidents. Si l’expérience de ce schéma magique ne consacre pas la RDC à une balkanisation en douceur alors ça sera une grande première qui servira de référence en Afrique et même au monde.

Au Burundi, feu le Président Julius Nyerere avait été sérieusement critiqué pour s'être distingué par le manque de méthodologie dans la conduite de la médiation mais aussi dans l'exclusion de certains belligérants. Et puis parmi les conditions afin de lever les sanctions contre le Burundi, il fallait entre autre que le Gouvernement annonce son soutien à Nyerere comme médiateur. Nyerere lui-même, appuyé par Museveni, insistait sur le maintien des sanctions et l'embargo contre le Burundi tant que le Burundi ne l'acceptait pas.

En 1991, on ne sait pas quel type de médiation pouvait mener le Maréchal Mobutu dans les conflits rwandais alors que ses troupes combattaient dans les rangs de Juvénal Habtarimana au moment où son propre pays était le sanctuaire des violations flagrantes des droits de la personne humaine. Malgré tout cela, il avait été accepté par la Sous Région et par ricochet par l’OUA à l’époque.

Les puissances étrangères, les buts, la nature et les causes des conflits jouent un rôle très prépondérant dans le dénouement des crises. Et c'est là que l'on se poserait la question de savoir qui a intérêt que les conflits soient résolus mais aussi qui finance le processus de médiation. Sans nul doute, il l'est par la Communauté Internationale qui parfois téléguide les facilitateurs.

Après l'échec des séries de rounds de négociations et parfois l'incapacité de l'ONU à assurer la mise en oeuvre des résolutions, le Conseil de Sécurité décide souvent la mise en place d’un Tribunal Pénal International pour juger les auteurs des nombreux et graves cas de violation des Droits de l'Homme. Paradoxalement que cela puisse paraître, au Rwanda et plus tard au Burundi et ailleurs on attend de cette juridiction la réconciliation des peuples déchirés par des abominables cruautés, alors que sa vocation première est de rendre une justice punitive pour ne pas dire vengeresse susceptible de détruire les fondements même de la justice. Cela est d'autant vrai que pas plus tard que Février 1997, à l'issue d'une enquête mettant en exergue des “irrégularités de gestion” du Tribunal Pénal pour le Rwanda, deux principaux responsables de cette institution juridique furent limogés par le Secrétaire général de l'ONU.

Suite aux débordements du TPR et pour dégorger les prisons rwandaises, il fonctionne au Rwanda une sorte de tribunal populaire communément appelé "Agacaca". Celui-ci applique une forme de droit coutumier, qui selon Eddy Boutmans est l'unique alternative classique au Rwanda apte à panser les blessures du génocide étant donné que la justice ne parvient pas à venir à bout de sa tâche. Malgré les erreurs qui seront commises et pressenties d'avance par les belges qui le financent, ils estiment que le gouvernement rwandais lance dès lors un programme, que tous peuvent considérer comme une solution valable. Le Secrétaire d'Etat belge au Développement poursuit en reconnaissant que la quantité des problèmes incite à nuancer l'objectivité de la justice Agacaca mais qu'il n'y a pas d'alternative étant donné qu'il y a encore toujours 125.000 prisonniers, qui génèrent des questions de respect des droits de l'homme.

Au Burundi, les tribunaux n'ont pas rendu justice de manière satisfaisante en ce qui concerne la plupart des crimes commis à partir de 1993. Beaucoup de prisonniers ne sont toujours pas jugés et la plupart des accusés sont Hutu et virtuellement l'ensemble des juges sont Tutsi. Ceci soulève de nombreux doutes quant à la crédibilité des verdicts prononcés. Les erreurs de la justice au Rwanda comme au Burundi pour juger les auteurs présumés des génocides, parfois avec des peines préméditées, risqueront de cautionner ainsi le renforcement des sentiments de haine et de crainte qui continue à diviser Hutu et Tutsi. La Communauté Internationale aura contribué à coup sûr ce que le Centre de Résolution des Conflits appelle "compétition" décrite dans le diagramme développé par Wilmot et Hoecker. Dans cette condition une partie se donne de la valeur et considère ses propres opinions et désirs dans la gestion du pays au détriment de l'autre. Le déséquilibre sera exprimé en terme de "compétition" et naturellement au lieu de résoudre les conflits, c'est la haine et la méfiance qui s'implanteront dans le pays. C'est en fait le win/lose style qui ne peut que perpétrer la compétition. Alors seulement dans un tel cas, un mauvais arrangement vaudrait encore mieux qu'un bon procès.

5. Quel type de médiation pour résoudre les conflits dans la Région des Grands-Lacs ?

Dans la résolution des conflits, l'ONU n'a pas seulement échoué dans la Région des Grands Lacs. L'apparente réussite de ses efforts au Mozambique et son échec en Angola montrent que ce qui compte, ce n'est pas tant la stratégie que le contexte : au Mozambique, FRELIMO et RENAMO étaient épuisés. En Angola, UNITA et MPLA avait toutes les ressources pour continuer la guerre.

Dans le premier cas, la volonté de "finir la guerre quel que soit le prix" était réelle. Dans le deuxième, ce qui n’avait pas de prix, c’était l’envie d’aller jusqu’à la victoire. Et aujourd'hui un début de paix peut s'installer en Angola parce que Savimbi est parti. La paix imposée, avec ou sans médiateur, et notamment lorsqu’elle passe par un accord de paix imposée par les UN -embargo, peace making, etc. n'est toujours pas durable. L'OUA ou l’UA est particulièrement active en matière de préservation, de maintien et de construction de la paix ou à travers les pouvoirs qu'elle délègue à certains groupes régionaux.

A partir du moment où les belligérants sont obligés de consentir pour un médiateur qu’ils n’ont pas choisi, il est difficile si pas impossible que ce médiateur soit impartial ou non partisan. Et nous comprenons au regard de ce qui précède qu’il arrive souvent que les parties en conflit soient contraintes d’avouer l'accord et de le signer sans un véritable engagement. Le manque de concrétisation des signatures des accord est aussi dû au fait que certains médiateurs appliquent des mesures punitives et prévoient même des sanctions au belligérant qui refuse de s’engager dans leur schéma ou qui réfute le médiateur proposé ou imposé d’en haut.

Enfin, nous pensons qu’il ne suffit pas d’être un président ou un ancien président ou un haut fonctionnaire d’une organisation internationale pour mériter la fonction de médiateur. La médiation implique une certaine expérience dans la connaissance des peuples et des contrées en conflit. Mieux, la médiation est une activité spécialisée. Ce n’est pas pour rien qu’aujourd’hui, des centres spécialisés dans la résolution des conflits existent et beaucoup d’entre eux ont fait preuve de leur spécialité. Le Center for Conflict Resolution de l’Afrique du Sud, Sant’ Egidio de l’Italie, en sont des illustrations.

Pour le cas du Rwanda et du Burundi, il n’était pas nécessaire de faire intervenir des médiateurs internationaux pour la résolution des conflits nationaux. En RDC, étant donné qu’il s’agit en même temps des conflits inter-congolais et des conflits internationaux (entre la RDC et ses voisins rwandais, burundais et ougandais), il aurait fallu des facilitateurs et des médiateurs nationaux qui travailleraient à côté des co-facilitateurs et co-médiateurs internationaux crédibles.

Partant de ces critères qui dessinent tant soit peu une bonne médiation, nous sommes attiré par l’expérience de la CEDEAO ou Communauté Economique des Pays de l’Afrique de l’Ouest (ECOWAS = Economic Community of West African States). Partir de ce modèle pour vouloir construire la paix dans une Communauté des Pays des Grands Lacs ne serait pas une faute car sa réussite n'est pas due au hasard. La CEDEAO exerce sa médiation dans les conflits au sein des pays qui en sont membres constitutifs et par conséquent qui l'acceptent. Ce n'est pas comme la SADEC qui apparaît étrangère dans les pays des Grands-Lacs, non seulement vis-à-vis des belligérants mais aussi à l'égards des populations locales qui, à peine connaissent même le libellé de son sigle.

Partant de l'exemple de la CEDEAO, nous pensons que les pays des Grands Lacs peuvent revenir sur le schéma de la CPGL (Communauté des Pays des Grands-Lacs) qui engloberait cette fois en plus de la RDC, le Rwanda, Burundi, trois autres pays de la zone inter-lacustre dont l’Ouganda, la Tanzanie et le Kenya surtout pour des raisons géopolitiques. Comme l'EMSC (ECOWAS Mediation Standing Committee), la CPGL aurait à son sein un organe de médiation et même un autre d'observation militaire l'équivalent de l'ECOMOG (ECOWAS Monitoring Group) en Afrique de l'Ouest. L'organe militaire serait un instrument de coopération militaire en vue de réprimer tout usage de la force armée entre les Etats contractants et lutter contre toute agression extérieure à la Communauté. L'organe de médiation serait là pour aider les groupes en conflit à améliorer le dialogue en vue du règlement de leurs différends. Après le dialogue, il aura comme mission aussi de décider de la mise en place d’une force d’interposition (pour faire respecter le cessez-le-feu) ou/et de maintien de la paix au cas ou le conflit armé persisterait. Tout cela devrait fonctionner à coté d'une forte et intense action diplomatique au sein même de la Communauté.

Au sein d'une telle Communauté, comme en dehors, le choix d'un médiateur se ferait absolument de commun accord avec les belligérants. Et la proposition suivante ferait son prix : sous la supervision d'une communauté régionale, de l’Union Africaine ou de l'ONU ou d'une Association ou Centre spécialisé en médiation, les belligérants sélectionneraient un certain nombre des personnalités : 2,3,4,5,6, … 10 selon la convenance. Le superviseur du choix prendrait les noms de ceux qui seraient cités par toutes les parties en conflits. S'il n'y en a pas, alors il considéreraient tous les noms et les parties procéderaient au choix de façon consensuelle selon des critères préalablement arrêtés.

C’est au sein d’une telle communauté, dans l’organe de la médiation que les véritables animateurs de Société Civile et les pasteurs des Confessions religieuses devraient mener leur lutte en faveur de la population qu’elles défendent et protégent à la base. La compétition pour le pouvoir à laquelle se livrent les acteurs de la Société Civile amenuise leurs efforts et leur crédibilité vis-à-vis de la population. Ils font de plus en plus perdre la qualité de neutralité et de tampon au sein de la Société politique entre les partis politique de l’opposition et le parti politique au pouvoir et c’est bien dommage.

Nous avons aussi remarquer que les organisations internationales profitent du manque d’acteurs de la Société civile crédibles, de l’absence de culture de la médiation et de la facilitation dans notre région, pour nous affecter n’importe quelle personnalité pour la résolution des conflits. Et pourtant le choix d’un médiateur devrait être compris comme un droit inaliénable aux belligérants et ça serait plus juste. Enfin un médiateur choisi par les belligérants serait difficilement partisan, tandis que celui qui ne mériterait pas la confiance d’une ou de toutes les parties en conflit ne mènerait le processus qu’en fonction des intérêts de ceux qui l’ont mandaté et qui du reste payent ses prestations. C’est ainsi que les accords qui découlent des longues négociations et des interminables dialogues sont taillés sur mesure et traînent de se concrétiser. Et c’est finalement le médiateur et les instigateurs des conflits qui en profitent.

6. Conclusion

Les conflits dans la Région des Grands-Lacs sont à la fois politiques et ethniques. Politiques, ils sont centrés sur la question du pouvoir; son mode d’acquisition et de gestion tandis que ethniques, ils sont alimentés par l’existence d’une idéologie de division, d'exclusion et d'épuration ethnique qui a conduit dans certains cas au phénomène génocide en 1994 au Rwanda et au cannibalisme en ce début de 2003 en RDC. Pour les résoudre, il faut absolument tenir compte de toutes ces dimensions.

De ce fait tous les acteurs de la Société Politique de la Région des Grands-Lacs doivent s'impliquer, s'engager, agir et lever le défi de la lutte contre l'idéologie des conflits et les pratiques qui les rallument. Il s'agit pour ce faire des organisations de la Société Civile et les hommes politiques qui doivent d'une façon concomitante mener une lutte qui passe par l’adoption et la mise en œuvre de mécanismes de prévention, de répression et d’éradication de l’idéologie conflictuelle. Face aux crimes qui jalonnent l’histoire des pays des Grands Lacs, il y a un impératif de justice, de vérité et de réconciliation qui devra primer sur le tribunal et cela après un dialogue mené au cours d'une bonne médiation locale d’abord et internationale si besoin il y a.

Des tribunaux internationaux pour juger les personnes qui ont attisé les conflits ou qui se sont investis dans différents types d’exaction et des crimes humanitaires sont importants mais ils devraient s'appuyer sur une commission de clarification des crimes perpétrés ou commis non seulement maintenant mais aussi depuis l'époque coloniale parce que nous avons hérité certains conflits de la colonisation. Il faudra qu'on évite de tomber dans l'exclusion qui a caractérisé les crises répétitives des pays des Grands Lacs. Certaines composantes de la société se sont retrouvées sous représentées dans certains secteurs de la vie du pays notamment dans les domaines administratif, sécuritaire, social et économique. Des solutions à cette problématique de l’exclusion devront passer notamment par l’affirmation du principe de l’égalité de chances pour tous les citoyens ainsi que la correction progressive des déséquilibres dans tous les secteurs concernés. Ces solutions sont notamment contenues dans les réponses à donner aux questions de démocratie, de paix et sécurité, et de développement intégral et c'est le grand travail de la Société Civile et des Confessions religieuses qui devraient se démarquer des belligérants politiciens.

Le rejet des compétences locales ou nationales en matière de résolution des conflits est une erreur grave que commet le Conseil de sécurité de l'ONU au moment du choix des médiateurs ou/et des facilitateurs. Un médiateur international dans un conflit national est loin d'être efficace. Autant l’ONU n’a pas “ restauré l’espoir ” en Somalie, autant elle n’a pas empêché les massacres et le génocide au Rwanda, autant il aura difficile à imposer la paix au Burundi comme en RDC sans laisser les populations locales s'auto organiser. Il n'y aura pas de solution possible et véritable à partir d'un dialogue modéré par un médiateur qui ne mérite pas la confiance d'une ou des parties en conflits.

Les Sociétés Civiles des Pays des Grands-Lacs, renforcées par les Eglises, pour leur crédibilité au sein des populations, doivent assumer leur responsabilité au sein d'un réseau dur pour mener un véritable contre-pouvoir populaire non seulement face à leurs gouvernements pour les contrôler, les sanctionner en cas de besoin et les rappeler à l'ordre mais aussi vis-à-vis des organes de l'ONU qui sont impliqués dans la résolution des conflits en passant par le choix du médiateur. Et pour réussir ce pari, la Société Civile et les Confessions religieuses doivent se démarquer des politiciens tout en entretenant une action synchronisée avec eux dans toute indépendance, neutralité et transparence.

Le Bor.

Référence

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2. Gratien Rukindikiza : ORIGINE DU PEUPLE BURUNDAIS : DE LA FALSIFICATION DE L’HISTOIRE A L’ETHNISATION DES CONSCIENCES, Analyses.
http://burundi.news.free.fr/analyses/originedupeupleburundais/originedupeupleburundais.html

3. Hachette Multimédia : Burundi indépendant / Hachette Livre, 1999
http://www.francophonie.org/oif/francophonie/membres/ARTICLES/cl_749.html#CL_749.38

4. STRUCTURATION DE L'IDEOLOGIE DU GENOCIDE DES TUTSI DU BURUNDI DURANT LA PERIODE COLONIALE. http://www.acgenocide.net/chronologie/genesep3.htm

5. S. Roland J.-B. ADJOVI : CHRONOLOGIE 1990-1997.
http://roland.adjovi.free.fr/confrw10.htmhttp://roland.adjovi.free.fr/confrw10.htm

6. Par Mwayila TSHIYEMBE : DE LA GEOPOLITIQUE DES GRANDS LACS A LA GEOPOLITIQUE DE L’AFRIQUE MEDIANE : le jeu de nouveaux acteurs . (OPSA).

7 NET PRESS : Bujumbura-Burundi, netpress@cbinf.com
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8. NET PRESS : BURUNDI - MEDIATION, e-mail address: net press@cbinf.com, ) Bujumbura-Burundi, 1999. http://www.netpress.bi/Nouv/netpress/d1999/Novembre/9nov99.htm

9. A. MOELLER : Les grandes lignes des migrations de Bantous de la province orientale du Congo-Belge, Bruxelles, Librairies Falk fils, Georges Van Campenhot, succeur, 22 rue des Paroissiens, 1936.

10. Laurie Nathan : "When push comes to shove": The faillure of international mediation in African civils wars, Track two, november 1999.

11. R. BOURGEOIS : Banyarwanda et Barundi, Tome I (Ethnographie), Institut National pour l’Etude Agronomique du Congo-Belge, 1957.

12. Laurie Nathan : "When push comes to shove": The faillure of international mediation in African civils wars, Track two, november 1999.

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14. Eddy Boutmans : Entretien recueilli par Shaheda Ishaque, 18.04.2001.
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15. François Grunewald : PREVENTION DES CONFLITS : DERNIER GADGET A LA MODE OU VRAI ENJEU ?, Groupe URD, 10/1/1999, 10/1/1999. http://www.urd.org/debaloby/prevconf.htm

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18. Sesanga Hipungu Dja Kaseng : L'Afrique du Sud et la sécurité sous-régionale des Grands Lacs, 20002.
http://www.ridi.org/adi/articles/2002/200203hip.htm

Projet :

Nous préparons un Atelier de restitution sur les Techniques de Médiations et de Négociations en vue de la Résolution des conflits.

La période critique que traverse notre pays exige que tout citoyen, chacun en se qui le concerne, agisse dans le sens de contribuer à la résolution des conflits. L’atelier sur les techniques de médiation et des négociations s’inscrit dans un vaste projet sur la résolution des conflits en vue d’une paix durable en RDC, dans la sous Région des Grands-Lacs africains et ailleurs au monde où les sévissent des conflits.

Après avoir suivi un cours et des séances pratiques organisés par le Center for Conflict Resolution, de l’Université de Cape Town, nous pensons que le temps est bien indiqué pour partager cette expérience avec les compatriotes congolais afin d’en tirer profit surtout que les conflits sont inhérents à la vie de l’homme.

Un tel atelier précédé d’une conférence-débat sur les conflits en RDC et dans les pays de la Sous Région des Grands-Lacs, sera un moment pour nous de déceler les causes qui font que beaucoup de conflits traînent à être résolus chez nous. Ça sera aussi une occasion de partager avec certains animateurs de la Société Civile, des leaders de partis politiques d’opposition et les tenants du pouvoir actuels la responsabilité de chaque composante de la Société politique dans l’échec des résolutions des conflits à tous les niveaux.

Pour tout contact, adressez-vous à la Bor.